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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

1088. Le 14 avril, je me sentais si mal que j’ai éprouvé des difficultés à me lever pour aller assister à la Sainte Messe. Je me sentais bien plus malade que lorsqu’on m’envoya en traitement. Je souffrais de forts râles et ronflements dans les poumons, et de bizarres douleurs. Lorsque je reçus la Sainte Communion, je ne sais pourquoi, ou plutôt comme si quelque chose m’y poussait, je commençai à dire la prière suivante : « Jésus, que Votre Sang pur et sain circule dans mon organisme malade ! Que Votre Corps pur et sain transforme mon corps débile ! Que se propage en moi une vie saine et forte, s’il est vrai que Votre sainte volonté est que j’entreprenne l’œuvre en question et cela me sera la marque expresse de Votre sainte volonté ! »
Après avoir ainsi prié, j’ai ressenti subitement une sorte d’élancement dans tout l’organisme, et je me suis sentie tout à coup complètement rétablie. Ma respiration est aussi normale que si je n’avais jamais été malade des poumons et je ne ressens plus aucune douleur. Ce qui est, pour moi, la preuve que je dois me mettre à l’œuvre.
Cela se passa le dernier jour de la neuvaine que je faisais au Saint Esprit.

1089. Après ce retour à la santé, je me suis trouvée unie à Notre Seigneur Jésus de façon purement spirituelle. Jésus me donna de fortes assurances, c'est-à-dire qu’Il me confirma Ses exigences. Durant tout le jour, je demeurai dans cette intimité avec Notre Seigneur Jésus et je Lui parlai de détails concernant la nouvelle Congrégation.

Jésus a infusé dans mon âme force et courage pour l’action et je comprends maintenant que le Seigneur, s’Il réclame quelque chose d’une âme, lui donne la possibilité de l’accomplir, et par l’intermédiaire de la grâce la rend capable de cet accomplissement. S’agirait-il donc de l’âme la plus misérable, elle peut sur l’ordre du Seigneur entreprendre des choses qui dépassent son entendement. Et c’est là justement le signe par lequel on peut reconnaître que c’est l’œuvre du Seigneur, si se révèlent en cette âme ce pouvoir et cette force de Dieu, qui rendent l’âme courageuse et vaillante. En ce qui me concerne, au premier abord, la grandeur du Seigneur m’effraye toujours un peu. Mais par la suite, une paix profonde que rien ne peut troubler, pénètre en mon âme, ainsi que la force intérieure, pour l’accomplissement de ce qu’exige le Seigneur à ce moment-là.

1090. Et j’entendis ces mots : « Va et dis à la Supérieure que tu es en bonne santé. »
Combien de temps serais-je en bonne santé ? Je ne le sais, ni le demande. Je sais seulement que je jouis en ce moment d’une bonne santé. L’avenir ne m’appartient pas. J’ai demandé la santé comme signe de la volonté de Dieu, et non, pour chercher un soulagement à ma souffrance.

1091. 16 avril 1937. Aujourd’hui, quand le sentiment de la Majesté de Dieu m’a envahie, mon âme a su que le Seigneur quoique si grand, se complaît dans les âmes pleines d’humilité. Plus l’âme s’abaisse, plus le Seigneur s’approche d’elle avec bienveillance, s’unissant étroitement à elle, l’élevant jusqu’à Son Trône. Heureuse l’âme que le Seigneur Lui-même défend ! J’ai su que seul l’amour a de la valeur, que l’amour est toute grandeur et que rien ne peut égaler un seul acte de pur amour envers Dieu, rien, aucune œuvre.

1092. Ô Jésus, protégez-moi de Votre miséricorde ! Et de même, jugez-moi avec bienveillance, car sinon, Votre justice peut me perdre, à juste titre !

