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19 Avril 2005
 

Motu Proprio de Benoît XVI, les formes du rite romain

 

Le 03 septembre 2007 - (E.S.M.) - Avec le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI, la forme "tridentine" ou "de St Pie V" du rite romain est reconnue comme pouvant subsister "extraordinairement" à côté de la forme "issue de Vatican II" du même rite, laquelle forme, elle, devant désormais être considérée comme "ordinaire".

Missel du XIVe siècle  -  Pour agrandir l'image: C'est ici

Motu Proprio de Benoît XVI, les formes du rite romain

LES FORMES DU RITE ROMAIN

Les fidèles qui souhaitent participer à la liturgie romaine célébrée sous sa forme "extraordinaire" doivent utiliser - selon le Motu proprio de Benoît XVI - le "missel de Jean XXIII", lequel dérive directement du missel dit "de St. Pie V". On peut dès lors se poser deux questions: de quel(s) missel(s) disposait-on pour célébrer la messe dans le rite romain avant la parution du missel "de St. Pie V"? Comment est né ce missel qu'on appelle aujourd'hui "de St. Pie V"?

Dans le cadre d'un colloque qui s'est tenu sous l'égide du Centre International d'Études Liturgiques,(1) Dom Jean-Marie Pommarès, moine de Flavigny et membre de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, a donné une conférence sur "l'origine du missel romain dans la réforme de saint Pie V". Nous reprendrons ici plusieurs éléments de son travail afin de montrer comment se présentait le rite romain avant l'apparition des premiers missels imprimés - dont celui de Pie V -.

Comment "fabriquait-on" un missel avant l'apparition de l'imprimerie ?

C'est la première question que l'on peut se poser; Dom Pommarès y répond.

Pour répondre au besoin précis d'une cathédrale, d'une paroisse, d'un monastère... on faisait appel à un copiste qui retranscrivait à la main toutes les formules nécessaires à la célébration de la messe. Il "choisissait" les prières devant être recopiées en fonction de la coutume locale et des besoins de l'endroit. Il existait donc, en matière de liturgie, une réelle liberté. Mais une liberté réglementée, c'est-à-dire ne pouvant être valablement exercée et n'ayant une légitimité que dans le cadre du respect du droit coutumier.(2)

Le copiste reprend donc un modèle qu'il a à sa disposition - pas forcément le meilleur d'ailleurs, mais celui qu'il juge le plus pratique - et y introduit, sous le contrôle d'un clerc compétent, les coutumes locales jugées utiles. Puis, ce nouveau missel - un exemplaire unique - rejoint le sanctuaire pour lequel il est fait. Il n'est donc pas question de veiller en tout premier lieu à une forme unique de la liturgie romaine, tout comme il n'est pas question de faire tomber la liturgie dans l'anarchie. Le droit coutumier, en effet, sert ici de rail conducteur.

Il n'est pas question non plus de comparer les missels entre eux : si l'on trouve deux ouvrages qui diffèrent sur quelques points, on les considère avec indulgence, en tenant compte de leur destination, de l'usage qu'on en fait, et des difficultés de confection.

Les premiers missels romains imprimés.

Avec l'apparition de l'imprimerie, la façon de "faire" un missel romain va changer. Le premier missel romain est publié, semble-t-il, vers 1470 à Constance. Puis, d'autres ouvrages commencent à circuler.

Il faut remarquer que ces missels imprimés offrent tous un certain nombre de variantes: si elles sont minimes dans le "canon romain" - seule prière eucharistique de la liturgie romaine à l'époque - elles sont nettement plus nombreuses dans les lectures, dans les prières d'offertoire et de communion. Le rite romain n'est donc pas un "monolithe" qui va traverser les siècles, comme d'aucuns auraient trop tendance à le penser aujourd'hui.

