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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal
 
édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com

Petit Journal de  Sœur Faustine
Ste Faustine

321 . O ordre religieux, ma mère, comme il est doux de vivre en toi, mais plus doux encore d’y mourir !

322. Après avoir reçu les Derniers Sacrements j’éprouvai une complète amélioration. Je suis restée seule pendant une demi-heure, puis l’attaque revint, mais déjà moins forte grâce aux soins médicaux. J’unissais mes souffrances aux souffrances de Jésus et je les offrais pour moi et pour la conversion des âmes qui ne croient pas à la bonté divine. Soudain ma cellule se remplit d’êtres noirs pleins de colère et de haine contre moi. L’un d’eux dit : « Soi maudite comme Celui qui est en toi, car tu nous tourmentes déjà en enfer. » J’ai dit : « Et le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous. Et ces êtres disparurent bruyamment sur le champ.

323. Le lendemain, je me sentais très faible, mais je ne souffrais plus. Après la Sainte Communion, j’aperçu Jésus sous le même aspect qu’Il avait lors d’une adoration. Le regard du Seigneur transperça mon âme : pas un grain de poussière n’échappait à Son attention. Et j’ai dit à Jésus : « Jésus, je pensais que Vous me prendriez. »

Et Jésus me répondit : « Ma volonté ne s’est pas encore totalement  accomplie en toi, tu restera encore sur terre, mais pas longtemps .Ta confiance Me plait beaucoup, mais il faut que ton amour soit plus ardent!.
Le pur amour donne à l’âme de la force, même au moment de l’agonie. Quand J’agonisais sur la Crois, Je ne pensais pas à Moi, mais aux pauvres pécheurs et Je priais Mon Père pour eux. Je veux que tes derniers instants aussi soient semblables aux Miens sur la croix. Il n’y a qu’un prix, par lequel on rachète les âmes : c’est la souffrance, unie à Ma souffrance sur la Croix. L’amour pur comprend ces paroles, mais l’amour charnel ne les comprendra jamais. »

324. L’année 1934. Le jour de l’Assomption de Notre-Dame, je n’assistai pas à la Sainte Messe. La Doctoresse me l’avait défendu; je priais avec ferveur dans ma cellule. Bientôt, j’aperçus la Sainte Vierge, d’une beauté indicible. Elle me dit : « Ma fille, j’exige de toi des prières, des prières, des prières et encore des prières pour le monde, et en particulier pour ta Patrie. Pendant neuf jours, unis-toi étroitement au Sacrifice de la Messe, et reçois la Sainte Communion en expiation. Pendant ces neuf jours tu te tiendras devant Dieu, comme une offrande, partout, toujours, en tout endroit et à tout moment, nuit et jour. A chaque réveil, prie en esprit. En esprit on peut toujours rester en prière. »

325. Un jour, Jésus me dit : « Mon regard sur cette image est le même que celui que J’avais sur la Croix. »

326. Une fois, mon confesseur me demanda comment devait être placée l’inscription sur cette image, car il n’y avait pas assez de place pour tout y mettre. J’ai répondu que je prierai et qu je répondrai la semaine suivante. En quittant le confessionnal, je passai près du Saint Sacrement et je reçus la connaissance intérieure sur la façon de placer cette inscription. Jésus me rappela, comme Il me l’avait dit la première fois, que ces mots « Jésus, j’ai confiance en vous » devait être mis en évidence. J’ai compris que Jésus désire que toute la formule : « Je présente aux hommes un moyen, avec lequel ils doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce moyen, c’est cette image, avec l’inscription : « Jésus, j’ai confiance en Vous! » soit placée, mais Il n’en donne pas un ordre aussi formel que pour cette invocation.

327. O Amour le plus pur, régnez dans toute votre plénitude dans mon cœur et aidez-moi à remplir très fidèlement votre sainte volonté.

328. A la fin de la retraite de trois jours, je me vis marchant sur un chemin inégal, trébuchant à chaque pas. Et je voyais qu’une personne me suivait et me soutenait continuellement. Mais j’en fus mécontente et la priai de s’éloigner de moi, car je voulais aller seule. Or, cette personne que je ne pouvais reconnaître, ne m’abandonnait pas un seul instant. Cela m’impatienta. Me retournant, je l’ai repoussée. A cet instant, je reconnu la Mère Supérieure. Et au même moment, je vis que ce n’était pas la Mère Supérieure, mais Jésus qui me regarda profondément et me fit comprendre combien cela Lui faisait mal, lorsque dans les plus petites choses, je n’accomplissais pas la volonté de la Supérieure, « qui est Ma volonté » dit Il. J’ai demandé pardon au Seigneur et je pris cet avertissement profondément à cœur.

329. Une fois mon confesseur me demanda de prier à son intention. J’ai donc commencé une neuvaine à la Mère de Dieu qui consistait en la récitation de neuf Salve Regina.
Vers la fin de cette neuvaine, je vis la Mère de Dieu avec l’enfant Jésus dans ses bras et je vis aussi mon confesseur qui était agenouillé à ses pieds et lui parlait. . . Je ne comprenais pas de quoi il parlait avec la Sainte Vierge, car je conversais avec l’Enfant Jésus qui était descendu des bras de sa Mère et s’était rapproché de moi. Je ne revenais pas de mon étonnement à la vue de Sa beauté. J’entendis quelques-unes  des paroles que la Mère de Dieu adressait au prêtre, mais pas toutes. Ces paroles sont les suivantes : « Je suis non seulement la Reine du Ciel, mais aussi la Mère de Miséricorde et ta Mère. » Puis, Elle tendit sa main droite dans laquelle Elle tenait son manteau et en couvrit ce prêtre. A ce moment la vision disparut.

330. Oh ! qu’elle est grande la grâce d’avoir un directeur spirituel ! On progresse plus vite dans la vertu, on connaît plus clairement la volonté divine et on l’accomplit plus fidèlement, on marche dans une voie sûre et sans danger. Le directeur permet d’éviter les rochers sur lesquels l’âme pourrait se briser. Dieu m’a donné cette grâce, tard, il est vrai, mais je m’en réjouis beaucoup quand je vois comment Dieu s’incline devant les désirs de mon directeur.

Je mentionnerai un fait entre mille. Comme d’habitude, le soir , j’avais prié Jésus de me donner des points pour la méditation du lendemain. J’ai reçu cette réponse. : « Médite sur le prophète Jonas et sa mission. »
J’ai remercié le Seigneur, mais j’ai commencé à penser que cette méditation était différente des autres. Cependant je tâchai de toutes les forces de mon âme de méditer et je me suis reconnue dans ce prophète en ce sens, que moi aussi, je donne souvent un refus à Dieu, pensant que quelqu’un d’autre remplirait mieux Sa Sainte Volonté – ne comprenant pas que Dieu peut tout, que Sa Toute Puissance se manifestera d’autant mieux que l’outil sera inexistant. Dieu m’éclaira ainsi.
Dans l’après-midi eut lieu la confession de la Communauté. Quand j’ai exposé à mon directeur spirituel quelle peur me prend devant cette mission pour laquelle Dieu se sert de moi comme instrument, un instrument inapte, mon Père spirituel répondit que, bon gré mal gré, nous devions accomplir la Volonté divine et il m’a donné l’exemple du Prophète Jonas. Après la confession, je me demandais comment le confesseur savait que Dieu m’avait fait méditer sur Jonas ; je ne lui avait pas parlé de cela. Soudain j’entendis ces paroles : « Quand le prêtre Me remplace, ce n’est pas lui qui agit, mais Moi par lui. Ses souhaits sont les miens.» Je vois comment Jésus défend ses remplaçants. Il se place Lui-même dans leur action.

