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19 Avril 2005
 

Benoît XVI présente Jésus comme le pasteur qui devient l'agneau

 

Rome, le 22 août 2007 - (E.S.M.) - Le chapitre huit se termine par l'image du pasteur devenu agneau. Dans cette page Benoît XVI se réfère tout d'abord à l'ancien testament et nous détaille quelques versets d'Ézéchiel et de Zacharie.

Le pasteur qui devient l'agneau -  Pour agrandir l'image: C'est ici

Benoît XVI présente Jésus comme le pasteur qui devient l'agneau

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Évangile de Jean  -  Pages précédentes concernant ce chapitre, voir à la fin du texte

11) Le pasteur (1/4) - Le pasteur qui devient l'agneau (p.299 à 302)

Le pasteur

L'image du pasteur, par laquelle Jésus présente sa mission aussi bien dans les Évangiles synoptiques que dans celui de Jean, recèle une longue histoire. Dans l'Orient ancien, commente Benoît XVI, dans les inscriptions royales sumériennes tout comme dans les milieux assyro-babyloniens, le roi se définit comme le pasteur intronisé par Dieu. « Paître » est une image qui représente la charge de gouverner. Partant de cette image, le souci des faibles fait partie des tâches du souverain juste. On pourrait donc dire qu'en raison de ses origines, l'image du Christ comme le bon pasteur est un Évangile du Christ en tant que roi, faisant apparaître la royauté du Christ.

La référence immédiate du discours imagé de Jésus se trouve cependant dans l'Ancien Testament, où Dieu lui-même apparaît comme le pasteur d'Israël. Cette image a profondément marqué la piété d'Israël, elle est devenue un message de consolation et de confiance, surtout dans les moments de détresse. La plus belle formulation de cette piété confiante, nous la trouvons dans le Psaume 23 [22], le Seigneur est mon berger : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (v. 4). Cette image de Dieu comme pasteur est dépeinte plus en détail chez Ézéchiel, dans les chapitres 34-37, dont la vision est concrètement actualisée en tant que prophétie du ministère de Jésus dans les paraboles du pasteur des Évangiles synoptiques et dans le discours johannique du pasteur. Face aux pasteurs égoïstes qu'Ézéchiel trouve et dénonce à son époque, il proclame la promesse que Dieu lui-même chercherait ses brebis pour en prendre soin. « Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les ramènerai chez elles... C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai » (Ez 34, 13.15-16).

Face au mécontentement des pharisiens et des scribes provoqué par le repas pris avec les pécheurs, le Seigneur raconte la parabole des quatre-vingt-dix-neuf brebis restées à la maison et de celle qui était perdue et que le pasteur va chercher pour la prendre avec grande joie sur ses épaules pour la ramener. Par cette parabole, note Benoît XVI, Jésus dit à ses adversaires : n'avez-vous pas lu la parole de Dieu chez Ézéchiel ? Je ne fais que ce que Dieu a annoncé en tant que vrai pasteur : j'irai à la recherche des brebis perdues, et je reconduirai les égarées au bercail.

À un moment tardif de la prophétie vétérotestamentaire, se produit encore une fois une transformation surprenante et profonde dans la représentation de l'image du pasteur, transformation qui nous fait entrer directement dans le mystère de Jésus Christ. Matthieu nous raconte que, après la dernière Cène, sur le chemin du mont des Oliviers, Jésus annonce aux disciples qu'allait se produire maintenant ce qui avait été annoncé en Zacharie 13, 7 : « Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées » (Mt 26, 31). En effet, apparaît ici chez Zacharie la vision d'un pasteur qui « selon la volonté de Dieu subit la mort en introduisant ainsi le dernier tournant (J. Jeremias, in ThWNT, vol. 6, p. 487) ».

