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19 Avril 2005
 

LA CATÉCHÈSE DU MERCREDI

 

Année 2005 Année 2006 Année 2007 Année 2008

mercredi 28 décembre 2005, Ô homme : tu es la gloire de Dieu
mercredi 21 décembre 2005, le symbole de la lumière de Noël
mercredi 15 décembre 2005, Ps 138  Le mystère du Dieu transcendant, mais cependant proche de nous
mercredi 8 décembre 2005, Ps 137 Dieu défend les humbles
mercredi 1er décembre 2005, Ps 136, la tragédie vécue par le peuple juif
mercredi 23 novembre, Une fresque grandiose du salut,  Ep 1,3-10
mercredi 16 novembre, Ps 135 seconde partie, au cours du temps
mercredi 9  novembre Ps 135, la création, première révélation divine
mercredi 2 novembre, Benoît XVI commente le psaume 111
mercredi 26 octobre Benoît XVI commente l’hymne de l’Epître aux Philippiens
mercredi 19 octobre 2005- Ps 129, 1-6:  «la miséricorde et la rédemption»
mercredi 12 octobre 2005 - Ps 121, 1-3.5.8-9: « La religion biblique, ferment de justice et de solidarité »
mercredi 05 octobre 2005 -  Ps 134 (2) : « La présence efficace de Dieu apporte le salut »
mercredi 28 septembre 2005 - Ps 134 1-12, « L'amour divin devient concret et presque tangible dans l'histoire »
mercredi 21 septembre 2005   Psaume 131 évoque « un événement capital dans l'histoire d'Israël»
mercredi 14 septembre 2005  Ps 131 (1-10) - « Au centre de la vie sociale », le mystère de Dieu transcendant
mercredi 7 septembre 2005   Col 1,3.12.15.17-18 - La grande famille des enfants de Dieu, où le Baptême nous fait accéde
mardi 30 août 2005 Tout  travail est inutile si Dieu n'est pas aux côtés de celui qui peine
mercredi 24 août 2005 Le pape fait un bilan des JMJ de Cologne
mercredi 17 août 2005  Ps 125, 1-5 - La souffrance a toujours un sens aux yeux de Dieu
mercredi 10 août 2005  Ps 130, 1-3 - la confiance humble et spontanée dans l'unique Seigneur
mercredi  3 août 2005   Ps 124, 1-5 - Le Psaume diffuse  dans l'âme une profonde confiance
mercredi 6 juillet 2005  Ep 1, 3.7-8 - nous avons été prédestinés dès le début à l'adoption de fils de Dieu, au moyen de Jésus Christ
mercredi 29  juin 2005  l’Eglise « une, catholique, apostolique et sainte »
mercredi  22 juin 2005  Ps 123, 1-6.8 - le Seigneur se dresse pour protéger le juste et le sauve
mercredi 15  juin 2005  Ps 122, 1-4 - le fidèle lève les yeux vers le Seigneur et attend une réaction divine
mercredi  08 juin 2005  Ps 110, 1-2.4-5.10 -
contemplation du mystère de Dieu et des merveilles qu'il accomplit dans l'histoire du salut.
mercredi 1er juin 2005  Philippiens 2, 6-11 - le Verbe divin  dépose sa gloire et assume la condition humaine

 

Catéchèse de Benoît XVI  - mercredi 1er juin 2005.

ROME, Mercredi 1er juin 2005 - Voici la traduction intégrale de l’italien de la catéchèse de Benoît XVI lors de l’audience générale du mercredi 1er juin 2005, place Saint-Pierre (cf. Philippiens 2, 6-11 ).

1. Dans chaque célébration dominicale des Vêpres, la liturgie nous repropose le bref mais intense hymne christologique de la Lettre aux Philippiens (cf. 2, 6-11). Il s’agit de l’hymne qui vient de retentir que nous abordons dans sa première partie (cf. vv. 6-8), dans laquelle se dessine la paradoxale « spoliation » du Verbe divin, qui dépose sa gloire et assume la condition humaine.