1093. 17 avril. Aujourd’hui, pendant le cours de catéchisme, j’ai été confirmée en la croyance (que je ne comprenais d’ailleurs en mon for intérieur depuis longtemps) qu’une âme aimant Dieu sincèrement, et intimement unie à Lui, bien que vivant extérieurement dans des conditions difficiles, peut vivre pure et intacte au milieu de la corruption. Rien n’a le pouvoir de gêner sa vie intérieure, car l’immense amour de Dieu lui donne la force de lutter. Et d’autre part, Dieu prend particulièrement la défense de l’âme qui L’aime sincèrement et le fait parfois même de façon miraculeuse.

1094. Lorsqu’un jour, Dieu me fit connaître intérieurement que je n’avais jamais perdu l’innocence. Et malgré les divers dangers où je me suis trouvée, Lui-même avait veillé à ce que demeure intacte la virginité de mon âme et de mon cœur. Je passai alors ce jour en ardentes actions de grâces. Je remercie Dieu d’avoir bien voulu me protéger du mal et également d’avoir trouvé grâce à Ses yeux et enfin de condescendre à m’en assurer Lui-même.

1095. Quelques années plus tard, Il voulut bien me le confirmer. A dater de ce moment, je n’ai plus connu aucune révolte des sens contre l’âme. J’ai écrit cela en détail dans un autre journal. A chaque fois que je me souviens de cette inestimable grâce, explose dans mon cœur un nouveau feu d’amour et de gratitude envers Dieu. Et cet amour-là me mène à l’oubli complet de moi-même.

1096. Depuis ce temps-là, je vis sous la protection virginale de Marie qui me garde et m’édifie. Je suis bien tranquille près de Son Cœur Immaculé, car je suis si faible et si inexpérimentée que je me blottis dans son Cœur comme un petit enfant.

1097. Bien que Dieu m’ait confirmée dans cette vertu, pourtant je veille sans cesse et crains jusqu’à ma propre ombre, tellement j’ai pris Dieu en affection.

1098. Cette grâce divine ne m’a été donnée que parce que j’étais le plus faible des êtres humains, et c’est pourquoi Dieu m’entoura de Sa particulière et toute puissante Miséricorde.

1099. 24 avril. A l’avance, je sens s’annoncer chacune des grandes grâces. Une étrange langueur et un étrange désir de Dieu m’envahissent. Je suis en attente de cette grâce, plus elle est grande, plus grand est le pressentiment, et plus forte, la querelle avec l’adversaire de mon salut.

Parfois mon âme se trouve dans un état que je ne peux évoquer qu’en utilisant une comparaison : ce sont deux bons amis, l’un d’eux prépare un grand festin auquel il invite son ami. L’un et l’autre se réjouissent, mais l’heure du festin est fixée. Les moments qui précèdent la grâce, sont si pressants qu’il m’est difficile de les décrire. Ils sont caractérisés par une pénible langueur et un feu d’amour. Je sens que le Seigneur est là, mais je ne peux complètement m’abîmer en Lui, car ce n’est pas encore l’heure. Dans un tel moment, je me suis trouvée plus d’une fois tout à fait démunie de grâces tant d’esprit et de volonté que de cœur. Je demeure toute seule et j’attends l’Unique Dieu. C’est Lui- même qui arrange cela en moi avant Son arrivée.

1100. 23 avril 1937. Aujourd’hui j’ai commencé trois jours de retraite.
Le soir, j’ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, sache bien que c’est à toi que Je parle tout particulièrement par l’intermédiaire de ce prêtre afin que tu ne doutes pas de ce que Je requiers ! » Dès la première méditation, les paroles de ce prêtre à propos de mon âme m’avaient frappée. C’étaient les paroles suivantes : « Il m’est interdit de contrecarrer tant la volonté de Dieu que Sa complaisance, quelles qu’elles soient. Puisque je me suis convaincue de la vérité et de l’authenticité de la volonté de Dieu sur moi, j’ai le devoir de l’accomplir, personne ne peut me libérer de ce devoir.
Quelle que soit cette volonté de Dieu, du moment que j’en ai connaissance, je dois la remplir. » C’est là un petit aperçu, mais toute cette méditation m’a pénétré l’âme et je n’ai aucun doute, je sais ce que Dieu exige de moi et qu’il me faut accomplir.

