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19 Avril 2005
 

Benoît XVI développe les noces de Dieu avec les hommes

 

Rome, le 13 août 2007 - (E.S.M.) -  «Je suis la vraie vigne» , dit le Seigneur. Cette vigne, fait observer Benoît XVI, ne pourra plus jamais être arrachée, elle ne pourra plus jamais être livrée à l'abandon ni au pillage. Elle appartient définitivement à Dieu. Par le Fils, Dieu lui-même vit en elle. La promesse est irrévocable, l'unité est devenue indestructible.

Le temple vivant de la gloire du Christ notre Dieu la Vierge pure bénie entre toutes les femmes est portée dans le Temple de la loi pour demeurer dans le sanctuaire - Pour agrandir l'image: C'est ici

Benoît XVI développe les noces de Dieu avec les hommes

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Évangile de Jean  -  Pages précédentes, voir à la fin du texte

9) La vigne et le vin (3) - Le chant de la vigne. (p. 285 à 290)

Revenons au texte de la parabole. Chez Isaïe, aucune promesse ne se faisait jour à ce moment-là. Dans le Psaume, la souffrance s'était transformée en prière, alors que la menace allait s'accomplir. Telle est sans cesse la situation d'Israël, de l'Église et de l'humanité. Nous nous trouvons toujours dans l'obscurité de l'épreuve, et nous ne pouvons qu'invoquer Dieu : relève-nous ! Mais la parole de Jésus contient une promesse, un début de réponse à la demande : prends soin de cette vigne ! Le royaume est remis à d'autres serviteurs, voilà, explique Benoît XVI, un énoncé qui exprime à la fois la menace d'un jugement et une promesse. Il signifie que le Seigneur tient à sa vigne et qu'il n'est pas lié aux serviteurs actuels. Cette menace-promesse ne concerne pas que les cercles dirigeants dont parle Jésus et avec lesquels il parle. Elle vaut aussi au sein du nouveau peuple de Dieu. Certes, elle ne concerne pas l'Église dans sa totalité, mais certainement et toujours plus les Églises locales, comme en témoigne la parole du Ressuscité adressée à l'Église d'Éphèse : « Convertis-toi, reviens à ta conduite première. Sinon je vais venir à toi et je déplacerai ton chandelier » (Ap 2, 5). (ndlr : le pape Benoît XVI s'exprimant sur l'avenir de l'Église... dans la deuxième question : Benoît XVI)

Mais la menace et la promesse de confier la vigne à d'autres serviteurs sont encore suivies d'une promesse d'un tout autre ordre. Le Seigneur cite le Psaume 118 [117], 22 : « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle. » La mort du fils n'est pas le dernier mot. Celui qui a été tué ne reste pas dans la mort, il ne reste pas « rejeté ». Il est un nouveau commencement. Jésus laisse entendre qu'il sera lui-même le fils tué. Il prédit sa croix et sa résurrection et il annonce qu'à partir de lui, de celui qui a été tué et qui est ressuscité, Dieu érige une nouvelle construction, un nouveau Temple dans le monde.

L'image de la vigne est abandonnée et relayée par l'image du Temple vivant de Dieu. La croix n'est pas la fin, mais le recommencement. Le chant de la vigne ne se termine pas par la mise à mort du fils. Elle ouvre l'horizon à une nouvelle intervention de Dieu. Et Benoît XVI de redire que le lien avec le chapitre 2 de Jean évoquant la destruction du Temple et sa reconstruction est on ne peut plus clair. Dieu n'échoue pas. Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle (cf. 2 Tm 2, 13). Il trouve des chemins nouveaux, des chemins plus grands pour son amour. Ici, la christologie indirecte des premières paraboles est dépassée par une affirmation christologique particulièrement claire. (ndlr : magnifique Homélie du pape Benoît XVI : "Dieu n'échoue pas")

La parabole de la vigne dans le discours d'adieu de Jésus prolonge toute l'histoire de la pensée et du discours bibliques autour de la vigne et s'ouvre à une ultime profondeur : «Je suis la vraie vigne» (Jn 15, 1), dit le Seigneur. Ce qui importe d'abord dans ce mot, c'est l'adjectif « vraie ». Barrett dit très bien à ce sujet : « Des fragments de sens, indiqués implicitement par d'autres vignes, sont ramassés par lui et rendus explicites. Lui est la vraie vigne (Ch. K. Barrett, Das Evangelium nach Johannes, p. 461). » Mais ce qui est au fond le plus important dans cette phrase, c'est la tournure « Je suis ». Le Fils lui-même s'identifie à la vigne, il est devenu lui-même la vigne. Il s'est laissé planter dans la terre. Il est entré dans la vigne. Le mystère de l'Incarnation, dont Jean a parlé dans le prologue, est repris de façon surprenante. Dès lors, la vigne n'est plus une créature que Dieu regarde avec amour, mais qu'il peut aussi arracher et rejeter. Dans le Fils, il est lui-même devenu la vigne, il s'est pour toujours et ontologiquement identifié à la vigne.