Très rapidement cependant, un désir de plus grande unité se fait sentir; il y sera répondu par le décret du Concile du Latran, en 1515, dans lequel le pape Jules II précise que les livres traitant de la foi et des mœurs devront être approuvés par l'évêque avant de pouvoir être édités. Les missels romains qui circulent doivent donc recevoir une approbation officielle avant de pouvoir servir à la célébration de la messe. Ainsi, en 1539, un missel romain est publié pour le diocèse de Paris: il est officiellement approuvé par l'archevêque Jean du Bellay, preuve que le droit épiscopal en matière de liturgie commence à s'affirmer.

Le concile de Trente.

Au moment où s'ouvre le Concile de Trente, en 1545, peu d'évêques diocésains se sont véritablement occupés de vérifier le contenu des missels romains dont ils se servent: un certain "pluralisme" continue d'exister... Il faut attendre 1562 pour constater que les pères conciliaires se décident à faire une liste d' "abus" qu'ils constatent dans la liturgie. Au nombre de ceux-ci, des ajouts faits dans le Gloria, des façons de célébrer indignes ou douteuses, des différences de rites d'un endroit à l'autre, des préfaces dont l'origine est suspecte, et le fait que durant l'offertoire on appelle déjà "hostia sancta et immaculata"(3) le pain qui n'est pas encore consacré.

En septembre 1562, un projet d'unification de la liturgie est approuvé; mais on ne parle pas d'une "révision" du missel romain. L'affaire est mise entre les mains du Souverain Pontife, le Concile de Trente reconnaissant ainsi le pouvoir suprême du pape en matière de législation liturgique, une reconnaissance qui sera du reste clairement réaffirmée dans la Constitution Sacrosanctum Concilium de Vatican II.(4)

Le travail de Pie V.

Dominicain, le P. Michel Ghislieri devient pape en 1565 et prend le nom de Pie V. Le nouveau pontife nomme des experts qu'il charge de réaliser un missel romain unique. On sait que ces experts travaillent essentiellement en se basant sur les divers missels conservés à la bibliothèque du Vatican. Ils aboutiront à la réalisation d'un missel romain qui sera publié en 1570 accompagné de sa Bulle de promulgation (5), datée du 14 juillet de la même année.

Comme le montre Dom Pommarès dans son étude, la liturgie codifiée dans le missel romain de 1570, liturgie que les mouvements "traditionalistes" appellent "tridentine" ou "traditionnelle" ou encore "de S. Pie V", et que le pape Benoît XVI appelle "forme extraordinaire du rite romain", est, telle que nous la voyons célébrée aujourd'hui - et au moins sur certains points - davantage une liturgie du XIIIème siècle parée des fastes du XVIIIème siècle, qu'une liturgie "traditionnelle" si l'on entend le mot "traditionnelle" comme devant désigner une liturgie dont la forme se rapproche de celle des origines qui se faisait à Rome.

Le "nouveau" missel romain, que le pape Benoît XVI qualifie de "recomposé" dans son Motu proprio, tel qu'il est publié par Pie V, reflète bien les soucis de l'époque:

- favoriser une unité liturgique dans l'Occident chrétien (le Nouveau Monde et l'Afrique n'étant pas encore pris en considération),
- mettre le fidèle à l'abri des erreurs doctrinales qui pourraient s'introduire dans la prière officielle de l'Église à la faveur des courants de pensée issus du Protestantisme ou de l'Anglicanisme,
- affirmer le pouvoir du Souverain Pontife en ce qui concerne l'organisation des rites liées à la célébration d'un sacrement.
Le missel romain que promulgue Pie V répond à une situation historique bien précise - "occidentale" devrait-on dire - qui voit l'émergence de la pensée moderne mais n'entrevoit pas les questions nouvelles que va soulever la diffusion du christianisme dans des terres fraîchement découvertes.

Le missel promulgué par Pie V est-il utilisé dans les diocèses ?

