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19 Avril 2005
 

Benoît XVI, guide de l’Église universelle, successeur de saint Pierre

 

Le 14 février 2008 - Comme guide de l’Église universelle, nous avons le pape Benoît XVI, successeur de saint Pierre. Comme guide des Églises particulières (diocèses, prélatures, Administrations apostoliques, ordinariats, etc.) nous avons les Évêques, successeurs des Apôtres. Il est faux, par conséquent, de penser que l’assistance de l’Esprit Saint de Dieu à l’Église puisse être intermittent, autrement dit, être absent durant une quelconque période de son histoire.

 “J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères(Lc 22, 32)

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Benoît XVI, guide de l’Église universelle, successeur de saint Pierre

Pour nous guider, Jésus a institué le collège apostolique, avec saint Pierre comme chef, et ses successeurs, guides vivants et perpétuels, jusqu’à la fin du monde. (Missel Romain, Préface des Apôtres.)

Extraits du livre de Mgr Rifan que vous pouvez-vous procurer dans la boutique en ligne sur www.barroux.org

(page précédente) 1) Introduction : Le magistère vivant de l’Église

Partie Introductive I. Objectif de cette orientation pastorale

La crise actuelle que traverse la Sainte Église, comme le furent toutes les autres de son histoire, est une épreuve pour notre foi et peut devenir une tentation et une occasion de chute pour beaucoup de catholiques. Et, malheureusement, elle a fait des victimes, tant du côté dit « progressiste » que du côté nommé « traditionaliste », causant des blessures doctrinales chez beaucoup de catholiques de tous les milieux.

J’écris pour les prêtres et les fidèles de notre Administration apostolique, cette portion du peuple de Dieu, équivalente à un diocèse, dont le soin pastoral me fut confié par le Souverain Pontife, au nom de qui je la gouverne. (Cf. Code de droit canonique (CDC), canons (can.) 368 et 371 § 2. Je m’adresse par conséquent aux catholiques de tendance plutôt conservatrice. De ce fait, la finalité de la présente Orientation n’est pas proprement de traiter des nombreux abus et erreurs que l’on rencontre dans l’aile progressiste de l’Église, mais plutôt, outre de conforter et d’animer ceux qui luttent pour la tradition doctrinale, liturgique et disciplinaire catholique, de les mettre en garde en même temps contre les erreurs qui s’infiltrent jusque dans les tendances les plus conservatrices, et ce, afin que la position de ces fidèles catholiques soit mise en parfaite syntonie avec la théologie catholique. « Celui qui veut corriger le monde doit commencer par lui-même », affirme le dicton.  [N.d.T. En français, on dirait peut-être : « Médecin, guéris-toi toi-même ».]

Par conséquent, pour que nous soyons des instruments utiles à l’Église dans la crise présente, nous devons commencer par observer et corriger nos propres faux-pas et incorrections.

Une des principales erreurs qui atteignent les deux aires, et de façon spéciale les traditionalistes, concerne le Magistère vivant de l’Église. Il existe un danger de protestantisation des deux côtés. Si, d’un côté, nous nous plaignons de la protestantisation liturgique au sein de l’aile la plus progressiste, nous regrettons aussi profondément une infiltration du principe protestant du « libre examen » dans les milieux traditionalistes. Beaucoup ne font aucun cas des documents du Magistère actuel, et ne les lisent même pas. Beaucoup se posent de façon absurde en juges du Magistère voire en juges à la place du Magistère.