1101. Il y a au cours de la vie des moments où l’on prend conscience de soi-même, c'est-à-dire de ces moments qui baignent dans la lumière de Dieu, où l’âme se trouve alors intérieurement instruite de choses qu’elle n’a lues dans aucun livre ; et personne parmi les hommes n’a pu l’en instruire. Ce sont là des moments d’approfondissement de soi-même, que Dieu accorde à l’âme. Ce sont là de grands secrets… Souvent j’obtiens la lumière, la possibilité de connaître la vie et l’humeur intime de Dieu : cela m’emplit d’une indicible confiance et d’une joie que je ne puis contenir en moi. Je désire alors me fondre toute en Lui…

1102. La quintessence de l’amour est le sacrifice et la souffrance. La vérité porte une couronne d’épines… La prière procède de la raison, de la volonté et du sentiment.

1103. Il y eut aujourd’hui un bien bel enseignement à propos de la bonté et de la miséricorde de Dieu ! Durant cette conférence, mon âme éprouva l’amour de Dieu et comprit que le langage de Dieu est vivant.

1104. Ma principale résolution est toujours la même : m’unir au Christ miséricordieux et garder le silence
La fleur que je dépose aux pieds de Notre Dame, en ce mois de mai, c’est m’exercer au silence.

1105. La vertu qui n’est pas prudente, n’est pas vertu. Nous devrions prier souvent le Saint-Esprit de nous accorder la grâce d’être réservé et prudent. La prudence est formée d’une prise en considération, d’une réflexion raisonnable et d’une ferme résolution. La décision définitive nous revient toujours en dernier lieu. Il nous faut décider, donc nous pouvons et devons demander conseil et chercher la lumière…

1106. Aujourd’hui durant la méditation, Dieu m’a donné la lumière intérieure et la compréhension de ce qu’est la sainteté et en quoi elle consiste. Quoique j’ai entendu ces choses bien des fois, pendant les conférences, l’âme les comprend différemment, lorsqu’elle en a connaissance à la lumière de Dieu qui alors l’illumine.
Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements,ni aucun don accordé qui mèneront mon âme à la perfection, mais son intime union avec Dieu. Ces dons ne sont que des ornements de l’âme, ils ne constituent ni l’essentiel, ni la perfection. Sainteté et perfection résident pour moi, en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu. Dieu ne fait jamais violence à notre libre arbitre. Il dépend de nous, d’accepter ou non, la grâce divine, de nous dépend de collaborer avec elle ou de la laisser se perdre.

Durant la dernière soirée d’étude, qui était une préparation au renouvellement de nos vœux, le Père parla du bonheur qui résulte de trois vœux, et de la récompense accordée à ceux qui les auront fidèlement observés. Or, tout à coup, mon âme se trouva précipitée dans de très grandes ténèbres intérieures. Au lieu de joie, mon âme s’emplit d’amertume et je ressentis dans mon cœur une violente douleur. Je me suis sentie si misérable et si indigne de cette grâce ! Ayant le sentiment de cette misère et de cette indignité, je n’oserais tomber pour les baiser aux pieds de la benjamine des postulantes. Je les voyais en mon âme, ces postulantes, belles et agréables à Dieu, et je me voyais, moi, dans un gouffre de misère.
Après la conférence, je me suis jetée aux pieds de Dieu, toute abîmée dans la douleur et les larmes. Je me suis plongée dans la mer de l’infinie miséricorde divine et ce n’est que là que j’ai connu quelque soulagement et que j’ai senti Sa Toute-Puissante miséricorde m’envahir.

1108. 30. Ce jour est celui du Renouvellement des Vœux. Dès le réveil la présence de Dieu m’a envahie et je me suis sentie l’enfant de Dieu. L’amour divin s’est déversé dans mon âme. Dieu m’a fait reconnaître combien tout dépend de Sa volonté. Puis il m’a dit : « Je désire accorder une indulgence plénière aux âmes qui iront se confesser et communieront en cette Fête de la Miséricorde… Ma fille, ne crains rien, Je suis toujours avec toi, bien qu’il te semble parfois que Je n’y sois pas. Ton humilité M’attire des hauteurs de Mon Trône et Je m’unis étroitement à toi. »

29 avril 1937. Le Seigneur m’a donné connaissance des querelles qui eurent lieu au Vatican à propos de cette Fête ; le Cardinal Pacelli y a beaucoup travaillé.

