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19 Avril 2005
 

Si nous appartenons au Christ, affirme Benoît XVI, le reste n'a plus aucun pouvoir

 

ROME, le 4 Juin 2007 - (E.S.M.) - Comment ne pas voir là justement une description de notre monde, reprend pour son compte Benoît XVI, dans lequel le chrétien est menacé par une atmosphère anonyme, par « l'air du temps », qui lui fait apparaître la foi comme ridicule et absurde ?

"Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ?" Mt 9,14

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Si nous appartenons au Christ, affirme Benoît XVI, le reste n'a plus aucun pouvoir

JÉSUS DE NAZARETH - Analyse du pape Benoît XVI (suite)
Pour lire le début de cette page : (Titre : Benoît XVI explique que nous pouvons demander et nous devons demander - 03.06.07)

(...) « II n'y a pas de dieu sauf le Dieu unique. Bien qu'il y ait en effet, au ciel et sur la terre, des êtres qu'on appelle des dieux - et il y a une quantité de "dieux" et de "seigneurs" - pour nous, en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons ; et il n'y a qu'un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous existons » (1 Co 8, 4-6). Ces paroles recèlent un pouvoir libérateur, elles sont le grand exorcisme qui purifie le monde. Quel que soit le nombre des dieux qui ont pu se promener de par le monde, il n'y a qu'un seul Dieu et qu'un seul Seigneur. Si nous lui appartenons, affirme Benoît XVI, le reste n'a plus aucun pouvoir et perd son aura divine.

Le monde se présente alors dans sa rationalité, il provient de la Raison éternelle, et seule cette Raison créatrice constitue le vrai pouvoir sur le monde et dans le monde. Seule la foi en un Dieu unique libère et « rationalise » réellement le monde. Quand la foi disparaît, la rationalité accrue du monde n'est qu'une apparence. En réalité, ce sont alors les forces du hasard qu'il faut reconnaître, et elles ne peuvent être déterminées. La « théorie du chaos » vient se greffer sur la connaissance de la structure rationnelle du monde et place l'homme devant des obscurités qu'il ne peut dissiper et qui assignent ses limites au côté rationnel du monde. Puis le pape Benoît XVI nous explique que « exorciser », placer le monde dans la lumière de la ratio qui provient de l'éternelle Raison créatrice et de sa bonté qui guérit tout en renvoyant à elle, telle est la tâche permanente et fondamentale des messagers de Jésus Christ.

Dans sa Lettre aux Éphésiens, saint Paul a décrit sous un autre aspect le pouvoir d'exorciser qui est le propre du christianisme : « Puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l'équipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du démon. Car nous ne luttons pas contre des hommes de chair et de sang, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous» (Ep 6, 10-12).

Voici comment Heinrich Schlier a expliqué cette représentation du combat des chrétiens que nous trouvons étonnante ou même déconcertante aujourd'hui : « Les ennemis ne sont pas un tel ou un tel, ils ne sont pas moi non plus, ils ne sont pas de chair et de sang [...]. L'affrontement va plus profond. On livre combat contre une armée d'adversaires qui attaquent sans répit, sont quasiment insaisissables, n'ont pas véritablement de nom, mais seulement des appellations collectives. Ils dominent aussi d'emblée les hommes puisqu'ils se situent "dans les cieux" de l'existence, ils les dominent aussi par le caractère impénétrable de cette position et par le fait qu'ils sont inattaquables puisqu'ils logent dans "l'atmosphère" existentielle qu'ils répandent eux-mêmes autour d'eux comme ils l'entendent, eux qui finalement sont tous foncièrement mauvais et mortifères.» (H.Schlier, Der Brief an die Ephesen, p. 291)

Comment ne pas voir là justement une description de notre monde, reprend pour son compte Benoît XVI, dans lequel le chrétien est menacé par une atmosphère anonyme, par « l'air du temps », qui lui fait apparaître la foi comme ridicule et absurde ? Et comment ne pas voir qu'existe dans le monde entier un climat spirituel vicié qui menace l'humanité dans sa dignité, voire dans sa survie ? L'individu, et même les communautés humaines, semblent livrés sans espoir à l'action de telles forces. Le chrétien sait que par lui-même, il ne pourra maîtriser cette menace. Mais dans la foi, dans la communion avec le seul véritable Seigneur du monde, lui est déjà donné « l'équipement de Dieu » grâce auquel, dans la communion avec le corps tout entier du Christ, il pourra s'opposer à ces forces. Car il sait que dans la foi, le Seigneur nous restitue le souffle pur, le souffle du Créateur, le souffle de l'Esprit Saint qui seul apporte au monde la guérison.