Le Christ incarné et humilié par la mort la plus infâme, celle de la crucifixion, est proposé comme un modèle de vie pour le chrétien . Celui-ci, en effet, - comme on l’affirme dans ce contexte - doit avoir « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus  » (v. 5), des sentiments d’humilité et de dévouement, de détachement et de générosité.

2. Bien sûr, il possède la nature divine avec toutes ses prérogatives. Mais cette réalité transcendante n’est pas interprétée et vécue à l’enseigne du pouvoir, de la grandeur, de la domination. Le Christ n’utilise pas le fait d’être égal à Dieu, sa dignité glorieuse et sa puissance comme un instrument de triomphe, un signe d’éloignement, une expression d’écrasante suprématie (cf. v. 6). Au contraire, il « se dépouilla », il se vida lui-même, se plongeant sans réserve dans la misérable et faible condition humaine . La « forme » (morphè) divine se cache dans le Christ sous la « forme » (morphè) humaine, c’est-à-dire sous notre réalité marquée par la souffrance, par la pauvreté, par les limitations et par la mort (cf. v. 7).

Il ne s’agit donc pas d’un simple revêtement, d’une apparence changeante, comme on croyait que cela se produisait pour les divinités de la culture gréco-romaine : la réalité du Christ est la réalité divine dans une expérience authentiquement humaine. Dieu n’apparaît pas seulement comme homme, mais il se fait homme, et devient réellement l’un de nous . Il devient réellement « Dieu-avec-nous », qui ne se contente pas de nous regarder d’un œil bienveillant du trône de sa gloire, mais qui se plonge personnellement dans l’histoire humaine, devenant « chair » ; c’est-à-dire réalité fragile, conditionnée par le temps et par l’espace (cf. Jn 1, 14).

3. Ce partage radical et véritable de la condition humaine, à l’exclusion du péché (cf. He 4, 15), conduit Jésus jusqu’à la frontière qui est le signe de notre finitude et de notre caducité, la mort. Cependant, celle-ci n’est pas le fruit d’un mécanisme obscur ou d’une fatalité aveugle : elle naît de son libre choix d’obéissance au dessein de salut du Père (cf. Ph 2, 8).

L’Apôtre ajoute que la mort vers laquelle Jésus se dirige est celle sur la croix, c’est-à-dire la plus dégradante, voulant ainsi être véritablement le frère de chaque homme et de chaque femme, également de ceux destinés à une fin atroce et ignominieuse.

Mais, précisément dans sa passion et dans sa mort, le Christ témoigne de son adhésion libre et consciente à la volonté du Père, comme on le lit dans la Lettre aux Hébreux : « Tout fils qu’il était, il apprit, de ce qu’il souffrit, l’obéissance » (He 5, 8).

Arrêtons-nous ici dans notre réflexion sur la première partie de l’hymne christologique, centré sur l’incarnation et sur la passion rédemptrice. Nous aurons ensuite l’occasion d’approfondir l’itinéraire successif, l’itinéraire pascal, qui conduit de la croix à la gloire. L’élément fondamental de cette première partie de l’hymne me semble être l’invitation à entrer dans les sentiments de Jésus. Entrer dans les sentiments de Jésus signifie ne pas considérer le pouvoir, la richesse, le prestige, comme les valeurs suprêmes de notre vie, car au fond, elles ne répondent pas à la soif la plus profonde de notre esprit, mais ouvrir notre cœur à l’Autre, porter avec l’Autre le poids de notre vie et nous ouvrir au Père qui est dans les Cieux avec un sentiment d’obéissance et de confiance, en sachant que précisément dans la mesure où nous sommes obéissants au Père, nous serons libres. Entrer dans les sentiments de Jésus : cela devrait être l’exercice quotidien à vivre en tant que chrétiens.

