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19 Avril 2005
 

Le pape Benoît XVI irrite à la Curie

 

Le 24 janvier 2009  - (E.S.M.) - À la mort de Jean-Paul II, l’état de l’Église était préoccupant. Le cardinal Ratzinger semblait le mieux placé pour y faire face. Mais l’action du Pape Benoît XVI a déjoué les espoirs des plus libéraux qui espéraient un simple pape de transition.

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Le pape Benoît XVI irrite à la Curie

3e partie : 19 avril 2005, La signification d’une élection

Le 24 janvier 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - À la mort de Jean-Paul II, l’état de l’Église était préoccupant. Le cardinal Ratzinger semblait le mieux placé pour y faire face. Mais l’action du Pape a déjoué les espoirs des plus libéraux qui espéraient un simple pape de transition.

Que s’est-il passé au conclave de 2005, s’interroge le cardinal anonyme ? (cf. Des personnages de haut rang prétendent déjà préparer un après-Benoît XVI) « Rien, répond-il sarcastique, car tout s’est passé avant. » Ce qui est vrai. La lame de fond qui a fait confluer à Rome des millions de pèlerins pour saluer la dépouille de Jean-Paul II a été moralement canalisée par le doyen du Sacré Collège, Joseph Ratzinger, tout à fait à son aise pour donner son sens historique à une émotion de ce type. Est-il exagéré de dire que le cardinal Ratzinger a bénéficié d’une « primaire » par le moyen d’un référendum informel ? « J’ai été, dit le cardinal anonyme, le témoin intéressé et un peu perplexe d’un processus assez passionnant, celui qui pousse un nombre relativement important d’hommes, représentant un nombre considérable de nations, unis par une même foi, à s’accorder bon gré mal gré sur le choix de celui qui doit les diriger, eux et l’Église tout entière. »

Une formidable inquiétude

En effet, aux termes des réunions cardinalices qui ont précédé l’entrée en conclave, et où les rapports plus qu’alarmants sur l’état du sacerdoce catholique dans le monde ont cristallisé une formidable inquiétude dans le collège des cardinaux, tout était pratiquement joué. Entre autres qualités, Joseph Ratzinger apparaissait aux cardinaux électeurs comme l’homme qui pouvait tenter de redresser l’image morale et ecclésiale du prêtre en Amérique, en Afrique, aux Philippines et ailleurs. Et, assurés que Joseph Ratzinger était celui dont l’élection serait le plus chaleureusement accueillie par l’opinion des catholiques, ils oubliaient les craintes que pouvaient leur causer ses idées liturgiques. « Personne d’autre soudain ne fut plus crédité de la possibilité d’être pape. Comme s’il n’y avait plus eu d’autres candidats envisageables ! L’inquiétude des cardinaux était tellement forte qu’ils se rallièrent à celui qu’ils connaissaient le mieux, quels que fussent les inconvénients de sa candidature. »

Ce passage clé du livre d’Olivier Le Gendre – le chapitre sur le conclave de 2005 – montre au reste que la Confession d’un cardinal a été composée il y a environ deux ans. La thèse en forme de torpille qui y est développée est très exactement la même que celle que voulait accréditer une opération similaire, à savoir une « confession » de cardinal, montée – très vraisemblablement par le même Silvestrini – en septembre 2005. Un cardinal, lui aussi anonyme – peut-être le cardinal Pompedda, aujourd’hui décédé – était censé avoir rédigé un « Journal secret du conclave » des 18 et 19 avril 2005. Il craignait d’autant moins de braver l’excommunication ipso facto qui frappe quiconque viole le secret juré sur l’Évangile à l’ouverture du conclave, qu’il ne l’enfreignait qu’indirectement : le cardinal Pompedda et d’autres électeurs avaient tout raconté à leurs amis cardinaux de plus de 80 ans lesquels, somme toute, avaient bien le droit de tout savoir. Quant à ces confidents, qui eux n’avaient pas juré le secret, ils avaient bien le droit de tout révéler. Ainsi le cardinal Achille Silvestrini et ses amis avaient concocté, dans la meilleure tradition de l’information/désinformation, un prétendu « Journal » confié à Lucio Brunelli, vaticaniste des notices télévisées de TG2, qui l’avait publié dans l’honorable revue de géopolitique Limes – du groupe de gauche de L’Espresso. Le livre d’Olivier Le Gendre reprend intégralement les « révélations » de septembre 2005, dont personne au reste ne discute la véracité factuelle : le cardinal Joseph Ratzinger a été élu au quatrième tour de scrutin avec 84 voix. Tous les grands noms de l’opposition étant écartés au premier tour, les libéraux reportèrent leurs voix sur le cardinal Bergoglio, de Buenos Aires, qui n’était pas vraiment des leurs.