1110. Aujourd’hui donc, nous renouvelons nos vœux et nous prêtons serment au cours d’une grande cérémonie. Lorsque les Soeurs prononcèrent les vœux, j’entendis un chant céleste : « Saint, Saint, Saint, » en différents tons et dont aucune langue humaine ne saurait exprimer la grâce.

1111. Cet après-midi, j’ai conversé avec ma chère Mère Marie-Josèphe, Maîtresse des novices. Nous avons fait un tour de jardin, et j’ai parlé avec elle quoique assez superficiellement. Elle est demeurée cette même chère Sœur Maîtresse des novices, quoiqu’elle ne le soit plus vraiment, puisqu’elle est maintenant notre Supérieure. Et voici dix ans que j’ai prononcé mes vœux. L’âme qui est entrée dans les ordres ne peux vivre sans porter la Croix » m’a-t-elle dit. Puis ensuite elle me dévoila certaines souffrances par lesquelles je suis passée à Varsovie, bien que je ne lui en aie jamais parlé. Toutes les grâces que je reçus durant mon noviciat furent alors présentées aux yeux de mon âme. Oh ! Quelle reconnaissance j’ai envers elle ! Lorsque mon âme était plongée dans les ténèbres et qu’il me semblait être damnée, c’est elle qui me tira du précipice à force d’obéissance.

1112. Souvent mon âme est troublée par la souffrance et aucun être humain ne peut comprendre ce tourment.

1113. Premier mai 1937. J’ai senti aujourd’hui l’approche de ma Mère, la Mère des Cieux. Bien qu’avant chaque Sainte Communion, je prie avec ferveur la Mère de Dieu de m’aider à préparer mon âme à la visite de Son Fils et que je me sente particulièrement sous Sa protection, je La supplie de bien vouloir allumer en moi le feu de l’amour divin tel qu’il flamba dans Son Cœur immaculé au moment où le Verbe de Dieu s’est fait chair.

1114. 4 mai. Je me suis rendue un moment aujourd’hui chez Notre Mère Générale et lui ai demandé : « Petite Mère, avez-vous eu une inspiration concernant ma sortie du couvent ? » La Mère Supérieure me répondit : « Jusqu’à maintenant, je vous ai retenue, ma Sœur. Mais maintenant, je vous laisse l’entière liberté de décider. Ce sera comme vous le désirez. Vous pouvez, ma Sœur, soit quitter notre Congrégation, soit y rester.» J’ai donc répondu que c’était bien ainsi. J’ai pensé immédiatement à demander par écrit au Saint Père de me libérer de mes vœux. Mais lorsque je suis sortie de chez la Mère Supérieure, une sorte d’obscurité est tombée sur mon âme, tout comme auparavant. C’est une chose étrange, qu’à chaque fois, que je demande de sortir du Couvent, une telle obscurité envahisse mon âme et que je me sente comme abandonnée à moi-même.

Me trouvant dans cette torture de l’âme je décidai d’aller trouver immédiatement la Mère Supérieure et de lui raconter ma lutte et mes étranges tourments. La Mère me répondit « Votre désir de quitter le Couvent est une tentation maligne. » Après un moment de conversation, je me suis sentie quelque peu soulagée mais pourtant l’obscurité durait encore. « Cette miséricorde de Dieu est magnifique, et ce doit être là une grande Œuvre divine, si Satan s’y oppose tant et veut ainsi la détruire ». Telles furent les paroles de la très chère Mère Supérieure.

1115. Personne ne peut concevoir mes tortures, ni les comprendre. Pour ma part, je ne suis pas en état de les décrire, mais il ne peut exister de souffrances pires que celles-là. Les supplices des martyrs ne sont pas plus grands, puisque la mort à ce moment-là, me serait un soulagement. Je n’ai rien à quoi comparer ces tourments, cette agonie sans fin de l’âme.

