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19 Avril 2005
 

Jean-Paul II parle 48 fois du caractère sacrificiel de la Sainte Messe dans Ecclesia De Eucharistia

 

Le 03 mars 2008 - Dans l’encyclique Ecclesia De Eucharistia (17/4/2003), où le Saint-Père le pape Jean-Paul II, outre qu’il met en valeur les dogmes de la présence réelle et du sacerdoce ministériel distinct du sacerdoce des fidèles, parle 48 fois du caractère sacrificiel de la Sainte Messe.

Mgr Antônio de Castro Mayer

Le pape Jean-Paul II parle 48 fois du caractère sacrificiel de la Sainte Messe dans Ecclesia De Eucharistia

Extrait du livre de Mgr Rifan que vous pouvez-vous procurer dans la boutique en ligne sur www.barroux.org

(pages précédentes)
1) Introduction : Le magistère vivant de l’Église
2)
Le pape, guide de l’Église universelle, successeur de saint Pierre : Jésus a institué le collège apostolique
3) La réforme de la réforme liturgique : 16.02.08
4) Application de ces principes théologiques à la question de la messe:  
La beauté et de la profondeur du missel de saint Pie V
5) Critères et limites à observer : Jean-Paul II a souvent répété que la diversité ne doit pas nuire à l’unité
6)
Un avertissement sérieux et grave aux milieux réputés "traditionalistes"

7) La légitimité de la Nouvelle Messe

 (suite...)   § 6. Pour en revenir à la question de la légitimité de la Nouvelle Messe

Les choses étant ainsi, une fois que la nouvelle Liturgie de la Messe fut promulguée officiellement et solennellement par le Siège de Pierre comme une loi liturgique universelle de l’Église, et adoptée par l’Épiscopat mondial en communion avec le pape pendant quasi quatre décennies, [Cette acceptation de la nouvelle liturgie de la Messe pendant presque 40 ans de la part de toute l’Église enseignante (le Pape et tous les évêques en communion avec lui) est aussi un argument en faveur de sa légitimité. Il existe un parallèle : Saint Alphonse de Liguori affirme que, si un Pape avait été élu de manière illégitime ou par fraude, il suffit que par la suite il soit accepté par toute l’Église pour se retrouver véritable pontife (Verità della fede, in Opere…, vol. VIII, p. 720, n. 9)] — et il s’agit d’une matière liée à la foi —, [« La loi de la prière établit la loi de la foi »… « La loi de la foi doit établir la loi de la prière » (Pie XII, encyclique Encyclique Mediator Dei, 20 novembre 1947, n° 43)] il est impossible que cette liturgie, en elle-même, soit hérétique, non catholique, illicite, peccamineuse ou même préjudiciable à la foi. Elle peut l’être en vertu de circonstances extérieures qui malheureusement se produisent souvent, [« Un exemple de cela fut une messe véritablement abominable, célébrée le 6 avril 2003, dans la paroisse de N.-D. du Carmel, à Belo Horizonte. Elle s’insère dans la crise ecclésiale appelée “autodémolition de l’Église”, parmi les obscurités de la Réforme réforme liturgique, comme dont le pape [Jean-Paul II] se plaint dans sa dernière encyclique, “des abus qui contribuent à obscurcir la foi droite et la doctrine catholique”. Dans cette Messe, la lecture de l’Évangile tout de suite a créé la stupéfaction : “Proclamation de la Bonne Nouvelle selon la narration de la communauté de Jean, 12, 20-27 !” Cela révèle l’hérésie moderniste, déjà condamnée par le Magistère de l’Église, hérésie qui nie l’historicité des Évangiles, les attribuant non aux Évangélistes, mais à la foi des premières communautés chrétiennes. Le Credo contient des phrases étranges : “Je crois en la Vie, je crois en l’Histoire, en la citoyenneté qui rejette la routine, le rêve est de construire le bien-être avec la paix, je crois en l’Église, peuple uni dans la solidarité sans exclusions. Salut pour tous, dans un climat de fête”. À la consécration, on changea la formule, les paroles de Jésus, rendant cette messe non seulement illicite, mais invalide : “Prenez et mangez, vous tous, ce pain du partage je le suis en mon corps, avec vous et donné pour vous, pour tous je serai l’amour du Père” ; ; “Prenez et buvez, ceci est le calice de la bénédiction, en mon sang de la nouvelle et éternelle alliance, répandu pour vous et pour tous. Sentez-vous enveloppé dans la compassion”. Créativité ?! Que de sacrilèges on commet en ton nom » (Article de Mgr Fernando Rifan, dans le Journal Feuille du Matin Folha da Manhã [Feuille du Matin], du 11 juin 2003)] mais pas en elle-même, telle qu’elle fut promulguée.

