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19 Avril 2005
 

Benoît XVI un des plus grands papes théologiens de l'histoire de l'Église

 

Le 30 septembre 2008 -  (E.S.M.) - En découvrant La pensée de Benoît XVI, le lecteur et l'auditeur du pape actuel ne pourra qu'être frappé de constater combien celui-ci pointe sous Joseph Ratzinger, et donc saisi par les divines préparations qui nous octroient aujourd'hui un des plus grands papes théologiens de l'histoire de l'Église.

Le pape théologien  - Pour agrandir l'image Cliquer

Benoît XVI un des plus grands papes théologiens de l'histoire de l'Église

La première partie de l'interview de Mgr Ide (ici)

Le 30 septembre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Quant au contenu, Ratzinger n'a pas réalisé, comme tant de ses collègues allemands, une dogmatique couvrant l'intégralité de la théologie, au moins systématique pour les raisons évidentes relevées plus haut. Il présente une affinité singulière avec un certain nombre de domaines de la théologie, notamment l'ecclésiologie (chap. 2; chap. 5; chap. 7; chap. 12, § i), la théologie fondamentale (chap. 6, § i ; chap. 11, § i ; chap. 12, § i), la liturgie (chap. 10 ; chap. 13, § 8), l'eschatologie (cf. chap. 8), la théologie politique (cf. chap. 12, § 2). Pour autant, quelle que soit son inclination pour ces thèmes et d'autres, il demeure toujours attentif à l'unité de la théologie. Il ne s'agit pas seulement de dire que ses compétences lui permettent d'embrasser l'entièreté du champ théologique, mais de souligner sa préoccupation constante de tenir ensemble des parties qu'une présentation trop analytique a sectionnées ou qu'un pluralisme désespère de penser dans l'unité. L'avant-propos de ce livre s'ouvre sur une parole de Ratzinger que l'on pourrait qualifier de programmatique : « La vérité, c'est le tout » (p. 15). Toujours le théologien bavarois cherche à montrer ce principe holographique selon lequel le tout est présent en chaque fragment et, réciproquement, celui-ci s'éclaire à partir de la totalité.

Nous avons anticipé le second fil rouge, concernant la méthodologie. L'ouvrage d'Aidan Nichols en relève notamment quatre traits caractéristiques. Très tôt, Joseph Ratzinger a opté pour une méthode qui intègre l'histoire
(chap. 3), sans pour autant tomber dans les ornières d'une reductio theologiœ in historiam (chap. 11, § I). (8) Dès l'origine, sa théologie est historique, non seulement parce que son objet est le Dieu biblique qui entre dans l'histoire, mais parce que l'histoire elle-même est un lieu du sens, de sorte qu'il va jusqu'à affirmer qu'une dogmatique ne peut être séparée d'une histoire du dogme. (9) Par ailleurs, sous l'influence de saint Bonaventure mais aussi du concile dont il fut non seulement un témoin mais un artisan, le professeur Ratzinger, adopte une vision clairement christocentrique. (10) De plus, outre un intérêt spécifique pour l'éthique (cf. chap. 11, S 2 ; chap. 12, § 2), Ratzinger ne manque jamais l'occasion, après avoir proposé un développement historique ou dogmatique, d'en montrer les prolongements parénétiques et, plus globalement, pastoraux. Enfin, selon notre théologien qui atteste son intérêt en faveur de l'eschatologie dès ses deux thèses, sur saint Augustin puis sur saint Bonaventure, ce thème ne constitue pas seulement ni d'abord l'objet d'un traité spécialisé des fins dernières mais doit doubler toute la discipline sacrée comme son ombre, surtout dans une époque menacée par la « dés-eschatologisation ». (11) Comment ne pas lire ici les quatre sens de l'Écriture que, à l'école des Pères, Ratzinger n'a jamais cessé de mettre en œuvre. (12) Cette symphonia (cf. p. 338) constitue pour lui l'une des clés capables d'unifier la riche diversité du discours théologique autant que la parole, voire la vie du prêtre enseignant. En ce sens, le professeur n'a pas eu de difficulté à se glisser dans la peau de l'archevêque, ainsi que le montre le beau chapitre 9 sur la prédication - qui pourrait inspirer bien des pasteurs.

Enfin, mais ce point n'est évoqué par Aidan Nichols qu'en passant, l'écriture de Joseph Ratzinger a su, depuis l'origine, conjuguer la rigueur et la clarté, l'analyse conceptuelle et le sens de l'image heureuse.