1116. Etant allée aujourd’hui me confesser, j’ai dévoilé quelque peu mon âme. Car l’idée m’est venue que le fait de ressentir de telles souffrances et une telle obscurité de l’âme, dès que je demande de quitter la Congrégation, prouve que c’est bien là une tentation. Le confesseur m’a répondu que ce n’était peut-être pas le moment choisi par Dieu, qu’il me fallait prier et attendre patiemment. Mais qu’il est vrai que de grandes souffrances m’attendaient : « Vous aurez, m’a-t-il dit, beaucoup de souffrances à supporter et de difficultés à vaincre, c’est certain. Il vaudrait mieux attendre encore et prier beaucoup, afin d’obtenir une plus grande compréhension, ainsi que la lumière de Dieu. Ce sont là des choses primordiales. »

1117. Mon Dieu, en ces moments difficiles je ne peux voir mon directeur de conscience, car il est parti à Rome ! Jésus, puisque Vous me l’avez pris, dirigez-moi Vous-même, car Vous seul savez ce que je suis en état de supporter ! Je crois fermement que Dieu ne peut me donner à supporter plus que je ne peux. J’ai confiance en Sa Miséricorde.

1118. Dans les moments où je suis entre ciel et terre, je me tais. Car si je parlais, qui comprendrait mon langage ? L’éternité dévoilera bien des choses sur lesquelles je me tais maintenant…

1119. Lorsque je vais au jardin, je vois comme tout respire la joie printanière. Les arbres parés de fleurs répandent une senteur enivrante. Tout éclate de joie. Les oiseaux adorent Dieu par leurs chants et leur gazouillis, et me disent : « Réjouis-toi et sois en liesse, Sœur Faustine !» alors que mon âme est dans les ténèbres et les tourments. Mon âme est si sensible au murmure de la grâce, qu’elle sait parler avec tout ce qui a été créé, et tout ce qui m’entoure. Je sais pourquoi Dieu ainsi pare la terre… Mais mon cœur ne peut se réjouir car mon Bien-Aimé se cache à moi, et je n’aurai de repos que je ne L’ai trouvé…Je ne saurais vivre sans Dieu. Je sens que Dieu aussi, bien qu’il se suffise à Lui-même, ne peut connaître le bonheur sans moi…

1120. 6 mai 1937 - L’Ascension de Notre-Seigneur

Aujourd’hui, depuis le petit matin, mon âme est touchée par Dieu. Après la Sainte Communion, j’ai un moment communiqué avec le Père des Cieux. Mon âme fut attirée dans le feu même de l’amour. J’ai compris qu’aucune œuvre extérieure ne peut être comparée avec le pur amour de Dieu. J‘ai vu la joie du Verbe fait Chair. Et je me suis trouvée plongée dans la Trinité de Dieu. Quand je revins à moi, la nostalgie envahit mon âme, je languissais de m’unir à Dieu.
Un si fervent amour envers le Père des Cieux m’a envahie que je puis appeler ce jour, un jour d’extase ininterrompue. Tout l’univers m‘est apparu comme une goutte minuscule, comparée à Dieu. Chaque battement de mon cœur est agréable à Dieu et lorsqu’il me montre qu’Il me chérit particulièrement et qu’Il me le fait connaître intérieurement, il n’y a pas de plus grand bonheur que celui-là. Dieu me certifie Son amour et me montre combien mon âme Lui est agréable. Cette assurance intérieure amène une paix profonde en mon âme. Aujourd’hui je n’ai pu absorber aucune nourriture tant je me sentais rassasiée d’amour.

