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19 Avril 2005
 

 L’opposition au Pape Benoît XVI dans les allées du pouvoir

 

Le 04 février 2009 - (E.S.M.) - On pourrait s’étonner des oppositions faites au Pape par certains de ceux qui l’ont élu, si l’on ne connaissait pas l’histoire de l’Église et si l’on ne reconnaissait pas l’intention commune de servir l’Église. À côté de nos prières, il nous semble nécessaire de réaffirmer notre soutien à Benoît XVI

Le pape Benoît XVI entouré des membres de la ... Curie !

L’opposition au Pape Benoît XVI dans les allées du pouvoir

Y a-t-il une opposition romaine au Pape ? Enquête (IIè partie)

Le 04 février 2009 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Le philosophe Jacques Maritain a distingué naguère la « personne » de l’Église de son « personnel », le second n’étant pas toujours à la hauteur de la sainteté de la première. L’un des plus constants miracles de l’Église repose justement dans sa durée malgré la faiblesse humaine de ceux qui la composent, chacun de nous y compris. On pourrait s’étonner des oppositions faites au Pape par certains de ceux qui l’ont élu, si l’on ne connaissait pas l’histoire de l’Église et si l’on ne reconnaissait pas l’intention commune de servir l’Église. À côté de nos prières, il nous semble nécessaire de réaffirmer notre soutien à Benoît XVI (1), comme nous l’avons fait pour tous les papes, depuis la fondation de L’Homme Nouveau.

“La nébuleuse libérale a perdu des places importantes.”

Abbé Claude Barthe

On peut formuler les analyses faites dans un précédent dossier de la manière suivante : par l’élection du 19 avril 2005, des cardinaux restés
(modérément mais massivement) dans la ligne des novations des années soixante et soixante-dix, ont porté au souverain pontificat un homme visant (prudemment mais certainement) à infléchir ces novations dans le sens d’une réforme de l’Église au sens traditionnel du terme. En cela, Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI correspondait parfaitement à l’espérance de toute une partie du clergé et des fidèles en passe de devenir majoritaires au sein du peuple catholique. De manière plus résumée encore : Benoît XVI, Pape d’un catholicisme « identitaire », a été élu par les hauts représentants d’un catholicisme libéralisé. De sorte que, toutes choses égales, sa situation est la même que celle d’un évêque « identitaire » prenant en charge un diocèse dont les cadres ecclésiastiques sont encore très largement de type 68 recentré, ou encore celle d’un prêtre « identitaire » arrivant dans une paroisse où il doit « faire avec » des conseils et structures de laïcs engagés, sinon d’une tendance opposée à la sienne, en tout cas lourds d’habitudes et de réflexes totalement différents. Il faut donc toujours se souvenir que cette qualification d’« opposition » recouvre des sensibilités très diverses, voire opposées, par exemple sur la morale familiale, sur le célibat sacerdotal, etc. À vrai dire, les néo conservateurs ne se considèrent nullement comme des opposants au Pape, bien qu’ils représentent – parce ce qu’ils sont très proches de lui – les freins plus efficaces à ses desseins liturgiques.

L’éventail des hommes de l’opposition

Les plus hostiles d’entre eux aux visées de Benoît XVI se retrouvent dans la critique que lui décoche le cardinal de la Confession (1) : c’est un Pape théologien et non un Pape pasteur
(on ne voit d’ailleurs pas que cela soit incompatible), un Pape « du statu quo et de la remise en ordre ». Il estime que les cardinaux n’ont pas choisi Joseph Ratzinger « pour les meilleures raisons et qu’ils se sont laissés conduire par des arguments irrationnels, nourris de craintes excessives, trop impressionnés par les réactions du monde au décès de Jean-Paul II ». Et il conclut : « Je dois le dire : ils ont eu peur du vide. »

Mais c’est en effet le très peu consistant qui s’offrait à eux comme autre branche de l’alternative. Cela est d’ailleurs vrai partout, dans les diocèses, dans les paroisses : au sein d’un corps ecclésial épuisé, face aux « forces vives » des communautés nouvelles, des traditionalistes, des « identitaires » de toutes sensibilités, il n’y a, c’est un fait, que des hommes sans espérance et que des structures exsangues. De même, en avril 2005, en face de Joseph Ratzinger, il n’y avait à l’issue du préconclave, très symptomatiquement, que trois candidats grisâtres : Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan ; Angelo Sodano, alors Secrétaire d’État, qui pensait avoir de solides réseaux en Amérique latine où il avait brillé comme nonce au Chili contre la théologie de la libération ; Giovanni Battista Re, Préfet de la Congrégation pour les Évêques, qui s’était imposé comme l’un des personnages incontournables de la fin du pontificat précédent. Mais dès le premier vote les trois avaient été « mis au tapis », si l’on ose dire.