331. Jeudi. Lorsque j’ai commencé l’Heure Sainte, je voulais me plonger dans l’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. Soudain, j’entendis intérieurement une voix dans mon âme : « Médite le mystère de l’Incarnation : » et tout d’un coup, devant moi apparut l’Enfant Jésus, rayonnant de beauté. Il me dit combien la simplicité d’âme Lui plaisait : « Bien que Ma grandeur soit inconcevable, Je demeure seulement avec les petits. J’exige de toi l’esprit d’enfance. »

332. Maintenant je vois clairement comment Dieu agit par le confesseur et combien Il est fidèle à Ses promesses. Il y a deux semaines mon confesseur m’a invitée à réfléchir sur cette enfance spirituelle. Cela me fut assez difficile au début. Mais mon confesseur me fit continuer ces réflexions, sans faire attention à mes difficultés. Dans la pratique, cet esprit d’enfance doit se manifester ainsi : l’enfant ne s’occupe ni du passé, ni de l’avenir. Il profite du moment présent. « Je veux accentuer cet esprit d’enfance en vous, ma Sœur et j’insiste beaucoup là-dessus ». Je vois ainsi combien Dieu confirme les désirs de mon confesseur, puisqu’au même moment, Il ne m’apparaît pas comme un Maître dans la plénitude de Ses forces et dans Son humanité adulte, mais bien plutôt comme un petit Enfant. Le Dieu inaccessible s’abaisse ainsi jusqu’à moi sous l’aspect d’un petit Enfant Cependant le regard de mon âme ne s’arrête pas à cette apparence.

333. Bien que Vous assumiez la taille d’un petit enfant, je vois en Vous le Seigneur des Seigneurs, Immortel et Infini, que les purs esprits louent nuit et jour, pour Lequel les choeurs des Séraphins  flambent du feu du plus pur amour. O Christ, Ô Jésus, je souhaiterais les surpasser dans mon amour pour Vous. Je vous demande pardon, Ô Esprits célestes, pour oser me comparer à vous, moi cet abîme, ce gouffre de misère. Mais vous, Ô, Dieu, qui êtes un abîme insondable de miséricorde, absorbez-moi, comme  l’ardeur du soleil absorbe une goutte de rosée. Votre regard rempli d’amour comble tout abîme. La grandeur de Dieu fait mon bonheur. Il me suffira pleinement pour être heureuse pendant toute l’éternité, de contempler la grandeur de Dieu.

334. Un jour en voyant Jésus sous l’apparence d’un petit  Enfant, je Lui ai demandé : « Jésus, pourquoi Vous manifestez-Vous ainsi à moi sous l’apparence d’un petit Enfant ? Malgré tout, je vois en Vous le Dieu infini, mon Créateur et mon Seigneur. » Jésus me répondit que tant que je n’aurais pas appris la simplicité et l’humilité, Il se manifesterait à moi sous  la forme d’un petit enfant.

335. 1934. Pendant la Sainte Messe, quand Jésus était exposé dans le Saint Sacrement, avant la Sainte Communion, j’aperçus deux rayons sortant de la Très Sainte Hostie, les mêmes que ceux qui sont peints sur cette image, l’un rouge, le second pâle. Et ils se reflétaient sur chacune des Sœurs et des élèves, mais pas de la même manière. Sur quelques unes ils se dessinaient à peine. C’était le jour où finissait la retraite des enfants.

336. 22.11.1934. Une autre fois, Mon Père spirituel m’ordonna de bien réfléchir sur moi-même et de bien m’examiner pour voir si je n’avais pas d’attachements pour quelque chose ou quelque créature, ou bien pour moi-même, et s’il n’y avait pas en moi de bavardages inutiles : « car tout cela empêche Jésus d’agir librement dans votre âme. Dieu est jaloux de nos cœurs et il veut que nous n’aimions que Lui. » Lorsque j’ai commencé à réfléchir ainsi profondément sur moi-même, je n’ai remarqué aucun attachement pour quoi que ce soit. Cependant, comme en tout ce qui me concerne, j’avais peur et je me défiais de moi-même.

337. Fatiguée par cet examen minutieux, je suis allée devant le Saint Sacrement et de toute la force de mon âme, j’ai prié Jésus.
« Jésus mon Epoux, Trésor de mon cœur, Vous savez que je ne connais que Vous et que je n’ai pas d’autre amour que Vous. Mais si je devais m’attacher à quoi que ce soit qui ne serais pas Vous, je Vous prie et Vous supplie, Jésus, par la force de Votre miséricorde, faites descendre immédiatement la mort sur moi, car j’aime mieux mourir mille fois que commettre la moindre infidélité envers Vous, fût-elle minime. »

338. A ce moment Jésus se tint soudain devant moi, venant je ne sais d’où, rayonnant d’une beauté indescriptible, dans un vêtement blanc, les Mains levées. Il me dit ces paroles : « Ma fille, ton coeur est Mon repos, il est Mon plaisir, Je trouve en lui tout ce qu’un si grand nombre d’âmes Me refusent. Dis le à celui qui Me remplace. » Et à l’instant je ne vis plus rien. Un océan de consolations inonda mon âme.

339. Jésus, je comprends maintenant que rien ne peux faire obstacle à mon amour pour Vous : ni la souffrance, ni les contrariétés, ni le feu, ni le glaive, ni la mort elle-même. Je me sens plus forte que tout. Rien ne peut égaler l’amour. Je vois que les choses les plus minimes accomplies par une âme qui aime sincèrement Dieu, prennent une valeur inouïe aux yeux de Ses Saints.

340. 5.11.1934. Un matin après avoir ouvert la porte pour laisser passer nos gens, qui distribuent le pain, je passai un instant à la petite chapelle, pour rendre visite à Jésus et renouveler l’intention du jour. « Voilà Jésus, je vous offre aujourd’hui toutes mes souffrances, mes mortifications, mes prières à l’intention du Saint-Père, pour qu’il approuve cette fête de la Miséricorde. Mais, Jésus, j’ai encore un mot à vous dire. Cela m’étonne beaucoup que Vous me fassiez parler de cette fête de la Miséricorde, on me dit qu’elle est déjà approuvée, pourquoi dois-je en parler ? »
Jésus me répondit : « Qui en sait quelque chose ? Personne! Et même ceux qui ont à la publier et à enseigner les gens en leur parlant de cette Miséricorde, souvent, ne le savent pas eux-mêmes. C’est pourquoi, Je désire que cette image soit solennellement bénie, le premier dimanche après Pâques, et qu’elle reçoive les honneurs publics, afin que chaque âme en soit informée. Fais une neuvaine à l’intention de Saint-Père. Celle-ci doit se composer de 33 actes, c’est-à-dire  que tu répéteras 33 fois cette petite prière à la Miséricorde que Je t’ai apprise. »

341. La souffrance est le plus grand trésor sur cette terre, elle purifie l’âme. C’est dans la souffrance que nous reconnaissons qui est notre véritable ami.

342. L’amour authentique se mesure avec le thermomètre des souffrances. Jésus, je Vous remercie pour les petites croix quotidiennes, pour les contrariétés dans mes desseins, pour les peines de la vie commune, pour la mauvaise interprétation de mes intentions, pour les humiliations infligées par autrui, pour la manière revêche de nous traiter, pour les faux soupçons, pour ma faible santé, pour l’épuisement de mes forces, pour le sacrifice de ma propre volonté, pour l’anéantissement de moi-même, pour la désapprobation en tout, pour le dérangement de tous mes plans.

Je Vous remercie, Jésus, pour les souffrances intérieures, pour les sécheresses de l’esprit, pour les frayeurs, pour les peurs et les incertitudes, pour les ténèbres et la profonde nuit intérieure, pour les tentations et les diverses épreuves, pour les tourments qu’il m’est difficile d’exprimer, surtout pour ceux que personne ne peut comprendre, pour l’heure de la mort, pour son dur combat, pour toute son amertume.