Affirmer le contraire, c’est encourir la réprobation promulguée déjà par le Magistère de l’Église, vu que c’est une proposition censurée de dire que l’Église, régie par l’Esprit de Dieu, puisse promulguer une discipline dangereuse ou préjudiciable aux âmes (cf. le pape Pie VI, [Cf. Pie VI, Constitution apostolique Auctorem fidei, du 28 août 1794, condamnant les erreurs du Synode janséniste de Pistoie : « La prescription du synode, […], où, après avoir affirmé qu’“il faut distinguer dans chaque article ce qui concerne la foi et l’essence de la religion de ce qui est propre à la discipline”, il ajoute que “même dans celle-ci (la discipline), il faut distinguer ce qui est nécessaire ou utile pour retenir les fidèles dans l’esprit, de ce qui est inutile ou trop lourd à porter pour la liberté des fils du Nouveau Testament, et plus encore de ce qui est périlleux et nuisible, comme conduisant à la superstition et au matérialisme”. Pour autant qu’en raison des termes généraux utilisés, elle inclut et soumet à l’examen prescrit même la discipline établie et approuvée par l’Église, comme si l’Église, qui est régie par l’Esprit de Dieu, pouvait constituer une discipline non seulement inutile et trop lourde à porter pour la liberté chrétienne, mais encore dangereuse, nuisible, et conduisant à la superstition et au matérialisme : fausse, téméraire, scandaleuse, pernicieuse, offensive des oreilles pies, injurieuse à l’Église et à l’Esprit de Dieu qui la conduit, pour le moins erronée. » (DzSch 2678)] et le pape Grégoire XVI [« Ce serait sans aucun doute une chose coupable et tout à fait contraire au respect avec lequel on doit recevoir les lois de l’Église, que de réprouver, par un dérèglement insensé d’opinions la discipline établie par elle, et qui renferme l’administration des choses saintes, la règle des moeurs, et les droits de l’Église et de ses ministres ; ; ou bien de signaler cette discipline comme opposée aux principes certains du droit naturel, ou de la présenter comme défectueuse, imparfaite et soumise à l’autorité civile » (Grégoire XVI, Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832, n° 9)]. Au contraire, les lois universelles de l’Église sont très saintes (cf. le pape Pie XII [« Assurément notre pieuse Mère [l’Église] brille d’un éclat sans tache dans les sacrements où elle engendre ses fils et les nourrit ; dans la foi qu’elle garde toujours à l’abri de toute atteinte ; ; dans les lois très saintes qu’elle impose à tous et les conseils évangéliques qu’à tous elle propose ; enfin dans les grâces célestes et les charismes surnaturels par lesquels elle engendre avec une inlassable fécondité des troupes innombrables de martyrs, de confesseurs et de vierges. Ce n’est cependant pas à elle qu’il faut reprocher les faiblesses et les blessures de certains de ses membres, au nom desquels elle-même demande à Dieu tous les jours : “Pardonnez-nous nos offenses”, et au salut spirituel desquels elle se consacre sans relâche, avec toute la force de son amour maternel. » (Pie XII, Encyclique Mystici corporis, 29 juin 1943, n° 65)].

L’unanimité des théologiens (voir plus loin § 7) nous enseigne l’infaillibilité ou inerrance de l’Église dans ses lois universelles, parmi lesquelles se situent les lois liturgiques universelles. Ça ne veut pas dire qu’elles ne peuvent pas être modifiées ou améliorées. Cela signifie qu’elles ne peuvent pas contenir d’erreurs contre la foi ou la morale, ou être préjudiciables aux âmes. Le concile de Trente, par exemple, proclama l’inerrance de la Vulgate, traduction faite par saint Jérôme. Cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite ni qu’elle ne peut pas être corrigée ou améliorée, comme de fait elle le fut en divers passages par l’autorité de l’Église. La déclaration infaillible du concile de Trente signifie qu’elle ne contient pas d’erreurs doctrinales.

