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19 Avril 2005
 

Benoît XVI assure qu'une catholicité qui renoncerait à Rome ne serait plus catholique

 

Le 08 août 2008  - (E.S.M.) - En associant les deux termes, « catholique romain », l'Église exprime la riche dialectique d'une relation mutuelle du primat et de l'épiscopat, au sein de laquelle l'un ne peut exister sans l'autre. Sans relation communautaire à Rome, affirme Benoît XVI, on ne peut pas faire partie de la « catholica »

Rome est le nom de la catholicité - Pour agrandir l'image Cliquer

Benoît XVI assure qu'une catholicité qui renoncerait à Rome ne serait plus catholique

LA PAROLE DE DIEU
Rubrique : Théologie

Primauté, épiscopat et succession apostolique
1ère partie   ► Le papisme
2ème partie "Tradition" et "succession", furent originellement très proches
3ème partie La succession apostolique et le Verbe
4ème partie Les deux formes de succession apostolique - 29.07.08

(suite)  Le siège de saint Pierre et saint Paul, norme par excellence de toute succession apostolique

Dans le concept de sedes apostolica s'exprime en fait le véritable contenu de la revendication de la sedes Romana, et ce de façon centrale. Mais on y trouve également l'expression de la soumission à la totalité de l'Église (pleroma). Il en résulte, déclare Benoît XVI/Ratzinger, l'image suivante : l'Église est la présence vivante du Verbe divin; cette présence s'incarne dans des personnes - les évêques -, dont la mission fondamentale est de fixer le Verbe; celles-ci représentent donc la personnification de la « transmission » et sont, en tant que telles, dans la « succession » des apôtres. Au sein de cette succession, il y a la lignée distincte des sedes apostolicae qui, en fin de compte, se concentre principalement dans le siège de saint Pierre et saint Paul, norme par excellence de toute succession apostolique. Ainsi, les « évêques » doivent avant tout en référer à Rome - seul le lien à Rome leur procure à la fois la catholicité et cette pleine mesure d'apostolicité sans lesquelles ils ne sont pas de véritables évêques; sans relation communautaire à Rome, affirme Benoît XVI, on ne peut pas faire partie de la « catholica ». Cette référence des évêques à Rome est la relation primaire qui se donne à voir. Toutefois, le siège épiscopal de Rome ne peut être uniquement auto référent. Il donne la catholicité aux autres et, pour cette raison, il a besoin de catholicité à son tour. C'est lui qui confère l'ordre naturel [Wesensordnung] de la catholicité, et c'est bien pour cela qu'il a besoin de la réalité de la catholicité. Tout comme il est, d'un côté, le garant de la catholicité conforme à son être [wesensmäßige] la catholicité (véritable) se porte, d'un autre côté, garante de lui. De même que les uns ont besoin de son témoignage apostolique afin d'être « catholiques », de même il a besoin de leur témoignage catholique, du témoignage de la plénitude authentique, afin de demeurer authentique. Sans le témoignage de la réalité, il serait dans la négation de son propre esprit. Un pape qui excommunierait l'épiscopat tout entier n'existe pas et ne peut pas exister, car une église qui ne serait plus que romaine ne serait plus catholique. Inversement, un épiscopat qui excommunierait le pape n'existe également pas et ne peut légitimement pas exister, car une catholicité qui renoncerait à Rome ne serait plus catholique. Le concept de catholicité, s'il est bien compris, renferme à égalité les deux concepts suivants : le titre universel de pape et la limite intérieure de ce titre, qui reste rattaché à la loi naturelle [Wesensgesetz] de la plénitude et donc au divinum ius des évêques.