1121. Dieu de grande Miséricorde, Vous qui avez daigné nous envoyer Votre fils unique comme la plus grande preuve d’un amour infini et d’une incommensurable Miséricorde, Vous ne repoussez pas les pécheurs, mais au contraire, vous leur avez ouvert le trésor de Votre insondable Miséricorde, dans lequel ils peuvent puiser en abondance, non seulement la justification, mais encore toute la sainteté à laquelle l’âme peut aspirer ! Père de grande Miséricorde, je désire que tous les cœurs se tournent avec confiance vers Votre infinie Miséricorde ! Personne ne peut se justifier devant Vous si Votre incommensurable Miséricorde ne le protège. Lorsque Vous nous dévoilerez le mystère de Votre Miséricorde, l’éternité sera trop peu pour Vous en remercier comme il convient.

1122. Oh ! Comme il est doux d’avoir au fond de l’âme ce que l’Eglise nous ordonne de croire. Lorsque mon âme est plongée dans l’amour divin, elle peut résoudre clairement et instantanément les questions les plus embrouillées. Elle est alors capable de franchir les précipices et les cimes des montagnes. Amour, encore une fois amour.

1123. Une étrange obscurité envahit parfois mon esprit, je m’enfonce dans le néant en dépit de ma volonté.

1124. 20 mai. Lorsqu’il y eut déjà un mois que j’étais de retour à la santé, la pensée m’est venue qu’en fait, je ne savais ce qui plaisait le plus au Seigneur : Le servir par ma maladie, ou par la jouissance d’une bonne santé, comme je L’en avais prié. Et je dis au Seigneur : « Jésus, usez de moi selon Votre volonté ». Jésus me ramena alors à mon ancien état.

1125. Oh ! Comme il est doux de vivre au Couvent parmi les Sœurs ! Mais il ne faut pas oublier que ces anges ont forme humaine…

1126. A un moment j’ai vu Satan qui se dépêchait et cherchait quelqu’un parmi les Sœurs, mais ne le trouvait pas. Je reçus en mon âme l’inspiration de lui ordonner, au nom de Dieu de m’avouer ce qu’il cherchait parmi les Sœurs. Il avoua, quoique de mauvaise grâce, qu’il cherchait une âme oisive. Lorsque je l’eus à nouveau ordonné, au nom de Dieu, d’avouer auprès de quelles âmes du couvent il avait le plus d’accès, il avoua, à nouveau de mauvaise grâce, que c’était auprès des âmes paresseuses et oisives. J’ai remarqué qu’il n’y a pas de telles âmes, actuellement, dans cette maison.
Que se réjouissent les âmes laborieuses et fatiguées !

1127. 22 mai 1937. Aujourd’hui, la chaleur est si torride qu’il est difficile de la supporter ! Nous souhaitons la pluie, mais il ne pleut pas. Depuis quelques jours déjà, les nuages s’amoncellent dans le ciel. Mais la pluie ne tombe pas.
Lorsque j’ai vu les plantes si assoiffées, une grande pitié m’a envahie et j’ai décidé de dire ce « chapelet » jusqu’à ce que Dieu fasse tomber la pluie. Après le goûter, le ciel s’est couvert de nuages et une pluie battante est tombée sur la terre. J’ai dit cette oraison durant trois heures d’affilée et le Seigneur m’a fait connaître qu’à l’aide de cette prière, on pouvait tout obtenir.

1128. 23 mai 1937. Fête de la Très Sainte Trinité

Durant la Sainte Messe, je me suis trouvée unie à la Très Sainte Trinité. J’ai connu Sa Majesté et Sa Grandeur. J’étais unie aux trois personnes. Puisque j’étais unie à l’une de ces Adorables Personnes, j’étais en même temps unie aux deux autres Personnes. Le bonheur et la joie qui se communiquèrent à mon âme ne peuvent se décrire. Il m’est pénible de ne pouvoir décrire avec des mots ce qui n’a pas de mots.

1129. J’entendis ces paroles : « Dis à la Mère Générale de compter sur toi, comme étant la plus fidèle des filles du Couvent.

1130. Après ces paroles il m’est venue une compréhension intérieure : que toute chose est créée par rapport à Dieu. La majesté de Dieu est immense et insondable. S’Il s’abaisse avec bienveillance jusqu’à nous, c’est grâce à la profondeur de Sa Miséricorde.

