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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

1148. À un certain moment j’ai compris combien les âmes monastiques défendent leur propre renom sous couvert de défendre la gloire de Dieu. Il s’agit là non de louer Dieu, mais de faire leur propre éloge. Ô Jésus, comme cela me fut douloureux ! Quels secrets seront dévoilés au jour de Votre jugement ? Comment peut-on dérober les dons de Dieu ?

1149. J’ai eu aujourd’hui une grande contrariété de par certaine personne, c’est-à-dire par une personne appartenant au monde. Cette personne sur la foi d’un seul fait véridique, a raconté bien des choses imaginaires. Tout ceci fut cru véritable et répété par toute la maison. Lorsque cela arriva à mes oreilles, j’en ai eu le cœur serré. Comment peut-on ainsi abuser de la bonté d’autrui ? J’ai décidé cependant de ne pas dire un mot pour ma défense et de témoigner encore plus de bonté envers cette personne Mais je me suis aperçue que j’avais trop peu de forces pour supporter ceci avec calme, car cela se prolongea des semaines durant. Lorsque je vis que l’orage s’amoncelait et que le vent commençait à jeter du sable dans les yeux, je suis allée devant le Très Saint Sacrement et j’ai dit au Seigneur : « Jésus, je Vous prie de me donner la force du secours de Votre grâce, car je sens que je ne viendrai pas à bout de cette lutte.. Protégez-moi de Votre poitrine ! » J’entendis alors ces paroles : « N’aie pas peur, Je suis avec toi ! » -Lorsque j’eus quitté l’autel, une force étrange et un grand calme envahirent mon âme Et l’orage qui faisait rage se brisa sur mon âme, comme sur un rocher. Et l’écume de cet orage retomba sur ceux qui l’avaient soulevé. Oh ! Que le Seigneur est bon ! Il rémunère chacun selon ses actes. Que toute âme implore ainsi l’aide d’une « grâce actuelle » lorsque la « grâce habituelle » est insuffisante.

1150. Quand la douleur s’empare de toute mon âme,
Et que l’horizon s’assombrit comme la nuit,
Le cœur déchiré d’un supplice de géhenne,
Alors, Jésus crucifié, Tu es toute ma vie.

Quand l’âme torturée de terribles douleurs,
Redouble ses efforts et lutte sans répit,
Et que le cœur se meurt en un amer tourment,
Jésus crucifié, Tu es l’espoir du salut.

Ainsi les jours passent,
L’âme baigne en une mer d’amertume,
Le cœur fond en larmes,
Jésus crucifié, Tu es pour moi l’aurore.

Et lorsque le calice d’amertume déborde,
Et que tout contre elle s’est conjuré,
Que l’âme descend au Jardin des Oliviers,
Jésus Crucifié, en Toi j’ai ma défense.

Quand l’âme forte de son innocence,
Reçoit de son Dieu cet insigne pouvoir,
Quand le cœur est capable de rendre amour pour tourment,
Jésus crucifié, ma faiblesse en force universelle se change.

1151. Ce n’est pas chose facile de supporter gaiement la souffrance, surtout si elle est imméritée. La nature corrompue se révolte. Et bien que la volonté et la raison surmontent la souffrance (puisque l’une et l’autre peuvent faire du bien à ceux qui causent cette souffrance), pourtant cette émotion a bien des répercutions dans l’âme. En tous points semblables à l’âme inquiète, l’émotion s’attaque à la volonté, à la raison. Mais voyant que seule, elle ne peut rien, elle se calme et s’abandonne à la raison et à la volonté.
Comme un épouvantail elle tombe dans l’âme en faisant beaucoup de bruit. Essayez seulement de l’écouter, elle, alors qu’elle n’est pas sous la coupe de la volonté et de la raison !

1152. 23 juin 1937. Alors que je priais devant le Très Saint Sacrement, tout à coup mes souffrances physiques cessèrent et j’entendis une voix en mon âme : « Tu vois, Je peux tout te donner en un moment. Aucune loi ne Me gêne ».

