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19 Avril 2005
 

L'Évangile de Jean, relève Benoît XVI, repose entièrement sur l'Ancien Testament

 

Rome, le 05 août 2007 - (E.S.M.) - Exposer et justifier cet énoncé, tel est le contenu ultime des discours de Jésus. Il ne rompt pas avec la Torah, précise Benoît XVI, mais il éclaire tout son sens en l'accomplissant entièrement.

La Trinité de L'Ancien Testament  -  Pour agrandir l'image: C'est ici

L'Évangile de Jean, relève Benoît XVI, repose entièrement sur l'Ancien Testament

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Evangile de Jean
1) Introduction : la question johannique
 (p. 245 à 249)
L'image de Jésus proposée par Jean
2) C'est le Paraclet qui interprète et conduit à la vérité  (p. 249 à 255) Benoît XVI
3) Le caractère Ecclésial du 4e Évangile (p.255 à 259) Benoît XVI

4) L'Évangile de Jean repose entièrement sur l'Ancien Testament (p.260 à 264)

Ce que Jean dit dans son Évangile concernant le fait de se souvenir, qui devient compréhension et chemin vers « la vérité tout entière », est très proche de ce que Luc rapporte à propos du souvenir de la mère de Jésus. En trois points du récit de l'enfance, Luc nous décrit le déroulement du « souvenir ». Tout d'abord, indique Benoît XVI,  dans le récit de l'annonciation, par l'archange Gabriel, de la conception de Jésus, Luc nous dit que Marie fut très troublée par la salutation et qu'elle engagea un « dialogue » intérieur, se demandant ce que cela pouvait signifier. Les passages les plus importants se trouvent dans le récit sur l'adoration des bergers, où l'évangéliste nous dit : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19). A la fin du récit sur Jésus à l'âge de douze ans, on lit encore : « Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51). La mémoire de Marie retient d'abord les événements dans le souvenir, mais elle est plus que cela. Elle est une fréquentation intérieure de l'événement. Ainsi, elle pénètre dans la dimension intérieure en voyant les choses dans leur contexte et en apprenant à les comprendre.

C'est justement sur ce type de « souvenir » que repose l'Évangile de Jean qui approfondit plus encore la notion de mémoire en tant que mémoire du « nous » des disciples, mémoire de l'Église. Ce souvenir n'est pas seulement un processus psychologique ou intellectuel, précise Benoît XVI, c'est un événement pneumatique. Le souvenir de l'Église n'est justement pas quelque chose d'uniquement privé, il transcende la sphère de l'intelligence et du savoir humains. On est guidé par le Saint-Esprit qui nous montre le contexte de l'Écriture, le lien entre la Parole et la réalité, nous conduisant dans « la vérité tout entière ».

Au fond, on trouve ici aussi des énoncés essentiels concernant la notion d'inspiration. L'Évangile provient de l'effort de remémoration humain et il présuppose la communauté de ceux qui se souviennent, dans ce cas très concrètement l'école johannique et auparavant la communauté des disciples. Mais comme l'auteur pense et écrit avec la mémoire de l'Église, le « nous » auquel il appartient est ouvert au-delà de l'individuel, il est, au plus profond, conduit par l'Esprit de Dieu qui est l'Esprit de Vérité. En ce sens, l'Évangile ouvre lui-même un chemin de compréhension, qui reste toujours lié à cette parole, mais qui peut et doit, de génération en génération, conduire toujours de nouveau dans les profondeurs de la vérité tout entière.

Cela signifie que l'Évangile de Jean, en tant qu'« Évangile pneumatique », ne fournit certainement pas une sorte de transcription sténographique des paroles et des activités de Jésus, mais que, en vertu de la compréhension née du souvenir, il nous accompagne, au-delà de l'aspect extérieur, jusque dans la profondeur des paroles et des événements, profondeur qui vient de Dieu et qui conduit vers Dieu. L'Évangile en tant que tel est une « remémoration » de ce genre, et cela signifie qu'il s'en tient à la réalité effective, et qu'il n'est pas une épopée sur Jésus, ni une violence faite aux événements historiques. Il nous montre plutôt réellement la personne de Jésus, comment il était et, précisément de cette manière, il nous montre Celui qui non seulement était, mais qui est ; Celui qui peut toujours dire au présent : « Je suis. » « Avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS » (Jn 8, 58). L'Évangile nous montre le vrai Jésus, et nous pouvons l'utiliser en toute confiance comme source sur Jésus.

Avant d'aborder maintenant les deux grands discours imagés de Jean, il est sans doute opportun de faire deux remarques d'ordre général sur la particularité de l'Évangile de Jean. Alors que Bultmann voyait l'Évangile enraciné dans la gnose et donc étranger à la source vétérotestamentaire et juive, la recherche la plus récente s'est de nouveau rendu compte, indique Benoît XVI, que Jean repose entièrement sur l'Ancien Testament. « Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture », dit Jésus à ses adversaires (Jn 5, 46). Dès le début, dans le récit de la vocation des disciples, Philippe a dit à Nathanaël : « Celui dont parlent la Loi de Moïse et les Prophètes, nous l'avons trouvé » (Jn 1, 45). Exposer et justifier cet énoncé, tel est le contenu ultime des discours de Jésus. Il ne rompt pas avec la Torah, mais il éclaire tout son sens en l'accomplissant entièrement. Le lien entre Jésus et Moïse se manifeste de façon programmatique à la fin du prologue. Ce passage nous fournit la clé intime de l'Évangile : « Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître » (Jn 1, 16-18).