4. Nous concluons notre réflexion par un grand témoignage de la tradition orientale, Théodoret qui fut évêque de Cyr, en Syrie, au Ve siècle : « L’incarnation de notre Sauveur représente le plus haut accomplissement de la sollicitude divine pour les hommes. En effet, ni le ciel ni la terre, ni la mer ni l’air, ni le soleil ni la lune, ni les astres, ni tout l’univers visible et invisible, créé par sa seule parole ou plutôt porté à la lumière par sa parole conformément à sa volonté, n’indiquent son incommensurable bonté autant que le fait que le Fils unique de Dieu - celui qui était de condition divine (cf. Ph 2,6), reflet de sa gloire, empreinte de sa substance (cf. He 1, 3), qui était au commencement, qui était auprès de Dieu et était Dieu, à travers qui ont été faites toutes les choses (cf. Jn 1, 1-3) -, après avoir assumé la nature de serviteur, apparut sous forme d’homme, en raison de sa figure humaine fut considéré comme un homme, fut vu sur la terre, eut des relations avec les hommes, se chargea de nos infirmités et prit sur lui nos maladies » (Discours sur la Providence divine, 10 : Collection de textes patristiques, LXXV, Rome 1988, pp. 250-251).

Théodoret de Cyr poursuit sa réflexion en mettant précisément en lumière le lien subtil souligné par l’hymne de la Lettre aux Philippiens entre l’incarnation de Jésus et la rédemption des hommes. «  Avec sagesse et justice, le Créateur travailla pour notre salut. Car il n’a pas voulu se servir uniquement de sa puissance pour nous offrir le don de la liberté, ni utiliser uniquement sa miséricorde contre celui qui a assujetti le genre humain, afin que celui-ci n’accuse pas la miséricorde d’injustice , mais il a imaginé une voie riche d’amour pour les hommes et, dans le même temps, empreinte de justice. En effet, après avoir uni à lui la nature de l’homme désormais vaincue, il la conduit à la lutte et la dispose à réparer la défaite, à battre celui qui autrefois avait injustement remporté la victoire, à se libérer de la tyrannie de celui qui l’avait cruellement rendu esclave et à retrouver la liberté originelle  » (ibid ; pp. 251-252).

Catéchèse de Benoît XVI  - mercredi 8 juin 2005.

ROME, Mercredi 8 juin 2005 – Voici la traduction intégrale de l’italien de la catéchèse de Benoît XVI lors de l’audience générale de ce mercredi 8 juin, place Saint-Pierre (cf. Psaume 110, 1-2.4-5.10 ).

Chers frères et sœurs,

1. Aujourd'hui souffle un vent fort. Dans l'Ecriture Sainte, le vent est le symbole de l'Esprit Saint. Espérons que l'Esprit Saint nous illumine à présent dans notre méditation sur le Psaume 110 que nous venons d'entendre. Dans ce psaume, nous trouvons un hymne de louange et d'action de grâce pour les nombreux bienfaits qui définissent Dieu dans ses attributions et dans son œuvre de salut: on parle de «pitié», de «tendresse», de «justice», de «puissance», de «vérité», de «droiture», de «fidélité», d'«alliance», d'«œuvres», de «prodiges», et même de «nourriture» qu'il donne et, à la fin, de son «nom» glorieux, c'est-à-dire de sa personne. La prière est donc une contemplation du mystère de Dieu et des merveilles qu'il accomplit dans l'histoire du salut.

2. Le psaume s'ouvre par le verbe du remerciement, qui s'élève non seulement du cœur de l'orant, mais également de toute l'assemblée liturgique (cf. v. 1). L'objet de cette prière, qui comprend également le rite de l'action de grâce, est exprimé par le mot «œuvres» (cf. vv. 2.3.6.7.). Celles-ci indiquent les interventions salvifiques du Seigneur, manifestations de sa «justice» (cf. v. 3), un terme qui, dans le langage biblique, indique avant tout l'amour qui engendre le salut.

C'est pourquoi le cœur du psaume se transforme en un hymne à l'alliance (cf. vv. 4-9), à ce lien intime qui relie Dieu à son peuple et qui comprend une série d'attitudes et de gestes. Ainsi, on parle de «tendresse et pitié» (cf. v. 4), dans le sillage des grandes proclamations du Sinaï: «Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité» (Ex 34, 6).

La «pitié» est la grâce divine qui enveloppe et transfigure le fidèle, alors que la « tendresse» est exprimée dans l'original hébreu par un terme caractéristique qui renvoie aux «entrailles» maternelles du Seigneur, encore plus miséricordieuses que celles d'une mère (cf. Is 49, 15).