Cette vision surprenante du pasteur tué, qui par la mort devient le sauveur, est étroitement liée à une autre image du Livre de Zacharie : « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né. En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem comme la lamentation de Hadad Rimmôn dans la plaine de Megiddôn... En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure » (Za 12, 10-11 ; 13, 1). Hadad Rimmôn était une des divinités de la végétation mourant et ressuscitant, que nous avons rencontrées précédemment, comme le rappelle Benoît XVI dans le contexte du pain qui, lui, présuppose la mort et la résurrection du grain de blé. Sa mort suivie de la résurrection était célébrée par des lamentations rituelles effrénées. Ceux qui y ont assisté, et le prophète et ses lecteurs en font apparemment partie, y voyaient pour ainsi dire l'archétype du deuil et de la lamentation. Pour Zacharie, Hadad Rimmôn est une des divinités pitoyables qu'Israël méprise et dénonce comme des chimères mythiques. Et pourtant, par le rite de la lamentation, il devient une préfiguration mystérieuse de Celui qui existe vraiment.     

Un lien intrinsèque avec le serviteur de Dieu du Deutéro-Isaïe se fait jour. La prophétie tardive d'Israël voit le rédempteur souffrant et mourant, le pasteur qui devient l'agneau, sans pouvoir expliquer cette figure plus en détail. K. Elliger dit à ce propos : « Mais d'autre part, son regard [celui de Zacharie] se porte au loin, avec une précision étrange, dans une nouvelle direction et tourne autour de la figure de celui qui est transpercé sur la croix du Golgotha, il est vrai, sans pouvoir discerner clairement la figure du Christ, bien qu'avec l'évocation de Hadad Rimmôn, on effleure étrangement le mystère de la résurrection, mais on ne fait que l'effleurer [...] surtout sans apercevoir clairement le lien profond entre la croix et la source contre tout péché et toute souillure (K. Elliger, Das Buch der zwôlf Kleinen Propheten, p. 172, voir bibliographie, p. 402). » Si chez Matthieu, au début du récit de la Passion, Jésus évoque lui-même Zacharie 13, 7 et l'image du pasteur tué, Jean clôt le récit de la crucifixion en se référant à Zacharie 12, 10 : « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37). Dès lors, affirme Benoît XVI, tout est clair : celui qui est tué et qui sauve, c'est Jésus Christ, le crucifié(à suivre)


JE CONNAIS MES BREBIS (suite des réflexions de cours sur l'Évangile de Jean)

La foi ce n'est pas seulement « venir » au Christ, c'est encore marcher à sa lumière (12.35) et demeurer en lui (6.56 ; 15.4), c'est connaître la vérité (6.31,32), l'accueillir au plus intime (12.48), et, en la gardant, la faire véritablement nôtre (12.47). En adhérant de tout notre être à la vérité révélée par Jésus Christ (1-17), nous connaîtrons par expérience sa plénitude ; nous en serons visités et remplis (1.16), et notre communion au Christ se faisant plus étroite, nous accéderons ainsi à la vie qui ne finit pas (5.24).
Tout cela est dit dans ces mots si pleins et si suaves tout ensemble :

Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent (I0.I4)...

Et il ne s'agit pas ici, le texte le dit bien, d'une simple réponse mais d'une réciprocité active. La connaissance de foi et d'amour de l'homme pour le Christ découle nécessairement de cette connaissance humaine et divine dont le Christ l'a d'abord visité. C'est parce qu'elles ont été « connues » que les brebis à leur tour peuvent connaître. La foi est une grâce qui nous vient toute du Christ... Ainsi est soulignée cette réceptivité qui demande que pour croire, nous accueillions le Christ, nous nous ouvrions à lui. Sans cet accueil, que déjà le Prologue donnait comme le secret de la foi : « A ceux qui l'ont reçu (I.I2)...» elle resterait stérile, elle ne pourrait donner naissance en nous à l'« enfant de Dieu (I.I2) ».