24 juin. Le lendemain, après la Sainte Communion, j’entendis ces paroles : « Saches, Ma fille, qu’en un moment Je puis te donner tout ce qui t’est nécessaire pour accomplir cette œuvre ! » Une merveilleuse lumière demeura en mon âme après avoir entendu ces paroles et tous les désirs de Dieu me semblèrent si faciles qu’un petit enfant pourrait les réaliser.

1153. 27 juin1937. J’ai vu aujourd’hui, le couvent de cette nouvelle Congrégation. C’est un bâtiment très large et très grand. J’en ai visité chaque partie, l’une après l’autre, et je me suis rendu compte que partout, la divine Providence avait pourvu à tout ce qui était nécessaire. Les personnes vivant dans ce couvent ne portaient pas encore l’habit religieux, mais l’esprit monastique y régnait totalement. Et j’organisais tout, comme le souhaitait le Seigneur. Tout à coup je fus apostrophée par l’une de nos Sœurs : « Comment pouvez-vous, ma Sœur, accomplir une telle œuvre ? » Je répondis : « Ce n’est pas moi mais le Seigneur qui le peut, par mon intermédiaire. Je possède l’autorisation pour tout. » Durant la Messe, la lumière se fit en moi, de même que la profonde compréhension de toute cette œuvre ; et pas l’ombre d’un doute ne demeura dans mon âme.

1154. Le Seigneur m’a fait connaître pour ainsi dire trois nuances de Sa volonté, mais cela revient au même.
La première est que les âmes retirées du monde brûleront en offrande devant le trône de Dieu et imploreront miséricorde pour le monde entier… Elles demanderont la bénédiction pour les prêtres et prépareront le monde, par leur prière, à l’avènement final de Jésus.

1155. La deuxième réside en la prière unie à l’acte de miséricorde. Ces âmes défendront particulièrement les enfants contre l’esprit du mal. Prières et acte de Miséricorde contiennent en soi tout ce que ces âmes devront mettre en œuvre. Et au sein de cette Congrégation, pourrons être admises même les plus pauvres. Elles essayeront d’éveiller l’amour et la Miséricorde de Jésus dans ce monde égoïste.

1156. La troisième consiste en prière et acte de miséricorde, sans aucune obligation de prononcer des vœux. Cependant ce faisant, les âmes auront droit à tous les mérites et privilèges de l’ensemble A cette troisième catégorie peuvent appartenir tous les gens vivant dans le monde.

1157. Tout participant devra accomplir au moins un acte quotidien de miséricorde ; au moins, car il peut y en avoir beaucoup, puisqu’il est aisé pour chacun, même pour le plus misérable, de faire un acte de miséricorde. Car l’accomplissement a trois aspects : d’abord, la parole miséricordieuse qui est pardon et consolation. Deuxièmement, si la parole est inutile, il faut utiliser la prière, et cela est miséricorde. Troisièmement l’acte de miséricorde. Et lorsque viendra le dernier jour, nous serons jugés sur cela. Et c’est sur ces bases, que sera prononcé notre jugement pour l’éternité.

1158. Les écluses de Dieu se sont entr’ouvertes pour nous, profitons-en donc avant que n’arrive le Jour de la Justice de Dieu, ce jour terrifiant.