Tout de suite après le conclave, l’inoxydable cardinal Silvestrini avait d’urgence ranimé les énergies déçues : il avait fait publier par la petite revue d’une œuvre d’éducation qu’il patronne, la « Villa Nazareth », la photo d’une réunion « secrète » qu’avaient tenue avant l’élection huit cardinaux anti-Ratzinger : lui-même, Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, qui avait refusé la traditionnelle invitation du nouveau Pape à partager sa table le lendemain du conclave, Backis, archevêque de Vilnius, Kasper, Lehmann, archevêque de Mayence, aujourd’hui fort malade, Martini, l’Anglais Murphy-O’Connor, archevêque de Westminster, et le français Tauran, alors chargé de la Bibliothèque vaticane, dont personne, à commencer par lui, ne savait ce qu’il faisait là. Cependant, depuis avril 2005, la nébuleuse libérale a perdu, de mois en mois, des places importantes : le Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, le cardinal Crescenzio Sepe, a été nommé archevêque de Naples ; Mgr Fitzgerald, président du Conseil pour le Dialogue interreligieux, a été expédié comme nonce en Égypte ; Mgr Piero Marini, cérémoniaire pontifical, qui avait exhalé publiquement sa mauvaise humeur à l’ouverture des portes de la Sixtine, après avoir refusé tous les postes qu’on lui proposait hors de Rome, a fini par accepter la présidence du Comité d’organisation des congrès eucharistiques ; Mgr Sorrentino, Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et qui, à ce titre, a fait aussi longtemps qu’il a pu barrage à la libération du rite tridentin (2), a été nommé au siège épiscopal d’Assise. Le cardinal Sodano, enfin, atteint par la limite d’âge, a dû quitter à regret et en traînant longtemps des pieds les fastueux appartements de la Secrétairerie d’État, au troisième étage des Palais apostoliques.

Des cohabitations délicates

L’opposition gardait cependant des alliés, notamment au sein même du dicastère principal de la Curie romaine, dont le chef, le Secrétaire d’État, est à la fois ministre des Affaires étrangères et premier ministre du Saint-Siège (3). À ce jour, le cardinal Secrétaire d’État, le cardinal Bertone, qui a remplacé le cardinal Sodano, doit composer avec la différence de sensibilité de son second, Mgr Filoni, Substitut pour les Affaires générales, ancien nonce en Irak (4). Mgr Fernando Filoni est entouré de ce que l’on a qualifié plaisamment de « couronne sacrée », une espèce de Secrétairerie d’État au sein de la Secrétairerie d’État : l’assesseur de Mgr Filoni, Mgr Caccia ; deux dignitaires ayant rang de nonces apostoliques, Mgr Carlo Viganò et Mgr Paolo Sardi ; Mgr Polvani, du personnel diplomatique de la première section, neveu de Mgr Viganò
(qui se divertit à jouer aux admirateurs rétros de Che Guevara) ; d’autres encore (jusqu’au mois de juin dernier, un peu plus bas dans l’échelle hiérarchique, mais à un poste-clé, se trouvait Mgr Duthel, chef de la Section francophone).

Si donc l’opposition au Pape – qui est plutôt une collaboration avec le Pape, mais avec des vues qui divergent des siennes, ce qui est pire – conserve des positions stratégiques dans les allées du pouvoir, elle n’exerce pas, par définition, ce pouvoir au plus haut niveau. Mais, outre ses courroies au sein même des plus hauts organes de décision, elle sait user de procédés, qui ont fait depuis longtemps leurs preuves et qu’elle a su adapter à une situation nouvelle.

Le plus classique est celui du retardement des décisions et des nominations gênantes, pour lesquelles on soulève mille difficultés, les freins les plus efficaces d’ailleurs étant les obstacles réels. Il est aisé de faire valoir, parce que c’est vrai, que l’instruction pour l’application correcte du
Motu Proprio Summorum Pontificum soulève de complexes problèmes décisionnels.