Cette réceptivité, loin de rendre l'âme passive, stimule en elle la réponse d'amour qui rend sa foi vive, féconde. Tant vaut l'accueil réservé par l'âme au Christ, tant vaut aussi notre foi en lui. Accepter activement, amoureusement, d'être connu par le Christ, et qu'en nous soit imprimée sa vivante image, son sceau brûlant, entraîne l'âme à se tourner vers lui dans un regard et un mouvement de foi qui la conduisent sur les chemins de l'intimité et de l'union.  

Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent
(10.27).

Elles suivent, parce qu'elles se sentent et se savent connues d'une connaissance d'amour. Cet amour les pénètre. A son tour leur connaissance en est imprégnée, et devient génératrice d'une fidélité qui se veut sans défaillance...


Le Christ nous l'a dit : cette "fidélité rencontrera bien des obstacles, connaîtra bien des épreuves ; le monde nous haïra
(15-18,19), il nous persécutera (15.20). Et non seulement dans le monde nous aurons à souffrir (16.33), mais intérieurement aussi notre foi connaîtra des heures douloureuses, des obscurcissements, elle risquera de se laisser séduire et détourner par de mauvais bergers..

Satan se déchaînera contre nous, essayant d'envahir de ses ténèbres la lumière qui est en nous, de nous tromper par ses illusions, lui le père du mensonge (
8.44) ; mais le Christ est là qui veille sur les siens et leur répète : « gardez courage, j'ai vaincu le monde 16.38 » par ma croix ; j'ai non seulement « jugé le monde », maïs « jeté bas le prince de ce monde (12.31,32) ».

Après le Maître, l'apôtre à son tour, dans sa première Épître, insiste sur toutes les difficultés qui viendront assaillir notre foi. Pour la conserver il nous faudra rompre avec le péché en demeurant dans la vérité
(1 Jn 2.4), pratiquer les commandements, spécialement celui de l'amour de nos frères, (1 Jn 2. 10), nous garder du monde et de tout ce qui est dans le monde  (1 Jn 2.15) combattre victorieusement le Mauvais (1 Jn 2.14) . Alors nous serons fidèles, nous serons de Dieu (1 Jn 4, 6), nous serons « nés de Dieu (1 Jn 4, 7)».

Éprouvée et victorieuse de tous les obstacles :

Tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde.
Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi.
Quel est le vainqueur du monde
sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu
(1 Jn 5. 4,5) ?

notre foi prend alors son sens véritable, elle devient « fidélité... »

Chapitre 8 : Les grandes images de l'Evangile de Jean  -  Pages précédentes
1) Introduction : la question johannique
 (p. 245 à 249)
L'image de Jésus proposée par Jean
2) C'est le Paraclet qui interprète et conduit à la vérité (p. 249 à 255) Benoît XVI
3) Le caractère Ecclésial du 4e Évangile (p. 255 à 259) Benoît XVI
4) L'Évangile de Jean repose entièrement sur l'Ancien Testament (p. 260 à 264) Benoît XVI
5) L'eau (1) - Les grandes images de l'Évangile de Jean (p. 265 à 268) Benoît XVI
6) L'eau (2) - Jésus est le rocher vivant, dont jaillira l'eau nouvelle (p. 269 à 274) Benoît XVI
7) La vigne et le vin (1) - Les éléments fondamentaux des sacrements de l'Église (p. 275 à 279) Benoît XVI
8) La vigne et le vin (2) - Le chant de la vigne (p. 280 à 284) Benoît XVI
9) Le pain de vie (1) - Moïse n'aperçoit que le dos de Dieu (p. 290 à 293) Benoît XVI
10) Le pain de vie (2) - Moi, je suis le pain de la vie (p. 294 à 299) Benoît XVI

11) Le pasteur (1/4) - Le pasteur qui devient l'agneau (p.299 à 302)
 

Sources:  P.PAUL MARIE- E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 22.08.2007 - BENOÎT XVI - Table Jésus

 

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