1159. Lorsqu’un jour, j’ai demandé à Notre Seigneur comment il se fait qu’Il puisse tolérer tant de forfaits et tant de crimes sans les châtier, le Seigneur me répondit : « J’ai l’éternité pour les punir. Maintenant Je prolonge le temps de la miséricorde. Mais malheur à ceux qui ne savent pas reconnaître le moment de Ma visite. Ma fille, secrétaire de Ma Miséricorde, tu as non seulement l’obligation d’écrire et de prêcher Ma miséricorde aux âmes, mais encore celle de leur en obtenir la grâce, afin qu’elles aussi, glorifient Ma Miséricorde. »

1160. Aujourd’hui, mon âme a ressenti de si grands tourments que j’ai entrepris de me plaindre à Notre Seigneur : Jésus, comment pouvez-Vous me laisser seule ? Je ne peux faire toute seule, un seul pas en avant. Vous m’avez pris mon confesseur et Vous-même, Vous Vous cachez de moi. Vous savez bien, Jésus, que je ne sais, ni ne peux rien de plus par moi-même, si ce n’est laisser perdre Vos grâces. Jésus, faites que les circonstances s’arrangent afin que le Père Andrasz revienne ! » Pourtant les tourments demeurent.

1161. L’idée m’est alors venue d’aller trouver un prêtre pour lui confesser mes tourments, ainsi que diverses inspirations, afin qu’il les résolvent. J’ai même fait part de cette idée à la Mère Supérieure. La Mère me répondit : « Je comprends, ma Sœur, que vous vivez des moments difficiles, mais vraiment, je ne vois pour le moment aucun prêtre qui puisse vous convenir. Le prêtre va d’ailleurs bientôt revenir. Et jusque là vous pouvez, ma Sœur, vous confesser de tout au Seigneur. »

1162. Durant une conversation avec le Seigneur j’entendis une voix en mon âme : « Ma fille, Je ne donne pas Ma grâce, pour que tu la révèles ailleurs, et même si tu te confessais, Je ne donnerais pas à un autre prêtre la grâce de te comprendre. Actuellement il me plaît que tu te supportes patiemment toute seule. Ma fille, il n’entre point dans mes vues que tu parles à tous des dons que je t’ai accordés. Je t’ai mise sous la protection de l’ami de Mon Cœur. C’est sous sa direction que s’épanouira ton âme. C’est à lui que J’ai accordé la lumière pour la compréhension de Ma vie en ton âme.

1163. Lorsque J’étais devant Hérode, Ma fille, je t’ai obtenu une grâce, c’est que tu saches te tenir au-dessus du mépris humain, et que tu marches fidèlement sur Mes traces. Fais silence, lorsqu’ils ne veulent point reconnaître la vérité quand elle vient de toi. Car c’est alors que tu parles éloquemment.

1164. Tu sais bien, Ma fille, qu’en tendant à la perfection, tu sanctifieras bien des âmes. Et que si tu ne tendais pas à la Sainteté, de même bien des âmes demeureraient imparfaites. Sache bien que leur perfection dépendra de la tienne et que la plus grande part de responsabilité, en ce qui concerne les âmes, retombera sur toi. »

1165. Puis Il me dit : « Ne crains rien, Mon enfant, mais garde confiance en Ma grâce seule !.. »

1166. Satan m’a avoué que j’étais l’objet de sa haine. « Mille âmes me font moins de dommages, m’a-t-il dit, que toi, lorsque tu parles de la Grande Miséricorde du Tout-Puissant. Les plus grands pécheurs reprennent confiance et reviennent à Dieu. Et moi, dit le mauvais esprit, je perds tout. Mais qui plus et, tu me poursuis moi-même avec cette insondable Miséricorde du Tout Puissant. » J’ai pris conscience de la haine de Satan envers la Miséricorde de Dieu. Il ne veut pas reconnaître que Dieu est bon.

1167. 29juin 1937. Aujourd’hui, durant le petit déjeuner, le Père Andrasz a salué toute la Congrégation par téléphone. Il est de retour et cet après-midi même, il est venu chez nous. Les Sœurs professes, les novices et les deux classes d’élèves, se réunirent dans la cour où nous attendîmes notre cher Père revenu de Rome. Les enfants lui souhaitèrent la bienvenue par des chants et des poèmes. Puis nous lui avons demandé de nous parler de Rome et des belles choses qu’il a vues là bas. Il nous a raconté tout cela pendant plus de deux heures. Par contre il n’a pas eu le temps pour un entretien particulier.

