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19 Avril 2005
 

La parole de Dieu, affirme Benoît XVI, est l'expression d'un message intrinsèquement cohérent

 

Le 25 décembre 2007 - (E.S.M.) - L'échec des prophètes, rapporte Benoît XVI, son propre échec, apparaissent maintenant sous un autre éclairage. Ils sont précisément le chemin qui aboutit à ce que les hommes « se convertissent et que Dieu leur pardonne ». C'est cet échec qui va faire que s'ouvrent les yeux et les oreilles de tous. La croix est la clé permettant de déchiffrer les paraboles.

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La parole de Dieu est l'expression d'un message intrinsèquement cohérent

LE MESSAGE DES PARABOLES

Chapitre 7 - Le message des paraboles (pages 207 à 243)
1) Nature et finalité des paraboles Benoît XVI
2) Jésus lui-même est la semence, il est le Royaume de Dieu en personne :

Alors que Jülicher avait formulé son « point saillant » en termes presque humanistes, bien dans l'esprit de son temps, on l'assimila ultérieurement aux tenants de l'imminence eschatologique en disant qu'en dernière instance, toutes les paraboles concourraient à annoncer l'avènement imminent de L'eschaton, du « Royaume de Dieu ». Mais, il s'agit là d'une interprétation qui fait violence à la diversité des textes. Le plus souvent, greffer sur les paraboles une perspective eschatologique imminente relève purement et simplement du coup de force et de l'arbitraire. À l'inverse, Jeremias a souligné à juste titre que chaque parabole a son contexte particulier, de même qu'un message spécifique. Il a donc dégagé dans son livre sur les paraboles neuf grands thèmes, tout en recherchant bien sûr le fil qui les relie, le centre même du message de Jésus. Ce faisant, Jeremias sait ce qu'il doit à l'exégète anglais Charles H. Dodd, mais il prend ses distances avec lui sur un point essentiel.

Dodd a fait de l'orientation des paraboles vers le thème du Royaume de Dieu, de la seigneurie de Dieu, le point central de son exégèse, mais il refuse l'imminence eschatologique telle qu'elle est formulée par les exégètes allemands, et il relie l'eschatologie à la christologie : le Royaume de Dieu arrive dans la personne du Christ. En se référant au Royaume de Dieu, les paraboles renvoient au Christ, qui est le vrai visage du royaume. Jeremias a estimé ne pas pouvoir accepter ce point de vue de « l'eschatologie réalisée », selon l'expression employée par Dodd ; il parle, lui, d'« eschatologie en train de se réaliser ». Ce faisant, il conserve malgré tout, même si c'est sous une forme atténuée, l'idée fondamentale de l'exégèse allemande selon laquelle Jésus proclame l'imminence (temporelle) de la venue du Royaume de Dieu et la présente sous différentes formes à ses auditeurs, dans les paraboles. Le lien entre christologie et eschatologie devient ainsi encore plus ténu. Reste à savoir, indique Benoît XVI, ce que l'auditeur doit penser de tout cela deux mille ans après. En tout cas, il est bien obligé de considérer comme erroné l'horizon eschatologique imminent tel qu'il existait à l'époque, car le Royaume de Dieu au sens de transformation radicale du monde par Dieu n'est pas advenu, et il lui est également impossible de faire sienne cette idée pour l'époque actuelle. Toutes les réflexions menées jusqu'ici nous ont conduits à reconnaître que l'attente d'une fin des temps imminente est bien un aspect présent dans la réception du message de Jésus par le christianisme primitif. Mais elles ont montré aussi qu'on ne peut appliquer cette vision des choses à toutes les paroles de Jésus et qu'en aucun cas, on ne peut l'élever au rang de thème essentiel de son message. Sur ce point, Dodd était beaucoup plus proche de la démarche effective des textes. Dans le cas précis du Sermon sur la montagne, mais aussi lors de l'interprétation du Notre Père, nous avons vu que le thème le plus profond de la prédication de Jésus était son propre mystère, le mystère du Fils, dans lequel Dieu est présent parmi nous et où il accomplit sa parole. Et nous avons vu, que Jésus annonce le Royaume de Dieu dans sa personne comme étant à la fois à venir et déjà présent. En ce sens, il faut donner raison à Dodd sur le fond : oui, si l'on veut, le Sermon sur la montagne est « eschatologique », mais eschatologique au sens où le Royaume de Dieu se « réalise » dans la venue de Jésus. Il est donc tout à fait possible de parler d'« eschatologie en train de se réaliser » puisque Jésus, celui qui est venu, est bien aussi tout au long de l'histoire celui qui vient, et c'est de cette « venue » qu'en dernière instance, il nous parle. Nous pouvons donc être tout à fait d'accord avec les derniers mots du livre de Jeremias quand il dit : « L'année de grâce que Dieu avait promise est commencée. Car est apparu Celui dont la gloire cachée flamboie derrière chaque parole et chaque parabole : le Sauveur (Ibid., p. 309). »

