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19 Avril 2005
 

Le pape Benoît XVI répète le rite du lavement des pieds

 

Cité du Vatican, le 21 mars 2008  - (E.S.M.) - Hier après-midi, à 17h30, le pape Benoît XVI a célébré dans la Basilique Saint Jean de Latran la Messe In Cena Domini. Pendant le rite le Saint-Père, en refaisant le geste de Jésus, a lavé les pieds à 12 prêtres du diocèse de Rome, « un geste qui enlève la saleté et la fausseté », a-t-il dit.

Le pape Benoît XVI dans la basilique saint Jean de Latran

Le pape Benoît XVI répète le rite du lavement des pieds

Synthèse de la cérémonie - Texte intégral en 2e partie

Hier après-midi, à 17h30, le pape Benoît XVI a célébré dans la Basilique Saint Jean de Latran la Messe In Cena Domini qui ouvre le Triduum Pascal. Pendant le rite Benoît XVI, en proposant le geste de Jésus, a lavé les pieds à 12 prêtres du diocèse de Rome.

La Messe du Jeudi Saint, In Cena Domini, met particulièrement en évidence une partie de l'institution de l'Eucharistie et donc du sacerdoce, précise Mgr Marini, maître des cérémonies,  et ensuite l''aspect de la charité et du don de lui jusqu'au don de la vie. En ce sens,  le passage de l'évangile qui a été proclamé aujourd’hui, est particulièrement significatif, celui du lavement des pieds. Ce geste d'une part, révèle le mystère de Dieu qui s'offre complètement Lui-même pour le salut de l'Homme et d'autre part, devient aussi un geste exemplaire que nous tous sommes appelés à proposer dans notre vie personnelle. C'est aussi pour cette raison que, au cours de cette célébration, il est coutume que la collecte de l'offrande, soit destinée pour venir en aide à une situation qui est dans le besoin. Cette année, un orphelinat, celui de l'« l'âge d'or », présent à la Havane à Cuba, a été choisi.

Ensuite, comme toujours, le Très saint Sacrement est placé dans le reposoir. Et c'est ainsi qu'après la célébration de la Cène du Seigneur s'en suit un temps d'adoration, prolongée et silencieuse, devant l'Eucharistie.

(les lectures)  Jeudi saint, 20 mars 2008

FAIRE MÉMOIRE, FAIRE CORPS  (synthèse des lectures)

Les images de la Cène nous montrent toujours Jésus à table, entouré de ses Apôtres. Le groupe est parfois installé à l'antique, chacun étant allongé autour d'une table ronde. Ceux qui partagent ce repas fondateur de toutes nos eucharisties ne forment qu'un seul corps soudé par le pain et le vin au centre de la composition. Jésus préside, apparaissant clairement comme la tête de ce corps, donnant corps et sens, lui-même, aux aliments donnés en nourriture. Depuis ce jour dont Paul fait mémoire dans l'un des textes les plus anciens des Écritures chrétiennes (deuxième lecture), Jésus désormais fait corps avec nous, étant l'un de nous, les hommes, et nous faisons corps avec lui, étant invités à partager sa table et à donner corps à la lumière divine qu'il reste pour nous. En lui la mort est vaincue pour une humanité rassemblée, partageant le pain en mémoire de lui. L'action de grâce s'élève vers Dieu qui se révèle comme notre Père en son Fils.

« Faites cela en mémoire de moi. » La mémoire de lui qu'il nous laisse comme un commandement à réaliser n'est pas un repli nostalgique sur un passé enfui. Elle n'est pas figée dans des rites séculaires réactivés par la magie des formules reçues. Elle est mémoire en acte, puisque l'action et l'ordre de « faire » dans la bouche de Jésus sont au présent. Notre rassemblement autour d'une même table, notre action de grâce commune, le partage du pain et du vin donnés par le Seigneur comme son corps et son sang constituent la mémoire vive de notre foi au Christ, de notre identité de baptisés. La communion fraternelle se réalise aussi, en mémoire de lui, dans le service des hommes et des femmes qui nous entourent, dont Jésus, en lavant les pieds des Apôtres, nous montre comment il faut les aimer (évangile). Ainsi s'actualise l'Alliance que Dieu a scellée avec nous dans le sang de l'Agneau (première lecture).