En découvrant La pensée de Benoît XVI, le lecteur et l'auditeur du pape actuel ne pourra qu'être frappé de constater combien celui-ci pointe sous Joseph Ratzinger, et donc saisi par les divines préparations qui nous octroient aujourd'hui un des plus grands papes théologiens de l'histoire de l'Église. L'on ne manquera pas de retrouver chez Benoît XVI les mêmes centres d'intérêt, la même manière d'entrelacer les divers sens de l'Écriture, la même parole concrète et imagée. Autant de traits dont la convergence dessine la personnalité du pape actuel. Joseph Ratzinger nous a néanmoins trop habitués à une pensée en constant renouvellement pour que l'on se contente d'enregistrer les continuités entre sa théologie et celle de Benoît XVI, d'autant qu'il bénéficie de l'assistance singulière de l'Esprit Saint qui « fait toutes choses nouvelles ». D'une part, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé à temps et à contretemps, en une époque menacée par « la dictature du relativisme »
(cf. chap. 13, § 6), l'importance de la vérité; d'autre part, l'actuel évêque de Rome centre sa prédication et sa catéchèse sur l'amour de Dieu (13) ou plutôt sur la Vérité divine qui est l'amour. Fort de ce double constat, ne pourrait-on trouver chez Ratzinger devenu Successeur de Pierre un analogue de l'évolution de la pensée de son maître saint Augustin dont Aidan Nichols dit : « C'est un changement d'accentuation - pas plus, mais certainement pas moins -, qui, de la vérité de Dieu, passe à l'amour de Dieu » (p. 62) ? Il serait tout aussi erroné d'imaginer un Joseph Ratzinger traitant exclusivement de la vérité de la foi que d'estimer le pape actuel n'ayant plus que le mot « amour» à la bouche. Le texte parle d'un « changement d'accentuation - pas plus, mais certainement pas moins ». Délié du service d'enseigner telle ou telle matière ou de rappeler tel ou tel point de doctrine, plus encore, appelé à « affermir la foi de ses frères », Benoît XVI nous reconduit au centre - selon le mot d'ordre de son grand théologien et ami Hans Urs von Balthasar - : Deus Caritas.

Je terminerai en émettant un vœu. Nous savons combien Joseph Ratzinger devenu pape pâtit chez un certain nombre de personnes, même catholiques, d'une image négative. On ne prouve jamais mieux le mouvement qu'en marchant. Il ne s'agit pas de défendre Benoît XVI mais de le faire connaître, et notamment de se laisser nourrir par son propos tout imprégné de l'Évangile bimillénaire et pourtant inédit. Tous ses textes sont accessibles, presque aussitôt prononcés, en français, sur le site du Saint-Siège.
(14) Ne pourrait-on imaginer que, dans chaque paroisse, se réunisse, régulièrement, un groupe de lecture et de méditation (par exemple des admirables catéchèses du mercredi, des angélus du dimanche et des homélies prononcées aux fêtes liturgiques) ? Et, pour ceux qui souhaitent approfondir, ne pourrait-on proposer en parallèle l'étude, là encore en petit groupe et en Église, de tel ou tel ouvrage de Joseph Ratzinger - tel le commentaire du Credo qu'est Foi chrétienne hier et aujourd'hui qui montre combien, à rebours de bien des préjugés, son auteur conjugue enracinement traditionnel et ouverture -, profitant de l'aide pédagogique considérable que constitue l'ouvrage d'Aidan Nichols ?

Mgr Pascal Ide

Notes :
(8) « En une telle reductio theologiœ in historiam réside une cause, sinon la cause unique, de "la crise du fait chrétien" » (p. 288).
(9) « La dogmatique n'est pas concevable si ce n'est comme histoire du dogme » (Joseph RATZINGER, Storia e dogma, Milan, 1971, p. 29. Cité p. 276).
(10) « À travers l'œuvre de saint Bonaventure, Joseph Ratzinger rencontre, et adopte, le christocentrisme que redécouvrent les dogmaticiens catholiques dans les années 50 » (p. 84). Dans sa présentation du discours de Paul VI du 29 septembre 1963, ouvrant la deuxième session, «Tout en admettant qu'on puisse mettre en avant d'autres lignes de force, J. Ratzinger en privilégia le christocentrisme » (p. 114). Cf. Joseph RATZINGER, « Christozentrik in der Verkündigung », in Trierer Theologische Zeitschrift, 70 (1961), p. 1-14.

(11) « La tradition de l'Église est marquée par une constante « dés-eschatologisation», par une décadence liée à la négligence des expectations chrétiennes originelles » (p. 196).
(12) Cette doctrine, qui remonte au cinquième siècle, distingue quatre sens au texte biblique : le sens littéral (historique), le sens allégorique (typologique), le sens tropologique (moral) et le sens anagogique (eschatologique) (cf. la brève explication de la p. 76).

(13) À ce sujet, je me permets de renvoyer à Pascal IDE, « Le Christ donne tout ». Benoît XVI, une théologie de l'amour, L'Emmanuel, Paris, 2007.
(14) http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/index.fr.htm.

Nouveau: conseils aux personnes qui désirent recevoir les actualités ou consulter le site régulièrement:  ICI


Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  30.09.2008 - T/Théologie

 

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