Les interprétations données par les modernistes et les déclarations faites par les protestants dès le début de la réforme liturgique ont impressionné le monde catholique et beaucoup pensèrent qu’il s’agissait là de l’interprétation à donner au nouveau rituel de la Messe. Mais, tout au contraire, le sens des actions et expressions liturgiques est donné par le Magistère de l’Église. [Un rite ou une cérémonie, en eux-mêmes, peuvent être ambigus, c’est-à-dire avoir diverses significations. Une génuflexion, par exemple, peut signifier la moquerie, comme dans le couronnement d’épines de Jésus, ou un acte de vraie adoration. Ainsi, un seul Confiteor à la place de deux, pourrait signifier la confusion entre le sacerdoce ministériel et celui des fidèles ou une pure simplification du rite, accompagnée de l’explication du magistère sur la doctrine du sacerdoce ministériel distinct du sacerdoce commun. De même, une seule génuflexion au lieu de deux dans la consécration de la messe pourrait signifier l’interprétation protestante ou l’interprétation catholique de la consécration. Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que la transsubstantiation se réalise par « la force des paroles du prêtre, par l’action du Christ et par le pouvoir de l’Esprit Saint », rejetant l’interprétation protestante pour laquelle ce serait par la foi des fidèles, comme l’ont dit certains qui cherchaient à forcer cette interprétation du Nouvel Ordo (cf. CEC 1353). De même aussi, dans la messe de saint Pie V, le signe de croix tracé sur l’hostie consacrée pourrait signifier une bénédiction, ce qui induirait à la négation de la présence réelle, ou un signe plus solennel d’indication. Mais l’instance qui donne le sens des rites est le Magistère de l’Église et non les hérétiques ou l’imagination des personnes] Et, grâce à Dieu, diverses interprétations postérieures du Magistère ont corrigé toute ambiguïté qui pouvait exister, et donnèrent aux textes et aux rituels leur véritable sens, le sens catholique, et non le sens moderniste ou protestant. [Par exemple l’encyclique Ecclesia De Eucharistia (17/4/2003), où le Saint-Père le pape Jean-Paul II, outre qu’il met en valeur les dogmes de la présence réelle et du sacerdoce ministériel distinct du sacerdoce des fidèles, parle 48 fois du caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Le CEC (de 1997) enseigne avec clarté le caractère sacrificiel de la Messe (n° 1330, 1365-1367), soulignant son aspect propitiatoire (n° 1367). Qu’on aille voir aussi la toute dernière précision doctrinale concernant la traduction du « pro multis », faite par la Congrégation pour le Culte divin le 17 octobre 2006 [Message de Benoît XVI au cardinal Francis Arinze (ici)]. Cf. aussi l’affirmation du cardinal Ottaviani, où il se montre satisfait des précisions doctrinales, postérieures à sa lettre, fournies par le pape Paul VI (citée plus loin, p. 49 67)]

Quelqu’un pourra objecter que, même avec beaucoup d’éclaircissements postérieurs du Magistère, le texte du Nouvel Ordo est resté le même. Mais, exactement, ce sont les élucidations qui précisent le sens. Comme cela se produit avec les Saintes Écritures, dont le texte très souvent se prête à des interprétations hérétiques, mais qui a un sens correct donné par le Magistère, lequel le fournit sans modifier le texte. Autrement dit, c’est exactement la même différence qu’entre la Bible catholique et la Bible protestante, pour les mêmes textes : les notes explicatives avec le sens donné par le Magistère. [Ainsi, après toutes les explications et précisions données par le Magistère, on ne peut pas dire que la Messe du rite romain actuel soit exactement la même qu’en 1969. Outre l’adhésion requise aux actes du Magistère, l’éclaircissement, en en précisant le sens catholique, a constitué un progrès bénéfique, lequel requiert honnêtement en contrepartie, une manière de l’aborder différente de celle qu’on avait relativement au Nouvel Ordo de 1969]

§ 7. Des théologiens traditionnels approuvés confirment ce point

La doctrine sur l’infaillibilité de la discipline liturgique de l’Église est enseignée unanimement par les théologiens catholiques les plus approuvés, sans même l’exception d’un seul. Et il est bon de souligner que le consensus moralement unanime des théologiens sur un point spécifique de doctrine représente une opinion certaine (theologice certum), et est un signe certain de la Divine Tradition. [Cf. Joaquín Salaverri, s.j., Sacrae Theologiae Summa, t. I : Theologia fundamentalis, Tract. III : De Ecclesia Christi, L. 2, c. 5, a. 2, Thèse XXI (BAC 061), Madrid, 51962, p. 775-784, n° 865-870] Citons-en seulement quelques-uns.

