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19 Avril 2005
 

Benoît XVI encourage à passer d'une ingéniosité stupide à la vraie sagesse

 

Le 01 janvier 2008 - (E.S.M.) - Dans cette parabole du riche et du pauvre Lazare, Benoît XVI souligne qu'une chose est claire : le signe de Dieu à l'intention des hommes est le Fils de l'homme, Jésus lui-même. Et il est ce signe, au sens le plus profond, dans son mystère pascal, dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Quiconque ne croit pas en la parole de l'Écriture ne croira pas non plus quelqu'un qui reviendrait de l'au-delà.

La parabole du riche et du pauvre Lazare Pour agrandir l'image: C'est ici

Par ce texte, Benoît XVI encourage à passer d'une ingéniosité stupide à la vraie sagesse

Chapitre 7 - Le message des paraboles (pages 207 à 243)
1) Nature et finalité des paraboles Benoît XVI
2) Jésus lui-même est la semence, il est le Royaume de Dieu en personne
  Benoît XVI
3) Qu'est-ce en fait qu'une parabole ? Et que cherche celui qui la dit ?  Benoît XVI
4) La parabole du bon Samaritain   Benoît XVI
5) La parabole des deux frères et du père miséricordieux Benoît XVI
6) La parabole du riche et du pauvre Lazare
 (Lc 16, 19-31)

Nous trouvons une nouvelle fois dans ce récit l'opposition entre deux personnages : le riche qui fait bombance et mène grande vie, et le pauvre qui ne peut même pas attraper les reliefs que les riches jettent depuis la table du festin : selon la coutume de l'époque, ils se nettoyaient les doigts avec des morceaux de pain qu'ils jetaient ensuite. Certains des Pères de l'Église ont classé cette parabole dans la même catégorie que celle des deux frères et ils l'ont appliquée aux rapports entre Israël (le riche) et l'Église (le pauvre Lazare). Ce faisant, ils ont totalement méconnu le fait qu'il s'agit ici d'une tout autre typologie. On le voit déjà dans les conclusions différentes. Alors que les textes relatifs aux deux frères restent ouverts et qu'ils se terminent sur une question et une invitation, ici, la fin de chacune des deux figures est donnée comme irrévocable.

Pour mieux comprendre ce récit, il nous faut prendre pour arrière-plan la série de psaumes dans lesquels monte devant Dieu la plainte du pauvre : il vit dans la foi en Dieu et dans l'obéissance aux commandements, mais il ne connaît que le malheur, alors que les cyniques, qui méprisent Dieu, volent de succès en succès et jouissent de tous les bonheurs de la terre. Lazare fait partie des pauvres dont nous entendons la voix par exemple dans le Psaume 43 : « Tu fais de nous la fable des nations ; les étrangers haussent les épaules... C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt, qu'on nous traite en bétail d'abattoir » (Ps 43 [44], 15, 23 ; cf. Rm 8, 36). À l'origine, la sagesse d'Israël se fondait sur le présupposé que Dieu récompensait le juste et punissait le pécheur, de sorte qu'au péché correspond le malheur et à la justice le bonheur. Au plus tard depuis l'exil, cette sagesse connaissait une crise. Non seulement les souffrances du peuple d'Israël dans son ensemble étaient pires que celles des peuples qui l'entouraient, qui l'avaient contraint à l'exil et qui l'opprimaient, mais, sur le plan privé aussi, il était de plus en plus manifeste que le cynisme payait et que, dans ce monde, le juste était voué à la souffrance. Dans les Psaumes et les Écrits sapientiels tardifs, nous assistons à la lutte pour résoudre cette contradiction, à une tentative nouvelle de devenir «sage», de comprendre la vie de manière juste, de trouver et de comprendre à nouveau Dieu, ce Dieu apparemment injuste ou tout simplement absent.

On peut considérer d'une certaine manière que l'un des textes qui montre cette lutte avec le plus d'insistance, le Psaume 72 [73], constitue l'arrière-plan culturel de notre parabole. Nous y voyons littéralement apparaître devant nous le personnage du riche dont l'homme en prière, Lazare, se plaint : « J'étais jaloux des superbes, je voyais le succès des impies. Jusqu'à leur mort, ils ne manquent de rien, ils jouissent d'une santé parfaite ; ils échappent aux souffrances des hommes, aux coups qui frappent les mortels. Ainsi, l'orgueil est leur collier... leurs yeux qui brillent de bien-être trahissent les envies de leur cœur... Leur bouche accapare le ciel, et leur langue parcourt la terre. Ainsi, le peuple se détourne vers la source d'une telle abondance. Ils disent : comment Dieu saurait-il ? le Très-Haut, que peut-il savoir ? » (Ps 72 [73], 3-11)