(...) Lors de l'interprétation du Notre Père, nous avons vu, remarque le pape, que le thème le plus profond de la prédication de Jésus était son propre mystère, le mystère du Fils, dans lequel Dieu est présent parmi nous et où il accomplit sa parole. Et nous avons vu que Jésus annonce le Royaume de Dieu dans sa personne comme étant à la fois à venir et déjà présent. En ce sens, il faut donner raison à Dodd sur le fond : oui, si l'on veut, le Sermon sur la montagne est « eschatologique », mais eschatologique au sens où le Royaume de Dieu se « réalise » dans la venue de Jésus. Il est donc tout à fait possible de parler d'« eschatologie en train de se réaliser » puisque Jésus, celui qui est venu, est: bien aussi tout au long de l'histoire celui qui vient, et c'est; de cette « venue » qu'en dernière instance, il nous parle. Nous pouvons donc, en conclut Benoît XVI, être tout à fait d'accord avec les derniers mots du livre de Jeremias quand il dit : « L'année de grâce que Dieu avait promise est commencée. Car est apparu Celui dont la gloire cachée flamboie derrière chaque parole et chaque parabole : le Sauveur. » (J.Jeremias, Die Gleishnisse Jesu, p. 309)


Le pain de l'aujourd'hui - Conférences du Père Paul-Marie de la Croix O.C.D. (suite)
Pour lire le début de cette page : (Titre : Benoît XVI explique que nous pouvons demander et nous devons demander - 03.06.07)

(...) La multiplication des pains, n'y contredit pas davantage, car il s'agit, là encore, d'une situation exceptionnelle; et qui, de plus, prend valeur de préfiguration eucharistique. Pas plus qu'il n'avait accédé à l'invitation du Tentateur de changer les pierres en pains, Jésus n'entend placer sa royauté messianique sous le signe d'un recours paresseux à la Providence (Jn 6 15).

Mais comment expliquer ce « devoir d'imprévoyance », inscrit, semble-t-il, dans la Parabole des oiseaux du ciel et des lys des champs ? Et comment interpréter ces paroles: Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez... Regardez les corbeaux qui ne sèment ni ne moissonnent, les lys des champs qui ne filent ni ne tissent. Ne cherchez plus ce que vous mangerez ou boirez, ne vous tourmentez pas. Votre Père sait que vous en avez besoin. Aussi bien, cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît (Lc 12 22-31).

Ici, comme en bien d'autres domaines, la vérité évangélique, pour être découverte, demande à être vécue. Le Christ n'entend pas nous la livrer «toute faite» et sous une forme statique. Il exige que, réagissant personnellement devant des données apparemment paradoxales, nous découvrions la vérité en la vivant. C'est ainsi que les enseignements évangéliques s'éclaireront et que la pensée du Seigneur se révélera à nous, au sein d'une expérience personnelle.

L'interprétation de cette Parabole pourrait toutefois nous paraître ardue, si le Christ, par la manière dont il nous fait présenter notre demande à son Père, ne nous avait mis lui-même sur la voie. En effet, dire: Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien (1) c'est nous inviter à adopter résolument une attitude filiale et à faire nôtre cette confiance de l'enfant envers ses parents. Or, voit-on un enfant se constituer des réserves et accumuler des provisions dans la crainte que ses parents négligent de lui assurer sa subsistance quotidienne? Seule la volonté de se soustraire au milieu familial et, tel l'enfant prodigue; de quitter la maison paternelle, pourrait l'entraîner à rassembler tout son avoir (Lc 15 13).

Inacceptable au plan humain, pareille attitude l'est bien davantage lorsqu'il s'agit de notre Père des cieux. Redire chaque jour: « Donnez-nous aujourd'hui... » c'est nous rappeler de qui nous sommes les enfants et à quelle famille nous appartenons. D'une manière infiniment aimante et délicate, notre Père entend ainsi souligner notre dépendance à l'égard d'une Providence qui jamais ne nous manquera. Ce qu'il redoute pour nous plus que tout le reste, c'est l'illusion de nous suffire à nous-mêmes, ainsi que le mirage d'une fausse et mortelle indépendance. Nous séparer de Dieu c'est nous couper de la vie à sa source. C'est nous exposer comme l'enfant de la Parabole, à mourir spirituellement et même matériellement de faim.

(1). Le mot grec: épiousios, qui figure en Matthieu et en Luc et que l'on traduit par: quotidien ou, de chaque jour, constitue l'une des « cruces interpretum » du Pater. Son étymologie discutée: épiousios étant inconnu aussi bien dans le grec classique que dans la langue populaire et n'étant employé nulle part ailleurs dans la Bible, autorise divers sens : « nécessaire » ou « de demain ». La traduction courante reste cependant la plus probable et la plus plausible. Nous demandons la nourriture nécessaire et suffisante pour ce jour; demande qui est en conformité avec l'enseignement évangélique: cf. Mt 6 25-34; Lc 12 22-31. Pour plus de détails cf. LAGRANGE, Év. de Matthieu et de Luc, VANDEN BUSSCHE: Le Notre Père, pp. 84-86 et Supplément du Dict. de la Bible, art.: Oraison dominicale: col. 788 à 800 et bibliographie.