Cette vigne, fait observer Benoît XVI, ne pourra plus jamais être arrachée, elle ne pourra plus jamais être livrée à l'abandon ni au pillage. Elle appartient définitivement à Dieu. Par le Fils, Dieu lui-même vit en elle. La promesse est irrévocable, l'unité est devenue indestructible. Voilà le grand et nouveau pas historique de Dieu qui constitue le sens le plus profond de la parabole : l'Incarnation, la Mort et la Résurrection se manifestent dans toute leur ampleur. « Le Fils de Dieu, le Christ Jésus... n'a pas été à la fois "oui" et "non" ; il n'a jamais été que "oui". Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur "oui" dans sa personne » (2 Co 1, 19-20). C'est ainsi que l'exprime saint Paul.

Que par le Christ, la vigne soit le Fils lui-même, voilà une réalité qui est à la fois nouvelle et déjà annoncée par la tradition biblique. Le Psaume 80 [79], v. 18, avait déjà associé étroitement le « Fils de l'homme » à la vigne. Si, inversement, le Fils est devenu lui-même la vigne, il continue justement de cette façon à ne faire qu'un avec les siens, avec tous les enfants de Dieu dispersés qu'il est venu rassembler (cf. Jn 11, 52). La vigne en tant qu'élément christologique contient aussi toute une ecclésiologie, elle signifie l'union indissoluble de Jésus avec les siens qui, par lui et avec lui, sont tous la vigne et dont la vocation consiste à « demeurer » dans la vigne. Jean ne connaît pas l'image paulinienne du « corps du Christ ». Mais la parabole de la vigne exprime de fait la même chose : le fait que Jésus est inséparable des siens, leur union avec lui et en lui. Ainsi, le discours de la vigne manifeste l'irrévocabilité du don offert par Dieu, qui ne sera pas repris. Dans l'Incarnation, Dieu s'est lié lui-même. Cependant, le discours évoque aussi l'exigence liée à ce don, une exigence qui nous met sans cesse de nouveau en cause.

La vigne ne peut plus être arrachée, elle ne peut plus être livrée au pillage, disions-nous. Mais elle a toujours à nouveau besoin d'être nettoyée, purifiée. Purification, fruit, demeurer, commandement, amour, unité — voilà les grands mots clés du drame d'être dans la vigne, dans le Fils et avec lui, drame que, par ses paroles, le Seigneur pose devant notre âme. Cette purification, l'Église, l'individu en ont sans cesse besoin. Les processus de purification, aussi douloureux que nécessaires, traversent toute l'histoire ; ils traversent la vie des hommes qui se sont donnés au Christ. Dans cette purification, le mystère de la Mort et de la Résurrection est toujours présent. L'exaltation propre à l'homme et aux institutions doit être émondée. Ce qui a trop poussé doit être à nouveau ramené à la simplicité et à la pauvreté du Seigneur lui-même. C'est seulement à travers ces processus de mort que la fécondité se préserve et se renouvelle.

La purification vise à obtenir des fruits, nous dit le Seigneur. Mais quel est le fruit qu'il attend ? Regardons d'abord le fruit qu'il a porté lui-même dans sa mort et sa résurrection. Isaïe et toute la tradition prophétique, rappelle Benoît XVI, avaient dit que Dieu attendait de sa vigne des raisins et donc un vin délicieux. C'est une image de la justice, de la droiture qui se forme grâce à la vie dans la parole de Dieu, dans la volonté de Dieu. La même tradition dit qu'à la place, Dieu ne trouve que des raisins aigres et inutilisables qu'il ne peut que jeter. C'est une image de la vie qui s'éloigne de Dieu pour s'enfoncer dans l'injustice, dans la corruption et dans la violence. La vigne doit porter des raisins nobles, qui donneront un vin précieux grâce à la vendange, au pressurage et à la fermentation.