1168. Aujourd’hui mon âme est entrée en étroite union avec le Seigneur. Il me fit connaître que je devais toujours m’abandonner à Sa sainte volonté. « En un instant je peux te donner plus que tu n’es en état de désirer. »

1169. 30 juin 1937. Aujourd’hui le Seigneur m’a dit : « J’ai souvent voulu distinguer cette Congrégation, mais Je ne le peux à cause de son orgueil. Tu sais, Ma fille, qu’aux âmes orgueilleuses, je n’accorde pas de grâces. Et même celles que j’accorde, Je les reprends ! »

1170. Aujourd’hui Sœur Yolande m’a demandé de faire un accord avec elle; Elle priera pour moi et je prierai pour sa classe de Wilno. Quant à moi, je prie toujours pour notre oeuvre. Mais j’ai décidé de prier pendant deux mois pour sa classe de Wilno et Sœur Yolande dira, chaque jour, à mon intention trois Ave Maria au Verbe Incarné afin que la grâce de Dieu me soit accordée. Notre amitié s’en est trouvée renforcée.

1171. 1er juillet 1937. Mois de juillet.
Aujourd’hui pendant l’Angélus, le Seigneur m’a fait comprendre l’inconcevable amour de Dieu envers les hommes ; Il nous élève jusqu'à Sa divinité, inspiré uniquement par Son amour et Son insondable Miséricorde. L’Ange informe du mystère. Dieu seul l’accomplit.

1172. Malgré le calme profond dont jouit mon âme, je lutte sans cesse et parfois, je mène un dur combat afin de suivre fidèlement ma route, car telle est la voie que le Seigneur Jésus désire que je prenne. Ma voie est faite de fidélité à la volonté de Dieu en tout, et toujours ; et particulièrement de fidélité à mon inspiration intérieure, afin d’être un instrument efficace dans la main de Dieu pour mener à bien Son Œuvre d’insondable Miséricorde.

1173. 4 juillet 1937. Premier Dimanche du mois. Retraite mensuelle Le soir, je me suis préparée très méticuleusement et j’ai longuement prié le Saint Esprit afin qu’il veuille m’accorder Sa lumière et me prendre sous Sa direction particulière. Je fis de même envers la Mère de Dieu, mon Ange Gardien et les Saints Patrons.

1174. Fruit de ma méditation.
Tout ce que Jésus a fait, fut bien fait. « Il passa en faisant le bien. » Son attitude fut pleine de bonté et de Miséricorde. La pitié dirigeait Ses pas. Il montra bonté, aménité, compréhension envers Ses ennemis, comme envers ceux qui avaient besoin d’aide ou de consolation. Ce mois-ci, j’ai décidé de refléter fidèlement en moi ces traits de Jésus, même si cela devait me coûter beaucoup.

1175. Pendant l’Adoration, j’entendis une voix en mon âme : « Tes efforts, Ma fille, Me sont agréables. Ils font les délices de Mon Cœur. Je vois chaque mouvement de ton cœur, de ce cœur avec lequel tu M’adores. »

1176. Résolutions particulières.
Toujours la même : M’unir au Christ Miséricordieux. Par Sa douloureuse Passion, j’implorerai le Père des Cieux pour le monde entier.
Point important de la règle : observer un silence rigoureux.
Descendre dans la profondeur de Son Etre et remercier Dieu de tout en m’unissant à Jésus. Avec Lui, en Lui et par Lui, je rends gloire à Dieu.

1177. Ô Seigneur, mon amour, je Vous remercie de m’avoir permis, en ce jour, de puiser des trésors de grâces à la source de Votre insondable Miséricorde. Ô Jésus, non seulement aujourd’hui, mais à tout instant, je reçois tout de Votre insondable Miséricorde, tout ce que l’âme et le corps peuvent désirer.