3. Ce lien d'amour comprend le don fondamental de la nourriture et donc de la vie (cf. Ps 110, 5) qui, dans la relecture chrétienne, sera identifié avec l'Eucharistie , comme le dit saint Jérôme: «Il donna le pain descendu du ciel en nourriture: si nous en sommes dignes, mangeons-en! » (Breviarium in Psalmos, 110: PL XXVI, 1238-1239).

Il y a ensuite le don de la terre, «l'héritage des nations» (Ps 110, 6), qui fait allusion au grand événement de l'Exode, lorsque le Seigneur se révèle comme le Dieu de la libération. La synthèse du corps central de ce chant est donc à rechercher dans le thème du pacte spécial entre le Seigneur et son peuple, comme le déclare de façon lapidaire le v. 9: «Il déclare pour toujours son alliance».

4. Le psaume 110 est scellé à la fin par la contemplation du visage divin, de la personne du Seigneur, exprimée à travers son «nom» saint et transcendant. En citant ensuite un proverbe sapientiel (cf. Pr 1, 7; 9, 10; 15, 33), le psalmiste invite chaque fidèle à cultiver «la crainte de Yahvé» (Ps 110, 10), début de la véritable sagesse. Sous ce terme ne se cachent pas la peur et la terreur, mais le respect sérieux et sincère qui est fruit de l'amour , l'adhésion authentique et active au Dieu libérateur. Et, si la première parole du chant a été une parole d’action de grâce, la dernière est une parole de louange: de même que la justice salvifique du Seigneur «demeure à jamais» (v. 3), la gratitude de l'orant ne connaît pas de pause, elle retentit dans la prière «à jamais» (v. 10).

Pour résumer, le psaume nous invite à la fin à redécouvrir les nombreuses bonnes choses que le Seigneur nous donne chaque jour. Nous voyons plus facilement les aspects les plus négatifs de notre vie. Le psaume nous invite à voir également les choses positives, les nombreux dons que nous recevons, en trouvant ainsi la gratitude, car seul un cœur reconnaissant peut célébrer dignement la grande liturgie de la gratitude, l'Eucharistie .

5. En conclusion de notre réflexion, nous voudrions méditer avec la tradition ecclésiale des premiers siècles chrétiens le verset final et sa célèbre déclaration, répétée ailleurs dans la Bible (cf. Pr 1, 7): «Principe du savoir: la crainte de Yahvé» (Ps 110, 10).

L'auteur chrétien Barsanuphe de Gaza (qui vécut dans la première moitié du VIe siècle) le commente ainsi: «Qu'est-ce que le principe du savoir, si ce n'est s'abstenir de tout ce qui est odieux à Dieu? Et de quelle façon quelqu'un peut-il s'en abstenir, sinon en évitant de faire quoi que ce soit sans avoir demandé conseil, ou en ne disant rien que l'on ne doive dire et, en outre, en se considérant soi-même, fou, sot, méprisable et moins que rien? (Epistolario, 234: Collection de textes patristiques, XCIII, Rome 1991, pp. 265-266).

Jean Cassien (qui vécut entre le IVe et le Ve siècle) préférait toutefois préciser qu'«il y a une grande différence entre l'amour, auquel rien ne manque et qui est le trésor de la sagesse et de la science, et l'amour imparfait, dénommé « principe du savoir »; celui-ci, contenant en lui l'idée du châtiment, est exclu du cœur des parfaits en atteignant la plénitude de l'amour» (Conférence aux moines, 2, 11, 13: Collection de textes patristiques, CLVI, Rome 2000, p. 29). Ainsi, sur le chemin de notre vie vers le Christ, la crainte servile qu'il y a au début laisse place à une crainte parfaite qui est amour, don de l'Esprit Saint.
 