Je Vous remercie, Jésus, Vous qui avez d’abord bu ce calice d’amertume avant de me le tendre. Voila que j’ai appliqué mes lèvres à ce calice de Votre sainte volonté. Qu’il soit fait selon Votre bon plaisir, et qu’il advienne de moi selon ce que Votre Sagesse a prévu de toute éternité. Je désire vider ce calice jusqu’à la dernière goutte. Dans l’amertume je trouve  ma joie, dans ma désespérance, ma confiance. En Vous, Seigneur, tout est bon, tout est donné par Votre Cœur paternel. Je ne préfère pas les consolations aux amertumes, ni les amertumes aux consolations, mais merci pour tout, Jésus ! C’est mon délice de fixer mes regards sur Vous, Dieu infini. Mon esprit séjourne dans ces mystérieuses réalités, et là je sens que je suis chez moi. Je connais bien la demeure de mon Epoux. Je sens qu’il n’y a pas en moi une seule goutte de sang, qui ne se consumerait d’amour pour Vous. O Beauté incroyable, celui qui a fait votre connaissance  ne peux rien aimer d’autre. Je sens que mon âme est un gouffre sans fond et que rien ne le comblera, sinon Dieu seul. Je sens que je me perd en Lui, comme un grain de sable dans un océan sans bornes.

343. 20.XII.1934. Un soir en entrant dans ma cellule, je vis Jésus exposé dans l’ostensoir. Il m’a semblé que c’était en plein air. Aux pieds de Jésus, je voyais mon confesseur et derrière lui un grand nombre de hauts dignitaires de l’Eglise, dont je n’avais jamais vu les ornements sacerdotaux, sauf en vision. Derrière eux, des membres du clergé, plus loin encore je vis de grandes foules, que je ne pouvais embrasser d’un coup d’œil. Je voyais les deux rayons sortant de l’Hostie, les mêmes qui sont sur l’image. Ils étaient étroitement unis, mais ne se confondaient pas. Ils passèrent par les mains de mon confesseur, puis par les mains de ce clergé et, de leurs mains, à la foule, puis revinrent à l’Hostie…et à ce moment je me suis vue dans ma cellule comme j’y étais entrée.

344. 22.XII.1934. Pendant un certain temps je fus obligée d’aller me confesser durant la semaine. Je suis arrivée quand mon confesseur célébrait la Sainte Messe. Pendant la troisième partie de la Sainte Messe, j’aperçus l’Enfant Jésus un peu plus petit que de coutume. Il avait une écharpe de couleur violette alors que d’habitude Il en porte une blanche.

345. 24.XII.1934. Vigile de Noël.
 Pendant la Sainte Messe du matin je sentis la proximité de Dieu et mon esprit, sans le vouloir, s’abîma en Lui. Soudain j’entendis ces mots : « Tu m’est une demeure agréable, Mon Esprit repose en toi. » Puis j’ai senti le regard du Seigneur sondant la profondeur de mon cœur. A la vue de ma misère, je m’humiliai en esprit admirant l’immense miséricorde divine, qui permet que le Très-Haut s’approche d’une telle misère.

Pendant la Sainte Communion, la joie inonda mon âme, je me sentais étroitement unie à la Divinité. Sa Toute Puissance absorba tout mon être. Pendant la journée, je sentis d’une manière singulière la proximité de Dieu. Bien que mes devoirs ne me permissent pas d’aller à la chapelle un seul instant de toute la journée, il n’y eut pas un moment où je ne fusse unie à Dieu.

Je Le sentais en moi, d’une manière plus sensible qu’autrefois. Je saluais sans cesse la Mère de Dieu pénétrant son esprit. Je la priai de m’apprendre le véritable amour de Dieu. Tout-à-coup j’ai entendu ces mots : « Cette nuit, pendant la Sainte Messe, Je partagerai avec toi le mystère de mon bonheur. »

Le dîner eut lieu avant six heures. Malgré la joie et le bruit extérieur qui accompagne toujours la cérémonie pendant laquelle on partage le pain azyme et l’on échange des vœux, je ne perdis pas un seul instant le sentiment de la présence divine. Après le souper nous nous sommes hâtées de finir notre travail, et à neuf heures je pus aller à la chapelle pour l’adoration.

J’ai reçu la permission de ne pas aller dormir, mais d’attendre la Messe de minuit. Je me réjouissais d’avoir du temps libre de neuf heures à minuit. De neuf heures à dix heures, j’ai offert mon adoration à l’intention de mes parents et de toute ma famille, de dix heures à onze heures à l’intention à l’intention de mon directeur spirituel. J’ai d’abord remercié Dieu de m’avoir donné, comme il me l’avait promis, cette grande aide visible sur terre. Je l’ai aussi prié de lui donner la lumière nécessaire pour connaître mon âme et me guider d’après le bon plaisir de Dieu. De onze heures à minuit j’ai prié pour la Sainte Eglise et pour le clergé, pour les pécheurs, pour les missions et pour nos maisons. J’offrais les indulgences pour les âmes du Purgatoire.

346. Minuit, 25.XII.1934.  La Messe de Minuit.

Dès le commencement de la Sainte Messe, j’ai éprouvé un grand recueillement intérieur, la joie inonda mon âme. Pendant  l’Offertoire, j’ai vu Jésus sur l’autel, d’une beauté incomparable. Cet Enfant ne cessait de regarder tout le monde, tendant Ses petites mains. Pendant l’Elévation, l’Enfant ne regardait plus la chapelle, mais vers le ciel. Après l’Elévation, Il nous regarda de nouveau, mais cela dura peu car, comme d’habitude, Il fut rompu par le prêtre et mangé. Mais Il avait déjà une écharpe blanche. Le lendemain je vis la même chose, et le surlendemain aussi. Il m’est difficile d’exprimer ma joie. Cette vision se répéta pendant les trois Saintes Messes, comme à la première.

1934. Le premier jeudi après Noël. J’avais complètement oublié que c’était aujourd’hui jeudi, je n’ai pas fait mon adoration et je suis allée avec les Sœurs tout de suite au dortoir à neuf heures.

Par extraordinaire je ne pouvais pas m’endormir. Il me semblait que j’avais encore quelque chose à faire. Mentalement je repassais  mes devoirs en revue, mais je ne pus rien me rappeler. Cela dura jusqu’à dix heures. Je vis alors la Face de Jésus supplicié. Et soudain Jésus me dit : « Je t’attendais pour partager Mes souffrances, car qui les comprendra mieux que Mon épouse ? » J’ai demandé pardon à Jésus pour ma froideur, et, 348. honteuse, n’osant pas le regarder  mais le cœur contrit, je L’ai prié de daigner me donner une épine de Sa couronne. Jésus me répondit qu’il m’accorderait cette grâce, mais le lendemain, et la vision disparut sur le champ.
Le matin suivant, à la méditation, je sentis comme une douloureuse épine dans ma tête, du côté gauche. Cette douleur dura toute la journée et je ne cessais de me demander comment Jésus avait pu supporter la douleur de toutes les épines qui formaient Sa couronne. J’ai uni mes souffrances à celles de Jésus et je les ai offertes pour les pécheurs.

A quatre heures, quand je suis venue pour l’adoration, je vis une de nos élèves, qui offensais Dieu terriblement par des péchés d’impureté. Je voyais aussi la personne avec qui l’élève péchait. La peur s’empara de mon âme et je priais Dieu, par les douleurs de Jésus, de daigner l’arracher à cette affreuse misère.

349. Jésus me répondit qu’Il lui accorderait cette grâce, non pour elle, mais à cause de ma prière. Alors j’ai compris combien nous devions prier pour les pécheurs et particulièrement pour nos élèves.

Notre vie est vraiment apostolique. Je veux imaginer une religieuse qui virait dans nos maisons, c'est-à-dire dans notre communauté, et qui ne serait pas animée de l’esprit apostolique. La ferveur pour le salut des âmes devrait brûler dans nos cœurs.