Notre objectif est donc, je le répète, de purifier notre « traditionalisme », en en corrigeant les distorsions, les imprécisions et jusqu’aux déviations doctrinales, afin que, ainsi purifiés, nous puissions réellement rendre service à la Hiérarchie de l’Église, en combattant efficacement, à son côté et sous son autorité, l’« autodémolition » de l’Église, dont se plaignit le pape Paul VI. [Paul VI, Allocution au Séminaire lombard, du 7 décembre 1968] Ainsi nous sauverons beaucoup d’âmes, spécialement les nôtres. La « fumée de Satan » tellement dénoncée par ce pape et qui a pénétré dans le temple de Dieu [Paul VI, Homélie du 29 juin 1972 [orig. ital. : L’Osservatore Romano (OR), 30
juin-1er juillet 1972
] a fait mal aux yeux de beaucoup de catholiques, progressistes et conservateurs. Ma fonction d’Évêque est d’alerter, de donner l’alarme comme sentinelle placée par Dieu pour protéger son troupeau, lui montrant le droit chemin dans ces moments de crise. J’espère qu’il m’entendra, chacun pour le bien de son âme.

Première Partie : Principes sur le magistère vivant
III. L’institution du Magistère vivant


Dans le chemin du bien et de la vérité il ne peut y avoir d’erreurs ou de tromperies, vu qu’est en jeu notre salut éternel. Pour cette raison, Notre Seigneur, dans sa sagesse divine, pour nous conduire avec sécurité, a laissé non seulement les sources de la Révélation (la Sainte Écriture et la Tradition orale), mais aussi des guides vivants, susceptibles de nous orienter à leur sujet, sur leur authenticité, leur véracité et leur interprétation. Des guides vivants devant accompagner le cheminement de l’Église jusqu’à la consommation des siècles.

« Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20). « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette, et qui me rejette rejette Celui qui m’a envoyé. » (Lc 10,16).

Le pape Pie XII nous enseigne : « La norme prochaine et universelle de la vérité » est le « Magistère de l’Église », « car le Christ Seigneur lui a confié tout le dépôt de la foi, à savoir l’Écriture sainte et la “tradition” divine, à garder, à défendre et à interpréter ». [Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, n° 18] « Le Sauveur, en effet, a confié l’explication des doctrines contenues dans le dépôt de la foi, non pas au jugement privé, mais au Magistère ecclésiastique ».[Lettre du Saint-Office à l’Archevêque de Boston, 8 août 1949, Denzinger-
Schönmetzer (= DzSch) 3866
]

Pour cette raison, saint Augustin écrivait : « Je ne croirais pas à l’Évangile, si ne m’y portait l’autorité de l’Église catholique ». [cf. Catéchisme de l’Église catholique (CEC), n° 119.]

Le libre examen, en d’autres termes l’interprétation privée que chacun ferait des sources de la Révélation, serait une plus grande source de divisions : « autant de têtes, autant d’opinions ». [Cf. Léon XIII, Encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896, n° 13]

Martin Luther, avec son principe du libre examen et de la « sola Scriptura », citait l’Épître aux Romains contre la doctrine catholique : la Bible sans le Magistère et contre lui ; « le Christ, oui, l’Église, non ! » [Cf. Pie XII, Allocution Nel contemplare du 12 octobre 1952, à l’Union des
hommes de l’Action catholique italienne
] Il créa ainsi le protestantisme, lequel se fragmente en sectes chaque jour plus nombreuses, toutes avec la Bible à la main. En outre, les protestants actuels citent saint Bernard et saint Thomas d’Aquin contre la doctrine de l’Église sur l’Immaculée-Conception de Notre-Dame : c’est la Tradition sans le Magistère et contre lui.

Malheureusement, ce principe protestant du « libre examen » a pénétré dans les milieux catholiques liés à la Tradition. Contre ce principe nous avertissait Dom Antônio de Castro Mayer quand il écrivait : « Personne n’a le droit de juger la parole du pape, en ne l’acceptant que s’il l’approuve » (Veritas, avril-mail 1980, p. 8).

Mais au contraire, selon le Magistère lui-même, « “la charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église, dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus-Christ”, c’est-à-dire aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l’évêque de Rome » ; [CEC 85, citant le concile OEcuménique Vatican II, Constitution dogmatique Dei
Verbum, 10, et résumé dans CEC 100.
] « la sainte Tradition, la sainte Écriture et le magistère de l’Église, par une très sage disposition de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa façon, sous l’action du seul Esprit Saint, contribuent efficacement au salut des âmes. » [Dei Verbum, 10.]