 

Catéchèse de Benoît XVI  - mercredi 15 juin 2005

ROME, Mercredi 15 juin 2005  Lecture: Ps 122, 1-4

1.Chers frères et sœurs,

Dans l'Evangile, Jésus affirme de façon très incisive que l'œil est un symbole expressif du moi profond, il est un reflet de l'âme (cf. Mt 6, 22-23). A ce propos, le Psaume 122, qui vient d'être proclamé, est entièrement contenu dans un échange de regards: le fidèle lève les yeux vers le Seigneur et attend une réaction divine, pour y saisir un geste d'amour, un regard de bienveillance. Nous aussi, nous levons les yeux et attendons un geste de bienveillance du Seigneur.

Dans le Psautier, il n'est pas rare que l'on parle du regard du Très-Haut qui « des cieux se penche vers les fils d'Adam pour voir s'il en est un de sensé, un qui cherche Dieu » (Ps 13, 2). Le Psalmiste, comme nous l'avons entendu, a recours à une image, celle du serviteur et de l'esclave qui sont tournés vers leur maître dans l'attente d'une décision libératrice.

Même si la scène est liée au monde antique et à ses structures sociales, l'idée est claire et significative: cette image reprise du monde de l'Orient antique désire exalter l'adhésion du pauvre, l'espérance de l'opprimé et la disponibilité du juste à l'égard du Seigneur.

2. L'orant est dans l'attente que les mains divines bougent, car celles-ci agiront selon la justice, détruisant le mal. C'est pourquoi dans le Psautier, l'orant lève souvent son regard plein d'espérance vers le Seigneur: « Mes yeux sont fixés sur le Seigneur, car il tire mes pieds du filet » (Ps 24, 15), alors que « mes yeux sont consumés d'attendre mon Dieu » (Ps 68, 4).

Le Psaume 122 est une supplication dans laquelle la voix d'un fidèle s'unit à celle de la communauté tout entière: en effet, le Psaume passe de la première personne du singulier – « j'ai les yeux levés » – à celle du pluriel – « nos yeux » et « qu'il nous prenne en pitié » (cf. vv. 1-3). On exprime l'espérance que les mains du Seigneur s'ouvrent pour dispenser des dons de justice et de liberté. Le juste attend que le regard de Dieu se révèle dans toute sa tendresse et sa bonté, comme on le lit dans l'antique bénédiction sacerdotale du Livre des Nombres: « Que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce! Que le Seigneur te découvre sa face et t'apporte la paix » (Nb 6, 25-26).

3. L'importance du regard plein d'amour de Dieu est révélée dans la deuxième partie du Psaume, caractérisée par l'invocation: « Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous » (Ps 122, 3). Celle-ci se place en continuité avec le final de la première partie, où l'on réaffirme l'attente confiante « tant qu'il [le Seigneur] nous prenne en pitié » (v. 2).

Les fidèles ont besoin d'une intervention de Dieu car ils se trouvent dans une situation pénible de mépris et de moqueries de la part de personnes orgueilleuses. L'image que le Psalmiste utilise à présent est celle de la satiété: « trop de mépris nous rassasie; notre âme est par trop rassasiée des sarcasmes des satisfaits! Du mépris des orgueilleux » (vv. 3-4).

A la traditionnelle satiété biblique de nourriture et d'années, considérée comme un signe de la bénédiction divine, s'oppose à présent une intolérable satiété constituée par un poids d'humiliations exorbitant . Et nous savons qu'aujourd'hui, de nombreuses nations, de nombreuses personnes sont réellement accablées par les humiliations, trop lasses des humiliations des satisfaits, du mépris des orgueilleux. Prions pour elles et aidons nos frères humiliés .

C'est pourquoi les justes ont confié leur cause au Seigneur et celui-ci ne reste pas indifférent devant ces yeux implorants, il n'ignore pas leur invocation ni la nôtre, il ne déçoit pas leur espérance .

4. Pour finir, laissons place à la voix de saint Ambroise, le grand Archevêque de Milan, qui, dans l'esprit du Psalmiste, décrit de manière poétique l'œuvre de Dieu qui nous atteint en Jésus Sauveur: « Le Christ est tout pour nous. Si tu veux soigner une blessure, il est le médecin; si tu brûles de fièvre, il est une fontaine; si tu es opprimé par l'injustice, il est justice; si tu as besoin d'aide, il est force; si tu crains la mort, il est la vie; si tu désires le ciel, il est la voie; si tu fuis les ténèbres, il est la lumière; si tu cherches la nourriture, il est un aliment » (Sur la virginité, 99: SAEMO, XIV/2, Milan-Rome 1989, p. 81).