Au début du présent livre, nous avions placé la prophétie suivante de Moïse : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l'écouterez » (Dt 18, 15). Nous avions vu que le Deutéronome, dans lequel se trouve cette prophétie, se clôt sur cette remarque : « II ne s'est plus jamais levé en Israël un prophète comme Moïse, lui que le Seigneur rencontrait face à face » (Dt 34, 10). Jusqu'alors, la grande promesse n'avait pas été exaucée. Maintenant il est là, lui qui est dans le sein du Père, le seul qui l'ait vu et qui parle à partir de cette vision, celui dont il est dit : écoutez-le (cf. Me 9, 7; Dt 18, 15). La promesse de Moïse est plus qu'exaucée, elle est tenue de la manière débordante dont Dieu a l'habitude de donner. Celui qui est venu est plus que Moïse, il est plus qu'un prophète. Il est le Fils. C'est pourquoi la grâce et la vérité se manifestent maintenant, non pas comme la destruction, mais comme l'accomplissement de la Loi.

La deuxième remarque porte sur le caractère liturgique de l'Évangile de Jean. Il est rythmé par le calendrier des fêtes d'Israël. Les grandes fêtes du peuple de Dieu fournissent l'articulation interne du chemin de Jésus, ouvrant, en même temps, les fondements d'où se lève le message de Jésus.

Tout au début de l'activité de Jésus, il y a la « Pâque des Juifs », qui conduit au thème du vrai Temple et par conséquent à celui de la croix et de la résurrection (cf. Jn 2, 13-25). La guérison du paralytique, qui est le motif du premier grand discours public de Jésus à Jérusalem, est encore liée à une « fête des Juifs » (Jn 5, 1), vraisemblablement la « fête des Semaines », c'est-à-dire la Pentecôte. La multiplication des pains et le discours explicatif sur le pain, qui est le grand discours eucharistique de l'Évangile de Jean, sont tous les deux liés à la Pâque juive (cf. Jn 6, 4). L'autre grand discours de Jésus avec la promesse « des fleuves d'eau vive » est situé dans le contexte de la fête des Tentes (cf. 7, 37-39). Finalement, nous rencontrons Jésus de nouveau à Jérusalem, en hiver, lors de la fête de la Dédicace (Hanoukka) (cf.Jn 10, 22). Le chemin de Jésus s'accomplit dans sa dernière Pâque (cf.Jn 12, 1), dans laquelle il versera lui-même son sang sur la croix en tant que véritable agneau pascal. Mais nous verrons que la prière sacerdotale de Jésus, qui contient une subtile théologie eucharistique comme théologie de son sacrifice sur la croix, se développe tout entière à partir du contenu théologique de la fête du Pardon, de sorte que cette fête, fondamentale pour Israël, entre de façon déterminante dans la formation de la parole et de l'œuvre de Jésus. Dans le prochain chapitre, nous verrons d'ailleurs que l'histoire de la Transfiguration de Jésus, qui figure dans les Évangiles synoptiques, se situe dans le cadre de la fête du Pardon et de celle des Tentes, renvoyant ainsi au même arrière-fond théologique. C'est seulement si nous ne perdons pas de vue cet enracinement liturgique des discours de Jésus, voire de toute la structure de l'Évangile de Jean, que nous pourrons comprendre sa vitalité et sa profondeur.

Toutes les fêtes juives, affirme Benoît XVI, comme nous le verrons encore plus en détail, ont une triple raison. Tout au début, se trouvent des fêtes des religions de la nature, un lien est établi entre la création et l'humanité en quête de Dieu à travers la création. Elles se transforment alors en fêtes commémoratives, fêtes du souvenir et d'une nouvelle évocation des actions salvifiques de Dieu. Et pour finir, le souvenir se transforme de plus en plus en espérance de l'action salvifique achevée qui reste à venir. Il en ressort clairement que les discours de Jésus dans l'Évangile de Jean ne sont pas des controverses sur de prétendues questions métaphysiques, mais qu'ils portent tout le dynamisme de l'histoire du salut, tout en étant enracinés dans la création. Ils renvoient, en dernière instance, à celui qui peut dire de lui-même tout simplement : « Je suis. » On voit alors comment les discours de Jésus renvoient au culte et, dans cette mesure, au « sacrement », tout en intégrant le questionnement et la quête de tous les peuples.

Après ces réflexions liminaires, le moment est venu de considérer de plus près les quatre grands ensembles d'images que nous rencontrons dans le quatrième Évangile. (à suivre)

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Sources:  www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.08.2007 - BENOÎT XVI - Table Jésus

 

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