350. O mon Dieu, qu’il est doux de souffrir pour vous dans les recoins les plus secrets du cœur, dans la plus grande solitude; de brûler comme une offrande que personne ne remarque, pure comme le cristal, sans consolation ni compassion. Mon esprit brûle en proie à un amour actif. Je ne perds pas de temps en rêveries. Je prends chaque instant séparément, car cela est en mon pouvoir. Le passé ne m’appartient plus, l’avenir n’est pas encore à moi. De toute mon âme, je tâche de profiter du temps présent.

4.I.1935. Le premier chapitre de Mère Borgia.
351. Pendant ce chapitre, la Mère mit l’accent sur la vie de foi et la fidélité dans les petites choses. Vers la moitié du chapitre, j’ai entendu ces paroles : « Je désire qu’il y ait plus de foi en vous au moment présent. Quelle grande joie Me cause la fidélité de mon épouse dans les petites choses. » - Alors j’a regardé la croix et j’ai vu que Jésus avait la tête tournée vers le réfectoire, Ses lèvres remuaient.
Quand j’en ai parlé à la Mère Supérieure, elle me répondit : « Vous voyez, ma Sœur combien Jésus exige que notre vie soit une vie de foi. »
352. Puis la Mère se rendit à la chapelle, et moi, je restais pour mettre la pièce en ordre et j’entendis soudain ces mots : « Dis à toutes les Sœurs que j’exige qu’au temps présent, elles vivent leurs rapports avec les Supérieures, dans un esprit de foi. » J’ai prié mon confesseur de me dispenser de ce devoir.

353. Un jour que je parlais avec une personne, qui devait peindre cette image,, mais qui pour certaines raisons ne le faisait pas, j’entendis cette voix dans mon âme : « Je désire qu’elle soit plus obéissante. » J’ai compris que les plus grands efforts, s’ils n’ont pas le cachet de l’obéissance, ne sont pas agréables à Dieu. Je parle ici pour une âme religieuse. O Dieu, qu’il est facile de connaître Votre Volonté dans un ordre religieux. Pour nous, les âmes consacrées, la volonté de Dieu est clairement tracée du matin au soir. Et dans les moments d’incertitude, nous avons nos Supérieurs, par lesquels Dieu nous parle.

354. 1934.I.1935 ; Veille du Nouvel An.
J’ai obtenu la permission de ne pas aller dormir, mais de prier à la chapelle. Une des Sœurs me demanda d’offrir une heure d’adoration pour elle, ce que j’ai accepté et j’ai prié pour elle pendant une heure. Pendant cette prière, Dieu me révéla que cette âme Lui était très agréable.
J’ai offert la deuxième heure d’adoration pour la conversion des pécheurs, tâchant particulièrement d’expier les outrages de l’heure présente, ceux qui offensent le plus le Seigneur.
J’ai offert la troisième heure à l’intention de mon père spirituel. J’ai instamment demandé pour lui la lumière pour certaine affaire.

Enfin, minuit sonne. La dernière heure de l’année. Je l’ai finie au nom de la Sainte Trinité. De même en son Saint Nom, j’ai commencé la première heure du Nouvel An. J’ai prié chacune des Trois Personnes de me bénir, et, avec grande confiance, j’ai dirigé mon regard vers la nouvelle année qui ne sera certainement pas exempte de souffrances.

355. Hostie Sainte, en Vous est contenu le testament  de la Miséricorde divine pour nous, et spécialement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous sont contenus le Corps et le Sang de Jésus, preuves de l’infinie Miséricorde envers nous et spécialement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous sont contenues la vie éternelle et l’infinie Miséricorde, qui nous sont abondamment accordées, particulièrement aux pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous est contenue la Miséricorde du Père, du Fils et du Saint Esprit envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le prix infini de la Miséricorde, qui paye toutes nos dettes et particulièrement celles des pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenue la Source de l’eau vive, jaillissante de l’infinie Miséricorde pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le feu du plus pur amour, qui flambe au sein de Père Eternel comme d’un volcan d’infinie Miséricorde pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

 Hostie Sainte, en Vous est contenu le remède à toutes nos faiblesses, découlant de l’infinie Miséricorde comme d’une source, pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le lien entre Dieu et nous, don de l’infinie Miséricorde envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous sont contenus tous les sentiments du Très doux Cœur de Jésus envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, dans toutes les souffrances et les contrariétés de la vie.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et des orages intérieurs et extérieurs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, dans la vie et à l’heure de notre mort.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des insuccès et dans l’abîme des désespoirs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la fausseté et des trahisons.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et de l’impiété qui submergent la terre.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la nostalgie et de la douleur résultant de l’incompréhension de tous.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu du travail pénible et de la monotonie de la vie quotidienne.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la destruction de nos espoirs et de nos efforts.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ravages de l’ennemi et des efforts de l’enfer.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque les fardeaux dépasseront mes forces et quand je verrai l’inutilité de mes efforts.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous lorsque les orages secouent mon cœur et que l’esprit effrayé penche vers le doute.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous lorsque mon cœur va frémir et quand la sueur mortelle mouillera mon front.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous lorsque tout sera conjuré contre moi et que le sombre désespoir envahira mon âme.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous lorsque mon regard va se détourner des choses temporelles et que mon esprit verra pour la première fois des mondes inconnus.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque les travaux vont surpasser mes forces et que l’insuccès sera mon constant partage.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque l’accomplissement des vertus me semblera difficile et que la nature se révoltera.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque les coups de l’ennemi serons dirigés contre moi.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque mes fatigues et mes efforts seront méconnus des hommes.

Hostie Sainte, j’ai confiance en Vous, lorsque Vos jugements retentiront sur moi, alors j’aurai confiance en votre Miséricorde sans limites.

356. Très Sainte Trinité, j’ai confiance en votre infinie Miséricorde. Dieu est mon Père. Donc moi, Son enfant, j’ai tous les droits sur Son divin Cœur. Et plus les ténèbres son grandes, plus totale doit être notre confiance.

357. Je ne comprends pas comment on peut ne pas avoir confiance en Celui qui peut tout. Tout est par Lui et rien sans Lui. Lui, le Seigneur, ne permettra ni n’admettra la confusion de ceux qui ont mis toute leur confiance en Lui.

358. 10.1.1935. Jeudi soir pendant la bénédiction certaines pensées commencèrent à me tourmenter : Est-ce que, par hasard, tout ce que je dis au sujet de cette grande Miséricorde de Dieu ne serait pas mensonge ou illusion ?... Je voulais réfléchir un moment là-dessus, quand, soudain, j’entendis une voix intérieure forte et distincte : « Tout ce  que tu dis de Ma bonté est la vérité et il n’y a pas d’expression suffisante pour la louer. » - Ces paroles étaient si pleine de puissance et si claires, que je donnerais ma vie pour elles : elles viennent de Dieu. Je Le reconnais à la paix profonde qui m’envahit alors et continue de m’accompagner.
358 morceau
Cette paix me donne une puissance et une force si grande, que toutes les difficultés, les contrariétés, les souffrances et la mort même ne sont rien. Cette lumière souleva un coin du voile et je vis que tous mes efforts pour que les âmes connaissent la Miséricorde du Seigneur, sont très agréables à Dieu. Cela fit naître une si grande joie dans mon âme, que je ne sais si, au Ciel, elle peut être plus grande. Oh !si les âmes voulaient écouter, au moins un peu, la voix de leur conscience et la voix, ou plutôt  les inspirations de l’Esprit Saint ! Je dis : « au moins un peu », car lorsque nous nous livrons à l’influence de l’Esprit Saint divin, Il complète Lui-même ce qui nous manque.

359. Nouvel An 1935.
Jésus aime entrer dans les menus détails de notre vie. Bien des fois, Il réalise mes secrets désirs que je Lui cache parfois, bien que je sache que rien ne peut être caché devant Lui.
Il est en usage chez nous, le jour de l’An, de tirer au sort des Patrons particuliers pour toute l’année. Le matin, pendant la méditation, un secret désir s’éveilla en moi que Jésus Eucharistie soit mon Patron particulier pour cette année comme avant. Cependant, cachant ce désir à mon Bien-aimé, je Lui parlai de tout, sauf de cela. Quand nous sommes arrivées au réfectoire pour déjeuner, après le signe de croix, nous commençâmes à tirer au sort. Lorsque je me suis approchée des petites images où sont inscrits les Patrons j’en ai pris une sans réfléchir. Cependant pour me mortifier pendant quelques minutes, je ne l’ai pas lue tout de suite.