***

Le pape Benoît XVI répète le rite du lavement des pieds, « un geste qui enlève la poussière et la fausseté »

Après l'évangile chanté en grec et en latin comme le veut la tradition, et qui relate le moment où Jésus lave les pieds de ses disciples, Benoît XVI est revenu au cours de son homélie sur le sens de cet épisode. Un moment, comme l'a rappelé le pape, où Jésus endosse l'étoffe de l'humanité et se fait esclave. Mieux qu'un simple lavement, ce geste, dit le pape, est un véritable acte de purification, ainsi par sa parole et son amour, le Christ purifie le chrétien.

"Jour après jour nous sommes recouverts de différentes formes de poussière, de paroles vides, de préjugés, d'une sagesse réduite et altérée. Tout cela blesse et contamine notre âme, tout cela nous menace d'incapacité de voir la vérité et le bien. Si nous accueillons les paroles de Jésus avec un cœur attentif, elles se révèlent véritablement une purification de l'âme, de l'homme intérieur".

Un acte suprême d'amour que Jésus conclut en offrant un nouveau commandement: " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés".

Dans le climat culturel d'une ''sagesse réduite et altérée'', il y a le danger qu' ''une fausseté ouverte s'infiltre au plus profond de nous''. C'est ce qu'a dénoncé le pape Benoît XVI dans l'Homélie de la Messe ''in Coena Domini'' qu'il a célébrée dans la Basilique de Saint Jean de Latran.

Cette distorsion, explique Benoît XVI, ''offusque et contamine l'âme et nous menace d'une incapacité pour la vérité et le bien''. Le rite du lavement des pieds, a expliqué le Saint-Père, est un ''don qui nous introduit dans la mentalité du Christ'' qui révèle comment ''la grandeur de Dieu est différente de notre idée de grandeur, parce que nous désirons systématiquement un Dieu du succès et non de la Passion''. ''Le Jeudi Saint - a souligné le pape - nous exhorte à ne pas laisser que la rancune envers l'autre devienne un empoisonnement de l'âme, à purifier sans cesse notre mémoire, nous pardonner mutuellement avec le cœur''. Le Saint-Père a également réaffirmé que le ''christianisme en rapport avec le moralisme est de plus, une chose différente. Le christianisme est avant tout un don''.

Moment fort de la cérémonie, celui où le pape a répété le geste du Christ en lavant lui-même les pieds de douze prêtres de Rome, respectant par là le mandat de Jésus qui avait demandé à ses disciples de répéter sans cesse ce geste de purification, un geste indispensable pour participer au banquet du Seigneur.

Texte intégral de l'homélie du Saint-Père

Chers frères et sœurs,

Saint Jean débute son récit sur la manière dont Jésus lava les pieds de ses disciples avec un langage particulièrement solennel, presque liturgique. « Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » (Jn 13, 1). L'« heure » de Jésus est arrivée, vers laquelle toute son œuvre était dirigée depuis le début. Jean décrit ce qui constitue le contenu de cette heure, avec deux mots : passage (metabainein, metabasis) et agape - amour. Ces deux mots s'expliquent l'un l'autre ; tous deux décrivent la Pâque de Jésus : la croix et la résurrection, la crucifixion entendue comme élévation, comme « passage » vers la gloire de Dieu, comme « passage » du monde vers le Père. Ce n'est pas comme si Jésus, après une brève visite dans le monde, repartait désormais et retournait au Père. Ce passage est une transformation. Il emporte avec lui sa chair et l'homme qu'il est. Sur la Croix, dans le don de soi-même, il se fond et se transforme en une nouvelle manière d'être, dans laquelle il est maintenant toujours avec le Père et en même temps avec les hommes. Il transforme la Croix, l'acte de mise à mort, en un acte de don, d'amour jusqu'au bout. Avec cette expression « jusqu'à la fin » Jean renvoie par anticipation à la dernière parole du Christ sur la Croix : tout est porté à son terme, « c'est achevé » (Jn 19,30). Par son amour, la Croix devient metabasis transformation de l'être homme en être participant à la gloire de Dieu. Par cette transformation il nous implique tous, en nous entraînant dans la force transformatrice de son amour au point que, dans notre être avec Lui, notre vie devient « passage », transformation. Nous recevons ainsi la rédemption, nous prenons part à l'amour éternel, une condition à laquelle nous tendons tout au long de notre existence.