 

Catéchèse du pape -  mercredi 22 juin -  Psaume 123, 1-6.8

1. Voilà devant nous le Psaume 123, un chant d'action de grâce entonné par la communauté en prière qui élève à Dieu sa louange pour le don de la libération. Le Psalmiste proclame en ouverture cette invitation: « A Israël de le dire ! » (v. 1), encourageant ainsi tout le peuple à élever une action de grâce vivante et sincère au Dieu sauveur. Si le Seigneur ne s'était pas rangé du côté des victimes, celles-ci, avec leurs forces limitées, auraient été impuissantes à se libérer et leurs adversaires, semblables à des monstres, les auraient déchirées et anéanties.

Même si l'on a pensé à quelque événement particulier, comme la fin de l'exil de Babylone, il est plus probable que le Psaume soit un hymne visant à rendre grâce au Seigneur pour les dangers auxquels on a échappé et à implorer de Lui la libération de tout mal. En ce sens, celui-ci demeure un Psaume toujours actuel.

2. Après l'évocation initiale de certains « hommes » qui sautaient sur les fidèles et étaient capables de les « avaler tout vifs » (cf. vv. 2-3), le cantique se divise en deux moments. Dans la première partie dominent les flots en furie, symbole dans la Bible du chaos dévastateur, du mal et de la mort: « Alors les eaux nous submergeaient, le torrent passait sur nous, alors il passait sur notre âme en eaux écumantes » (vv. 4-5). L'orant éprouve à présent la sensation de se trouver sur une plage, miraculeusement sauvé de la furie impétueuse de la mer.

La vie de l'homme est entourée des pièges des méchants qui non seulement attentent à son existence, mais veulent aussi détruire toutes les valeurs humaines. Mais – nous pouvons en être sûrs aujourd'hui aussi le Seigneur se dresse pour protéger le juste et le sauve, comme on le chante dans le Psaume 17: « Il tend la main d'en haut et me prend, il me retire des grandes eaux, il me délivre d'un puissant ennemi, d'adversaires plus forts que moi [...] Le Seigneur fut pour moi un appui: il m'a dégagé, mis au large, il m'a sauvé car il m'aime » (vv. 17-20). Le Seigneur nous aime vraiment: telle est notre certitude et tel est le motif de notre profonde confiance.

3. Dans la seconde partie de notre cantique d'action de grâce, on passe d'une image maritime à une scène de chasse, typique de plusieurs Psaumes de supplique (cf. Ps 123, 6-8). Voici, en effet, l'évocation d'un fauve qui tient sa proie entre ses dents, ou d'un filet de chasseur qui capture un oiseau. Mais la bénédiction exprimée par le Psaume nous fait comprendre que le destin des fidèles, qui était un destin de mort, a été radicalement changé par une intervention salvifique: « Béni Le Seigneur qui n'a point fait de nous la proie de leurs dents ! Notre âme comme un oiseau s'est échappée du filet de l'oiseleur. Le filet s'est rompu et nous avons échappé » (vv. 6-7).

La prière devient ici un souffle de soulagement qui s'élève du plus profond de l'âme: même lorsque toutes les espérances humaines tombent, la puissance libératrice de Dieu peut apparaître. Le Psaume peut donc se conclure par une profession de foi, entrée depuis des siècles dans la liturgie chrétienne comme prémisse idéale de chacune de nos prières: « Adiutorium nostrum in nomine Domini, qui fecit caelum et terram - notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre » (v. 8). En particulier, le tout-puissant se range du côté des victimes et des persécutés « qui crient vers lui jour et nuit » et « il leur fera prompte justice » (cf. Lc 18, 7-8).

4. Saint Augustin fait un commentaire détaillé de ce Psaume. Dans un premier temps, il observe que ce Psaume est chanté de façon adéquate par les « membres du Christ [...] dans leur allégresse ». Puis, en particulier, « les martyrs ont chanté ce cantique, ils sont délivrés et tressaillent avec le Christ qui leur redonnera incorruptibles ces mêmes corps qu'ils ont eu dans la corruption, et dans lesquels ils ont tant souffert: ils seront pour eux des ornements de justice ». Et saint Augustin parle des martyrs de tous les siècles, également de notre siècle.