Saint Thomas d’Aquin nous enseignait déjà : « Ce qui fait autorité au plus haut degré, c’est la coutume de l’Église. C’est toujours l’Église qu’il faut suivre en toutes choses. Car l’enseignement même des Docteurs catholiques tient son autorité de l’Église. Il faut donc s’en tenir plus à l’autorité de l’Église qu’à celle d’un Augustin ou d’un Jérôme ou de quelque Docteur que ce soit ». [Saint Thomas d’Aquin, Summa Theologica, II-II, q. 10, a. 12.]

D’où la réflexion de Dom Antônio de Castro Mayer :« Nous ne comprenons donc pas comment on peut former des catholiques en ignorant totalement la source la plus prochaine de la vérité révélée, laquelle est le Magistère vivant. Rien que par une telle attitude les fauteurs d’un nouveau christianisme deviennent suspects. » [Dom Antônio de Castro Mayer, Lettre pastorale sur la préservation de la foi et
des bonnes moeurs, 2 février 1967, paragraphe « Le Magistère non infaillible ».
]

De la sorte, le Magistère que le Christ a institué est un Magistère vivant, constitué de personnes vivantes, destinées à nous guider perpétuellement à tous les instants, à nous accompagner sur le chemin, à interpréter les principes pérennes et à les appliquer dans les diverses circonstances qui se présenteraient.

Le pape Léon XIII a enseigné : « Il est donc évident […] que Jésus-Christ a institué dans l’Église un magistère vivant, authentique et, de plus, perpétuel, qu’il a investi de sa propre autorité, revêtu de l’Esprit de vérité, confirmé par des miracles, et il a voulu et très sévèrement ordonné que les enseignements doctrinaux de ce magistère fussent reçus comme les siens propres. » [Léon XIII, Encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896, n° 20.]

IV. Qu’est-ce qu’un Magistère vivant ?

« Un magistère vivant, c’est-à-dire qui s’exerce continuellement dans l’Église par la communication de la doctrine révélée. Ce magistère est vivant, en tant qu’il s’oppose au magistère encore exercé actuellement dans l’Église par des hommes qui ont disparu, mais auxquels leurs ouvrages ont survécu. Les protestants admettent que les Apôtres exercent encore actuellement dans l’Église un magistère, mais seulement par l’influence de leurs écrits : ils n’admettent donc qu’un magistère pour ainsi dire posthume ». [H. Pérennès, art. « Tradition et Magistère », § III, 3, 1]

« Magistère […] vivant, c’est-à-dire qui demeure toujours dans des maîtres vivants et s’exprime par leur bouche, et non pas ce Magistère, divin sans doute, mais mort, que les protestants cherchent dans l’Écriture ». [Auguste-Alexis Goupil, s.j., La Règle de la Foi, t. I, Laval, Goupil, 1953, 3e éd. p. 20]

« On a l’habitude de diviser le Magistère en écrit et vivant. Le magistère purement écrit est celui que n’importe quel auteur exerce par ses écrits même après sa mort. Tel est, par exemple, le magistère qu’Aristote exerce encore actuellement par ses oeuvres. On appelle vivant le magistère exercé par des actes vitaux et conscients d’hommes, que le maître se serve ou non d’écrits ». [Joaquín Salaverri, s.j., Sacrae Theologiae Summa]

V. Magistère continu, sans interruption

« Allez, enseignez toutes les nations… » (Mt 28,20). « Qui vous écoute, m’écoute » (Lc 10,16). « L’Esprit de Vérité demeurera éternellement avec vous » — « L’Esprit Saint vous enseignera toutes choses » (Jn 14, 16.26).

