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19 Avril 2005
 

Les paraboles, note Benoît XVI, constituent le cœur de la prédication de Jésus

 

Le 23 décembre 2007 - (E.S.M.) - Nous sommes, constate Benoît XVI, dans une situation comparable à celle des contemporains et des disciples de Jésus et nous sommes sans cesse obligés de lui demander ce qu'il veut nous dire dans chacune de ses paraboles.

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Les paraboles constituent le cœur de la prédication de Jésus

Chapitre 7 - Le message des paraboles (pages 207 à 243)
1) Nature et finalité des paraboles

Les paraboles constituent sans aucun doute le cœur de la prédication de Jésus. Par-delà les changements intervenus dans les civilisations, elles ne cessent de nous toucher par leur fraîcheur et leur humanité. Joachim Jeremias, à qui l'on doit un livre fondamental sur le sujet, a très justement souligné que « le tour très personnel des paraboles de Jésus, leur clarté et leur simplicité uniques, la maîtrise incomparable de leur construction (J. Joachim, Die Gleichnisse Jesu, p. 18, voir bibliographie, p. 400) » apparaissent au grand jour lorsqu'on les compare au langage imagé de l'apôtre Paul ou aux paraboles rabbiniques. Les particularités du langage, où transparaît le texte araméen, nous font ressentir, elles aussi, de façon très immédiate, la proximité de Jésus, la façon dont il vivait et enseignait. Mais en même temps, relève Benoît XVI, nous sommes dans une situation comparable à celle des contemporains et des disciples de Jésus et nous sommes sans cesse obligés de lui demander ce qu'il veut nous dire dans chacune de ses paraboles (cf. Mc 4, 10). L'effort pour parvenir à une juste compréhension des paraboles traverse toute l'histoire de l'Église. L'exégèse historico-critique a dû se corriger elle-même à plusieurs reprises, et les informations qu'elle nous livre ne peuvent être définitives.

Dans son œuvre en deux tomes sur les paraboles de Jésus (A. Jülicher, Die Gleichnisreden Jesu, voir bibliographie, p. 400),  Adolf Jülicher, l'un des grands maîtres de l'exégèse critique, avait inauguré une nouvelle phase de l'interprétation des paraboles qui fit penser qu'on détenait en quelque sorte la clé définitive pour en déchiffrer le sens. Jülicher fait tout d'abord ressortir la différence radicale entre allégorie et parabole. Dans la culture hellénistique, l'allégorie s'était développée en tant que forme d'interprétation de textes religieux anciens faisant autorité, mais qui n'étaient plus assimilables en l'état. On les expliquait donc en cherchant derrière le sens littéral des mots un contenu mystérieux voilé par la forme. Il était dès lors possible de comprendre le langage des textes comme un discours métaphorique que l'on interprétait ensuite pas à pas, point par point, en présentant comme son contenu réel la vision philosophique censée se trouver sous les images. À l'époque de Jésus, l'allégorie était la forme habituelle de l'expression imagée. Il était donc naturel que les paraboles construites sur ce modèle soient interprétées comme des allégories. Dans les Évangiles eux-mêmes, on trouve à plusieurs reprises des interprétations allégoriques de paraboles, mises dans la bouche même de Jésus, par exemple celle du semeur et de la semence tombée au bord du chemin, sur le sol pierreux, sous les ronces ou encore sur la bonne terre (cf. Mc 4, 1-20). Jülicher, lui, fait une distinction très nette entre l'allégorie et les paraboles de Jésus, montrant que justement il ne s'agit pas d'allégories, mais d'extraits de la vie réelle dans lesquels tout s'articule autour d'une seule idée, qui doit être formulée de la façon la plus générale possible, autour d'un « point saillant » unique. Aussi considère-t-il les interprétations de type allégorique mises dans la bouche de Jésus comme des ajouts ultérieurs résultant bel et bien d'un malentendu.

Cette distinction entre allégorie et parabole, qui constitue l'idée fondamentale de Jülicher, est juste en tant que telle et fut aussitôt adoptée par l'ensemble des exégètes. Mais au fil du temps, il apparut de plus en plus clairement que cette vision des choses avait ses limites. Car s'il est juste de distinguer entre parabole et allégorie, les séparer radicalement ne peut se justifier, ni historiquement, ni objectivement. Le judaïsme lui aussi, tout spécialement dans la littérature apocalyptique, avait recours au discours allégorique; parabole et allégorie peuvent parfaitement être mêlées. Joachim Jeremias a montré que le mot hébreu mashal (parabole, énigme) englobe les genres les plus divers : « parabole, comparaison, allégorie, fable, proverbe, discours apocalyptique de Révélation, énigme, pseudonymes, symbole, personnification, exemple (modèle), thème, argumentation, excuse, objection, mot d'esprit (J. Jeremias, Die Gleichnisse Jesu, op. cit., p. 29) ». Antérieurement, l'école de l'histoire des formes (Formgeschichte) avait déjà tenté une avancée en classant les paraboles selon des catégories. « On distingua entre métaphore, comparaison, parabole, similitude, allégorie, exemple (Ibid., p. 28). »

En figeant la parabole dans l'appartenance à un genre littéraire unique, on commettait déjà une erreur. A plus forte raison, on doit considérer comme caduc le « point saillant » que Jülicher a cru pouvoir ériger en unique centre de la parabole. Deux exemples suffiront. Selon lui, la parabole du riche insensé (cf. Lc 12, 16-21) signifierait que « l'homme, même le plus riche, est à chaque instant totalement dépendant de la grâce et du pouvoir divins ». Le point saillant de la parabole de l'administrateur infidèle (cf. Lc 16, 1-12) serait « la mise à profit résolue du présent, prémisse d'un avenir agréable ». Voici le commentaire qu'en fait, à juste titre, Jeremias : « Les paraboles, on le voit, prêchent la venue d'une humanité réellement religieuse ; mais de leur contenu eschatologique, il ne reste rien. Insensiblement on fait de Jésus un "apôtre du progrès (A. Jülicher, Die Gleichnisreden Jesu, op. cit., II, p. 483) ", un maître de sagesse qui, en se servant d'histoires et de métaphores faciles à retenir, inculque à ses auditeurs des maximes morales et une théologie simplifiée. Mais rien ne ressemble moins à Jésus (J. Jeremias, Die Gleichnisse Jesu, op. cit., p. 28) ! » Charles W. F. Smith est encore plus draconien : « On n'eût pas crucifié quelqu'un qui racontait des histoires agréables pour enseigner une morale de prudence. »

Si je m'étends de façon aussi circonstanciée indique Benoît XVI, c'est que cela nous permet de découvrir les limites de l'exégèse libérale, considérée à son époque comme le nec plus ultra de la rigueur scientifique et de la fiabilité historique, à laquelle même les exégètes catholiques jetaient des regards jaloux et admiratifs. Nous avons déjà vu à propos du Sermon sur la montagne qu'en faisant de Jésus un moraliste, quelqu'un qui enseigne une morale éclairée et individualiste, ce type d'exégèse, en dépit de ses acquis historiques, est insuffisant du point de vue théologique et incapable de prendre la véritable mesure de la personne réelle de Jésus.

à suivre ... 2) En se référant au Royaume de Dieu, les paraboles renvoient au Christ, qui est le vrai visage du royaume.

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Sources: www.vatican.va - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.12.2007 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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