Mais, dans un deuxième temps, l'évêque d'Hippone nous dit que nous aussi, et pas seulement les bienheureux au ciel, nous pouvons chanter ce Psaume dans l'espérance. Il déclare: « Soit donc que les martyrs chantent ce cantique dans la réalité de leur bonheur, soit que nous le chantions par l'espérance, et que nous unissions nos transports à leurs couronnes, en soupirant après cette vie que nous n'avons pas et que nous ne pourrons avoir, si nous ne l'avons pas désirée ici-bas, chantons avec eux ».

Saint Augustin revient alors à la première perspective et explique: « Voilà qu'ils [les saints] ont jeté les yeux sur les quelques tribulations qu'ils ont endurées, et du lieu de bonheur et de sûreté où il sont établis, ils regardent par où ils sont passés, et où ils sont arrivés; et comme il était difficile d'échapper à tant de maux sans la main du libérateur, ils redisent avec joie: « Si le Seigneur n'eût été avec nous ». Tel est le commencement de leur cantique; ils n'ont point dit encore d'où ils sont délivrés, tant est grande leur joie » (Discours sur le Psaume 123, 3: Nuova Biblioteca Agostiniana, XXVIII, Roma 1977, p. 65).
 

 
 

Catéchèse sur l’Eglise « une, catholique, apostolique et sainte »

Homélie de Benoît XVI le 29 juin

Le pape Benoît XVI a offert une catéchèse très dense sur l’Eglise « une, catholique, apostolique et sainte », lors de la célébration eucharistique de la solennité des apôtres Pierre et Paul.

La célébration a eu lieu à 9 h 30, en la basilique Saint-Pierre, en présence de quelque six mille personnes, le 29 juin au matin. Le pape a remis le pallium, qui lui tient tant à cœur, à 33 archevêques métropolitains nommés dans l’année et au cardinal secrétaire d’Etat en tant que nouveau doyen du collège cardinalice.

Et, comme chaque année pour la fête des saints patrons de l’Eglise de Rome, le patriarche œcuménique de Constantinople a envoyé à Rome une délégation guidée par le métropolite de Pergamon, Ioannis, accompagné de Mgr Gennadios Limouris, métropolite de Sassima et de l'archimandrite Bartolomaios, sous-secrétaire du Synode du Patriarcat œcuménique. A l’issue de la célébration, le pape et le métropolite Ioannis sont descendus ensemble se recueillir sur la tombe de l’Apôtre Pierre.

Le pape a souligné que la fête des apôtres Pierre et Paul constitue une fête « de la catholicité », entendu comme « universalité » et « multiplicité qui devient unité », c’est-à-dire la « capacité des peuples à se dépasser pour regarder vers le Dieu unique ».

Citant saint Irénée de Lyon – qu’il avait cité longuement la veille, en sa fête, en présentant le Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique – Benoît XVI rappelait que « diverses sont les langues selon les régions mais une et identique est la force de la tradition ».

« L’unité des hommes dans leur multiplicité est devenue possible parce que Dieu, ce Dieu unique du ciel et de la terre s’est montré à nous, parce que la vérité essentielle sur notre vie, sur notre [question] « d’où ? » et « vers où ? » est devenue visible lorsqu’Il s’est montré à nous et en Jésus Christ, il nous a fait voir son visage, lui-même ».

« Cette vérité sur l’essence de notre être, ajoutait le pape, nous unit et nous fait devenir frères. Catholicité et unité vont ensemble. Et l’unité a un contenu : la foi que les Apôtres nous ont transmise de la part du Christ ».

A propos de l’apostolicité de l’Eglise, le pape soulignait qu’elle est elle aussi source d’unité. Le Seigneur, rappelait le pape, a institué ses douze apôtres « les indiquant ainsi comme chefs du peuple de Dieu, qui, devenu désormais universel, comprend tous les peuples ».