Mais au moment même où nous concevons l'ensemble des paraboles comme des invitations cachées et complexes à croire en Jésus et au fait qu'il est le « Royaume de Dieu en personne », voici que nous nous heurtons à un obstacle irritant : une parole du Christ. Les trois Évangiles synoptiques nous disent que, les disciples lui ayant demandé quel sens donner à la parabole du semeur, Jésus commence par faire une réponse générale sur le sens de la prédication en paraboles. Au cœur de cette réponse se trouve une parole du Livre d'Isaïe (6, 9), que les synoptiques restituent dans des variantes différentes. Voici ce que dit le texte de Marc dans la traduction soigneusement raisonnée de Jeremias (Ibid., p. 25) : « A vous (c'est-à-dire au cercle des disciples), Dieu a donné le mystère du Règne de Dieu ; mais pour ceux qui sont au-dehors, tout est énigmatique, afin que (comme il est écrit) "ils voient et cependant ne voient pas, entendent et cependant ne comprennent pas, à moins qu'ils ne se convertissent et que Dieu ne leur pardonne" » (Mc 4, 11-12). Que signifie cela ? Est-ce que par hasard les paraboles du Seigneur serviraient à rendre son message inaccessible pour mieux le réserver à un petit cercle d'élus à qui il les expliquerait lui-même ? Les paraboles sont-elles là non pour ouvrir, mais pour fermer ? Dieu prend-il le parti de ne vouloir qu'une élite, et non l'ensemble, la totalité de nous tous ?

Pour comprendre cette mystérieuse parole du Seigneur, il faut prendre pour point de départ sa citation d'Isaïe et la lire à partir de son propre chemin, dont lui connaît l'issue. En parlant ainsi, Jésus s'intègre à la lignée des prophètes, son destin est un destin de prophète. Prise dans son intégralité, la parole d'Isaïe est encore bien plus dure et bien plus effrayante que l'extrait cité par Jésus. Il est dit dans le Livre d'Isaïe : « Alourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d'oreille, bouche-lui les yeux ; il ne faut pas qu'il voie de ses yeux, qu'il entende de ses oreilles, que son cœur comprenne, qu'il se convertisse et qu'il soit guéri » (Is 6, 10). Le prophète échoue. Son message contredit trop fortement l'opinion dominante, les habitudes de vie bien ancrées. Seul son échec permet que sa parole soit agissante. Cet échec du prophète est une sombre question qui domine toute l'histoire d'Israël et, d'une certaine façon, il se renouvelle sans cesse dans l'histoire de l'humanité. Il se renouvelle tout d'abord dans le sort réservé à Jésus Christ, qui finit sur la croix. Mais c'est précisément de la croix que procède sa grande fécondité.

Et de manière inattendue, on voit surgir de nouveau ici le lien avec la parabole du semeur, qui est le contexte dans lequel les Évangiles synoptiques placent la parole de Jésus. Il est frappant de voir l'importance que prend l'image de la semence dans l'ensemble du message de Jésus. Le temps de Jésus, le temps des disciples, est le temps des semailles et de la semence. Le « Royaume de Dieu » est présent comme une semence. Vue de l'extérieur, la semence est une chose insignifiante que l'on peut ignorer. La graine de moutarde, qui est une image du Royaume de Dieu, est la plus petite de toutes les graines, et pourtant elle porte en elle un arbre tout entier. La semence est la présence de la réalité future. Dans la semence, ce qui est à venir est déjà présent de manière cachée. Elle est le présent de la promesse. Lors du dimanche des Rameaux, le Seigneur a résumé les multiples paraboles de semence en dévoilant pleinement leur sens : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Jésus lui-même est la semence. Son « échec » sur la croix est précisément le chemin qui mène du cercle restreint vers le grand nombre, vers tous : « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32).

L'échec des prophètes, son propre échec, apparaissent maintenant sous un autre éclairage. Ils sont précisément le chemin qui aboutit à ce que les hommes « se convertissent et que Dieu leur pardonne ». C'est cet échec qui va faire que s'ouvrent les yeux et les oreilles de tous. La croix est la clé permettant de déchiffrer les paraboles. Dans son discours d'adieu à ses disciples, le Seigneur dit à ce propos : « J'ai employé des paraboles (un discours voilé) pour vous parler de tout cela. L'heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père » (Jn 16, 25). Ainsi les paraboles parlent de façon cachée du mystère de la croix ; mieux, elles en font intrinsèquement partie. Car, parce qu'elles laissent entrevoir le mystère divin de Jésus, elles aboutissent à une contradiction. C'est précisément là où elles atteignent le plus haut degré de clarté, comme dans la parabole des vignerons homicides (cf. Mc 12, 1-12), qu'elles marquent des étapes sur le chemin qui mène à la croix. Dans les paraboles, Jésus n'est pas seulement le semeur qui répand la semence de la parole de Dieu, il est lui-même la semence qui tombe en terre pour mourir et qui peut donner ainsi beaucoup de fruit.

Dans ces conditions, l'explication inquiétante que Jésus donne du sens de ses paraboles nous conduit à la compréhension de leur signification la plus profonde, pour peu que nous lisions la Bible et tout particulièrement les Évangiles comme unité et totalité - comme cela est requis de par la nature même de la parole écrite de Dieu -, qui, dans toutes ses strates historiques, est l'expression d'un message intrinsèquement cohérent. Mais peut-être est-il utile, après cette explication théologique tirée du cœur même de la Bible, de considérer l'aspect spécifiquement humain des paraboles. Qu'est-ce en fait qu'une parabole ? Et que cherche celui qui la dit ?

à suivre ... 3) Qu'est-ce en fait qu'une parabole ? Et que cherche celui qui la dit ?

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Sources: www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 25.12.2007 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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