Soudain j’entendis une voix dans mon âme : « Je suis ton Patron, lis. » A ce moment, j’ai regardé l’inscription et j’ai lu : Patron pour l’année1935, la Sainte Eucharistie ». Mon cœur frémit de joie. Je me suis éloignée discrètement du cercle des Sœurs et je suis allée, pendant un court instant, devant le Saint Sacrement et là j’ai soulagé les sentiments de mon cœur. Cependant Jésus me fit doucement remarquer qu’en ce moment, je devais être en communauté avec les Sœurs, j’y suis immédiatement retournée, conformément à la règle.

360. Sainte Trinité, Dieu unique, inconcevable dans la grandeur de Votre Miséricorde envers les créatures et particulièrement envers les pauvres pécheurs. Vous avez révélé l’abîme de Votre Miséricorde inconcevable dont aucune intelligence humaine, ni angélique ne sondera jamais les limites. Notre néant et notre misère s’anéantissent dans Votre grandeur. O Bonté infinie, qui vous louera dignement ? Se trouvera-t-il une âme, qui Vous comprenne dans Votre amour ? O Jésus, de telles âmes existent, mais il n’y en a pas beaucoup.

361. Un jour, pendant la méditation matinale, j’ai entendu cette voix : « Je suis Moi-même ton directeur, Je l’étais, Je le suis et Je le serai. Quand tu M’as prié de te donner une aide visible, Je te l’ai accordée, l’ayant choisie Moi-même avant même que tu Me l’aies  demandé, car ainsi l’exigeait Mon œuvre. Sache que les fautes que tu commets envers lui, blessent Mon Cœur. Surtout garde-toi d’être indépendante, que chacun des plus petits détails portent le cachet de l’obéissance. »
Le cœur humilié et anéanti, j’ai demandé pardon à Jésus pour ces fautes. J’ai également demandé pardon à mon Père spirituel et j’ai pris la résolution de ne rien faire plutôt que d’agir à tort et à travers.
362. O Bon Jésus, je vous remercie pour cette grande grâce de me faire comprendre que je suis en moi-même misère et péché, rien de plus. Par moi-même je ne puis qu’une chose : Vous offenser, Ô mon Dieu. Car la misère ne peut rien faire d’autre par elle-même que Vous offenser, ô Bonté infinie !

363. Un jour on m’a demandé de prier pour une âme, j’ai résolu tout de suite de faire une neuvaine à la Miséricorde du Seigneur, en y joignant une mortification, celle de porter des chaînettes aux deux pieds pendant la Sainte Messe. Au bout de trois jours de pratique de cette mortification, je suis allée me confesser et j’ai fait part à mon Père spirituel de la mortification que j’avais entreprise, présument qu’il n’aurait rien contre. Mais j’entendis le contraire, à savoir que je ne devais rien faire seule, sans permission.
O mon Jésus, voilà que de nouveau j’ai été indépendante. Mais je ne me décourage pas de ces chutes, je sais bien que suis misère. Ma santé m’interdit les mortifications et mon Père spirituel s’étonnait que je fasse de plus grandes mortifications, sans autorisation. J’ai demandé pardon pour avoir agi de ma propre volonté, ou plutôt, pour avoir présumé la permission. Je lui ai demandé une autre mortification à la place.

364. Il me proposa une mortification intérieure, notamment ; je devais considérer, pendant la Sainte Messe, pourquoi Jésus a consenti à être baptisé. Cette méditation n’était pas une mortification pour moi, car ce m’est un délice de penser à Dieu. Mais il y avait là une mortification de la volonté, puisque je faisais, non pas ce qui me plaisait, mais ce qui m’était indiqué. C’est en cela que consiste la mortification intérieure.
Lorsque je me suis éloignée du confessionnal et que j’ai commencé à réciter ma pénitence, j’entendis ces mots : « J’ai  accordé la grâce que tu M’avais demandée pour cette âme, cependant je ne l’ai pas fait à cause de la mortification que tu t’étais toi-même choisie. C’est pour ton acte d’obéissance absolue envers celui qui Me représente, que J’ai accordé à cette âme la grâce pour laquelle tu as intercédé auprès de Moi, et pour laquelle tu as imploré Ma Miséricorde. Sache que lorsque tu détruis ta volonté propre, la mienne règne en toi. »

365. O mon Jésus, soyez patient avec moi, je serai plus attentive à l’avenir. Je ne m’appuierai plus sur moi-même, mais sur Votre grâce et sur Votre bonté, qui sont si grandes pour moi qui suis si misérable.

Une fois, Jésus me fît connaître que lorsque je Le priais aux intentions qu’on me confiait, Il était toujours prêt à accorder Ses grâces, mais que les âmes ne voulaient pas toujours les accepter. « Mon Cœur déborde d’une grande miséricorde pour les âmes et particulièrement pour celles des pauvres pécheurs. Si elles pouvaient comprendre que Je suis le meilleur des Pères, que c’est pour elles que le Sang et l’Eau ont jailli  de Mon Cœur comme d’une source pleine de miséricorde. Pour elles Je demeure au tabernacle comme Roi de Miséricorde. Je désire combler les âmes de grâces, mais elles ne veulent pas les accepter. Toi au moins, viens vers Moi le plus souvent possible et prends ces grâces qu’elles ne veulent pas. Ainsi tu consoleras Mon Cœur. Oh ! Que l’indifférence des âmes pour tant de bonté, tant de preuves d’amour est grande! Mon Cœur n’est abreuvé que d’ingratitude et d’oubli de la part des âmes qui vivent dans le monde. Elles ont du temps pour tout, mais elles n’ont pas de temps pour venir vers Moi, ni pour chercher des grâces.

Je me tourne donc vers vous, âmes choisies, est-ce que, vous aussi resterez aveugles à l’amour de Mon Cœur ? Et ici aussi, Mon Cœur éprouve une déception. Je ne trouve pas en vous un abandon total à Mon amour, mais tant de réserves, tant de méfiance, tant de précautions !
Pour te consoler, Je te dirai qu’il y a des âmes vivant dans le monde, qui M’aiment sincèrement. Je séjourne avec délices en elles. Mais elles sont peu nombreuses. Dans les couvents aussi il y a des âmes qui remplissent Mon Cœur de joie : Mes traits sont gravés en elles et c’est pour cela que le Père Céleste les regarde avec une prédilection particulière. Elles seront un spectacle pour les Anges et les hommes. Mais leur nombre est très petit. Ce sont elles qui protègent le monde de la justice du Père Céleste et qui lui obtiennent miséricorde, par leur prières. L’amour de ces âmes et leurs sacrifices soutiennent l’existence du monde.
C’est l’infidélité d’une âme, spécialement élue par Moi, qui blesse le plus douloureusement Mon Cœur : ces infidélités sont des larmes qui Me transpercent le Cœur. »

367. 29.1.1935. Ce mardi matin, pendant la méditation, j’ai aperçu intérieurement, le Saint-Père qui célébrait la Sainte Messe. Après le Pater Noster il causait avec Jésus de cette affaire que Jésus m’a ordonné de lui dire. Bien que je n’en aie jamais parlé au Saint-Père personnellement, mais que ces affaires soient arrangées par quelqu’un d’autre, à cet instant, j’ai su, par connaissance intérieure, qu’il y réfléchissait et que dans peu de temps, l’affaire serait conclue selon les désirs de Jésus.