Un autre procédé est l’usage du précédent, qui jouit d’une force qu’on n’imagine pas en matière de gouvernement curial. Cela vaut en matière de nominations. Ainsi est-il d’un usage concrètement obligatoire de donner un siège épiscopal au Secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (5) lorsqu’il quitte ses fonctions. Rien cependant n’obligeait à donner à Mgr Giuseppe Betori un siège cardinalice, qui plus est de l’importance de celui qui lui a été confié. Car ce bibliste, sans être ce qu’on eût jadis qualifié de « progressiste », est cependant par toutes ses fibres à l’opposé de la sensibilité des amis du Pape. Il devient aujourd’hui archevêque de Florence, sûr dès lors de recevoir la barrette rouge au prochain consistoire. C’est assurément, en la troisième année du pontificat de Benoît XVI, la plus belle victoire du cardinal Re, de l’importance duquel je parlerai plus précisément. Plus ingénieuse est la tactique du « moindre mal ». Le cardinal interrogé par Olivier Le Gendre, dans Confession d’un cardinal, eût donc préféré le cardinal Bergoglio au cardinal Ratzinger. Il avoue même qu’il était prêt à favoriser, comme candidat de transaction, le cardinal Antonelli, alors archevêque de Florence
(aujourd’hui président du Conseil pour la Famille), qui fut, lors du conclave, un partisan déclaré de Joseph Ratzinger, mais bien préférable pour Silvestrini à Ratzinger lui-même.

Le cardinal Arinze, conforté par Mgr Sorrentino dans une ligne liturgique dite « intégrisme Paul VI »
(qui fait l’apologie de la « bonne célébration » du rite issu de la réforme), n’avait cependant pas fait d’opposition, en décembre 2005, à la nomination comme Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin de Mgr Malcolm Ranjith, nonce à Djakarta, pour remplacer Mgr Domenico Sorrentino, dernier représentant marquant de la ligne Bugnini dans cette Congrégation. Mais en mars 2007, il a fait nommer comme Sous-Secrétaire, le père Anthony Ward, certes aussi peu libéral que possible (le cardinal Arinze appréciait en lui le pourfendeur des traductions anglaises en « langage inclusif », lesquelles évitent, spécialement pour Dieu, d’user du masculin ou du féminin), mais qui était hostile à la libéralisation du rite tridentin.

Abbé Claude BARTHE

A suivre prochainement  :
(2) Benoît XVI nomme ceux qu’il estime pouvoir devenir de bons serviteurs de l’Église
(3) Le départ du cardinal Re, la fin d'une époque ? ’


Notes
1. Olivier Le Gendre, Confessions d’un cardinal, Jean-Claude Lattès, octobre 2007, réédition août 2008, 414 p., 18,50 €.
2. Lors du synode d’octobre 2005, il était même parvenu à faire signer au cardinal Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, une étude pour tenter d’empêcher la libéralisation possible de la messe tridentine.
3. La Secrétairerie d’État est d’ailleurs divisée en deux sections : la prima sezione pour les Affaires générales, et la seconda sezione pour les Rapports avec les États.
4. Le Secrétaire d’État est assisté d’un Substitut pour les Affaires générales (Mgr Filoni, qui a remplacé Mgr Sandri), lui-même aidé d’un assesseur (Mgr Caccia), et d’un Substitut pour les Rapports avec les États (Mgr Mamberti, qui a remplacé Mgr Lajolo, lui-même successeur de Mgr Tauran), lequel est aidé d’un Sous-Secrétaire (Mgr Parolin).
5. Personnage de fait très important dans l’Église italienne. C’est le Pape qui nomme le Président de cette Conférence et, sur proposition du Président, qui nomme le Secrétaire de la Conférence


Pages précédentes :

(1) Y a-t-il une opposition romaine au Pape Benoît XVI ?
(2) Des personnages de haut rang prétendent déjà préparer un après-Benoît XVI
(3) Le pape Benoît XVI irrite à la Curie

  ►    Pétition: Je soutiens le pape Benoît XVI

 

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Sources  : L’Homme Nouveau N° 1438 -  (E.S.M.)
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  04.02.2009 - T/Église

 

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