Le juste qui souffre et qui voit tout cela, court le danger d'être désorienté dans sa foi. Dieu ne voit-il vraiment rien ? N'entend-il pas ? Ne se préoccupe-t-il pas du sort des hommes ? « Vraiment, c'est en vain que j'ai gardé mon cœur pur [...] Me voici frappé chaque jour, châtié dès le matin [...] Oui, mon cœur s'aigrissait » (Ps 73 [72], 13s). Le revirement s'opère lorsque, dans le sanctuaire, le juste qui souffre tourne son regard vers Dieu et que ce regard tourné vers Dieu lui permet d'élargir sa perspective. Il voit maintenant que l'apparente ingéniosité qui assure le succès des cyniques, quand on y regarde de près, s'avère être une stupidité. Ce genre de sagesse signifie être « stupide, comme une bête » (Ps 73 [72], 22). Ces hommes-là restent enfermés dans une perspective animale, ils ont perdu la perspective de l'homme, qui va au-delà de la sphère matérielle et qui mène à Dieu et à la vie éternelle.

Un autre Psaume nous vient à l'esprit, dans lequel un homme persécuté conclut ainsi : « Réserve-leur de quoi les rassasier : que leurs fils en soient saturés... Et moi, par ta justice, je verrai ta face : au réveil, je me rassasierai de ton visage » (Ps 16 [17], 14-15). Deux formes de rassasiement s'opposent ici : être rassasié de bien matériels et se rassasier du visage de Dieu, le rassasiement du cœur par la rencontre avec l'amour divin qui est infini. « Au réveil » renvoie à l'éveil qui mène au renouveau de vie éternelle, mais se réfère aussi à un « réveil » plus profond dans le monde d'ici-bas : l'éveil à la vérité, qui offre dès maintenant à l'homme une nouvelle façon de se rassasier.

Ce réveil qui a lieu dans la prière est le thème du Psaume 73 [72], Car l'homme en prière voit que le bonheur des cyniques qu'il envie tant n'est qu'un « songe au sortir du sommeil » ; il voit que le Seigneur, quand il se réveille, chasse leur image (cf. Ps 73 [72], 20). Et il connaît maintenant ce qu'est le réel bonheur : « Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite... Qui donc est pour moi dans le ciel si je n'ai, même avec toi, aucune joie sur la terre ?... Pour moi, il est bon d'être proche de Dieu » (Ps 73 [72], 23.25.28). Il ne s'agit pas d'une espérance consolatrice de l'au-delà, mais d'un éveil à la vraie grandeur de la condition humaine, dont bien sûr la vocation à la vie éternelle est partie intégrante.

En dépit des apparences, nous ne nous sommes pas éloignés de notre parabole. En réalité, par ce récit, le Seigneur veut précisément nous conduire sur le chemin de ce « réveil », qui s'exprime dans les Psaumes. Il ne s'agit pas d'une condamnation mesquine de la richesse des riches née de l'envie. Dans les Psaumes que nous venons brièvement de méditer, toute envie est surmontée : parce qu'il a reconnu le bien véritable, l'homme qui prie comprend justement qu'envier cette sorte de richesse est stupide. Après la crucifixion de Jésus, nous rencontrons deux hommes fortunés, Nicodème et Joseph d'Arimathie, qui ont trouvé le Seigneur et qui sont « sur le chemin du réveil ». Le Seigneur veut nous amener d'une ingéniosité stupide à la vraie sagesse, nous apprendre à reconnaître le bien véritable. Et même si notre texte ne le dit pas expressément, nous pouvons sans doute dire, en partant des Psaumes, que, dans ce monde-ci déjà, le riche était un homme au cœur vide qui, en faisant bombance, cherchait seulement à étouffer le vide qui était en lui : dans l'au-delà, la seule vérité qui se manifeste est celle qui présidait déjà ici-bas. Naturellement, cette parabole qui nous exhorte à nous réveiller est aussi un appel à la responsabilité et à l'amour que nous devons prodiguer maintenant à nos frères pauvres, tant à l'échelle de la société du monde entier que dans notre petite vie quotidienne.

