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Benoît XVI expose les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église

 

Rome, le 10 août 2007 - (E.S.M.) -  Le pain, le vin et l'huile. Les trois grands présents de la terre, expose Benoît XVI, sont devenus simultanément et à côté de l'eau les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église, dans lesquels les fruits de la création deviennent des vecteurs de l'intervention de Dieu dans l'histoire.

Véronèse, Les noces de Cana (détail) -  Pour agrandir l'image: C'est ici

Benoît XVI expose les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Évangile de Jean  -  Pages précédentes, voir à la fin du texte

7) La vigne et le vin (1) - Les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église (275 à 279)

Si l'eau est l'élément fondamental de la vie pour toutes les créatures sur la terre, le pain de froment, le vin et l'huile d'olive sont des présents typiques de la civilisation méditerranéenne. Dans son évocation de la création, le Psaume 104 [103] nomme d'abord l'herbe que Dieu a destinée au bétail, pour parler ensuite de ce que Dieu, à travers la terre, a donné à l'homme : le pain qu'il tire de la terre, le vin qui réjouit son cœur et enfin l'huile qui adoucit son visage. Il cite encore le pain qui soutient sa force (cf. PS 104 [103], 14-15). Les trois grands présents de la terre, développe Benoît XVI, sont devenus simultanément et à côté de l'eau les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église, dans lesquels les fruits de la création deviennent des vecteurs de l'intervention de Dieu dans l'histoire, des « signes », par lesquels il nous fait don de sa proximité particulière.

Ces trois présents se différencient selon leurs caractéristiques ; par conséquent, ils ont chacun des fonctions symboliques spécifiques. Le pain, préparé sous sa forme la plus simple avec de l'eau et du froment moulu, et avec l'aide du feu et du travail de l'homme, est la nourriture de base qui appartient aux pauvres comme aux riches, mais tout particulièrement aux pauvres. Il exprime la bonté de la création et du Créateur, tout en symbolisant l'humilité de la simple vie quotidienne. Le vin par contre représente la fête. Il fait sentir aux humains la magnificence de la Création. C'est pourquoi il fait partie des rituels du sabbat, de la pâque et des noces. Et il nous fait pressentir quelque chose de la fête définitive de Dieu avec l'humanité, qui est l'objet des attentes d'Israël. « Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés » (Is 25, 6). Pour finir, l'huile donne force et beauté à l'homme, elle a des vertus nutritives et curatives. Dans l'onction des prophètes, du roi et des prêtres, elle est le symbole d'une sollicitation plus grande.

D'après ce que je peux voir, l'huile d'olive n'apparaît pas dans l'Évangile de Jean. Le précieux « parfum de nard » avec lequel le Seigneur fut oint par Marie à Béthanie quelques jours avant sa passion (cf. Jn 12, 3) passe pour être d'origine orientale. Dans cette scène, il apparaît d'une part comme le symbole de la sainte profusion de l'Amour, d'autre part comme le renvoi à la mort et à la Résurrection. Nous rencontrons aussi le pain dans la scène de la multiplication des pains dont nous trouvons le témoignage circonstancié dans les Évangiles synoptiques, et ensuite dans le grand discours eucharistique de l'Évangile de Jean. Le don du vin nouveau est au centre des noces de Cana (cf. Jn 2, 1-12), tandis que, dans le discours d'adieu, Jésus se présente comme la vraie vigne (cf. Jn 15, 1-10).

Consacrons-nous à ces deux textes nous propose Benoît XVI. Au premier abord, le miracle de Cana semble sortir un peu du cadre des autres signes accomplis par Jésus. Quel peut être le sens de ce signe où Jésus crée pour une fête privée une profusion de vin, environ 520 litres ? Il nous faut regarder de plus près pour découvrir qu'il ne s'agit nullement d'un luxe privé, mais de quelque chose de bien plus grand. Tout d'abord, la datation est importante. « Trois jours plus tard, il y avait un mariage à Cana en Galilée » (2, 1). On ne voit pas très bien à quelle date antérieure se rattache la mention du troisième jour. Il est d'autant plus évident que l'évangéliste attache de l'importance à cette indication chronologique symbolique qu'il nous livre, par elle, comme une clé qui permettra de comprendre l'événement.

Dans l'Ancien Testament, le troisième jour est le jour de la théophanie, comme par exemple dans le récit central de la rencontre entre Dieu et Israël au mont Sinaï : « Le troisième jour, dès le matin, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs... le Seigneur y était descendu dans le feu » (Ex 19, 16-18). En même temps, on y entend une anticipation de la théophanie définitive et décisive de l'histoire : la Résurrection du Christ le troisième jour, par laquelle les premières rencontres avec Dieu se transforment en irruption définitive de Dieu sur terre. La terre est définitivement déchirée et englobée dans la vie propre de Dieu. On nous suggère donc ici qu'il s'agit d'une première manifestation de Dieu dans la continuité des événements vétérotestamentaires qui recèlent tous le caractère d'une promesse et qui tendent dès lors vers leur accomplissement. Les exégètes ont fait le décompte des jours qui ont précédé les jours de la désignation des disciples dans l'Évangile de Jean (Ch. K. Barrett, Das Evangelium nach Johannes, p. 213). Il en résulte que ce « troisième jour » serait en même temps le sixième ou le septième jour depuis le début des désignations. En tant que septième jour, il serait en quelque sorte le jour de la fête de Dieu pour l'humanité, l'anticipation du sabbat définitif dont il est question dans la prophétie d'Isaïe citée plus haut.