1131. Tout a une fin dans cette vallée de larmes
Les larmes s’épuisent et la douleur passe.
Une seule chose demeure :
L’amour que nous avons pour Vous, Seigneur !

Tout a une fin en cet exil où nous sommes,
L’expérience aussi bien que le désert de l’âme…
Et celle-ci vivrait-elle en perpétuelle agonie
Si Dieu est avec elle, rien ne peut l’ébranler.

1132. 27 mai 1937. La Fête-Dieu

Durant la prière j’entendis ces mots : « Ma fille, que ton cœur s’emplisse de joie! Moi, le Seigneur, Je suis avec toi. Ne crains rien. Tu es en mon cœur. » A ce moment j’ai pris conscience de la grande Majesté de Dieu et j’ai compris que rien ne peut être comparé à un seul acte de connaissance de Dieu. La grandeur extérieure se trouve réduite en poussière par un seul acte de plus profonde connaissance de Dieu.

1133. Le Seigneur a versé en mon âme une si grande profondeur de paix que rien ne saurait la troubler. Malgré tout ce qui se passe autour de moi, pas un moment cela ne m’enlève mon calme. Même si le monde devait s’écrouler, cela ne saurait troubler la profondeur du silence qui est mien, et au sein duquel repose Dieu. Tous les évènements et diverses choses qui se passent, se trouvent sous Ses pieds.

1134. Cette profonde connaissance de Dieu me donne une si parfaite aisance et liberté d’âme que rien ne peut troubler mon étroite union avec Lui. Même le pouvoir des Anges ne saurait le faire. Je me sens pleine de grandeur lorsque je suis unie à Dieu. Quel bonheur d’avoir en son cœur la conscience de Dieu et de vivre en une étroite intimité avec Lui.

1135. Lorsque la procession venant Borek, qui apportait Jésus afin de le déposer dans notre Chapelle est arrivée chez nous, j’ai entendu une voix venant de l’Hostie : « C’est ici Mon lieu de repos ». Pendant la bénédiction, Jésus m’a annoncé que d’ici peu, aurait lieu ici même un acte solennel, juste à cet endroit.-« Je me suis plu en ton cœur et rien ne peut M’empêcher de t’accorder des grâces. » -Cette grandeur de Dieu a envahi mon âme, je sombre en Lui, je disparais et je me perds en Lui, et me fondant en Lui…

1136. 30 mai 1937. Aujourd’hui j’agonise du désir de Dieu. La nostalgie a envahi toute mon âme. Combien je ressens mon exil ! Ô Jésus, quand arrivera l’instant tant désiré ?

1137. 31 mai. Mon âme tourmentée ne trouve de secours nulle part, si ce n’est en Vous, Vivante Hostie. Je mets toute ma confiance en Votre Cœur miséricordieux. J’attends patiemment une parole de Vous, Seigneur !

1138. Oh ! Quelle douleur en mon cœur lorsque je vois qu’une religieuse n’a pas l’âme religieuse ! Comment peut-on plaire à Dieu, quand l’orgueil et l’amour de soi éclatent sous le couvert de glorifier Dieu, alors qu’il s’agit uniquement de sa propre estime ? Lorsque je m’aperçois qu’une telle chose, j’en souffre beaucoup. Comment cette âme pourrait-elle s’unir étroitement à Dieu ? Il ne peut être question d’une union avec le Seigneur.

1139. 1er juin 1937. Aujourd’hui a eu lieu chez nous la procession de la Fête-Dieu. Au premier reposoir, j’ai vu des flammes sortir de la Sainte Hostie, ce qui m’a transpercé le cœur. Et j’ai entendu une voix ; « Ici se trouve Mon repos ». Un feu s’est allumé en mon cœur et je me suis sentie toute transmuée en Lui.