Dans la description de l'au-delà qui suit, Jésus s'en tient aux représentations en vigueur dans le judaïsme de son époque. Dans cette mesure, il ne faut pas forcer cette partie du texte, car Jésus se sert d'éléments imagés déjà existants sans pour autant en faire formellement son enseignement sur l'au-delà. Par contre, il reprend très clairement à son compte la substance des images. Il n'est donc pas dénué d'importance que Jésus reprenne ici les idées qui s'étaient entre-temps généralisées dans la foi juive sur l'existence d'un état intermédiaire entre mort et résurrection. Le riche se trouve dans le séjour provisoire des morts, l'hadès, et non pas dans la « géhenne » (l'enfer), qui est le nom donné au séjour définitif (J. Jeremias, Die Gleichnisse Jesu, op. cit., p. 245). « Ressusciter des morts » ne fait pas partie de la vision de Jésus. Mais comme nous l'avons dit, l'enseignement que veut nous dispenser le Seigneur par cette parabole est autre. Comme Jeremias l'a montré de façon convaincante, il s'agit plutôt, dans un second sommet de la parabole, de l'exigence d'un signe visible.

L'homme riche s'adresse des profondeurs de l'Hadès à Abraham, lui demandant ce que tant d'hommes, hier comme aujourd'hui, disent ou aimeraient dire à Dieu : si tu veux que nous croyions en toi et que nous organisions notre vie en fonction de la Révélation biblique, manifeste-toi de façon plus claire. Envoie-nous quelqu'un de l'au-delà pour nous dire ce qu'il en est vraiment. Ce problème de l'exigence d'un signe visible, de l'exigence d'une plus grande évidence dans la manifestation de la Révélation, traverse tout l'Évangile. La réponse d'Abraham est claire, tout comme celle que donne Jésus en dehors de cette parabole à l'exigence d'un signe visible formulée par ses contemporains : quiconque ne croit pas en la parole de l'Écriture ne croira pas non plus quelqu'un qui reviendrait de l'au-delà. Les vérités les plus élevées, on ne peut les faire entrer dans le moule de l'évidence empirique, propre aux seules choses matérielles.

Abraham ne peut envoyer Lazare dans la maison du père de l'homme riche. Mais ici, quelque chose nous frappe. Nous pensons à la résurrection de Lazare de Béthanie, dont parle l'Évangile selon saint Jean. Que se passe-t-il ? « Les nombreux Juifs qui étaient venus [...] crurent en lui », nous dit l'évangéliste. Ils vont trouver les pharisiens pour leur raconter ce qui s'est passé, sur quoi le grand sanhédrin se réunit pour délibérer. Là, on envisage l'affaire sous son angle politique. Un mouvement populaire qui naîtrait dans ces conditions risquerait de provoquer une intervention des Romains et d'entraîner une situation dangereuse. Il est donc décidé de tuer Jésus : le miracle ne conduit pas à la foi, mais à l'endurcissement (cf. Jn 11, 45-53).

Poursuivons notre réflexion. Derrière le personnage de Lazare, couché, couvert de plaies, devant la porte de l'homme riche, ne reconnaissons-nous pas le mystère de Jésus qui « a souffert sa Passion en dehors de l'enceinte de la ville » (He 13, 12) et qui, étendu nu sur la croix, était livré aux railleries et au mépris de la foule, le corps « couvert de sang et de blessures » : « Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple» (Ps 21 [22], 7).

Ce Lazare réel est ressuscité, il est venu pour nous le dire. Si donc nous considérons l'histoire de Lazare comme la réponse de Jésus à l'exigence de signes visibles formulée par ses contemporains, nous nous trouvons en harmonie avec la réponse centrale que Jésus donne à cette exigence. Voici ce qu'en dit Matthieu : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne sera donné que celui du prophète Jonas. Car Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits ; de même le Fils de l'homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits » (Mt 12, 39-40). Chez Luc, nous lisons : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération » (Lc 11, 29-30).

Il est inutile ici d'analyser les différences entre les deux versions. Une chose est claire : le signe de Dieu à l'intention des hommes est le Fils de l'homme, Jésus lui-même. Et il est ce signe, au sens le plus profond, dans son mystère pascal, dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Il est lui-même « le signe de Jonas ». Lui le crucifié et le Ressuscité, il est le vrai Lazare : croire en lui, en ce grand signe divin, et le suivre, conclut Benoît XVI, voilà ce à quoi nous invite cette parabole, qui est plus qu'une parabole. Car elle parle de la réalité, de la réalité décisive de l'histoire par excellence.

Fin du chapitre 7

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Sources: www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 01.01.2008 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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