On a tort de penser que la liturgie romaine telle qu'elle fut codifiée dans le missel promulgué par Pie V fut partout fidèlement suivie. L'étude du R.P. Dom Pommarès atteste que de nombreux diocèses ne tinrent aucun compte du missel "tridentin". L'exemple de Paris est, sur ce point, éloquent: un missel publié en 1648 - donc moins d'un siècle après la parution du missel romain promulgué par Pie V - porte le titre de Missalis Parisiensis cum Missali romano ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restituto... Nous sommes bien en présence d'un "missel parisien" supplémenté par le "missel romain" restitué par Trente. Pour la liturgie, à Paris, on se montre d'abord parisien... puis éventuellement romain.

En 1654 est publié, toujours dans le diocèse de Paris, un nouveau missel. Cette fois-ci, il s'agit bien d'un "missel parisien" corrigé d'après le "missel tridentin".

La parution d'un tel ouvrage montre bien que l'autorité diocésaine, après s'être poliment inclinée devant les directives romaines concernant la liturgie, affirme dans un second temps son pouvoir et son indépendance. Au XVIIIème siècle, chaque diocèse de France publiera ses propres livres liturgiques, dans une totale insoumission vis-à-vis du Saint-Siège: on obtiendra ainsi des liturgies plus ou moins teintées de jansénisme.

Il faudra attendre la venue de Dom Prosper Guéranger et la publications de ses travaux sur la liturgie pour voir la fin d'une sorte d'anarchie qui s'était emparée du rite romain.

Conclusion.

L'histoire de la liturgie romaine - pour peu qu'on veuille bien la voir avec une certaine objectivité - montre bien en quoi a consisté l'œuvre du Concile de Trente puis du pape Pie V. L'ouvrage qu'on appelle "missel de S. Pie V" définit tous les éléments qui entrent dans la célébration de l'Eucharistie selon le rite romain; il s'agit sans conteste d'un "missel romain" parmi d'autres qui ont pu exister jusqu'au XVIème siècle. Mais ce missel "de S. Pie V" est-il LE missel "traditionnel"? En quoi la liturgie qu'il définit serait-elle plus "traditionnelle" qu'une autre?

En fait, le projet de Pie V n'a jamais été de faire paraître un "missel traditionnel", mais de réaliser une unification de la liturgie à partir des nombreuses variantes que connaissait le rite romain (5) avant la découverte de l'imprimerie.

Avec le Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI, la forme "tridentine" ou "de S. Pie V" du rite romain est reconnue comme pouvant subsister "extraordinairement" à côté de la forme "issue de Vatican II" du même rite, laquelle forme, elle, devant désormais être considérée comme "ordinaire".

Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia

NOTES.

(1) C.I.E.L., Actes du Colloque de Versailles, nov. 1999, 84, av. Aristide Briand, F92120 Montrouge.
(2) Dom Pommarès note: "la consultation des recueils de lois ecclésiastiques et de décrets des conciles ne fait apparaître qu'un petit nombre de règles (une dizaine sur quelques mille ans!) portant sur des particularités, et aucune réglementation d'ensemble pour la rédaction des livres liturgiques".
(3) On retrouve des traces de cette façon de désigner l'hostie dans la forme "extraordinaire" de liturgie romaine; ainsi, dans la prière du Suscipe qui ouvre le rite d'offertoire, le célébrant dit bien "...hanc immaculatam hostiam...".
(4) Cf. art. 22.
(5) Il s'agit de la Bulle Quo primum tempore.
(5) Parmi ces variantes du rite romain primitif, citons le rite d'Aquilée qui disparut en 1596. Ce rite était aussi en usage à Milan jusqu'au XVIème siècle. A ce moment, les paroisses qui avaient refusé d'adopter la liturgie milanaise, furent "autorisés" par Rome à utiliser le missel publié par S. Pie V. (cf. Arcdale A. KING, Liturgies anciennes, éd. Mame, Tours, 1961).


Le Motu Proprio du pape Benoît XVI Le texte officiel et tous les commentaires
 

Sources:  PRO LITURGIA

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 03.09.2007 - BENOÎT XVI - Table Motu proprio

 

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