Ce processus essentiel de l'heure de Jésus est représenté par le lavement des pieds dans une sorte d'acte symbolique prophétique. Dans le lavement des pieds, Jésus met en évidence à travers un geste concret ce que le grand hymne christologique de l'Epître aux Philippiens décrit comme le contenu du mystère du Christ. Jésus dépose les vêtements de sa gloire, endosse l'« étoffe » de l'humanité et se fait esclave. Il lave les pieds sales des disciples et les rend ainsi capables de partager le banquet divin auquel Il les invite. Aux purifications cultuelles et externes, qui purifient l'homme rituellement, tout en le laissant inchangé, succède le bain nouveau : Il nous rend purs par sa parole et son amour, par le don de soi. « Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre », dira-t-il aux disciples dans son discours sur la vigne (Jn 15,3). Toujours et encore, Il nous lave par sa parole. Oui, si nous accueillons les paroles de Jésus dans une attitude de méditation, de prière et de foi, elles développent en nous la force purificatrice. Jour après jour, nous sommes comme recouverts de salissures diverses, de paroles vides, de préjugés, d'une sagesse réduite et altérée ; une multitude de fausses vérités ou de mensonges s'infiltrent sans cesse dans notre être intérieur. Tout cela blesse et contamine notre âme, tout cela menace de nous rendre incapables de voir la vérité et le bien. Si nous accueillons les paroles de Jésus avec un cœur attentif, elles se révèlent de véritables bains, des purifications de l'âme, de l'homme intérieur. C'est à cela que nous invite l'Evangile du lavement des pieds : toujours nous laisser laver par cette eau pure, nous laisser nous rendre capables de la communion conviviale avec Dieu et nos frères. Cependant, il n'y a pas que de l'eau qui s'écoule du flanc de Jésus après le coup de lance du soldat, mais aussi du sang (Jn 19,34 ; cf. 1 Jn 5, 6.8). Jésus n'a pas seulement parlé, il ne nous a pas laissé que des mots. Il s'est offert. Il nous lave par la puissance sacrée de son sang autrement dit par le don de soi « jusqu'à la fin », jusqu'à la Croix. Sa parole est plus qu'une simple déclaration ; elle est la chair et le sang pour « la vie du monde » (Jn 6, 51). Dans le Saint Sacrement, le Seigneur s'agenouille toujours à nouveau à nos pieds et nous purifie. Prions-le afin que par le bain sacré de son amour nous soyons toujours plus profondément pénétrés et ainsi véritablement purifiés !

Si nous écoutons attentivement l'Evangile, nous relevons deux aspects différents dans l'évènement du lavement des pieds. En lavant les pieds de ses disciples, Jésus accomplit avant tout un acte simple, le don de la pureté, de la « capacité pour Dieu » qui leur est offert. Mais ce don devient ensuite un modèle, le devoir de refaire ce geste les uns pour les autres. Les Pères ont qualifié ce double aspect du lavement des pieds de sacramentum et exemplum. Sacramentum ne signifie pas dans ce contexte l'un des sept sacrements, mais le mystère du Christ dans son ensemble, de l'incarnation jusqu'à la croix et la résurrection : cet ensemble devient la force qui soigne et sanctifie, la force de transformation pour les hommes, il devient notre metabasis, notre transformation en une nouvelle forme d'être, dans notre ouverture à Dieu et dans notre communion avec Lui. Mais cet être nouveau qu'il nous donne simplement, sans que nous le méritions, doit ensuite se transformer en nous dans la dynamique d'une vie nouvelle. L'ensemble du don et de l'exemple que nous trouvons dans la péricope du lavement des pieds est caractéristique de la nature du christianisme en général. Le christianisme n'est pas une sorte de moralisme, un simple système éthique. Il n'y a, à l'origine, ni notre action ni notre capacité morale. Le christianisme est avant tout un don : Dieu se donne à nous, il ne donne pas quelque chose, mais Il se donne lui-même. Et cela n'arrive pas seulement au début, au moment de notre conversion. Il reste en permanence celui qui donne. Il nous offre en permanence ses dons. Il nous précède en permanence. De ce fait l'acte central de l'être chrétien est l'Eucharistie : la gratitude d'avoir été gratifié, la joie pour la vie nouvelle qu'Il nous donne.

