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19 Avril 2005
 

L'école de Bologne annexe le pape Benoît XVI !

 

Rome, le 11 décembre 2007 - (E.S.M.) - Par un raisonnement hardi, les défenseurs de la "discontinuité" de Vatican II par rapport à l'Église du passé soutiennent que Benoît XVI est de leur côté. Ruggieri, Komonchak et les autres l'expliquent dans leur revue. Mais en est il vraiment ainsi ?

A propos des interprétations du Concile Vatican II Pour agrandir l'image Cliquer

L'école de Bologne annexe le pape Benoît XVI

Ils persistent et signent : le Concile Vatican II a été "un tournant historique". L'école de Bologne annexe le pape

Par un raisonnement hardi, les défenseurs de la "discontinuité" de Vatican II par rapport à l'Église du passé soutiennent que Benoît XVI est de leur côté. Ruggieri, Komonchak et les autres l'expliquent dans leur revue. Mais en est il vraiment ainsi ? 

par Sandro Magister

Pendant près de deux ans, le discours mémorable au cours duquel Benoît XVI avait critiqué et repoussé l’interprétation du Concile Vatican II comme "discontinuité et rupture" est resté sans réponse. Aucun des historiens et des théologiens qui pouvaient se sentir visés n’avait répondu à l’argumentation du pape.

Aujourd’hui, la réponse est enfin arrivée. Sous une forme presque officielle: quatre essais de quatre chercheurs tout à fait représentatifs, publiés dans le dernier numéro de "Cristianesimo nella storia", la revue de l’Institut pour les sciences religieuses de Bologne.

Cet institut a été fondé par le père Giuseppe Dossetti et le professeur Giuseppe Alberigo. Il est à l’origine de la "Storia del Concilio Vaticano II" la plus lue au monde, en cinq volumes achevés en 2001 et publiés en sept langues. Une "Storia" qui considère le Concile comme un "événement" plus qu’une somme de documents, dans l’"esprit" plus que dans la "lettre", comme un "nouveau départ" plus qu’en continuité avec l’Eglise d’avant-Concile.

Les auteurs des quatre articles répondant au pape sont l’Italien Giuseppe Ruggieri, directeur de "Cristianesimo nella storia", l’Américain Joseph A. Komonchak, le Français Christoph Theobald et l’Allemand Peter Hünermann.

Ce dernier – qui a collaboré à la "Storia" bolonaise – a également publié avec Bernd J. Hilberath un commentaire en cinq volumes des documents conciliaires. Il n’existe à l’heure actuelle qu’en allemand, sous le titre: "Herders Theologischer Kommentar zum II Vatikanische Konzil", Freiburg-Basel-Wien, 2005-2006.

Dans ce commentaire, tout comme dans l’essai sur "Cristianesimo nella storia", Hünermann souligne la ressemblance entre les documents de Vatican II et "les textes constitutionnels élaborés par des assemblées constituantes représentatives".

Benoît XVI, dans son discours du 22 décembre 2005, avait attaqué cette thèse en ces mots:

"Le Concile est alors considéré comme une sorte de Constituante, qui élimine une vieille constitution et en crée une nouvelle. Mais la Constitution a besoin d'un promoteur, puis d'une confirmation de la part du promoteur, c'est-à-dire du peuple auquel la constitution doit servir. Les Pères n'avaient pas un tel mandat et personne ne le leur avait jamais donné; personne, du reste, ne pouvait le donner, car la constitution essentielle de l'Église vient du Seigneur".

En réalité, Hünermann avait affirmé – et il le répète aujourd’hui – qu’il existe aussi des différences entre les textes conciliaires et les constitutions des états. La première d’entre elles est que l’autorité des évêques "constituants" provient du Christ. C’est par cette affirmation qu’il estime échapper à la critique du pape. Et que Komonchak clôt la discussion de la manière suivante:

"Il y a quelque chose de curieux dans le commentaire du pape, car je ne connais personne qui ait assimilé le Concile Vatican II à une assemblée constituante. Et certainement pas nous".