Le chanoine Hervé : L’Église « cesserait d’être sainte » et par conséquent « cesserait d’être la vraie Église du Christ », si « elle prescrivait en vertu de sa suprême autorité à tous les fidèles quelque chose de contraire à la foi ou aux bonnes moeurs ». [J. M. Hervé (chanoine) (recteur du grand séminaire de Saint-Brieuc), Manuale theologiæ dogmaticæ, vol. I : De Revelatione Christiana, De Ecclesia Christi, De fontibus Revelationis, Paris, Berche & Pagis, 161935, p. 515]

Le Père Haegy, liturgiste : « Les actes de la liturgie ont une valeur dogmatique ; ils sont l’expression du culte de Dieu dans l’Église. Or, la manifestation extérieure du culte a une relation intime avec la foi. Pour être raisonnable, le culte ne peut cesser d’être conforme à la foi ». [Joseph Haegy, c.s.sp., Manuel de liturgie…, t. I, p. 2]

Les célèbres canonistes Wernz et Vidal : « Les Pontifes Romains sont infaillibles quand ils portent des lois universelles sur la discipline ecclésiastique, de manière que jamais ils n’établissent quoi que ce soit de contraire à la foi et aux bonnes moeurs, même s’ils n’atteignent pas le degré suprême de la prudence ». [Wernz & Vidal, Ius canonicum, t. II, p. 410 ; ; voir aussi t. I, p. 278]

Monsieur Tanquerey, prêtre de Saint-Sulpice : « Cette infaillibilité consiste en ce que l’Église, par un jugement doctrinal, n’établira jamais une loi universelle qui soit opposée à la foi, aux moeurs et au salut des âmes. Comme c’est évident, ce type d’infaillibilité est bien compatible avec la mutabilité des lois disciplinaires ; et se distingue de leur opportunité : car [Néanmoins] nulle part n’est promis à l’Église le degré suprême de la prudence en vue de porter les lois les meilleures pour toutes les circonstances de temps et de lieu ».[Tanquerey Adolphe, p.s.s. (1854-1932), de fontibus revelationis, 24e éd. J. B. Bord, Parisiis - Romae – Tornaci, Desclée, 241937, 3 vol.n° 932, p. 625]

Hermann : « L’Église est infaillible dans sa discipline générale. Par l’expression “discipline générale” on entend les lois et les pratiques qui relèvent de l’organisation externe de toute l’Église. C’est-à-dire relativement aux éléments tels que le culte externe, la liturgie et les rubriques ou l’administration des sacrements […]. Si elle avait la capacité de prescrire ou d’organiser ou de tolérer dans sa discipline quelque chose de contraire à la foi ou aux moeurs, ou quelque chose de préjudiciable à l’Église ou de nuisible pour les fidèles, elle défaillirait dans sa mission divine, ce qui serait impossible ». [Hermann, Institutiones Theologiae Dogmaticae, Romae, 4e éd., Della Pace, 1908, t. I, p. 258]

Enfin le R.P. van der Ploeg, O.P. : « La doctrine de l’indéfectibilité de l’Église est une conséquence de la promesse de Notre Seigneur à saint Pierre : “Sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre elle(Mt 16, 18). Dans le passé, ces mots étaient familiers à tout Catholique et étaient une source légitime de fierté pour lui. Il savait qu’il appartenait à une institution “indéfectible” d’origine divine, alors que toutes celles qui ont été instituées par des hommes ont fini par atteindre un stade de décadence et de mort. Certains catholiques, pendant les tribulations présentes se sont convaincus que le Siège de Pierre est maintenant vacant. L’“occupant” du Siège, comme ils l’appellent, ne correspond pas à ce qu’ils attendent d’un pape. Certains prétendent aussi que la Messe et les sacrements ont été détruits par les plus récents “occupants” du Siège de saint Pierre. Si ces personnes avaient raison, cela voudrait dire que Notre Seigneur Jésus-Christ a abandonné Son Église […] Mais c’est là quelque chose qui ne peut jamais se produire et qui contredirait la promesse solennelle de Notre Seigneur citée plus haut. Il est impossible aussi que Notre Seigneur abandonne son Église car cela frustrerait le but même pour lequel l’Église a été fondée, à savoir d’être l’instrument de Dieu pour le salut de nos âmes. Si Notre Seigneur abandonnait son Église, les paroles : “Celui qui vous écoute m’écoute” seraient vraies seulement pour un groupe excessivement réduit de personnes, qui se considéreraient comme les élus, ce qui est toujours la caractéristique le plus évidente d’une secte. Notre Seigneur n’a pas fondé une secte, mais l’Église catholique, c’est-à-dire universelle. » [John P. M. van der Ploeg, O.P., docteur et maître en théologie, docteur en Écriture Sainte, professeur émérite de l’Université de Nimègue, membre de l’Académie royale des Sciences des Pays-Bas, dans sa préface [p. 8-9] au livre I am with you always [Je suis avec vous pour toujours] de Michael Davies, écrivain traditionnel, président d’Una Voce international]