1178. 7 juillet 1937. Dans les moments d’incertitudes, c’est-à-dire lorsque l’âme est affaiblie, que l’âme demande à Jésus d’agir Lui-même, et quoi qu’elle sache qu’elle devrait agir par la grâce divine, pourtant, à certains moments, il convient de laisser le champ d’action à Dieu.

1179. 15 juillet 1937. A un certain moment j’ai su que j’allais être transférée dans une autre maison. Cette connaissance était toute intérieure. Au même moment j’entendis une voix en mon âme : « Ne crains rien, Ma fille, Ma volonté est que tu demeures ici. Les projets humains vont être contrecarrés et l’on devra se conformer à Ma volonté. »

1180. Quand je fus tout prêt du Seigneur, Il me dit : « Pourquoi appréhendes-tu de commencer l’œuvre que je t’ai commandée ? » Je répondis ; Pourquoi Jésus, dans ces moments-là, me laissez-vous seule ? Et pourquoi est-ce qu’alors je ne ressens plus aucunement Votre présence ? » - « Ma fille, même si tu peux Me percevoir dans les plus secrètes profondeurs de ton cœur, tu ne peux affirmer que J’en suis absent. Ce que Je t’enlève, c’est seulement la sensation de Ma personne. Et cela ne devrait pas être une difficulté pour toi dans l’exécution de Ma volonté. Je fais ceci pour accomplir Mes insondables desseins que tu connaîtras plus tard.
Ma fille, sache bien, une fois pour toute, que seul le péché grave Me chasse de l’âme et rien d’autre. »

1181. Aujourd’hui le Seigneur m’a dit : « Ma fille, délectation et prédilection de Mon Cœur, rien ne M’empêche de t’accorder Ma grâce. Ta misère ne s’oppose en rien à Ma Miséricorde. Ma fille, écrit que plus la misère de l’âme est grande, plus celle-ci aura droit à Ma Miséricorde. Et encourage toutes les âmes la confiance en l’inconcevable abîme de Ma Miséricorde. Car Je désire leur salut à toutes. La source de Ma Miséricorde a été largement ouverte sur la croix, par la blessure de la lance, et depuis elle coule pour toutes les âmes, sans aucune exception. »

1182. Ô Jésus, je désire vivre le moment qui passe, vivre comme si ce jour devait être le dernier pour moi. Je désire profiter de chaque instant, pour la plus grande gloire de Dieu. Je désire retirer de chaque circonstance un bienfait pour mon âme, et regarder tout de ce point de vue. Rien n’arrive sans la volonté de Dieu.
Dieu d’insondable Miséricorde, envahissez le monde entier et déversez-Vous sur nous, par le Cœur compatissant de Jésus.

Je note ici d’anciens souvenirs :
1183. Un soir, j’ai vu le Seigneur Jésus sur la Croix. De Ses mains, de Ses pieds et de Son côté, coulait Son Très Saint Sang. Puis Jésus me dit : « Tout cela, c’est pour le salut des âmes. Examine bien, Ma fille, ce que tu fais, toi, pour leur salut. » J’ai répondu : « Jésus, lorsque je contemple Votre supplice, je vois que ce que je fais pour le salut des âmes n’est presque rien. » Et le Seigneur m’a dit : « Sais-tu, Ma fille que tes tourments quotidiens, ton total abandon à Ma volonté conduisent bien des âmes au Ciel ?
Et lorsqu’il te semble que la souffrance dépasse tes forces, contemple Mes Plaies et tu t’élèveras alors au-dessus du mépris et des jugements humains. Examiner en toi Mon supplice t’aidera à t’élever au-dessus de tout. » J’ai compris alors bien des choses que je ne pouvais concevoir avant.

1184. 9 juillet 1937. Ce soir, est venue à moi l’une de nos Sœurs disparues qui m’a demandé de lui consacrer un jour de jeûne, et d’offrir à son intention, ce même jour, tous mes exercices spirituels. J’ai répondu que je le ferai.