N'oublions pas que la parabole de la vigne est intégrée dans le contexte de la dernière Cène de Jésus. Après la multiplication des pains, Jésus a parlé du vrai pain du ciel, qu'il donnera. Ainsi, il a fourni d'avance une interprétation profonde du pain eucharistique. Il est difficilement concevable que, dans le discours de la vigne, il ne fasse que très discrètement allusion au nouveau vin, celui auquel renvoie déjà Cana et que désormais il donnera : le vin issu de sa passion, de son « amour qui va jusqu'au bout » (Jn 13, 1). Dans cette perspective, le fond de la parabole de la vigne est clairement eucharistique. Elle renvoie au fruit que Jésus apporte : son amour qui se donne sur la Croix. Cet amour est le nouveau vin délicieux qui fait partie des noces de Dieu avec les hommes. Ainsi, l'Eucharistie devient intelligible dans toute sa profondeur et toute sa grandeur, sans être mentionnée explicitement. Elle nous renvoie au fruit que nous pouvons et que nous devons porter en tant que sarments avec le Christ et en vertu du Christ. Le fruit que le Seigneur attend de nous est l'Amour qui accepte avec lui le mystère de la Croix, l'Amour qui nous fait participer à son don de soi pour devenir la vraie justice, celle que Dieu attend de nous et qui prépare le monde en l'orientant vers le règne de Dieu.

La purification et le fruit vont ensemble. C'est seulement parce que Dieu nous purifie que nous pouvons porter le fruit qui débouchera sur le mystère eucharistique pour conduire ainsi vers les noces qui sont le dessein de Dieu sur l'histoire. Le fruit et l'amour forment un tout. Le vrai fruit, c'est l'Amour qui est passé par la Croix, par les purifications pratiquées par Dieu. À tout cela s'ajoute le fait de « demeurer ». En Jean 15, 1-10, nous rencontrons dix fois le verbe grec menein (demeurer). Ce que les Pères nomment perseverantia, le fait de se tenir patiemment dans la communion avec le Seigneur au milieu des vicissitudes de l'existence, est ici clairement mis au centre. Au début, on est facilement enthousiaste, mais il faut ensuite marcher avec constance sur les chemins monotones du désert qu'on est appelé à parcourir dans la vie. Il faut avancer patiemment, laisser se briser l'élan romantique du départ pour ne laisser que l'adhésion profonde et pure à la foi. C'est justement ainsi que le vin se bonifie. Après les illuminations rayonnantes du début, après l'heure de la conversion, saint Augustin a profondément vécu le poids de cette patience. Et c'est précisément ainsi qu'il a appris l'amour du Seigneur et la joie profonde d'avoir trouvé celui qu'il avait cherché.

Si le fruit que nous devons porter est l'Amour, cela présuppose précisément de « demeurer », élément qui est profondément lié à la foi que nous laisse le Seigneur. Au verset 7, il est question de la prière comme d'un moment essentiel de ce « demeurer ». L'homme de prière est assuré d'obtenir ce qu'il demande. Cependant, prier au nom de Jésus, ce n'est pas demander n'importe quoi, mais demander le don essentiel que Jésus, dans le discours d'adieu, nommait « la joie» et que Luc nommait l'Esprit-Saint (cf. 11, 13), ce qui est fondamentalement la même chose. Les mots qui évoquent le fait de demeurer dans l'amour anticipent déjà le dernier verset de la prière sacerdotale de Jésus (cf. Jn 17, 26), tout en liant le discours de la vigne au grand thème de l'unité que le Seigneur pose comme une demande devant le Père.

Après l'eau et le vin, Benoît XVI va développer le thème du pain, à suivre.

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Evangile de Jean  -  Pages précédentes
1) Introduction : la question johannique
 (p. 245 à 249)
L'image de Jésus proposée par Jean
2) C'est le Paraclet qui interprète et conduit à la vérité  (p. 249 à 255)
Benoît XVI
3) Le caractère Ecclésial du 4e Évangile (p. 255 à 259)
Benoît XVI
4) L'Évangile de Jean repose entièrement sur l'Ancien Testament (p. 260 à 264)
Benoît XVI
5) Les grandes images de l'Évangile de Jean - L'eau (1) (p. 265 à 268) Benoît XVI
6) Jésus est le rocher vivant, dont jaillira l'eau nouvelle - L'eau (2) (p. 269 à 274)
Benoît XVI

7) La vigne et le vin (1) - Les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église (p. 275 à 279) Benoît XVI
8) La vigne et le vin (2) - Le chant de la vigne. (p. 280 à 284) Le chant de la vigne
9) La vigne et le vin (3) - Les noces de Dieu avec les hommes (p. 285 à 290) Benoît XVI

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Sources:  www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 13.08.2007 - BENOÎT XVI - Table Jésus

 

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