Pour nous guider, Jésus a institué le collège apostolique, avec saint Pierre comme chef, et ses successeurs, guides vivants et perpétuels, jusqu’à la fin du monde : « … Ut iisdem rectoribus gubernetur, quos operis tui vicarios eidem contulisti praeesse pastores » « Afin qu’il [ton troupeau] soit gouverné par les mêmes responsables que ceux que tu as placés à sa tête pour le régir comme tes lieutenants dans ton oeuvre ». [Missel Romain, Préface des Apôtres.]

Ainsi, comme guide de l’Église universelle, nous avons le pape, successeur de saint Pierre. Comme guide des Églises particulières (diocèses, prélatures, Administrations apostoliques, ordinariats, etc.) nous avons les Évêques, successeurs des Apôtres.

Il est faux, par conséquent, de penser que l’assistance de l’Esprit Saint de Dieu à l’Église puisse être intermittent, autrement dit, être absent durant une quelconque période de son histoire.

Le concile Vatican I, dans la Constitution dogmatique Pastor aeternus nous enseigne que « Saint Pierre, jusqu’à aujourd’hui et toujours, vit, gouverne et juge dans ses successeurs. » (DzSch 3056).

Et le Catéchisme de l’Église catholique précise :« Le pontife romain et les évêques en “docteurs authentiques, pourvus de l’autorité du Christ, prêchent au peuple à eux confié la foi qui doit être crue et appliquée dans les moeurs” (LG 25). Le magistère ordinaire et universel du pape et des évêques en communion avec lui enseigne aux fidèles la vérité à croire, la charité à pratiquer, la béatitude à espérer ». [CEC 2034.]

VI. Garantie de l’assistance divine contre l’erreur

Dieu l’Esprit Saint, qui assiste continuellement et sans interruption l’Église, comme Notre Seigneur l’a promis et l’accomplit, ne permet pas que les papes inventent des doctrines nouvelles ou cessent de garder correctement le dépôt de la foi. C’est ce qu’enseigne la Constitution dogmatique Pastor aeternus du concile Vatican I : « En effet, le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. Et leur doctrine apostolique a été embrassée par tous les vénérables pères, vénérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes ; ils savaient parfaitement que ce siège de saint Pierre demeure toujours pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : “J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères [Lc 22, 32]. » (DzSch 3070).

À quoi fera écho le Catéchisme de l’Église catholique :« Le degré suprême dans la participation à l’autorité du Christ est assuré par le charisme de l’infaillibilité. Celle-ci s’étend aussi loin que le dépôt de la Révélation divine (cf. LG 25) ; elle s’étend encore à tous les éléments de doctrine, y compris morale, sans lesquels les vérités salutaires de la foi ne peuvent être gardées, exposées ou observées ». [CEC 2035.]

Et cette garantie d’infaillibilité assiste le pape et l’épiscopat universel en union avec lui. Un évêque, pris isolément, ou même plusieurs, y compris l’épiscopat entier d’une nation, peuvent errer, même en matière de foi. Mais l’épiscopat de l’Église uni au pape ne peut pas tomber tout entier dans l’erreur.

Ainsi, le critère pour dirimer les doutes sera toujours le Magistère de l’Église, conformément à ce que nous enseigne Pie XII, que nous citions plus haut : « La norme prochaine et universelle de la vérité est le Magistère de l’Église ». [Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, n. ° 18.]

La crise actuelle dans l’Église, bien que grande, a ses limites, posées par Dieu. Voici ce que dit saint Thomas : « Si on considère la Providence divine qui dirige son Église par l’Esprit Saint pour qu’elle n’erre pas, comme lui-même l’a promis en Jn 14,26, [disant] que l’Esprit, quand il viendrait enseignerait toute la vérité, c’est-à-dire ce qui concerne les choses nécessaires au salut, il est certain qu’il est impossible que le jugement de l’Église universelle se trompe sur les choses relatives à la foi ». [Saint Thomas d’Aquin, Quodl. IX, q. 8, a. 1.]