1185. Dès le lendemain matin, je me suis donc empressée de consacrer ce jour à cette intention. Durant la Sainte Messe, j’ai vécu un moment le supplice de cette Sœur. J’ai ressenti en mon âme une telle faim de Dieu, qu’il me semblât mourir du désir de m’unir à Lui. Cela dura peu de temps, mais j’ai compris ce qu’est cette nostalgie de l’âme au Purgatoire.

1186. Immédiatement après la Sainte Messe, j’ai demandé à la Mère Supérieure de m’autoriser à jeûner, ce que je n’ai pas obtenu, parce que je suis malade. En entrant à la Chapelle, j’entendis ces paroles : « Si vous aviez jeûné, ma Sœur, je n’aurais obtenu de soulagement à ma peine que ce soir seulement. Mais grâce à votre obéissance qui vous a empêchée de jeûner, j’ai obtenu ce soulagement immédiatement. C’est une grande force que l’obéissance… » Après ces paroles j’entendis : « Dieu vous le rende ! »

1187. Souvent je prie pour la Pologne, mais je vois que Dieu est très fâché contre elle, à cause de son ingratitude. Je me concentre de toute mon âme, afin de la défendre. Je rappelle sans cesse à Dieu Sa promesse de Miséricorde. Quand je vois Sa colère, je me jette avec confiance dans l’abîme de Miséricorde, et j’y plonge toute la Pologne et cette fois Dieu ne pourra user de Sa Justice. Ô ma Patrie, combien tu me coûtes ! Il n’y a pas de jour où je ne prie pour toi.

1188. Propos de Saint Vincent de Paul : « Le Seigneur met toujours la Main à l’œuvre lorsqu’Il écarte tous les moyens humains et nous ordonne d’accomplir ce qui dépasse nos forces. »

1189. Jésus : « De toutes Mes Plaies, comme d’un ruisseau coule la Miséricorde pour les âmes. Mais la blessure de Mon Cœur est la source de l’insondable Miséricorde. De cette source jaillissent toutes les grâces destinées aux âmes. Les flammes de la pitié me brûlent. J’ai l’ardent désir de les communiquer aux âmes humaines. Parle de Ma Miséricorde au monde entier. »

1190. Aussi longtemps que nous vivons, l’amour de Dieu grandit en nous. Nous devrions jusqu’à la mort, nous efforcer d’obtenir l’amour de Dieu. J’ai appris et j’ai expérimenté que l’on reconnaît les âmes vivant dans une atmosphère d’amour divin, à ce qu’elles ont de grandes lumières sur toutes choses divines, tant en leur âme que dans les âmes des autres. Et les âmes simples, sans instruction, se distinguent par leur savoir.

1191. À la quatorzième station de la Passion, je ressens l’étrange impression que Jésus va en terre.
Lorsque mon âme est tourmentée, je pense seulement ceci : Jésus est bon et plein de Miséricorde, et même si la terre devait me manquer sous les pieds, je ne cesserais pas de Lui faire confiance.

1192. Aujourd’hui j’ai entendu ces mots : « Ma fille, prédilection de Mon Cœur, c’est avec grand plaisir que Je contemple ton âme. Il y a bien des grâces que Je n’accorde qu’à cause de toi. Je suspends aussi bien des châtiments uniquement à cause de toi. Tu me retiens et Je ne peux revendiquer Mes droits. Tu me lies les mains par ton amour. »

1193. 13 juillet 1937. Aujourd’hui Jésus m’a donné quelques lumières sur l’attitude que je dois avoir envers une Sœur qui m’a questionnée sur bien des sujets touchant l’âme et sur lesquels elle avait des doutes. Mais au fond, ce n’était pas de cela qu’il s’agissait. Elle voulait se convaincre de mes opinions sur ces sujets, afin d’avoir la possibilité d’informer les autres Sœurs sur moi. Oh! Si au moins, elle répétait les mots mêmes que je lui ai dit, sans les déformer ni en rajouter. Jésus m’a mise en garde contre cette âme. J’ai pris la décision de prier pour elle, car seule la prière peut l’éclairer.