Finalement, tout cela ouvre une perspective importante sur la question par laquelle le problème du Verbe parvient à un point critique - la question de l'infaillibilité de l'Église, ou plutôt du rapport entre les infaillibilités épiscopale (conciliaire) et papale. Dans le cadre de cette contribution, il est impossible d'analyser de plus près la controverse compliquée qui s'est déclenchée autour de l'étude de cette question (Cf. Th. SPACIL, « Le Détenteur de l'infaillibilité ecclésiastique », dans ZkTh 40, 1916, 524-552; contre lui, A. STRAUB, « Existe-t-il deux détenteurs indépendants de l'infaillibilité ecclésiastique ? », ibid. 42, 1918, 254-300; voir également H. VAN LAAK, Institutionum theol. funda-mentalis repetitorium, Rome, 1921;W. BARTZ, L'Église doctrinaire. Une contribution à l'ecclésiologie. M. J. Scheebens, Trêves, 1959, en particulier p. 140-141)., au sein de laquelle la précision des concepts a souvent été obtenue au prix d'une perte de réalité. Nous allons simplement tenter de montrer quelle lumière projette sur ce point ce qui a été dit jusqu'ici. On constate alors, expose Benoît XVI, que, de par sa nature, l'infaillibilité épiscopale conciliaire ne saurait jamais s'opposer légitimement à celle du pape : un concile « œcuménique » qui se dresserait contre le pape s'avérerait justement non œcuménique parce qu'un concile tenu contre ou sans le sedes Pétri ne peut pas être œcuménique, car l'œcuménicité dépend justement et essentiellement de la participation du sedes apostolica qui sert de référence suprême. Depuis toujours, en effet, la majorité des évêques au sein de l'Église n'est pas déterminée en fonction d'une majorité de sièges, mais selon le poids de ceux-ci - aussi important soit-il, le nombre de sièges ne pourra jamais équivaloir au poids décisif du sedes sancti Pétri : autrement, cela voudrait dire que l'on substitue des valeurs arithmétiques profanes au lien sacré de la Tradition. En cela, le concile n'est jamais détenteur de façon indépendante de l'infaillibilité, ni à côté ni encore moins contre le pape. Le pape lui-même est après tout un évêque, l'évêque œcuménique par excellence, sans lequel l'épiscopat serait incomplet en nombre et surtout « en poids »; sans lequel il serait nécessairement considéré comme « trop léger ». Pour cette raison, il est acquis que les décrets papaux ex sese sont irréformables (D 1839). D'un autre côté, comme le pape est l'évêque œcuménique, il ne peut, s'il se conforme à son rôle, s'opposer à l'œcuménicité, et n'en a d'ailleurs pas le droit. Il est le signe de la véritable œcuménicité, qui, elle, est le signe qui le légitime. C'est justement du fait de la nature profonde de son infaillibilité que le pape a besoin de l'attestation de l'œcuménicité, non pas d'un épiscopat qui se composerait de fonctionnaires pontificaux et serait une sorte d'ombre de lui-même, mais bien d'évêques de droit divin à part entière, dont l'œcuménicité concrète atteste et accomplit de façon visible sa propre œcuménicité intérieure et essentielle. L'orientation du concile reste et demeure nécessaire et même intangible, surtout après le constat de l'infaillibilité papale.

Pour finir, revenons à l'expression de sociologie religieuse « catholique romain », le point de départ de notre étude. Elle reflète au fond,  souligne Benoît XVI, tout le cercle de problèmes et de tâches à accomplir que nous avons abordés au fil de nos réflexions. Le terme « catholique » transcende un christianisme qui serait exclusivement celui de l'Écriture, et lui substitue la soumission à l'auctoritas du Verbe vivant, c'est-à-dire à la fonction de la succession apostolique. Par le terme « romain », cette expression confère à la fonction son orientation fixe et centrée sur le rôle clé du successeur de saint Pierre, dans la ville baignée du sang de deux apôtres. Enfin, en associant les deux termes, « catholique romain », elle exprime la riche dialectique d'une relation mutuelle du primat et de l'épiscopat, au sein de laquelle l'un ne peut exister sans l'autre. Une Église qui ne voudrait être que « catholique » sans référence à Rome perdrait de ce fait même sa catholicité. Une Église qui - per impossibile - ne voudrait plus être que romaine sans être catholique serait, elle aussi, dans le déni de soi et se ravalerait à l'état de secte. L'adjectif « romain » est le garant de la catholicité authentique, tandis que la catholicité factuelle atteste le droit de Rome. Ainsi l'expression manifeste-t-elle aussi la double division qui traverse l'Église : d'abord la division entre le « catholicisme » et le christianisme du simple Verbe de l'Écriture, puis la division entre le christianisme orienté vers l'office romain de saint Pierre et celui qui s'en est détaché. Dans les deux cas, c'est en fin de compte au niveau de la « charge » que se séparent les chemins. Cela ne rappelle-t-il pas de façon bouleversante que la querelle des disciples de Jésus en vue des places à la droite et à la gauche du Maître (Mc 10, 35-45; 9, 33 et suiv.) avait déjà pour objet l'attribution des fonctions dans le royaume messianique à venir ? Et chaque camp ne devrait-il pas se souvenir des paroles du Seigneur, déclarant que le plus grand devait être comme le dernier et au service de tous (Mc 9 3 35; 10, 43). Ce n'est pas une suppression de la charge - la mission confiée à saint Pierre et la mission confiée aux apôtres ne sont pas annulées. Mais c'est un avertissement des plus sérieux adressé à ceux qui, en tant que détenteurs de la charge, proclament de la Parole, ainsi qu'à leurs auditeurs. Il exhorte les premiers à essayer d'être en toute vérité des servi servorum Dei et les autres à ne pas refuser d'être en apparence les « derniers », afin d'accepter dans une humble joie que c'est ainsi et pas autrement qu'ils sont de fait les « premiers ». Ce n'est que lorsque les deux - ceux en fonction et ceux hors de la fonction -, rechercheront ainsi, dans un climat d'innocence et sans préjugés, l'esprit de l'Évangile, qu'il pourra exister quelque espérance en un accord entre ceux qui - n'était la négation de cet esprit -, ne seraient pas déchirés.

à suivre : Essai sur la question du concept de Tradition

"Rome est le nom de la catholicité et de la mission" (Méditation du Regina caeli en la Solennité de la Pentecôte 2007)
 

Sources : La Parole de Dieu, cardinal Ratzinger/Benoît XVI

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 08.08.2008 - T/Théologie - T/Évêque

 

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