De la même manière, saint Robert Bellarmin : « Si tous les évêques se trompaient, toute l’Église se tromperait, or le peuple est tenu de suivre ses Pasteurs, comme le dit Jésus en Luc 10,16 : “Qui vous écoute, m’écoute” et Matthieu 23,3 : “Faites tout ce qu’ils vous diront” ». [Saint Robert Bellarmin, Controversiarum de conciliis Liber tertius qui est deDe
Ecclesia militante…, Liber III, cap. XIV
]

Dom Antônio en tirait la conclusion : « Au cas où toute la hiérarchie viendrait à défaillir, ce serait la parole de Jésus-Christ qui aurait failli, puisque le Divin Sauveur à confié à la hiérarchie le gouvernement et la direction de son Église jusqu’à la fin des siècles, et, qui plus est, son assistance pour qu’elle ne défaille pas ». [Dom Antônio de Castro Mayer, Monitor Campista, 26/1/1986.]

Et Pie VI déclarait déjà solennellement :« 1. La proposition qui affirme : “Dans ces derniers siècles un obscurcissement général a été répandu sur des vérités de grande importance relatives à la religion et qui sont la base de la foi et de la doctrine morale de Jésus Christ” (est) hérétique. » (1ère proposition condamnée dans le synode janséniste de Pistoie). [Pie VI, Constitution Auctorem fidei, 28 août 1794, Denz-Sch 2601.]

VII. Assentiment au Magistère, même non infaillible

Même en dehors du domaine de l’infaillibilité, nous devons suivre le Magistère vivant et les pasteurs placés par Notre Seigneur pour nous guider.Les situations dans lesquelles le guide vivant n’est pas infaillible, comme c’est le cas du père de famille ou du curé uni à son évêque, ne signifient pas que nous ne devons pas le suivre. C’est seulement dans l’hypothèse d’une opposition frontale à la Loi de Dieu que nous devons lui refuser notre soumission.

La Constitution dogmatique Pastor aeternus du concile Vatican I proclame : « Ainsi donc, Nous enseignons et déclarons que l’Église romaine, par disposition du Seigneur, possède sur toutes les autres une primauté de pouvoir ordinaire et que ce pouvoir de juridiction du pontife romain, qui est vraiment épiscopal, est immédiat. Les pasteurs de tous rites et de tous rangs ainsi que les fidèles, tant chacun séparément que tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les moeurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l‘Église répandue dans le monde entier ; de telle manière que, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur suprême Jn 10,16. Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour la foi et le salut. » (DzSch 3060).

Plus récemment, le Catéchisme de l’Église catholique explique :« Le magistère des pasteurs de l’Église en matière morale s’exerce ordinairement dans la catéchèse et dans la prédication, avec l’aide des oeuvres des théologiens et des auteurs spirituels. Ainsi s’est transmis de génération en génération, sous l’égide et la vigilance des pasteurs, le “dépôt” de la morale chrétienne, composé d’un ensemble caractéristique de règles, de commandements et de vertus procédant de la foi au Christ et vivifiés par la charité. Cette catéchèse a traditionnellement pris pour base, à côté du Credo et du Pater, le Décalogue, qui énonce les principes de la vie morale valables pour tous les hommes ». [CEC 2033.]

Selon la théologie, d’ailleurs : « Vu que l’enseignement non infaillible de l’Église, même si ce n’est pas de manière absolue, est cependant assisté par le Saint-Esprit, il se tromperait beaucoup, celui qui croirait qu’il nous laisse entièrement libres d’y assentir ou non. Ne pas obliger sous peine d’hérésie est loin d’équivaloir à ne pas obliger du tout, comme l’enseigne le concile Vatican I : “il ne suffit pas d’éviter la perversité de l’hérésie si l’on ne fait aussi très attention à fuir les erreurs qui en sont plus ou moins proches(DzSch 3045). S. Pie X condamna ceux qui prétendaient exempter de toute faute morale ceux qui ne tenaient pas compte des censures décrétées par les Congrégations romaines (DzSch 3408). Il revient à l’Église non seulement de proposer la vérité révélée, mais encore de montrer ce qui — directement ou indirectement — y mène ou en écarte. Et il ne suffit pas d’accueillir cet enseignement avec un silence respectueux ; une adhésion intellectuelle s’impose (Clément XI, DzSch 2390 ; S. Pie X, DzSch 3407) ». [R.P. M. Teixeira-Leite Penido, Le Mystère de l’’Église, VII : Le pouvoir du magistère, p. 294]