Ce que veut le Christ, c'est ramener à la dimension du seul « aujourd'hui » le problème de savoir si, pour nous procurer notre pain, nous devons compter sur notre propre travail, ou nous en remettre à la Providence. C'est en effet pour l'« aujourd'hui » que l'homme a été fait, c'est l'« aujourd'hui » qui le façonne et l'invite, en limitant son regard, à ne pas « enjamber sur la Providence ». Chaque jour apporte avec lui son travail et sa peine proportionnés aux forces humaines, mais il apporte aussi sa grâce. Certes, à chaque jour suffit - et souvent plus que largement - sa peine, mais à chaque jour aussi suffira son pain: Demain aura soin de lui-même (Mt 6 34). Demain encore, Dieu donnera la manne nécessaire, et ses enfants iront la ramasser.

Qui ne travaille pas ne doit pas manger

L'Évangile n'invite pas à rechercher une sorte de point d'équilibre entre prévoyance et imprévoyance, car la confiance ne se monnaye pas. C'est pourquoi, sous peine d'être faussé, le problème doit être maintenu dans les limites de l'« aujourd'hui ».

Se garder de la préoccupation désordonnée des choses de la terre, afin de demeurer libres de travailler à l'édification du Royaume: telle est la doctrine évangélique contenue dans ces mots: Cherchez d'abord le Royaume. En y restant fidèles le reste nous sera donné par surcroît (Mt 6 33).

D'ailleurs, la dépendance dans laquelle Dieu entend que nous demeurions, est essentiellement une dépendance de sa volonté, qui, elle aussi, nous est signifiée dans l'aujourd'hui. Le pain quotidien se trouve donc étroitement lié à la divine volonté, car volonté et providence marchent en Dieu du même pas, et chacun de ces pas correspond à l'une de ces journées d'ouvrier dont parle l'Évangile; journée pour laquelle l'homme reçoit tout ensemble, tâche, nourriture et salaire.

La demande du pain quotidien nous établit dans cette doctrine de l'instant présent qui exige, pour être pratiquée, tant d'énergie, d'attention et de fidélité dans l'amour. En nous maintenant dans la dépendance et la confiance, elle nous donne le sens, mieux encore, l'expérience vécue de la divine Providence. Lorsque je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni chaussures, avez-vous manqué de quelque chose ? demande Jésus aux apôtres. - De rien, répondirent-ils (Lc 22 35).

L'homme ne doit pas faire de plan, car très vite il en serait le prisonnier. Dès lors, comment pourrait-il encore chercher le Royaume, discerner les volontés divines et les réaliser, accaparé qu'il est par le souci de construire et d'assurer ici-bas son propre royaume ? Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Et il se demandait en lui-même: «Que vais-je faire?... Voici : je vais abattre mes greniers, j'en construirai de plus grands, j'y serrerai tout mon blé et mes biens ». Mais Dieu lui dit : « Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu auras amassé, qui l'aura ? » (Lc 12 16-21).

La demande du pain quotidien n'exige pas seulement une attitude filiale, elle invite aussi à une prière « de pauvre », car demander « le pain d'aujourd'hui» sans plus, c'est incontestablement se placer dans une perspective de pauvreté et entrevoir les renoncements qu'elle entraîne. Mais son acceptation généreuse nous conduit, par les chemins de la confiance et de l'abandon à la Providence paternelle de Dieu, à cette «pauvreté en esprit» qui mène au Royaume et déjà nous en ouvre les portes.

L'Évangile qui nous révèle notre qualité d'enfants de Dieu, nous rappelle qu'une autre l'accompagne; celle de «serviteurs». Dans les Paraboles du Royaume, le Père invite tous ses enfants à travailler à son champ ou à sa vigne, ou encore à faire valoir les biens qu'il leur a confiés. Selon la terminologie moderne, notre Père y apparaît donc également comme notre « employeur ». Dans une telle perspective, le pain quotidien n'est plus seulement la nourriture que l'enfant reçoit à la table de famille, mais encore la contrepartie, ou du moins un des éléments du contrat de travail passé avec le divin « maître » qui l'emploie à son service. Si selon la parole de l'apôtre: Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger (2 Th 3 10), en revanche, celui qui travaille est assuré de recevoir, en raison même de son travail, le pain nécessaire.

Ce travail ne cesse d'ailleurs pas d'être une besogne à accomplir en esprit filial, car le serviteur est l'enfant de celui qui l'emploie. Aussi, à ce double titre son travail n'est-il jamais un travail indépendant, autonome, pour lequel il n'aurait à rendre de comptes à personne. Ici-bas nul ne travaille « pour son compte», ni même «à son compte». Nemo sibi vivit (Rom 14 7). L'enfant de Dieu, le citoyen du Royaume, soumis en tout à la divine volonté, et invité à travailler à l'avènement du Règne de Dieu, son Maître et son Père, ne peut œuvrer pour lui-même. Dans la conception chrétienne, il ne peut y avoir de « secteur privé » à côté d'un « secteur public ». Tous les hommes sans exception, au double titre d'enfant et de serviteur, travaillent à cette unique entreprise du Maître unique, à laquelle se réfèrent et que mettent en scène toutes les Paraboles.