* * *
Mais il y a plus. Les quatre chercheurs qui sont intervenus dans "Cristianesimo nella storia" ne se contentent pas de dire qu’ils ne sont pas concernés par les critiques du pape.

Ils mettent Benoît XVI de leur côté, en l’incluant parmi les promoteurs de la "discontinuité" entre l’Église d’avant et d’après Vatican II.

Komonchak termine son article par ces mots:

"C’est là le ‘tournant historique’ dont parle Giuseppe Alberigo pour donner un sens historique au Concile Vatican II. Loin de l’avoir rejeté, il me semble que le pape Benoît XVI l’a approuvé et confirmé".

* * *

Les chercheurs les plus déterminés à intégrer Benoît XVI dans leurs rangs sont Komonchak et Ruggieri.

Komonchak rejette les critiques que le pape adresse aux théoriciens qui interprètent le Concile comme une "rupture", comme dépourvues de cibles réelles. Il s’appuie à l’inverse sur des passages du discours du 22 décembre 2005 où Benoît XVI affirme que derrière "la discontinuité apparente" de certaines affirmations conciliaires – en particulier celle concernant la liberté religieuse – il existe en fait une "pleine syntonie avec l'enseignement de Jésus lui-même, comme également avec l'Église des martyrs, avec les martyrs de tous les temps".

D’après Komonchak, la discontinuité dont parle le pape n’est pas "apparente" mais bien réelle. Sur cette question comme sur d’autres, le contraste avec les siècles précédents est trop flagrant. Sur le fond, le pape est donc d‘accord avec ceux pour qui le Concile Vatican II est le changement le plus extraordinaire de l’Église au cours de ces derniers siècles.

L’analyse de Ruggieri est plus fine. Le pape a défendu la continuité du Concile avec l’ancienne tradition du magistère catholique dans son discours du 22 décembre 2005, parce qu’ayant le point de vue "typique d’un théologien, il ne pouvait qu’adhérer à cette conception".

Mais du point de vue historique, nuance Ruggieri, tout est différent. La "nouveauté" de Vatican II est un fait irréfutable. Et Joseph Ratzinger lui-même y a contribué quand il était l’expert de confiance du cardinal allemand Josef Frings. Selon Ruggieri, c’est le jeune Ratzinger qui a écrit le discours explosif que Frings a lu en assemblée lors de la première session. Un discours en rupture avec le magistère ecclésiastique des deux derniers siècles. Ruggieri en déduit ceci:

"Ce qui est affirmé dans la ‘Storia’ dirigée par Alberigo au sujet de la nouveauté du Concile Vatican II est bien résumé dans ce discours de Frings". Comprendre: de Ratzinger.

* * *

Si Benoît XVI est ainsi dans le camp des gentils, qui reste-t-il chez les méchants ?

Komonchak et Ruggieri sont catégoriques: les irrécupérables sont l’archevêque Agostino Marchetto et le cardinal Camillo Ruini.

Le premier, diplomate de la curie, est l’auteur de nombreux et pointilleux éreintements de la "Storia" dirigée par Alberigo, rassemblés en un volume publié par la Libreria Editrice Vaticana en 2005, quelques mois avant le discours de Benoît XVI sur les interprétations du Concile.

Le second, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, avait notamment affirmé au cours d’une présentation de l’ouvrage de Marchetto au public:

"L’interprétation du Concile comme rupture et nouveau départ est sur le point de disparaître. C’est aujourd’hui une interprétation très marginale, sans réel appui au sein de l’Église. Il est temps que l’historiographie donne de Vatican II une nouvelle reconstitution qui soit aussi, enfin, une histoire de vérité".