368. Avant la retraite de huit jours, je suis allée chez mon directeur spirituel et je l’ai prié de me désigner certaines mortifications pour le temps de la retraite. Il ne m’en a permis que quelques unes seulement, et non toutes celles que je désirais. J’ai reçu la permission de faire une heure de méditation sur la Passion de Jésus et de m’imposer certaines humiliations. J’étais un peu mécontente de ne pas avoir reçu la permission pour tout ce que je lui avais demandé. Quand nous sommes rentrées à la maison, j’ai passé un moment à la chapelle et j’entendis dans mon âme une voix « Une heure de méditation sur Ma douloureuse Passion a un plus grand mérite, que toute une année de flagellation jusqu’au sang. La considération de Mes Plaies douloureuses est d’un grand profit pour toi et Me procure une grande joie. Je suis étonné que tu n’aies pas encore renoncé complètement à ta propre volonté, mais Je me réjouis, car ce changement surviendra pendant la retraite. »
369. Le même jour, alors que j’étais à l’église, pour me confesser, j’ai aperçu ces mêmes rayons sortant de l’ostensoir. Ils se répandaient dans toute l’église. Cela dura pendant tout l’office. Après la bénédiction, ils se répandirent des deux côtés, puis revinrent à l’ostensoir. Leur aspect était clair et transparent comme du cristal. J’ai prié Jésus qu’il daigne allumer le feu de son amour dans toutes les âmes froides. Sous ces rayons, leur cœur se réchaufferait, même s’il était froid comme de la glace, et il serait réduit en poussière, même s’il était dur comme le roc.

370.  J.M.J.     Wilno, 4,11.1935

  Retraite de  huit jours.

Jésus, Roi de Miséricorde, voici revenu le moment où je reste en tête avec Vous, c’est pourquoi je Vous supplie par tout l’amour dont brûle Votre divin Cœur, détruisez en moi, tout amour propre et, par contre, enflammez mon cœur du feu de Votre très pur amour.

371. Le soir, la conférence finie, j’ai entendu ces mots : « Je suis avec toi. Pendant cette retraite, je t’affermirai dans la paix et le courage, pour que les forces ne te manquent pas dans l’accomplissement de Mes desseins. C’est pourquoi tu vas absolument renoncer à ta propre volonté pendant cette retraite et ainsi toute Ma volonté s’accomplira en toi. Sache que cela va te coûter beaucoup, c’est pourquoi écris sur une carte blanche ces mots : « A partir d’aujourd’hui ma volonté propre n’existe plus. » Et raye la carte.
De l’autre côté, écrit ces mots : « A partir d’aujourd’hui j’accomplis la volonté de Dieu, partout, toujours, en tout. » Ne t’effraie de rien. L’amour t’en donnera la force et en facilitera l’accomplissement. »

372. Méditation fondamentale sur le but c’est-à-dire sur les choix de l’Amour. L’âme doit aimer, elle a besoin d’aimer. L’âme doit déverser son amour, non pas dans la boue, ni dans le vide, mais en Dieu. Comme je me réjouis quand je réfléchis là-dessus, car je sens réellement que Lui seul est dans mon cœur. Jésus, Seul, Unique. J’aime les créatures en tant qu’elles m’aident à m’unir à Dieu. J’aime tous les hommes parce que je vois en eux l’image divine.

373. J.M.J.       Wilno, 4.11.1935
 

A partir d’aujourd’hui ma volonté propre n’existe plus

Au moment où je m’agenouillais pour rayer ma volonté propre, comme le Seigneur m’a dit de le faire, j’ai entendu dans mon âme cette voix : « A partir d’aujourd’hui, n’aie pas peur des jugements de Dieu, car tu ne seras pas jugée. »

J.M.J.        Wilno, 4.11 1935
 

A partir d’aujourd’hui j’accomplis la volonté de Dieu, partout, toujours, en tout.

J.M.J.        Wilno, 8.11.1935

Le travail intérieur, personnel, ou examen de conscience. Du renoncement de soi et de sa volonté propre.
I Le renoncement de la raison : c’est-à-dire soumettre ma raison à celle de ceux qui remplacent Dieu sur terre auprès de moi.

II Le renoncement de la volonté : c’est-à-dire, accomplir la volonté de Dieu qui se manifeste à moi dans la volonté de ceux qui tiennent la place de Dieu auprès de moi, ainsi que dans le règlement de notre ordre religieux.

III Le renoncement du jugement : c’est-à-dire accepter immédiatement, sans réfléchir, sans analyser, ni raisonner chaque ordre, qui m’est donné par ceux qui tiennent la place de Dieu auprès de moi.

IV Le renoncement de ma langue. Je ne lui donnerai aucune liberté. En un seul cas, elle sera totalement libre : pour la proclamation de la gloire de Dieu. A chaque fois que je communie, je prie Jésus qu’il daigne fortifier et purifier ma langue, pour que je ne blesse pas mon prochain. C’est pour cela que j’ai le plus grand respect pour la règle qui parle du silence.

375. Mon Jésus,  j’ai confiance que Votre grâce m’aidera à tenir ces résolutions. Bien que ces articles soient contenus dans le vœu d’obéissance, je veux pourtant m’y exercer d’une manière particulière, car c’est l’essence de la vie religieuse. Miséricordieux Jésus, je Vous en prie ardemment,  éclairez mon esprit pour que je puisse mieux Vous connaître, Vous qui êtes l’Être infini, et pour que je puisse mieux me connaître, moi qui suis le néant même.

376. De la Sainte confession. Nous devrions tirer deux profits de la Sainte Confession. Nous allons nous confesser :
1. Pour la guérison.

2. Pour l’éducation. Notre âme a besoin, comme un petit enfant, d’une éducation continuelle. O mon Jésus, je comprends ces mots à fond et je sais, par expérience,  que lâme n’arrivera pas loin par ses propres forces. Elle peinera beaucoup rt ne fera rien pour la gloire de Dieu. Elle va s’égarer constamment, car mon esprit est obscur et ne sait pas discerner en ce qui le concerne. Je vais appliquer mon attention spécialement sur deux points :
1. Choisir en me confessant, ce qui m’humilie le plus, serais-ce une chose minime, pourvu que cela me coûte beaucoup et voilà pourquoi je le dirai.

2. Je vais m’exercer à la contrition, non seulement pendant la confession, mais à chaque examen de conscience. Je vais éveiller en moi la contrition parfaite, surtout au moment d’aller me coucher.

Encore un mot : l’âme, qui désire sincèrement avancer dans la perfection, doit s’en tenir strictement aux conseils que lui donne son conseiller spirituel. Autant de sainteté que de dépendance.

377. Un jour où je causais avec mon directeur, j’aperçus intérieurement, et dans un éclair, son âme en proie à une grande souffrance, à un supplice tel que rares sont les âmes que Dieu touche d’un pareil feu. Cette œuvre en était la cause. Un jour viendra où cette œuvre tant recommandée par Dieu paraissant presque réduite à néant, resurgira soudain sous l’action de Dieu avec une grande force qui témoignera de sa vérité. Et bien qu’elle existât depuis longtemps déjà, elle donnera une nouvelle splendeur à l’Eglise. Personne ne peut nier que Dieu est infiniment miséricordieux. Il désire que tout le monde le sache, avant qu’il ne revienne comme Juge. Il veut que les âmes Le connaissent d’abord comme Roi de Miséricorde. Quand viendra ce triomphe, nous serons déjà dans cette vie nouvelle où il n’y a plus de souffrance. Mais, avant cela, « votre âme sera abreuvée d’amertume devant l’anéantissement de vos efforts. » Cependant cet anéantissement ne sera qu’apparent, car Dieu ne change pas ce qu’Il a une fois décidé. Mais bien que l’anéantissement ne soit qu’apparent, pourtant la souffrance sera bien réelle.
Quand cela arrivera-t-il ? Je ne le sais pas. Combien de temps cela durera-t-il ? Je l’ignore. Mais Dieu m’a promis une grande grâce particulière ainsi qu’à tout ceux qui proclameront la grandeur de Sa Miséricorde. Il les défendra à l’heure de la mort. Lorsqu’un pécheur se tourne vers Sa Miséricorde, même si ses péchés étaient noirs comme la nuit, il Lui rend la plus grande gloire et fait honneur à Sa Passion. Lorsqu’une âme glorifie Sa bonté, alors le démon tremble à cette vue et s’enfuit au fond de l’enfer.
Au cours d’une adoration, Jésus m’a promis : « J’agirai, à l’heure de leur mort, selon Mon infinie Miséricorde, envers les âmes qui auront recours à Ma Miséricorde, et envers celle qui la glorifieront et en parleront aux autres. »
« Mon Cœur souffre, dit Jésus, à cause des âmes choisies, qui ne comprennent pas elles-mêmes l’immensité de Ma Miséricorde. Leur relation envers Moi, d’une certaine manière, comporte de la méfiance. Oh !  Comme cela blesse Mon Cœur ! Souvenez-vous de Ma Passion et si vous ne croyez pas à Mes paroles, croyez au moins à mes plaies. »