De nos jours, chaque homme est dans une étroite dépendance d'un immense réseau de conventions sociales, en même temps qu'il est tributaire d'une multitude de conditions liées à la production et à la distribution, auxquelles personne, fût-il travailleur indépendant ou artisan, n'échappe. Au plan économique et social nul n'est autonome.

Les chrétiens, après avoir subi comme les autres hommes, cet état de choses, font maintenant effort pour l'organiser selon des principes inspirés de l'Évangile. Ils devraient donc comprendre qu'à plus forte raison, il ne saurait y avoir d'autonomie au plan surnaturel. Par-delà le patron, la société anonyme ou l'État, au service desquels ils se trouvent, ils devraient comprendre que c'est pour Dieu, employeur suprême, maître de tous les patrons, qu'ils travaillent. S'ils en étaient intimement convaincus, sans nul doute ils accompliraient leur tâche dans un état d'esprit bien différent. La nécessité de lutter contre les injustices sociales n'en serait d'ailleurs aucunement diminuée. En revanche, la pensée de celui pour qui en définitive ils travaillent, ainsi que le sens du bien commun et de l'unité entre tous les hommes leur seraient une aide précieuse.

Tout l'Évangile, particulièrement dans les paraboles, met en vive lumière l'intime liaison entre les deux qualités qui sont nôtres. Le fils doit toujours se souvenir qu'il est aussi un «serviteur» - c'est ce que l'enfant prodigue a totalement perdu de vue - mais le serviteur ne doit pas davantage oublier qu'il est un « fils » - et c'est la faute du fils aîné de ne l'avoir pas compris -. On voit aisément les conséquences d'un tel état de choses.

Tout d'abord, le fait que les hommes de toutes les races et de tous les temps soient au service d'un même Maître crée entre eux un lien de solidarité dans le travail, qui vient s'ajouter à celui qui naît de leur commune qualité d'enfants de Dieu. Plus profondément et plus efficacement qu'aucune « internationale ouvrière », la qualité de serviteur de Dieu devrait leur donner le sens d'une intime interdépendance au sein de leur travail, interdépendance qui viendrait renforcer la fraternité surnaturelle qui déjà les unit. Un chrétien ne devrait jamais oublier que la manière dont il s'acquitte de sa besogne personnelle réagit nécessairement sur la venue du Règne de Dieu dans le monde, en même temps que sur le sort de tous ses frères.

Mais inversement, au sein même de son travail, tout serviteur de Dieu doit se souvenir qu'il est aussi son fils. C'est pourquoi le salaire qu'il reçoit est d'une autre nature que celui d'un mercenaire. A celui-ci on ne s'est engagé à donner qu'une juste rétribution de son travail; mais l'enfant, outre le salaire qui lui est dû à titre de « bon et fidèle serviteur », bénéficie de richesses que les mots humains sont incapables d'exprimer, et dont pourtant la parabole de l'enfant prodigue, ici encore, nous donne une idée: Toi mon enfant, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi (Lc 15 31).

Le mercenaire travaille pour un inconnu et mange son pain à une table étrangère. Le fils au contraire, accomplit sa besogne « chez lui ». Il sert lui aussi, mais dans la maison paternelle, et sans jamais être privé de la vie de famille qui est son plus cher trésor. Cette intimité, cette vie divine, cette « liberté des enfants de Dieu » au sein du travail lui-même, voilà le véritable « pain quotidien » de l'enfant. Certes, le pain matériel lui est assuré et même avec surabondance, mais il n'est plus qu'un élément parmi d'autres. Pour l'enfant, non seulement la table est toujours servie, mais tous les biens de son Père sont siens, il en a la libre disposition, il en profite sans réserve.

Je suis le Pain Vivant

Si dans le Pater, le pain désigne avant tout la nourriture matérielle, il se réfère également à tout ce qui est de nature à vivifier nos facultés spirituelles les plus hautes et par-dessus tout, notre âme.

Le Christ le dit clairement, lorsqu'après avoir déclaré : Travaillez non pour une nourriture périssable, mais pour la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle, celle que vous donne le Fils de l'homme (Jn 6 27), il poursuit en ces termes : Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, le vrai ; car le pain de Dieu c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. C'est moi le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim. Ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et qu'on ne meure pas. C'est moi le pain vivant. Qui mangera de ce pain vivra éternellement, et le pain que moi je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde (Jn 6 32,33,35,50,51).