Il poursuivait : « L’Eglise est apostolique parce qu’elle confesse la foi des apôtres et cherche à en vivre. Il y a une unicité qui caractérise les Douze appelés par le Seigneur, mais il existe en même temps une continuité dans la mission apostolique ».

Benoît XVI soulignait à ce propos que « la Parole de Dieu n’est pas seulement écrite, mais, grâce aux témoins que le Seigneur a insérés, par le sacrement, dans le ministère apostolique, elle reste une parole vivante ».

Le pape soulignait ensuite le sens du pallium, cette bande de laine blanche ornée de six croix noires, signes à la fois du pouvoir juridictionnel et de la communion avec Rome.

« Le pallium, expliquait le pape, est un symbole de notre mission apostolique. Il est l’expression de notre communion qui a sa garantie visible dans le ministère pétrinien. Ainsi, le service pétrinien est lié à l’unité et à l’apostolicité, lui qui réunit visiblement l’Eglise de toutes les régions et de tous les temps, en en défendant de cette façon chacun de nous contre tout glissement vers de fausses autonomies, qui se transforment trop facilement dans des particularisations de l’Eglise et peuvent compromettre ainsi son indépendance interne ».

A la délégation orthodoxe, il faisait remarquer qu’en dépit des divergences subsistant quant « à l'interprétation et à la portée » du ministère pétrinien, catholiques et orthodoxes sont cependant « unis dans la succession apostolique, profondément unis par le ministère épiscopal et par le sacrement du sacerdoce », ils confessent « la même foi des Apôtres, telle qu'elle nous a été donnée dans les Ecritures et telle qu’elle est interprétée dans les grands conciles ».

Le pape faisait observer que le monde actuel est marqué par le « scepticisme » et les « doutes » tout en étant « riche du désir de Dieu ». La mission des chrétiens est ainsi de « témoigner ensemble du Christ Seigneur et, sur la base de cette unité, qui nous est déjà donnée, d’aider le monde à croire ».

Le pape exhortait : « Prions le Seigneur de tout notre cœur pour qu’il nous guide à l’unité plénière de façon à ce que la splendeur de la vérité, qui seule peut créer l’unité, devienne à nouveau visible dans le monde ».

Pour ce qui est de la sainteté de l’Eglise, le pape faisait remarquer : « L’Eglise n’est pas sainte par elle-même : elle est faite de pécheurs », mais elle est « toujours sanctifiée à nouveau par l’amour purificateur du Christ ».

Mentionnant le Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique, à peine publié en italien, le pape disait y voir, justement, un « guide pour la transmission de la foi ». Certes, disait-il, il ne se lit pas « comme un roman », il faut le « méditer, calmement, dans ses différentes parties, et permettre que son contenu, avec l’aide des images, pénètre dans l’âme ».

Le pape a remis les pallium après l’homélie, le cardinal Sodano prêtant serment en premier.

Parmi les 33 archevêques qui ont reçu le pallium, 4 venaient d’Afrique, 11 d’Europe, 5 d’Asie et 12 du continent américain. Parmi eux, le nouvel archevêque de Cracovie, Mgr Stanislas Dziwisz, secrétaire de Jean-Paul II, le nouvel archevêque de Paris, Mgr André Vingt Trois, et le nouvel archevêque de Tours, Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, Mgr Joseph Ngo Quang Kiet, archevêque de Ha Noi et Mgr Marcel Honorat Léon Agboton, archevêque de Cotonou, et Mgr Daniel J. Bohan, archevêque canadien de Regina.

La salle de presse du Saint-Siège a indiqué que Mgr Alojzij Uran, archevêque de Lubjana, n’a pas pu venir à Rome et qu’il recevra le pallium par l’intermédiaire du représentant du pape en Slovénie.

La célébration s’est achevée vers midi, ce qui a décalé l’angélus vers midi dix : depuis la fenêtre de son bureau, le pape s’est excusé du retard auprès des milliers de fidèles restés sous le soleil place Saint-Pierre. La basilique étant comble dès 9 h 15, des milliers d’entre eux avaient suivi la célébration sur les écrans géants de la place.

 
 

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