379. Je ne ferai aucune démarche, aucun geste, selon ma propre inclination, car je suis liée par la grâce. Je suis constamment attentive à ce qui est le plus agréable à Jésus.

380. Pendant§ une méditation sur l’obéissance, j’ai entendu ces paroles : « Le prêtre parle, ici, exceptionnellement pour toi, sache que J’emprunte sa bouche. » Je m’efforçais d’écouter avec la plus grande attention, et j’appliquais tout à mon cœur comme pour chaque méditation. Lorsque le prêtre a dit que l’âme obéissante se remplit de la force de Dieu – « Oui quand tu es obéissante, Je t’enlève ta faiblesse et en échange Je te donne Ma force. Cela m’étonne que les âmes ne veuillent pas faire cet échange avec Moi. » J’ai dit : « Jésus, éclairez mon âme, sinon, moi non plus, je ne comprendrai pas bien ces paroles. »

381. « Je sais que je ne vis pas pour moi, mais pour un grand nombre d’âmes. Je sais que les grâces, qui me sont accordées, ne sont pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres. O Jésus, l’immensité de Votre Miséricorde se déverse en mon âme qui est le gouffre même de la misère. Je Vous remercie Jésus, pour les grâces et les parcelles de la Croix que Vous me donnez à chaque instant de ma vie. »

382. Au commencement de la retraite, j’ai aperçu Jésus cloué à la Croix, sur le plafond de la chapelle. Il regardait les Sœurs avec un grand amour, mais pas toutes. Il y a trois Sœurs sur lesquelles Jésus jetait un regard sévère, je ne sais pour quelle raison. Je sais seulement qu’il est terrible de rencontrer un tel regard qui est celui d’un Juge sévère. Ce regard ne me concernait pas et cependant je fus saisie de crainte et de frayeur. J’en frémis encore tout en écrivant ces mots. Je n’ai pas osé en dire le moindre mot à Jésus. Mes forces s’en allaient et je craignis ne plus pouvoir rester jusqu’à la fin de la conférence.
Le lendemain, j’ai vu de nouveau la même chose que la première fois. Et j’ai osé dire : «   Jésus, comme Votre Miséricorde est grande. »
Le troisième jour, le regard bienveillant sur toutes les Sœurs, excepté ces trois, se reproduisit encore. Alors je pris mon courage à deux mains, et mue par l’amour du prochain je dis au Seigneur : « Vous qui êtes la Miséricorde même, comme Vous me l’avez affirmé, je Vous supplie, par la puissance de Votre Miséricorde, posez aussi Votre regard bienveillant sur ces trois Sœurs. Si cela ne s’accorde pas avec Votre Sagesse, je Vous en prie, faisons un échange : que le regard bienveillant que Vous portez sur mon âme soit pour elles, et que le regard sévère que Vous portez sur leur âme, soit pour moi. » Alors Jésus me dit : « Ma fille, pour ton amour sincère et magnanime, Je leur accorde beaucoup de grâces, bien qu’elles ne Me prient pas. Mais c’est à cause de la promesse que Je t’ai faite. » Et, au même instant Il embrassa aussi du regard ces trois Sœurs. Une grande joie me fit battre le cœur, à la vue de la Bonté divine.

383. Je suis restée en adoration de 9 heures à 10 heures, ainsi que quatre autres Sœurs. M’approchant de l’autel, j’ai commencé à méditer la Passion de Jésus. Au même instant une terrible douleur inonda mon âme à cause de l’ingratitude d’un si grand nombre d’âmes qui vivent dans le monde. Et plus encore à cause de celle des âmes spécialement choisies par Dieu. On ne peut s’en faire une idée ni tenter de comparaison. A la vue de cette ingratitude des plus noires, je sentis comme si mon cœur se déchirait. Mes forces physiques m’abandonnaient complètement. Je me suis prosternée et sans me cacher, je pleurais tout haut. Chaque fois que je pensais à la grande  Miséricorde de Dieu et à l’ingratitude des âmes, la douleur transperçait mon cœur. J’ai compris aussi combien le Doux Cœur de Jésus en est douloureusement blessé. J’ai renouvelé d’un cœur ardent mon acte d’offrande pour les pécheurs.

384. Avec joie et envie j’ai pressé mes lèvres à l’amertume du calice que je prend chaque jour pendant la Sainte Messe.. Je ne la donnerai à personne, la goutte que Jésus me réserve à chaque moment. Je vais consoler le très doux Cœur Eucharistique de Jésus. Je jouerai de belles mélodies sur les cordes de mon cœur, la souffrance est la plus douce musique. Je vais assidûment  rechercher ce qui peut aujourd’hui réjouir Son Cœur.
Les jours de la vie ne sont pas monotones. Quand les nuages noirs me cacheront le soleil, je fendrai les nuées comme un aigle et je signalerai à tos que le soleil ne s’éteint pas.

385. Je sens que Dieu me permettra de soulever le voile pour que la terre ne doute pas de Sa bonté. Dieu n’est sujet ni à éclipse, ni à changement, Il est pour tous les siècles Un et Le Même. Rien ne peut s’opposer à Sa volonté. Je sens en moi une force plus grande que la force humaine : un courage et une force issus de la grâce qui demeure en moi. Je comprends les âmes qui souffrent du manque d’espoir, j’ai moi-même expérimenté ce feu. Mais Dieu, n’impose rien au delà de nos forces. J’ai longtemps vécu dans l’espérance contre toute espérance et j’ai ainsi fait naître l’espérance jusqu’à la confiance totale en Dieu. Qu’il m’arrive ce qu’Il a décidé depuis tous les siècles.

Le principe général.

386. Il serait bien laid pour une religieuse de chercher du soulagement dans la souffrance.

387. Voici ce qu’on fait la grâce et la méditation, d’un très grand criminel. Celui qui meurt a beaucoup d’amour. « Souvenez-Vous de moi lorsque Vous serez dans Votre Royaume. » La vraie contrition change l’âme immédiatement. Il faut diriger la vie spirituelle sérieusement et sincèrement.

388. L’amour doit être réciproque. Si Jésus a bu pour moi toute l’amertume, moi, Son épouse, j’accepterai toutes les amertumes pour Lui prouver mon amour.

389. Celui qui sait pardonner se prépare de nombreuses grâces divines. Je pardonnerai sincèrement chaque fois que je regarderai le crucifix

390. L’union avec les âmes nous a été donnée au Sacrement du Saint-Baptème. La mort resserre l’amour. Je devrai toujours être une aide pour les autres. Si je suis une bonne religieuse, je serai utile non seulement à notre Ordre, mais aussi à ma Patrie.

391. Dieu donne Ses grâces de deux façons : par l’inspiration et par l’illumination. Si nous prions pour obtenir la grâce, Dieu nous la donnera. Il suffit de l’accepter, mais pour cela, i !l faut de l »abnégation. L’amour ne réside ni dans les mots, ni dans les sentiments, mais dans les actes. C’est un acte de volonté, c’est un don, c’est-à-dire une donation.