Le pain est donc nourriture de l'âme comme il l'est du corps, et le fait que l'Église permette aux chrétiens de faire du « pain vivant » leur nourriture de chaque jour, rend plus saisissant encore le rapprochement entre l'Eucharistie et le pain quotidien demandé pour notre corps.
Que le pain eucharistique soit nourriture de vie éternelle et dispense la vie à ceux qui le consomment, le Christ l'a dit si nettement qu'il n'est pas besoin d'insister. Ce que préfigurait la manne, grâce à laquelle les hébreux eurent la force d'atteindre la Terre promise, ce que préfigurait aussi ce pain cuit sous la cendre, dont Élie fit sa nourriture et qui lui permit de marcher quarante jours et quarante nuits (1) jusqu'à la montagne de Dieu: l'Horeb (1 R 19 8), le pain descendu du ciel, le vrai, l'accomplit d'une manière infiniment plus véritable et plus parfaite. L'Eucharistie est le pain des pèlerins en marche vers le Royaume de Dieu: « Esca viatorum ».

(1). Ces quarante jours et quarante nuits répondent aux quarante jours que Moïse passa au sommet de cette même montagne, et aux quarante années de l'Exode. Ils symbolisent par leur longue durée la vie même de l'homme.

Toutes ces considérations ont été faites si souvent qu'il est préférable de mettre en lumière un aspect moins fréquemment envisagé: celui qui fait de l'Eucharistie un aliment différent de tous les autres.

En effet le Christ ne l'a pas seulement nommé: pain du ciel, pain de Dieu, vrai pain ou même pain de vie mais encore: pain vivant (Jn 6 32,33,34,51). Qu'est-ce à dire?

C'est en vertu des substances vivantes qu'elle contient, qu'une nourriture est principe de force et de renouvellement; et pourtant ce n'est pas elle mais celui qui l'assimile que l'on considère comme le «vivant». Lorsqu'il s'agit du pain eucharistique les données sont inversées. «Je suis ta nourriture, mais au lieu de me changer en toi, c'est toi qui seras transformé en moi. » Le vivant ici, est beaucoup moins l'homme, que cette nourriture qu'il fait sienne, car elle n'est autre que le Dieu Vivant lui-même. L'Eucharistie n'est pas une nourriture qui viendrait fortifier « notre » vie, comme le ruisseau vient grossir le fleuve dans lequel il se jette. La réalité est tout autre: c'est le Pain Vivant, qui contient; mieux encore: qui EST le principe de la Vie dont nous sommes appelés à vivre et à laquelle nous devons participer, en nous laissant assimiler par elle.

En vertu de sa nature, le Pain Vivant est donc une Réalité suprêmement transformante et divinisante. Aussi en le mangeant, n'avons-nous pas à nous demander avant tout si nous sommes en état de nous nourrir d'un Pain que nul n'est digne de recevoir, mais bien plutôt à nous efforcer d'en avoir une faim toujours plus grande; et surtout, faire en sorte de devenir nous-mêmes entièrement « assimilables » par ce Pain qui vient nous transformer en lui. L'essentiel est de ne laisser subsister en nous aucun obstacle, aucun foyer de résistance, aucun élément qui faute de pureté de cœur ou d'intention, demeurerait inassimilable à l'action divine. En même temps que nous reconnaissons humblement notre totale indignité, nous devons plus encore s'il se peut, nous offrir à l'action de ce pain vivant.

Le Pain qui fait l'unité

En nous apportant la vie, ce Pain réalise notre union à nos frères, à tous nos frères. Un seul Pain et un même Pain pour tous. Dans la mesure même où nous ne sommes plus qu'une vie avec le Christ, nous tendons à ne plus former qu'un seul corps avec nos frères: le corps du Christ. Saint Paul le disait déjà: Nous tous qui participons à un même pain, nous formons un seul corps (1 Co 10 17). Reprenant cette pensée, Tertullien déclare: «En demandant notre pain de chaque jour, nous demandons à vivre sans cesse dans le Christ, à nous identifier avec son corps»; tandis que saint Cyrille écrit: «Tous, nous sommes fondus en un seul corps dans le Christ en nous nourrissant d'une seule chair. » Quant à saint Augustin, il résume tous les Pères dans ces mots justement célèbres: «On vous dit: 'le corps du Christ'; et vous répondez: 'Amen'. Soyez donc les membres du Christ, pour que soit vrai votre 'Amen'. Et pourquoi ce mystère est-il fait avec du pain ? Écoutons l'apôtre qui parlant de ce Sacrement, dit: 'Nous sommes tous, nous, la multitude, un seul corps, un seul pain.' Comprenez et réjouissez-vous: Unité, piété, charité. Un seul pain, et qu'est-ce que ce pain unique ? Un seul corps fait de beaucoup. Songez que le pain ne se fait pas avec un seul grain, mais avec beaucoup. Soyez donc ce que vous voyez et recevez ce que vous êtes. » (Sermon 272)