Un autre élément fondamental du récit est lié à cette datation. Jésus dit à Marie que son « heure » n'est pas encore venue. Cela signifie dans un premier temps qu'il n'agit pas et ne décide pas selon sa propre volonté, mais toujours en harmonie avec la volonté du Père, toujours à partir du dessein du Père. L'« heure » indique plus précisément sa « glorification », qui réunit en un tout la Croix et la Résurrection, ainsi que sa présence universelle par la parole et le Sacrement. L'heure de Jésus, nous redit sans cesse Benoît XVI, l'heure de sa « gloire », commence au moment de la Croix, et c'est là son lieu historique. Au moment où les agneaux de Pâques sont sacrifiés, Jésus verse son sang en tant qu'Agneau véritable. Son heure vient de Dieu, mais elle est très précisément ancrée dans le contexte de l'histoire, liée à une date liturgique, et elle est ainsi justement le début de la nouvelle liturgie en « esprit et vérité ». Si à cet instant Jésus évoque son heure devant Marie, il lie ainsi le moment présent au mystère de la Croix en tant qu'il est le moment de sa glorification. Cette heure n'est pas encore venue, et il fallait que ce soit tout d'abord précisé. Et pourtant, Jésus a le pouvoir d'anticiper cette « heure » par un signe mystérieux. Le miracle de Cana se caractérise ainsi comme une anticipation de l'heure ; il est donc intrinsèquement lié à celle-ci.

Comment pourrions-nous oublier que ce mystère émouvant de l'heure anticipée existe encore et toujours ? À la demande de sa mère, Jésus anticipe symboliquement son heure tout en renvoyant à celle-ci. La même chose se produit toujours à nouveau dans l'Eucharistie. Exauçant la prière de l'Église, le Seigneur anticipe en elle son retour ; il vient déjà maintenant ; il fête déjà ses noces avec nous en nous tirant en quelque sorte hors de notre temps, en avant, vers cette « heure ».

Ainsi, explique Benoît XVI, nous commençons à comprendre le miracle de Cana. Le signe de Dieu est l'abondance. Nous le voyons lors de la multiplication des pains, nous ne cessons de le voir, mais nous le voyons surtout au centre de l'histoire du salut. Nous le voyons dans le fait qu'il se prodigue lui-même pour la pauvre créature qu'est l'homme. Cette abondance, c'est sa « gloire ». L'abondance de Cana est par conséquent un signe indiquant que la fête de Dieu avec l'humanité, le don de lui-même aux hommes, a commencé. Le cadre de l'événement, des noces, devient ainsi une image qui indique au-delà d'elle-même l'heure messianique. L'heure des noces de Dieu avec son peuple a commencé dans la venue de Jésus. La promesse eschatologique entre dans le moment présent.

Ici, l'histoire de Cana rejoint le récit de Marc au sujet de la question que les disciples de Jean et les pharisiens posent à Jésus : pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? Et Jésus de leur répondre : les invités à la noce peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? (cf. Mc 2, 18-20). Jésus se présente lui-même comme « l'époux » des noces promises de Dieu avec son peuple. Ainsi, il fait entrer mystérieusement sa propre existence et lui-même dans le mystère de Dieu. En lui, Dieu et l'homme s'unissent de façon inattendue, en lui adviennent les « noces », mais Jésus le signale dans sa réponse, les noces passeront par la Croix, par « l'enlèvement » de l'époux.

Il nous faudra encore méditer deux aspects du récit de Cana si nous voulons sonder un peu plus sa profondeur christologique : la façon dont Jésus se révèle lui-même, et sa « gloire » que nous rencontrons alors. L'eau qui sert aux ablutions rituelles se transforme en vin, elle devient le signe et le dispensateur de la joie nuptiale. Par là, se manifeste quelque chose de la réalisation de la Loi qui s'accomplit dans la personne et dans l'agir de Jésus. (à suivre)

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Evangile de Jean  -  Pages précédentes
1) Introduction : la question johannique
 (p. 245 à 249)
L'image de Jésus proposée par Jean
2) C'est le Paraclet qui interprète et conduit à la vérité  (p. 249 à 255) Benoît XVI
3) Le caractère Ecclésial du 4e Évangile (p.255 à 259) Benoît XVI
4) L'Évangile de Jean repose entièrement sur l'Ancien Testament (p.260 à 264) Benoît XVI

5) Les grandes images de l'Évangile de Jean - L'eau (1) (p.265 à 268) Benoît XVI
6) Jésus est le rocher vivant, dont jaillira l'eau nouvelle - L'eau (2) (p.269 à 274) Benoît XVI

7) La vigne et le vin (1) - Les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église (275 à 279)

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Sources:  E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 10.08.2007 - BENOÎT XVI - Table Jésus

 

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