Toutefois nous ne restons pas des destinataires passifs de la bonté divine. Dieu nous gratifie comme partenaires personnels et vivants. L'amour donné est la dynamique de l'« amour partagé » ; il veut être en nous une vie nouvelle à partir de Dieu. Ainsi, nous comprenons la parole, que Jésus dit à ses disciples et à nous tous, au terme du récit du lavement des pieds : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » (Jn13,34). Le « commandement nouveau » ne consiste pas en une nouvelle et difficile norme qui n'existait pas jusqu'alors. La nouveauté, c'est le don qui nous introduit dans l'esprit du Christ. Si nous considérons cela, nous percevons alors combien nos vies sont souvent éloignées de cette nouveauté du Nouveau Testament ; que nous donnons si peu à l'humanité l'exemple d'aimer en communion avec son amour. Nous restons donc débiteurs à son égard de la preuve de crédibilité de la vérité chrétienne qui se démontre dans l'amour. C'est précisément pour cela que nous devons toujours prier davantage le Seigneur afin que par sa purification, il nous rende mûrs pour le nouveau commandement.

Dans l'Evangile du lavement des pieds la conversation entre Jésus et Pierre nous offre encore un autre détail de la pratique de la vie chrétienne, auquel nous voulons enfin accorder notre attention. Dans un premier temps, Pierre ne voulait pas se laisser laver les pieds par le Seigneur : ce renversement de situation, autrement dit que le maître, Jésus, lave les pieds, que le maître s'abaisse au travail de l'esclave, s'opposait totalement au respect révérencieux de Pierre pour Jésus, avec sa conception du rapport entre le maître et le disciple. « Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais ! » dit-il à Jésus avec toute la passion dont il était capable (Jn 13, 8). Sa conception du Messie comportait une image de majesté, de grandeur divine. Il devait apprendre toujours à nouveau que la grandeur de Dieu est différente de notre idée de grandeur ; qu'elle consiste précisément en une descente, dans l'humilité du service, dans l'amour radical jusqu'au dénuement total. Nous aussi nous devons l'apprendre encore et toujours parce que systématiquement nous désirons un Dieu de succès et non de passion, parce que nous ne sommes pas en mesure de nous rendre compte que le pasteur est venu comme un Agneau qui se donne et nous conduit ainsi vers le juste pâturage.

Lorsque le Seigneur dit à Pierre que, sans le lavement des pieds, il n'aurait plus pu le suivre, Pierre demande spontanément qu'on lui lave aussi la tête et les mains. Puis vient la parole mystérieuse de Jésus « Qui s'est baigné, n'a pas besoin de se laver, sinon les pieds » (Jn 13, 10). Jésus fait allusion au bain que ses disciples, selon les prescriptions rituelles avaient déjà pris ; et pour participer a la cène il suffisait de se laver les pieds. Il faut voir naturellement ici une signification plus profonde. A quoi fait-on allusion ? Nous ne le savons pas avec certitude. Dans tous les cas, n'oublions pas que le lavement des pieds, selon le sens de tout le chapitre, n'indique pas seulement un sacrement spécifique, mais le sacramentum Christi dans son ensemble, son service de salut, sa descente jusqu'à la croix, son amour jusqu'à la fin qui nous purifie et nous rend capables de Dieu. Par la distinction introduite ici entre le bain et le lavement des pieds, on perçoit toutefois une allusion à la vie dans la communauté des disciples, à la vie de l'Eglise. Il apparaît clairement que le bain qui nous purifie définitivement et qui ne doit pas être répété est le Baptême, l'immersion dans la mort et la résurrection du Christ, un évènement qui change notre vie profondément en nous donnant comme une nouvelle identité qui demeure, si nous ne la jetons pas comme le fit Judas. Cependant, même avec cette nouvelle identité permanente donnée par le Baptême, nous avons besoin du « lavement des pieds » pour la communion conviviale avec Jésus. De quoi s'agit-il ? Il me semble que la première Lettre de saint Jean nous donne la clef de lecture. On y lit : « Si nous disons : "Nous n'avons pas de péché", nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons, si nous confessons nos péchés, lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité » (1, 8sq.). Nous avons besoin de ce « lavement des pieds », de ce lavement des péchés quotidiens et pour cela nous avons besoin de la confession des péchés dont parle saint Jean dans cette Lettre. Nous devons reconnaître que dans notre nouvelle identité de baptisés nous péchons également. Nous avons besoin de la confession sous la forme du sacrement de la réconciliation. Par ce sacrement le Seigneur lave toujours à nouveau nos pieds sales afin que nous puissions nous asseoir à table avec Lui.