Le Pain eucharistique n'est pas le seul pain spirituel dont nous devions nous nourrir. La Parole de Dieu aussi est un pain, et nous devons y penser lorsque nous disons: «Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. » Ici encore saint Augustin, mieux que personne, nous l'a fait comprendre: « Quand tu dis: 'Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien' tu le fais en mendiant de Dieu. N'en rougis pas. Le mendiant se tient à la porte du riche, et le riche lui-même a besoin du pain quotidien. Mais ce pain c'est aussi la Parole de Dieu, qui nous est distribuée chaque jour. Voilà notre pain quotidien, celui dont vivent non point les corps, mais les âmes. Il nous est nécessaire tout le temps que nous sommes occupés au travail de la vigne. Le Maître doit deux choses à l'ouvrier qu'il a embauché: la nourriture qui donne la force et la récompense qui donne la joie. Notre nourriture ici-bas est la Parole de Dieu; notre récompense: la vie éternelle. Deux choses sont souverainement nécessaires sur la terre; enfermé dans la prison du corps, j'ai besoin d'aliments et de lumière. C'est pourquoi vous avez donné à ce pauvre infirme votre chair sacrée, afin d'être la nourriture de son âme et de son corps, et votre Parole pour luire comme une lampe devant ses pas. Je ne pourrais vivre sans ces deux choses, car la Parole de Dieu est la lumière de l'âme, et votre Sacrement, le Pain de Vie » (Sermon 57).

C'est donc manger un pain substantiel que de méditer la Sainte Écriture, et c'est en expérimenter la vertu vivifiante que de la « ruminer » dans la prière, et de s'en laisser pénétrer et vivifier dans l'oraison.

« Se nourrir de la Parole de Dieu » est une expression éminemment biblique. C'était même, avant la venue du Christ, l'une des manières privilégiées d'entrer en communion avec Dieu. L'Eucharistie, bien loin de rendre moins opérant ce « pain de la parole », le rend plus nourrissant que jamais. La Parole du Verbe fait chair nous conduit en effet à la réception de son corps et nous permet de mieux communier à son esprit et à ses sentiments. Sans doute même ne recevrions-nous pas le pain eucharistique en esprit et en vérité si nous manquions à rechercher et à rejoindre dans le Pain vivant, la divine Parole de Vie, de Lumière et de Vérité. L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt 8 3 ; Mt 4 4; Lc 4 4).

Le Pain de la Parole et de la Sagesse

Réclamer à Dieu le pain quotidien, c'est aussi lui demander de nous conduire à cette table à laquelle nous invite la divine Sagesse: Venez, mangez de mon pain, et buvez le vin que j'ai mêlé (Pr p 5). Sans doute le Christ tout comme il « est » la Parole, « est » aussi cette Sagesse magnifiquement chantée par les scribes inspirés. Pourtant si Parole et Sagesse s'unissent en lui, elles ne se confondent pas, et le pain qu'elles distribuent à l'homme n'est pas de même nature. Ce que donne la Sagesse, c'est tout ensemble la faim, le sens et l'expérience des choses de Dieu et très particulièrement de ce qu'il nous communique dans sa Parole. Fruit en nous de la grâce et de l'Esprit, la Sagesse permet de marcher dans les voies de l'intelligence (Pr g 6) et cette intelligence fait avancer dans les chemins de la vie: Celui qui a trouvé la Sagesse a trouvé la vie (Pr 8 35). Cette vie que développe l'esprit de dépendance et de crainte de Dieu fait de ceux qui demeurent pleinement fidèles aux voies de la Sagesse, des amis de Dieu (Sg 7 27). A ces amis de Dieu il est alors donné de pouvoir pénétrer dans les profondeurs de Dieu, et de sa vivante Parole.

En effet, sans la Sagesse les richesses de la Parole divine resteraient cachées aux hommes, ou du moins ils seraient impuissants à devenir des adorateurs en esprit et vérité. La divine Sagesse dépose dans leur âme un germe, et sous la chaleur féconde de son amour, elle qui est un esprit qui aime les hommes (Sg 1 6) en « mère » et en « épouse », ce germe grandit, jusqu'à ce qu'il porte du fruit.

Si la Parole, c'est le Christ lui-même comme Lumière et Vie, la Sagesse, c'est la vie avec le Christ sous la motion de l'Esprit. Aussi est-ce à la Sagesse que l'enfant de Dieu devra d'entrer dans l'amitié du Christ, et dans ce qui porte le nom de « vie mystique », c'est-à-dire dans une profonde connaissance et une expérience savoureuse des voies de Dieu et de l'intimité avec Dieu. La Sagesse n'est rien autre en nous que la Sagesse même du Christ, c'est-à-dire l'Esprit-Saint en Personne, mais sous sa forme communiquée et participée telle que la grâce nous le donne. Se nourrir de la Sagesse c'est donc demander au Christ son propre Esprit afin de pouvoir goûter Dieu et entrer dans les profondeurs de la vie divine. Aussi faut-il réclamer ce pain de la Sagesse, et cela d'autant plus que, selon le mot du Sage: Nul ne peut connaître la divine Volonté, si la Sagesse ne lui a pas été donnée (Sg 9 17).