Écoutons encore Dom Antônio : « Il est certain que le concile Vatican I a défini que le Magistère du Pontife Romain est infaillible dans des conditions déterminées… Cependant, il serait absurde d’en conclure que le pape se trompe toujours quand il ne fait pas usage de sa prérogative d’infaillibilité. Au contraire, nous devons supposer qu’il a raison, vu que normalement il agit avec prudence et n’émet pas son opinion avant de bien peser les choses. Sans parler des grâces spéciales par lesquelles le Saint- Esprit l’assiste. » [Dom Antônio de Castro Mayer, Lettre pastorale sur la préservation de la foi et
des bonnes moeurs, V.
]

Pie XII avait déjà affirmé :« Il ne faut pas estimer non plus que ce qui est proposé dans les encycliques ne demande pas de soi l’assentiment, les papes n’y exerçant pas le pouvoir suprême de leur Magistère. Cet enseignement est celui du Magistère ordinaire, auquel s’applique aussi la parole : “qui vous écoute, m’écoute[Lc 10, 16] ». [Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, n° 20

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelait naguère à ce propos :« La volonté d’acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère en matière de soi non irréformable doit être la règle. […]. Dans ce domaine des interventions d’ordre prudentiel, il est arrivé que des documents magistériels ne soient pas exempts de déficiences. Les pasteurs n’ont pas toujours perçu aussitôt tous les aspects ou toute la complexité d’une question. Mais il serait contraire à la vérité de conclure, à partir de certains cas déterminés, que le Magistère de l’Église puisse se tromper habituellement dans ses jugements prudentiels, ou qu’il ne jouisse pas de l’assistance divine dans l’exercice intégral de sa mission ». [Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction Donum veritatis, sur la
vocation ecclésiale du théologien, 24 mai 1990, n° 24
]

VIII. Le Guide oriente dans les diverses circonstances

Ainsi, selon nos explications, Jésus a institué un Magistère vivant, des guides vivants pour nos âmes. Un guide vivant applique les principes éternels aux circonstances actuelles. Il interprète les lois et les principes, les appliquant à telle occasion.

Ainsi saint Paul, tout en défendant le principe proclamé dans le concile de Jérusalem, lequel avait aboli la circoncision (Act 15, 1-29 ; 1 Cor 7, 18.24) et tout en résistant à saint Pierre pour ce motif (Gal 2, 11-14), conseilla-t-il à Timothée de se faire circoncire. Bien plus, c’est lui-même qui circoncit Timothée, « en considération des Juifs » (Act 16,3). Mêmes principes, mais circonstances différentes. Saint Paul, Apôtre, guide vivant, en jugea et agit ainsi. Quelqu’un de mauvais esprit pourrait vouloir jouer saint Paul contre saint Paul et l’accuser d’opportunisme.

Mais saint Grégoire loue la discrétion de saint Paul : « Souvent on perd une vertu pour la vouloir conserver avec trop d’indiscrétion, au lieu qu’on la conserve mieux en l’interrompant avec prudence ». (S. Grégoire le Grand, Morales sur Job, livre XXVIII, chap. VIII.)

Et saint Jean Chrysostome, expliquant le cas de saint Paul faisant circoncire Timothée, attribua les conversions si nombreuses (décrites au verset 5 du même chapitre) à l’effort de saint Paul en vue de la concorde (cf. Cornelius a Lapide, commentaire sur ce passage).