1194. Ô mon Jésus, rien ne peut rabaisser mon idéal, c’est-à-dire l’amour que j’ai envers Vous. Je ne crains pas d’aller de l’avant, bien que le chemin soit terriblement épineux. Même si une grêle de persécutions devait s’abattre sur moi, même si mes amis devaient m’abandonner, même si tout devait se liguer contre moi et que l’horizon s’assombrisse, même si l’orage devait faire fureur et que je me sente seule face à tout cela, c’est alors qu’en toute tranquillité je ferais confiance à Votre Miséricorde, ô mon Dieu, et mon espoir ne sera pas déçu.

1195. Aujourd’hui j’ai ressenti une grande souffrance aux endroits des plaies à l’approche d’une Sœur au réfectoire. Cette Sœur était de service. Il me fut donné de connaître l’état de son âme. J’ai beaucoup prié pour elle.

1196. A propos de l’apaisement de l’orage. Cette nuit, il y eut un terrible orage. Je me suis courbée la face contre terre et j’ai commencé à réciter les litanies de Tous les Saints. Vers la fin de ces litanies, le sommeil me prit si bien que je ne pus en aucune façon terminer cette prière. Alors je me suis levée et j’ai dit au Seigneur :
« Jésus, apaisez cet orage, car Votre enfant est incapable de prier plus longtemps et le sommeil l’accable ». Puis j’ai ouvert toute grande la fenêtre sans même mettre le crochet. Sœur N. m’a dit alors : « Que faites-vous, ma Sœur ? Voyons, la bourrasque va arracher la fenêtre ». Je lui ai répondu de dormir tranquille, et tout à coup, l’orage s’est complètement apaisé. Le lendemain, les Sœurs commentèrent ce brusque apaisement de l’orage, ne sachant comment l’expliquer. Je n’ai rien répondu à cela. J’ai seulement pensé en moi-même : Jésus et Faustine savent ce que cela signifie…

1197. 20 juillet 1937. J’ai appris aujourd’hui que je dois me rendre à Rabka ? Je ne devais y aller qu’après le 5 août, mais j’ai prié la Mère Supérieure de m’autoriser à m’y rendre dès maintenant. Je n’ai pas vu le Père Andrasz et j’ai demandé de partir au plus vite. La Mère Supérieure s’est un peu étonnée que je veuille partir si vite. Cependant, je ne m’en suis pas expliquée, de même que je n’ai donné aucune explication sur moi-même. Cela restera un secret pour l’éternité Dans ces circonstances j’ai pris une décision à laquelle je me tiendrai.

1198. 29 juillet. Aujourd’hui je dois partir pour Rabka. Je suis entrée un moment à la Chapelle et j’ai prié Notre Seigneur Jésus de m’accorder un bon voyage. Pourtant mon âme est comme plongée dans l’obscurité. Je sens que je suis seule, je n’ai personne. J’ai demandé à Jésus d’être avec moi. Alors j’ai senti en mon âme un rayon de lumière, preuve que Jésus était avec moi. Mais après cette faveur, l’obscurité se renforça et la nuit se fit encore plus profonde en mon âme. Alors j’ai dit : « Que Votre volonté soit faite, car tout est en Votre pouvoir ! » Dans le train, quand je regardais par la fenêtre et que je voyais le ravissant paysage et les montagnes, je ressentais encore plus de tourments en mon âme. Et lorsque les Sœurs me souhaitèrent la bienvenue et commencèrent à m’entourer de leur affectueuse cordialité, mes souffrances redoublèrent.