§ 8. L’opinion finale des cardinaux Ottaviani et Antonelli

Le cardinal Ottaviani, bien qu’ayant présenté au pape ses réserves au sujet du Nouvel Ordo Missae, célébrait la messe dans le rite nouveau, et ce, jusqu’à sa mort. De même le pape Benoît XVI quand il était Cardinal Ratzinger, les cardinaux Antonelli et Gagnon, cités plus haut. Quant à l’intervention du cardinal Ottaviani, souvent citée, il faut noter que sa critique (lettre du 5 octobre 1969) fut faite avant la version finale corrigée de la Messe du nouveau rite. Pour prendre en compte la lettre du cardinal Ottaviani et y répondre, le pape Paul VI consacra deux audiences générales au nouveau rite de la Messe.

Après celles-ci, le cardinal Ottaviani écrivit : « Je me suis profondément réjoui à la lecture des Discours du Saint-Père sur les questions du Nouvel Ordo Missae, et surtout de ses précisions doctrinales contenues dans les Discours aux audiences publiques du 19 et du 26 novembre : après quoi, je crois, personne ne peut plus sincèrement se scandaliser. Pour le reste il faudra faire une oeuvre prudente et intelligente de catéchèse afin d’enlever quelques perplexités légitimes que le texte peut susciter. »

Et, dans la même lettre, il se plaint : « De ma part [= pour ma part], je regrette seulement que l’on ait abusé de mon nom dans un sens que je ne désirais pas, par la publication d’une lettre que j’avais adressée au Saint-Père sans autoriser personne à la publier ». [Orig. franç. de cette lettre du cardinal Ottaviani à Dom Marie-Gérard Lafond, o.s.b.]

Ultérieurement, le cardinal Ottaviani publia aussi une autre déclaration intéressante : « La beauté de l’Église resplendit aussi dans la variété des rites liturgiques qui enrichissent son culte divin quand ils sont légitimes et se conforment à la foi. C’est précisément la légitimité de leur origine qui les protège et les garde contre l’infiltration d’erreurs […]. La pureté et l’unité de la foi sont de cette manière aussi soutenues par le Magistère suprême du pape et par les lois liturgiques ». [Cruzado Español, 25 mai 1970]

Le cardinal Antonelli, dont nous avons publié plus haut les critiques sur la manière dont fut élaborée la réforme liturgique, écrit dans le même livre : « En substance, mes impressions sur la réforme liturgique sont bonnes. Le nouvel Ordo Missae, entré en vigueur le 30 novembre 1969, contient beaucoup d’éléments positifs. Il pouvait être perfectionné, comme toute chose, mais la substance est bonne. L’Institutio Generalis Missalis Romani est plus imparfaite. Toutefois, la substance est bonne. Avec le temps on pourra rééquilibrer certaines dispositions ». [Le cardinal Ferdinando Antonelli et les développements de la réforme liturgique de 1948 à 1970, Versailles, APOC – Le Forum, 2004, p. 353]

§ 9. Attitude et exemple de Dom Antônio de Castro Mayer

Après le Concile, de 1965 à 1967, furent introduites certaines modifications dans la liturgie de la Messe, que Dom Antônio accepta docilement et adopta dans le diocèse, y compris la concélébration avec les prêtres à la Messe chrismale du Jeudi Saint. En 1969, quoique en concédant un temps de vacation de la loi, le pape Paul VI promulgua un Nouvel Ordo Missae, qui n’a pas manqué de causer de la perplexité chez beaucoup de catholiques, y compris des personnalités importantes, comme certains cardinaux de la Curie Romaine, que nous citons plus haut, spécialement à cause des abus qui se commettaient dans le domaine liturgique.