C’est tout du moins ce que www.chiesa avait rapporté dans un article du 22 juin 2005. Mais, sur la base d’un enregistrement électronique, Ruggieri retranscrit la conclusion du cardinal de la manière suivante:

"Honnêtement, il reste encore à écrire une histoire différente. Nous avons besoin d’une autre grande histoire du Concile Vatican II, qui le raconte de manière positive".

Mais, une fois dissipé ce doute sur les mots, Ruggieri persiste dans sa condamnation de Ruini: parce qu’en lui, en Marchetto et en "tous ceux qui polémiquent contre la 'Storia' dirigée par Alberigo se manifeste objectivement une peur du souvenir de l'événement". Ils récusent la "Storia" non parce qu’elle énumère les nombreuses nouveautés de Vatican II – des nouveautés qu’ils sont tout à fait capables de "noyer" dans la mer de la continuité – mais précisément parce qu’elle raconte le Concile "comme un événement qui a ouvert une nouvelle saison de l’église".

* * *

Le Concile comme événement. Cette thèse de base revient dans de nombreuses pages du dernier numéro de "Cristianesimo nella storia".

Theobald met en avant cette phrase d’Alberigo: "Le Concile comme tel, en tant que haut fait de communion, de confrontation et d'échange, est le message fondamental qui constitue le cadre et le noyau de sa réception".

Ruggieri écrit: "Le Concile s’est transmis lui-même. En ce sens, la nouvelle ‘doctrine de l’Église’ est le fruit non pas de la constitution Lumen Gentium et des autres fragments ecclésiologiques présents dans les différents documents conciliaires (Documents Vatican II), mais de la célébration conciliaire en tant que telle. […] Le problème de la réception de Vatican II est avant tout celui de la synodalité de l’Église toute entière".

Mais cette vision n’est-elle pas justement celle que Benoît XVI avait critiquée sous l’étiquette de l’"herméneutique de la discontinuité et de la rupture"?

Voici comment le pape l’avait alors décrite:

"L'herméneutique de la discontinuité [...] affirme que les textes du Concile comme tels ne seraient pas encore la véritable expression de l'esprit du Concile. Ils seraient le résultat de compromis dans lesquels, pour atteindre l'unanimité, on a dû encore emporter avec soi et reconfirmer beaucoup de vieilles choses désormais inutiles. Ce n'est cependant pas dans ces compromis que se révélerait le véritable esprit du Concile, mais en revanche dans les élans vers la nouveauté qui apparaissent derrière les textes: seuls ceux-ci représenteraient le véritable esprit du Concile, et c'est à partir d'eux et conformément à eux qu'il faudrait aller de l'avant. Précisément parce que les textes ne refléteraient que de manière imparfaite le véritable esprit du Concile et sa nouveauté, il serait nécessaire d'aller courageusement au-delà des textes, en laissant place à la nouveauté dans laquelle s'exprimerait l'intention la plus profonde, bien qu'encore indistincte, du Concile. En un mot: il faudrait non pas suivre les textes du Concile, mais son esprit".

Komonchak, Ruggieri et consorts peuvent toujours dire qu’ils n’ont jamais écrit cela ainsi, mot pour mot. Car leur "Storia" aussi est un événement qui dépasse le texte, qui a été reçu et qui produit une pensée et une pratique.

Benoît XVI a simplement écrit tout cela noir sur blanc. Il a décrit et critiqué l’"esprit" de l’école de Bologne.

Paradoxalement, "Cristianesimo nella storia", pour lui répondre, se focalise sur la "lettre".

Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

Repères :
Mgr Agostino Marchetto est à nouveau intervenu récemment contre l’interprétation du Concile Vatican II par l’école de Bologne. Son discours est reproduit intégralement dans cet article : Lectures herméneutiques du Concile Œcuménique

Le discours que Benoît XVI a prononcé devant la curie le 22 décembre 2005 à propos des interprétations du Concile Vatican II : Benoît XVI
 

Sources: www.vatican.va

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 11.12.2007 - BENOÎT XVI - T/Église - Théologie

 

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