1199. J’aurais voulu me cacher et me reposer un moment dans la solitude, en un mot demeurer seule. Dans de tels moments aucune créature n’est en état de me consoler et même si je voulais parler de moi-même, j’éprouverais de nouveaux tourments. C’est pourquoi à ces moments-là, je me tais, m’abandonnant silencieusement à la volonté de Dieu et cela m’apporte l’apaisement. Je n’exige rien des créatures. Je ne les fréquente que par nécessité. Je ne peux me confier, à moins que cela ne soit nécessaire à la gloire de Dieu. Je n’ai de commerce qu’avec les Anges.

1200. Cependant ma mauvaise santé s’est aggravée ici au point que je suis obligée de garder le lit. Je ressens d’étranges douleurs aiguës dans toute la cage thoracique. Je ne peux même pas remuer les bras. Une nuit j’ai dû demeurer couchée sans pouvoir bouger, car il me semblait que, si je bougeais, tout se déchirerait dans mes poumons. Cette nuit m’a parue sans fin : je me suis unie à Jésus crucifié et j’ai imploré le Père des Cieux pour les pécheurs. On dit que la maladie pulmonaire ne provoque pas de souffrances aussi aiguës et pourtant, j’éprouve sans cesse des souffrances atroces. Ma santé s’est tant aggravée ici, que je dois garder le lit et Sœur N. a dit que je ne me porterai pas mieux ici, car l’air de Rabka n’est pas bon pour tous les malades.

1201. Aujourd’hui je n’ai même pas pu me rendre à la Sainte Messe, ni communier. Mais en proie aux souffrances de l’âme et du corps je me répétais : « Que soit faite la volonté du Seigneur ! Je sais que votre générosité est infinie. » J’entendis alors l’Ange qui chanta le chant de toute ma vie, tout ce qu’elle contenait. Je m’en suis étonnée mais également fortifiée.

1202. Saint Joseph me demande d’avoir pour lui une incessante dévotion. Il m’a dit lui-même de réciter chaque jour trois Pater et un « Souvenez-Vous ». Il est enclin à beaucoup de bienveillance et m’a fait savoir qu’il appuie cette œuvre. De même il m’a promis une aide particulière ainsi que sa protection. Chaque jour je dis les prières demandées et je ressens sa protection particulière.

1203. Premier août 1937. Retraite d’un jour. Retraite de souffrance. Ô Jésus, en ces jours de souffrance, accablée de corps et d’âme, je ne suis capable d’aucune prière ! Ô mon Jésus, Vous voyez bien que Votre enfant est réduite à l’impuissance ! Je ne tente d’autre effort que de soumettre ma volonté à celle de Jésus. Ô Jésus, Vous êtes toujours Jésus pour moi !

1204. Lorsque j’allai me confesser ne sachant même plus le faire, le prêtre cependant comprit immédiatement l’état de mon âme et me dit : « Malgré tout, vous faites votre salut. Vous êtes sur le droit chemin. Mais il se peut que l’ancienne lumière ne revienne plus et que Dieu laisse votre âme jusqu’à la mort dans ces ténèbres et ce déclin de l’âme. Abandonnez vous en tout à la volonté de Dieu !»

1205. Aujourd’hui j’ai commencé une neuvaine à Notre-Dame de l’Assomption, dans trois intentions : la première afin que je puisse rencontrer l’abbé Sopocko ; la deuxième afin que Dieu presse l’exécution de cette œuvre ; la troisième : à l’intention de Ma Patrie.

1206. 10 août. Je dois retourner à Cracovie, aujourd’hui accompagnée d’une Sœur. Mon âme baigne dans la souffrance, mais par un acte de volonté, je m’unis sans cesse à Dieu. Il m’est force et puissance.

1207. Soyez béni, ô mon Dieu, pour tout ce que Vous m’envoyez ! Sans Votre volonté, il n’est rien de nouveau sous le soleil. Je ne peux percer Votre secret à mon égard, mais j’appuie mes lèvres au calice qui m’est offert.
Jésus, j’ai confiance en Vous !
 

 

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