La parole revêt ainsi une nouvelle signification par laquelle le Seigneur élargit le sacramentum en en faisant l'exemplum, un don, un service envers les frères : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 14). Nous devons nous laver les pieds les uns les autres dans le service quotidien et réciproque de l'amour. Nous devons nous laver les pieds dans le sens où nous devons aussi nous pardonner les uns les autres. La dette que le Seigneur nous a remise est toujours infiniment plus grande que toutes les dettes que les autres peuvent avoir envers nous (cf. Mt 18, 21-35). C'est à cela que nous exhorte le Jeudi Saint : ne pas laisser la rancœur envers l'autre empoisonner notre âme. Il nous exhorte à purifier continuellement notre mémoire, en nous pardonnant réciproquement du fond du cœur, en nous lavant les pieds les uns les autres, afin de pouvoir nous rendre ensemble au banquet du Seigneur.

Le Jeudi Saint est un jour de gratitude et de joie pour le grand don de l'amour jusqu'à la fin que nous a fait le Seigneur. En cette heure prions le Seigneur afin que cette joie et cette gratitude deviennent en nous la force d'aimer ensemble avec son amour. Amen.

© Copyright du texte original en italien : Librairie Editrice du Vatican
Traduction réalisée par Zenit

Laver les pieds et se laisser laver les pieds sont les deux faces d'une même réalité spirituelle : Jésus, humble serviteur, montre l'exemple d'une vie au service des pèlerins ou des piétons de la vie que nous sommes. C'est cette humanité-là qu'il honore et respecte amoureusement en lavant les pieds de ses disciples comme Marie Madeleine lui a lavé les pieds.

À nous de savoir accepter cet abandon de nous-mêmes en laissant laver nos pieds salis par la poussière de nos chemins, dans cet acte où nous reconnaissons notre faiblesse, pour mieux rejoindre le Christ. Le lavement des pieds paraît quelquefois un peu difficile à mettre en œuvre. Pourtant il est porteur d'un tel message qu'il ne faudrait pas le manquer.

C'est la seule fois de l'année où le président de l'assemblée se met à genoux devant ceux dont il est toujours la tête. Déjà le pape faisait ce geste au VIe siècle, lavant les pieds de ceux qui étaient à son service. Et c'est précisément parce qu'il est ministre (c'est-à-dire serviteur) que, comme le Christ, Seigneur et Maître, il se montre serviteur de ses frères.

Le deuxième geste important en ce jour est la fraction du pain avec le chant de l'Agneau de Dieu. C'est lui qui donne le sens complet de l'eucharistie : « Puisqu'il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps ; car nous tous participons à cet unique pain » (1 Co 10, 17). On partage le corps eucharistique du Christ pour que chaque fidèle, en en recevant une part, participe au corps mystique du Christ. La fraction du pain fait passer l'assemblée de l'unique pain à l'unique corps. Une grande hostie un peu épaisse signifiera mieux la densité de l'acte du partage. On peut aussi mettre en valeur le geste de la répartition des hosties dans différents ciboires ou coupelles à partir d'un seul récipient, à condition qu'ils ne soient déposés sur l'autel qu'au moment de la fraction du pain.

Le Jeudi saint est enfin le jour par excellence, prévu dans la Présentation générale du Missel romain, pour proposer la communion sous l'espèce du vin. Là aussi, il est bon que le vin consacré soit partagé juste avant la distribution de la communion, réparti entre différentes coupes à partir d'un plus grand calice.

La célébration se termine par la procession au reposoir. Celle-ci gagnera en densité si on y met du silence. Pour créer une atmosphère de recueillement et servir de transition avec la fin de la messe, pendant que les lumières s'éteignent progressivement, on peut lire le début de la Passion selon Marc (Mc 14, 28.32-38) : « Après le chant des psaumes, ils partirent pour le Mont des Oliviers. Ils parvinrent à un domaine appelé Gethsémani... "Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation." » Au reposoir, on pourra lire des passages du discours de Jésus lors de son dernier repas (Jn 13-17).

Texte original de l'homélie du Saint Père Italien
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Sources : www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 21.03.2008 - T/Semaine Sainte

 

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