Mû par des perplexités similaires, Dom Antônio, avant que le Nouvel Ordo entrât en vigueur, écrivit au pape Paul VI, « suppliant humblement et respectueusement Votre Sainteté de daigner nous autoriser à continuer d’user de l’Ordo Missae de saint Pie V ». [Mgr Antônio de Castro Mayer, Lettre du 12 septembre 1969 (lettre que Dom Antônio ne voulut jamais publier durant son épiscopat)]

Mais, quand il présenta à nouveau au Souverain Pontife sa pensée concernant le nouveau rite de la Messe, sa fidélité et son respect - caractéristiques de sa vie - pour la personne du Saint-Père le pape et pour le Magistère de l’Église, lui firent préciser : « Il sera superflu d’ajouter que, dans cette circonstance, comme déjà en d’autres situations de ma vie, j’accomplirai, dans toute la mesure prescrite par les lois de l’Église, le devoir sacré de l’obéissance. Et, dans cet esprit, avec un coeur ardemment filial et tout dévoué envers le pape et la Sainte Église, j’accueillerai toute parole de Votre Sainteté sur cette question ». [Mgr Antônio de Castro Mayer, Lettre du 25 janvier 1974 (lettre que Dom Antônio ne voulut jamais publier durant son épiscopat)]

Les véritables esprit et pensée de Dom Antônio ne peuvent pas être connus par une phase unique de sa vie, par une de ses phrases, par une lettre ou un article pris isolément, mais par tout l’ensemble de sa vie, de ses écrits, de ses propos et de ses attitudes. Sinon, nous courons le risque de les fausser ou de les interpréter de façon inadéquate.

Ainsi, bien qu’ayant envoyé au pape ses réserves et ses critiques concernant le Nouvel Ordo de 1969, Dom Antônio, dans sa manière d’agir, ne considérait pas la nouvelle liturgie de la messe, en elle-même, comme hétérodoxe ou peccamineuse, puisque, jusqu’en 1981, comme Évêque diocésain, il garda dans leurs paroisses les curés qui s’étaient mis à la célébrer, il nomma curés des prêtres qui la célébraient, il visitait cordialement ces prêtres dans leurs paroisses, où il alla jusqu’à célébrer la Messe versus populum, il assista à la nouvelle liturgie en de nombreuses occasions, il ne fit jamais de remontrance à ces prêtres pour le fait de la célébrer, il corrigeait ceux qui disaient qu’il ne s’agissait pas d’une messe catholique, et il institua des ministres extraordinaires de la communion pour y servir.

Après la promulgation de la nouvelle messe (3 avril 1969), Dom Antônio écrivit une lettre pastorale sur le Sacrifice de la Messe (12 septembre 1969), sans toucher à la question de la nouvelle messe ; il interdit de critiquer celle-ci publiquement et de traiter de cette question en public et ne voulut pas qu’on publiât ses lettres au pape sur la Nouvelle Messe. Dom Antônio préférait le combat positif, la conservation de le Messe traditionnelle, et l’exaltation de ses valeurs, aux attaques envers la nouvelle Messe, qui pouvaient atteindre l’autorité suprême de l’Église. D’esprit droit et de conscience délicate, Dom Antônio n’aurait pas fait ou permis tout cela, s’il avait considéré la nouvelle liturgie de la Messe, en elle-même, comme offensante envers Dieu et telle qu’on ne pouvait en aucun cas y assister ou la célébrer. [J’ai conversé récemment avec le Dr. Arnaldo Vidigal Xavier da Silveira, qui partagea avec Dom Antônio toute cette affaire et fut l’auteur du livre sur la Messe de Paul VI supervisé par Dom Antônio, et il m’a assuré que « Dom Antônio ne fut jamais de l’opinion que l’on ne peut pas assister à la nouvelle Messe »]

(à suivre...)  La grande et grave crise post-conciliaire

LA MESSE : PRÉSENCE DU SACRIFICE DE LA CROIX : La messe par le Cardinal Charles Journet
 

Sources: www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 03.03.2008 - T/doctrine de l'Église - T/theologie - T/Liturgie

 

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