1140. Le soir, Il me fit connaître combien tout ce qui est terrestre est éphémère. Quant à tout ce qui est soi-disant grand, cela s’évanouit comme fumée, ne laissant à l’âme aucune indépendance, mais au contraire de la lassitude. Heureuse l’âme qui comprend ces choses et ne fait qu’effleurer la terre ! Ma pause, mon repos à moi, c’est lorsque je suis réunie à mon Seigneur. Tout autre chose me fatigue. Oh ! combien je ressens que je suis exilée ! Je vois que personne ne comprend ma vie intérieure. Vous Seul me comprenez qui êtes caché en mon cœur et pourtant éternellement vivant.

1141. 4 juin. C’est aujourd’hui la Fête solennelle du Très Saint Cœur de Jésus. Pendant la Sainte Messe, le Cœur de Jésus se révéla à moi. Il me montra de quel feu d’amour Il brûle pour nous et quelle est l’immensité de Sa Miséricorde. Puis j’entendis une voix : « Apôtre de Ma miséricorde parle au monde entier de Mon insondable Miséricorde. Ne te laisse pas rebuter par les difficultés que tu rencontreras, Ce faisant. Ces difficultés qui te touchent si douloureusement sont nécessaires à ta sanctification et servent à démontrer que cette oeuvre est Mienne. Ma fille, prends note assidûment de chacune des phrases que je t’adresse concernant Ma Miséricorde, car elles concernent un grand nombre d’âmes qui vont en profiter. »

1142. Pendant l’adoration le Seigneur m’a fait connaître plus profondément ce qui concerne cette œuvre.

1143. Aujourd’hui, j’ai demandé pardon au Seigneur, de toutes les offenses auxquelles Son Divin Cœur est exposé en nos couvents.

1144. 6 juin 1937. Premier dimanche du mois. Aujourd’hui j’ai entrepris la retraite du mois.
Voici l’illumination de ma méditation matinale : quoique vous fassiez de moi, Jésus, je Vous aimerai toujours, car je suis Vôtre. Peu m’importe que Vous me laissiez ici ou que Vous m’envoyiez ailleurs, je suis toujours Vôtre.
C’est avec amour que je m’abandonne à Votre très sage décision, ô mon Dieu ! Et Votre volonté, ô Seigneur, est mon pain de chaque jour ! Vous qui connaissez les battements de mon cœur. Vous savez qu’il ne bat que pour Vous, mon Jésus. Rien ne saurait mettre fin à la nostalgie que j’ai de Vous. Je me meurs pour Vous, Jésus. Quand m’emporterez-Vous en Votre demeure ?

1145. « Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres, à la foi en l’abîme de Ma Miséricorde. Ma fille, ne cesse pas d’écrire au sujet de Ma Miséricorde pour les âmes tourmentées. Quelle joie me font les âmes qui s’adressent à Ma Miséricorde ! A de telles âmes, J’accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux sévir, même contre le plus grand pécheur s’il invoque Ma pitié. Mais au contraire, Je l’excuse en Mon insondable et inconcevable Miséricorde. Note : Avant de Me montrer au Jugement dernier comme Juge équitable, J’ouvre d’abord toutes grandes les portes de Ma Miséricorde. Qui ne veut passer par les portes de Ma Miséricorde, doit passer par les portes de Ma justice. »

1146. Ayant une fois quelque peine au cœur pour une certaine raison et m’en étant plainte au Seigneur, Il me répondit : « Ma fille, pourquoi attaches-tu tant d’importance à la formation et au langage des gens ? Je désire, Moi-même, te former. C’est pourquoi J’arrange les circonstances afin que tu ne puisses pas assister à ces conférences. En un instant, Je te ferai connaître beaucoup plus que d’autres acquerront jamais, en peinant durant des années. »

1147. 20 juin 1937. C’est lorsque nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu. Dieu est amour, bonté et miséricorde… « Toute âme devrait refléter Ma Miséricorde, et plus particulièrement toute âme monastique. Mon Cœur déborde de pitié et de miséricorde pour tous. Le cœur de Ma bien-aimée doit ressembler au Mien. De son coeur doit jaillir la source de Ma miséricorde pour les autres âmes, car autrement Je ne reconnaîtrai pas cette âme pour Mienne. »
 

 

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