La divine Volonté; voilà en effet sous quelle forme Dieu pratiquement nous distribue le « pain quotidien » dont nous avons à nous nourrir. Sur ce point nous ne possédons pas seulement l'enseignement du Christ : Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui ma envoyé (Jn 4 34), mais encore son exemple de tous les instants. Sans doute l'Eucharistie est une nourriture privilégiée, mais pas plus que la divine Parole, et même en un certain sens que la Sagesse, elle ne peut être le pain de chaque instant. Seule la Volonté divine est une réalité continue, au sein de laquelle nous avons le mouvement, la vie et l'être (Ac 17 28). Tel un véritable « plancton » spirituel, elle nourrit notre être aussi longtemps que nous demeurons dans les eaux de la grâce. Immergés en elle, nous ne cessons d'y trouver la vie et le principe de notre développement. Voir dans la divine Volonté notre vrai pain quotidien, c'est chercher et trouver en chacune de nos journées ce que Dieu y a disposé pour nous attirer progressivement à lui et nous accomplir comme ses enfants. C'est comprendre peu à peu que joies et peines, souffrances et difficultés, présences et absences, ombres et lumières, mort et vie, sont autant de moyens dont Dieu se sert pour se révéler à nous et nous rapprocher de lui par les chemins les plus adaptés et les plus sûrs. Celui qui a donné à chacun sa vocation, est aussi le seul qui puisse fournir chaque jour la nourriture capable de l'entretenir et de la développer. Ce repas quotidien que Dieu nous sert, quels qu'en puissent être la nature et le goût, doit être reçu avec foi, amour et reconnaissance. Il doit suffire que Dieu nous le présente pour être assurés qu'il constitue la meilleure des nourritures, celle où tout ce qui nous est nécessaire nous est proposé dans la plus juste proportion. C'est là une grâce dont nous devrions connaître le prix, car laissés à nous-mêmes, et ignorant ce qui nous convient le mieux, nous serions incapables de prévoir et de choisir. Sachons du moins accepter le choix de Dieu, assurés qu'en le faisant nôtre, il nous donnera de réaliser pleinement notre vocation.

Le pain de la divine Volonté

Aucune des demandes du Pater ne revêt une forme simplement individuelle. Ce que nous demandons, nous avons toujours à le demander avec nos frères et pour eux, en même temps que pour nous. Ainsi en va-t-il pour le pain quotidien. On doit ajouter qu'ici, cette attitude elle-même n'est pas encore suffisante. Nous devons considérer en effet qu'en même temps que nous adressons à Dieu ces paroles: Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, elles nous sont également adressées par nos frères et que nous n'avons pas le droit de nous soustraire à cet appel qui résonne silencieusement dans nos cœurs.

Au dernier jour nous serons jugés sur la charité fraternelle. Mais la parole du Fils de l'homme: Venez les bénis de mon Père, car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, n'est pas à prendre au sens matériel seulement. Aussi la demande du pain quotidien que, dans le secret du cœur, nos frères nous adressent, doit être entendue au sens le plus large. Ce qu'ils réclament de nous, ce sont toutes les nourritures dont ils ont besoin pour vivre, toutes les formes de « pain » dont Dieu éveille en eux la faim, et que nous sommes tenus de leur donner.

D'abord et de toute évidence, le pain matériel, qu'il leur soit dû au titre de la justice, de la charité ou de l'aumône. Mais aussi le pain de l'intelligence, le pain de l'exemple, celui de la présence vraie, fraternelle et fidèle; le pain de la patience, de la bonté, de la compréhension, comme celui de la prière et du sacrifice, le pain de l'Amour enfin.

Lorsqu'à Gethsémani, on voit le Christ mendier de ses apôtres le pain d'une aide fraternelle, et d'une prière de véritable « compassion»; lorsqu'on voit qu'il a voulu à la Croix la présence de sa Mère, et qu'il n'a pas dédaigné l'amitié des hommes, si impuissants, inintelligents et misérables qu'ils aient été ; lorsqu'on songe qu'il aimait se rendre à Béthanie, afin d'y rencontrer des cœurs auprès desquels il se consolait un peu de la haine et de l'envie dont il se sentait enveloppé de toutes parts; lorsqu'on prend conscience que dans sa vie glorieuse elle-même, il continue à réclamer de nous un peu d'amour en retour de celui qui le presse et qui jaillit de son Cœur, « ce Cœur qui a tant aimé les hommes »; on saisit mieux à quel point il nous faut prêter attention à ce cri qui monte vers nous, d'une humanité malheureuse et qui meurt de faim. Les petits enfants réclament du pain, personne ne leur en partage (Lm 4 4).