Saint Pie X, même s’il ne s’agit pas d’un usage de l’infaillibilité, autorisa l’usage de la médaille comme substitut du scapulaire carmélitain de laine. Cela ne serait pas du bon esprit catholique de citer contre lui saint Simon Stock ou le pape Jean XXII, qui reçurent les apparitions de Notre-Dame en parlant seulement du scapulaire de laine. [Une situation analogue s’est présentée quand, selon nos informations, un pape
postérieur demanda qu’on évitât l’expression utilisée par saint Pie X de « Vierge Prêtre », pour ne pas causer d’ambiguïtés : ce ne serait pas du sens catholique authentique de contester ce pape en citant saint Pie X.
]

Un autre exemple est celui de la suggestion du pape Jean-Paul II que l’on ajoute au Rosaire les mystères lumineux, comme enrichissement de la méditation de la vie de Jésus-Christ.

Ainsi, ce ne serait pas du bon esprit catholique, par exemple, d’en rester à citer seulement les papes antérieurs comme s’ils étaient le pape actuel. Ou seulement les évêques antérieurs, comme s’ils étaient l’évêque actuel. Ce serait une négation du Magistère vivant et l’institution d’un Magistère posthume, dans le style protestant.

IX. Le danger d’un « magistère » parallèle

Le Magistère de l’Église, l’Église enseignante, est constituée du pape et des évêques en communion avec lui. Les simples prêtres et les laïcs appartiennent à l’Église enseignée et ne font pas partie du Magistère de l’Église. Dans les époques de crise, il existe toujours le péril de s’éloigner du Magistère vivant de l’Église, de recourir à la direction de laïcs comme orientant l’orthodoxie, sous le prétexte que le Magistère de l’Église aurait défailli. Sur ce sujet, Dom Antônio de Castro Mayer avertissait : « C’est une subversion hérétique, par défiance envers la hiérarchie, de suivre habituellement comme porte-parole et arbitre de l’orthodoxie quelqu’un qui n’est pas membre de la hiérarchie ».

Cet avertissement coïncide exactement avec l’enseignement du pape Pie XII : « Ce n’est pas sans un motif grave que Nous avons voulu donner devant vous, vénérables frères, ces avertissements. En effet, il arrive malheureusement que certains professeurs cherchent trop peu la liaison avec le magistère vivant de l’Église […]. Récemment […] s’est fait jour çà et là, et a commencé à se répandre ce qu’on appelle une théologie laïque et on a vu naître une catégorie de théologiens laïques qui se déclarent autonomes ; cette théologie tient des cours, imprime des écrits, a des cercles, des chaires, de professeurs. Ceux-ci distinguent leur magistère du Magistère public de l’Église, et l’opposent en quelque manière au sien […]. Il faut cependant retenir en sens opposé qu’i n’y eut jamais, qu’il n’y a pas, et qu’il n’y aura jamais dans l’Église de magistère légitime des laïcs soustrait par Dieu à l’autorité, à la conduite et à la vigilance du Magistère sacré ; bien plus, le refus même de se soumettre fournit un argument convaincant et un critère sûr : les laïcs qui parlent et agissent de la sorte ne sont pas conduits par l’Esprit de Dieu et du Christ. » [Pie XII, Allocution aux cardinaux et évêques, 31 mai 1954]


+ Fernando Arêas Rifan
Évêque titulaire de Cedamusa, Administrateur Apostolique.  
© Éditions Sainte-Madeleine - 2007


(A suivre) : deuxième partie : Conséquences, Application de ces principes théologiques à la question de la messe
Le pape Benoît XVI et la réforme de la réforme liturgique - 16.02.08 (3)
Quand Benoît XVI nous parle de la beauté et de la profondeur du missel de saint Pie V (4)

Sources: www.barroux.org

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 14.02.2008 - BENOÎT XVI - T/doctrine - T/théologie

 

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