Une majorité éclatante

L’élection du Pape nécessitant les 2/3 des voix, soit 77, les libéraux espéraient que la minorité de blocage (39 voix) pourrait se cimenter sur son nom, pour obliger ensuite les partisans du cardinal Ratzinger à transiger. Le cardinal qui se « confessait » auprès de Lucio Brunelli quelques mois après le conclave, de même que celui qui se « confesse » auprès d’Olivier Le Gendre feignent de croire (ou plutôt feint, car c’est assurément le même) que, puisque Bergoglio avait obtenu 40 voix contre 72 à Ratzinger au troisième vote, l’élection du cardinal Ratzinger n’a tenu qu’à un cheveu : « Si les quarante voix de Bergoglio s’étaient main dans les tours suivants, Rat-zinger n’aurait pas pu obtenir la majorité des deux tiers. » En réalité, tous les spécialistes des conclaves, et le cardinal Silvestrini mieux que personne, savent pertinemment qu’avec une telle avance obtenue aussi rapidement sur un nom – celui de Joseph Ratzinger – aucune minorité de blocage n’est capable de se former. Il est patent que l’élection de Joseph Ratzinger a été l’une des plus « confortables » depuis celle d’Eugène Pacelli en 1939, avec un phénomène identique d’immédiate et irrésistible ascension d’un nom dès le début du conclave.

Si l’on interprète maintenant en termes « politiques » – aussi commodes qu’inadéquats – l’élection de Benoît XVI au souverain pontificat, on rappellera que les hommes qui sont aux commandes doctrinales depuis le Concile forment une « droite » (les pères de Lubac, von Balthasar) – représentée par l’emblématique revue Communio – et une « gauche » (les pères Congar, Rahner, Kung), représentée par la revue Concilium. Les appellations de « centre droit » et « centre gauche » seraient d’ailleurs peut-être plus approchantes. L’une et l’autre tendances se réfèrent à Vatican II, mais l’interprètent différemment (cf. le discours programme adressé le 22 décembre 2005 par Benoît XVI à la Curie romaine, distinguant l’interprétation « de rupture », celle de Concilium, et l’interprétation « de continuité », celle de Communio, qu’il prône comme la véritable. Les conclaves successifs, depuis 1963, se sont joués contre les « dérives » entraînées par la formidable mutation lancée dès l’ouverture du Concile en 1962, de sorte que les papes élus ont tous été de la tendance que j’appelle pour me faire comprendre tendance Communio. Cependant, la tendance Concilium, très puissante, a pratiquement exercé un véritable « pouvoir culturel » dans l’Église sous Paul VI, qu’elle a dû ensuite partager avec la tendance Communio sous Jean-Paul II, spécialement après 1985 (parution de Entretien sur la foi, du cardinal Ratzinger).

Très opportunément, le cardinal censé répondre à Olivier Le Gendre précise : « Il est trompeur de parler de camps aux frontières définies comme ceux qui s’affrontent dans le Parlement d’une République ou au sein des partis qui entretiennent des courants rivaux. Nous sommes entre cardinaux dans un monde aux frontières mouvantes. » Il n’empêche que l’on peut parler de tendances clairement spécifiées. Après 2005, on peut, comme avant, discerner deux tendances : une tendance libérale, la tendance Concilium (celle des cardinaux Etchegaray, Danneels, Silvestrini) ; et la tendance Communio. Mais en outre, il est devenu plus évident que cette dernière est elle-même subdivisée en une aile restaurationniste (celle du Pape) et une aile plus conciliaire. On pourrait qualifier celle-ci, comme on le fait parfois, de « troisième voie » : elle comprend des prélats qui sont en somme à mi-chemin entre l’interprétation « progressiste » du Concile et sa remise en cause partielle (liturgique, par exemple), dans la ligne Benoît XVI.

Les « néoconservateurs »

Mais si ces hommes ont considéré qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de porter Benoît XVI au souverain pontificat, beaucoup d’entre eux sont depuis prodigieusement irrités par les infléchissements qu’il fait subir à la mutation conciliaire, essentiellement, mais très symboliquement dans le domaine cultuel. On les nomme aussi néoconservateurs (mais cette qualification n’a rien à voir, sauf une mode de vocabulaire, avec les inspirateurs de George Bush), lorsque l’on veut parler de ceux qui sont les plus proches du Pape sans être en tout d’accord avec lui. Ces néoconservateurs, qui ne sont pas des libéraux, sont tentés (et cèdent souvent à la tentation) de faire alliance au moins objective avec les libéraux pour freiner, aménager, corriger le cours de la nouvelle politique romaine, spécialement dans le domaine crucial des nominations. Ce sont ces hommes clés (ou hommes cadenas pour l’œuvre de Benoît XVI…), puissamment installés à l’intérieur même de la Secrétairerie d’État et à la tête de très importants dicastères, que je vais évoquer dans un prochain dossier.

Abbé Claude BARTHE

(1) Y a-t-il une opposition romaine au Pape Benoît XVI ?
(2) Des personnages de haut rang prétendent déjà préparer un après-Benoît XVI
(3) Le pape Benoît XVI irrite à la Curie
 

Sources : hommenouveau

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 24.01.2009 - T/Eglise

 

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