Si nous voulons prendre conscience des besoins de nos frères, un effort d'attention et de sympathie profondes nous est nécessaire. Mais cela ne saurait suffire; il nous faut encore, sous la pression d'une charité surnaturelle, sortir de nous et briser le cercle de notre égoïsme. Notre intérêt personnel ne doit plus nous accaparer au point de nous rendre sourds aux besoins de nos frères.

Un homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains des voleurs, qui le dépouillèrent et le laissèrent à demi mort. Un prêtre qui par hasard descendait sur cette route l'ayant vu, passa outre... Un lévite... fera de même. Mais un samaritain en voyage, passant près de lui fut ému à sa vue. Il s'approcha, et prit soin de lui (Lc J0 30-34).

Que de pauvres, que de malheureux, que d'êtres manquant du nécessaire Dieu place ainsi sur notre route, dont jamais peut-être nous n'avons su découvrir les besoins! Avec les juifs je me suis fait juif. Je me suis fait faible avec les faibles... Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns (1 Co 9 20-22). Si véritablement nous étions capables d'entendre l'appel que nous adressent nos frères, nous nous apercevrions qu'il n'en est pas un seul qui n'attende de nous quelque chose, pas un seul auquel nous n'ayons le devoir de donner de nous-mêmes, de partager « notre » pain, de telle manière qu'il devienne « leur », car il l'est vraiment: Donnez-leur vous-mêmes à manger (Mt 14 15). Mais, de ce transfert et de ce don, seule la charité a le secret.

A l'un nous donnerons le pain de la confiance, à celui-ci le pain du courage, à cet autre le pain de la foi, à celui-là un peu de chaleur humaine. A celui-ci la force de la fidélité et à celui-là le pardon. A celui-ci la paix et l'amitié, et à cet autre qui peut-être partage notre vie, un amour toujours nouveau, toujours prêt à pardonner, à accepter, à comprendre. Un amour toujours plus vrai, plus fort, plus délicat, plus oublieux de soi.

En ces jours-là, il y avait une grande foule qui le suivait et ils n avaient pas de quoi manger. Appelant ses disciples, Jésus leur dit: «J'ai pitié de cette foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Et si je les renvoie chez eux, à jeun, ils vont défaillir sur la route, et quelques-uns sont venus de loin (Mc 8 1-3).

Une grande foule aussi est autour de nous, depuis plus de trois jours. Et certains sont venus de loin... de très loin, et ils n'ont pas de quoi manger. En avons-nous seulement pris conscience? Et si nous en avons pris conscience allons-nous les renvoyer à jeun? Fermerons-nous nos oreilles et notre cœur au cri qu'ils nous adressent: Donne-nous aujourd'hui notre pain, toi qui as la grâce de la lumière, de la santé, de la culture, de la foi, toi qui peux quelque chose pour nous...

Ne te récrie pas, et ne viens pas nous dire que tu es pauvre, que tu n'as que le nécessaire. Même si tu es pauvre et si tu ne possèdes aucune richesse humaine, n'as-tu pas à ta disposition les richesses que Dieu a mises entre tes mains et que tu peux nous obtenir par ta prière, par ta foi, par tes sacrifices, par ta charité ? Tu peux quelque chose, tu peux beaucoup pour nous et nous avons le droit de te le demander, car nous sommes tes frères (cf. Gn 45 3-11). Ne nous renvoie pas à jeun. Ne vois-tu pas que nous sommes sur le point de défaillir sur cette route de la vie qui nous a été si dure !

Pense au Maître dont tu te réclames, et qui, rassemblant autour de lui, à la table du Cénacle et depuis lors, chaque jour, à celle de l'autel, ceux qui ont faim et soif de Vérité, de Lumière, de Vie, d'Amour, leur rompt le pain de son propre corps et le leur donne en disant: Prenez et mangez, ceci est mon corps donné pour vous (Lc 22 19).

Ne l'entends-tu pas qui te dit: «Je t'ai donné cet exemple afin que toi aussi, tu fasses de même. Donne-toi en nourriture à tes frères, ou plutôt: donne-moi à travers toi, car ce n'est pas toi qu'ils demandent, mais moi à travers toi; moi qui suis le Pain vivant qu'ils attendent et que tu dois leur partager ».

(à suivre)

La prière du Seigneur, cinquième chapitre du livre du Saint-Père Benoît XVI, "Jésus de Nazareth :
1) La vérité, indique Benoît XVI, c'est d'abord Dieu, le Royaume de Dieu : Benoît XVI
2) Benoît XVI désigne le Malin comme l'ultime menace pour l'homme : Benoît XVI
3) Notre Père qui es aux cieux : Benoît XVI
4) Que ton nom soit sanctifié : Benoît XVI
5) Que ton règne vienne :  Benoît XVI
6) Benoît XVI commente que la terre devienne "ciel" :  Benoît XVI
7) Benoît XVI explique que nous pouvons demander et nous devons demander : 03.06.07
 

Sources:  www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 04.06.2007 - BENOÎT XVI - Spiritualité

 

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