Raison, volonté, cœur : nous devons exercer ces trois facultés dans la prière. Je ressusciterai en Jésus, mais d’abord je dois vivre en Lui. Si je ne me sépare pas de la croix, alors l’Evangile fera son chemin en moi. Jésus efface en moi toutes mes imperfections. Sa grâce agit sans cesse. La Sainte Trinité m’accorde Sa vie en plénitude par le don de l’Esprit Saint. Les Trois Personnes Divines demeurent en moi. Lorsque Dieu aime, Il le fait de tout Son Etre, de toute la puissance de Son Etre. Si Dieu m’a tant aimée, que dois-je faire, moi, Son épouse ?

392. Pendant une des conférences, Jésus me dit : « Dans la petite grappe élue, tu est une douce baie, Je désire que la sève, qui circule en toi, se communique aux autres âmes. »

393. Pendant le renouvellement des vœux, j’aperçus Jésus du côté de l’Epître, dans un vêtement blanc, ceint d’une ceinture dorée, Il tenait à la main un terrible glaive. Cela dura jusqu’au moment où les Sœurs commencèrent à renouveler leurs vœux
Soudain je vis une clarté insoutenable, et en avant de cette clarté, un plateau de nuage blanc en forme de balance. Jésus s’approcha et mis le glaive sur un plateau de la balance, qui tomba sous son poids, vers la terre, et faillit la toucher complètement. A ce moment les Sœurs finissaient le renouvellement de leurs vœux. Et je vis des Anges prendre à chaque Sœur quelque chose qu’ils mettaient dans un vase d’or, qui avait la forme d’un encensoir. Lorsqu’ils eurent fait le tour de toutes les Sœurs, ils déposèrent sur le second plateau de la balance le vase dont le poids l’emporta tout de suite sur celui du plateau avec le glaive. Alors une flamme jaillit de l’encensoir et monta jusqu’à la clarté. Et soudain j’entendis une voix venant de cette clarté : « Remettez le glaive à sa place, il a moins de poids que le sacrifice. » A ce moment Jésus nous accorda Sa bénédiction, et tout ce que j’avais vu, disparut.
Les Sœurs avaient déjà commencé à communier. Quand j’ai reçu la Sainte Communion, la joie inonda mon âme, une joie si grande que je ne pourrais la décrire.

394. Départ pour quelques jours à la maison paternelle chez ma mère qui se mourait.. J’ai appris que ma mère est très gravement malade, q’elle est mourante, et qu’elle me prie de venir, car elle veut me voir avant de mourir. Alors ce réveillèrent tous les sentiments de mon cœur. Comme une enfant aimant sincèrement sa mère, je désirais exaucer son désir . Mais j’ai laissé à Dieu la liberté d’agir et je me suis livrée complètement à Sa volonté. Sans faire attention à la  douleur de mon cœur, je suivais la volonté divine.

Le jour de ma fête, le 15 février au matin, la Mère Supérieure me remit une seconde lettre de ma famille et m’accorda la permission de retourner à la maison pour exaucer le désir et les prières de ma mère mourante. Tout de suite, j’ai fait les préparatifs nécessaires et le soir j’ai quitté Wilno. J’ai offert toute cette nuit pour ma mère gravement malade, afin que Dieu lui accorde la grâce de ne rien perdre des mérites de ses souffrances.

395. Mes compagnes de voyage étaient bien gentilles; plusieurs dames de la Congrégation mariale se trouvaient dans le même compartiment ; j’ai senti que l’une d’elle souffrait beaucoup et qu’un combat acharné se livrait dans son âme. J’ai prié pour cette âme. A onze heures, ces dames passèrent dans un autre compartiment pour causer et en attendant nous sommes restées toutes les deux seules, dans le wagon. Je sentis que ma prière augmentait encore le combat de cette âme. Je ne la consolais pas, aussi je priais encore plus ardemment. Enfin cette personne s’adressant à moi me pria de lui dire si elle devait accomplir une certaine promesse faite à Dieu. A ce moment, j’ai eu intérieurement connaissance de cette promesse et lui ai répondu : « Vous êtes obligée, Madame, d’accomplir cette promesse, car autrement, vous serez malheureuse toute votre vie. Cette pensée ne vous laissera pas en paix. » Etonnée de cette réponse, elle le dévoila toute son âme.
C’était une maîtresse d’école qui, lorsqu’elle devait passer un examen, promit à Dieu de se consacrer à Son service, c’est-à-dire entrer au couvent si elle était reçue à cet examen. Elle réussit très bien l’examen. Mais, dit-elle, « Je suis entrée dans le tourbillon du monde et je ne veux plus entrer au couvent. Cependant ma conscience ne me laisse pas en paix et malgré les distractions, je suis toujours mécontente. »
Après une assez longue conversation cette personne changea du tout au tout et me dit qu’elle allait tout de suite faire des démarches pour se faire religieuse. Elle me demanda de prier pour elle. Je sentais que Dieu ne lui épargnait pas ses grâces.

396. Le matin, j’arrivais à Varsovie et le soir à 8 heures, j’étais à la maison. Il est difficile de décrire quelle joie ce fut pour mes parents et pour toute la famille.
Ma mère se trouvait un peu mieux, cependant le médecin ne laissait aucun espoir quant à la guérison complète. Après nous être salués, nous sommes tous tombés à genoux pour remercier Dieu de la grâce de pouvoir nous rencontrer tous encore une fois dans cette vie.

397. En voyant prier mon père, j’étais bien honteuse, après tant d’années passées au couvent, de ne pas savoir prier avec autant de sincérité et de ferveur. Je ne cesse de rendre grâces à Dieu pour de tels parents.

398. Oh ! Comme tout avait changé en dix ans ! Impossible de rien reconnaître. Le jardin était si petit maintenant que je ne pouvais le reconnaître. Mes frères et sœurs que j’avais quittés encore enfants, étaient maintenant tous adultes… Je m’étonnais de ne pas les retrouver tels que lors de notre séparation.

399. Stasio m’accompagnait chaque jour à l’église. Je sentais que cette âme était très agréable à Dieu. Le dernier jour, quand il n’y avais plus personne à l’église, je suis allée devant le Saint Sacrement, et nous avons récité ensemble le Te Deum. Après un moment de silence j’ai offert cette âme au Très Doux Cœur de Jésus. Comme il m’était bon de prier dans cette petite église ! Je me suis souvenue de touts les grâces que j’y avais reçues, grâces que je ne comprenais pas alors et dont j’avais si souvent abusé, et je m’étonnais moi-même d’avoir pu être aussi aveugle. Je regrettais vivement mon aveuglement et, soudain j’ai vu Jésus, éclatant d’une beauté indicible. Il me dit gracieusement : « Mon élue, Je t’accorderai de plus grâces encore, pour que tu sois pendant toute l’éternité témoin de Mon Infinie Miséricorde. »

400. Ces jours à la maison passaient pour moi en grande compagnie, car chacun voulait me voir et causer un peu. Souvent je comptais jusqu’à vingt-cinq personnes. Elles écoutaient avec curiosité mes récits de la vie des saints. Je m’imaginais que notre maison était vraiment la maison de Dieu, car jusqu’au soir on ne parlait que de Lui. Lorsque, fatiguée par ces récits et soupirant après la solitude et le silence, je m’échappais le soir au jardin afin de pouvoir parler avec Dieu en tête-à-tête, cela non plus ne me réussissait pas. Mes frères et sœurs venaient tout de suite et me reconduisaient à la maison où, de nouveau, il me fallait parler avec tant d’yeux fixés sur moi !

Mais je parvins à trouver un peu de répit, et je priais mes frères, qui avaient de très belles voix, de chanter. De plus, l’un d’entre eux  jouait du violon, le second de la mandoline.. Ce  qui me permettait  de prier spirituellement sans fuir leur société

 

 

 

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