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19 Avril 2005
 

Benoît XVI aborde la nouvelle Torah apportée par Jésus

 

Le 16 novembre 2007 - (E.S.M.) - Dans cette grande composition en forme de discours, explique Benoît XVI, Matthieu nous présente Jésus comme le nouveau Moïse, et ce au sens profond qui précédemment s'est déjà rendu évident pour nous suite à la promesse faite par un prophète dans le Livre du Deutéronome.

La nouvelle Torah apportée par Jésus Pour agrandir l'image: C'est ici

Benoît XVI aborde la nouvelle Torah apportée par Jésus

Quatrième chapitre - Le Sermon sur la montagne (p. 85 à 150)
1) De quoi s'agit-il ?

A la suite des tentations (voir deuxième chapitre), on trouve chez Matthieu un bref récit du début du ministère de Jésus dans lequel la Galilée est explicitement présentée comme « la Galilée des nations », le lieu annoncé par les prophètes (cf. Is 8, 23 ; 9, 1) où se lèverait la « grande lumière » (Mt 4, 15). Matthieu réplique ainsi à ceux qui s'étonnent de ce que le Sauveur ne vienne pas de Jérusalem et de Judée, mais d'un coin de terre déjà considéré comme à demi païen. Ce détail justement, analyse Benoît XVI, qui aux yeux du grand nombre apparaît comme un élément en défaveur de l'envoi messianique de Jésus - le fait qu'il vienne de Nazareth, de Galilée -, est en réalité la preuve de sa mission divine. Depuis le début déjà et jusque dans le moindre détail, Matthieu recourt à l'Ancien Testament en faveur de Jésus. Ce que dit fondamentalement, mais sans le développer en détail, le récit lucanien du cheminement de Jésus avec les disciples d'Emmaüs (Lc 24, 25s), c'est-à-dire que toutes les Écritures se réfèrent à lui, Matthieu s'efforce de le démontrer pour tous les détails de la vie de Jésus.

Il nous faudra revenir par la suite sur trois éléments du sommaire initial de Matthieu concernant l'activité de Jésus (Mt 4, 12-25). Quant à la prédication de Jésus, il y a tout d'abord l'indication dont le contenu est essentiel et qui synthétise la totalité de son message : « Convertissez-vous, car le Royaume (la seigneurie) des cieux est tout proche » (Mt 4, 17). Il y a ensuite l'appel des Douze par lequel, dans un geste symbolique qui est également une action tout à fait concrète, Jésus proclame et lance le renouveau du peuple des douze tribus, la nouvelle convocation d'Israël. Enfin, comme on le voit immédiatement ici, Jésus n'est pas seulement maître, mais encore rédempteur de l'homme dans sa totalité. Le Jésus qui enseigne est aussi le Jésus qui guérit.

En quelques lignes, quatorze versets seulement (4, 12-25), Matthieu dresse devant ses auditeurs un premier portrait de la personne et de l'œuvre de Jésus. Vient ensuite, en trois chapitres, le « Sermon sur la montagne ». De quoi s'agit-il ? Dans cette grande composition en forme de discours, explique Benoît XVI, Matthieu nous présente Jésus comme le nouveau Moïse, et ce au sens profond qui précédemment s'est déjà rendu évident pour nous suite à la promesse faite par un prophète dans le Livre du Deutéronome.

Le verset introductif signifie bien davantage qu'un cadre plus ou moins fortuit : « Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire » (Mt 5, 1-2). Jésus s'assied, signe de la pleine autorité du maître. Il prend place sur la « chaire » que constitue la montagne. Plus tard, il parlera des rabbins qui sont assis sur la chaire de Moïse et, par là même, investis de l'autorité : on doit écouter et accepter leur enseignement même si leur vie va à l'encontre de ce qu'ils enseignent (cf. Mt 23, 2), même s'ils ne sont pas eux-mêmes l'autorité, mais qu'ils ont été investis de l'autorité par un autre. Jésus s'assied sur la « chaire » comme maître d'Israël et maître de l'humanité en général. Car - l'analyse du texte le montrera - en parlant de « disciples », Matthieu ne restreint pas le cercle de ceux auxquels ce discours s'adresse, bien au contraire, il l'élargit. Quiconque écoute et accueille la Parole peut devenir « disciple ».

A l'avenir, souligne Benoît XVI, l'important ne sera pas l'origine, mais le fait d'écouter et de suivre. Devenir disciple est une possibilité offerte à chacun ; tout le monde est appelé : c'est donc sur la base de l'écoute de la Parole que se crée un Israël plus vaste, un Israël renouvelé, qui n'exclut ni n'abolit l'ancien, mais le dépasse en l'ouvrant à l'universel.

Jésus s'assied sur la « chaire » de Moïse, mais pas au même titre que les maîtres formés pour leur charge dans les écoles ; il s'assied là comme un plus grand Moïse, qui étend l'Alliance à tous les peuples. La signification de la montagne apparaît alors clairement. L'évangéliste ne nous dit pas de quel mont de Galilée il s'agit. Mais du fait qu'il s'agit du lieu du discours de Jésus, c'est simplement « la montagne », le nouveau Sinaï. « La montagne » est le lieu de prière de Jésus, de son face-à-face avec le Père ; c'est justement pour cela qu'elle est aussi le lieu de son enseignement, qui procède de l'échange le plus intime avec le Père. « La montagne » prouve ainsi par elle-même son identité comme le nouveau Sinaï, le Sinaï définitif.

Bien sûr, quelle différence entre cette « montagne » et le puissant massif de pierre situé en plein désert ! Selon la tradition, la montagne des Béatitudes serait une hauteur située au nord du lac de Génésareth : quiconque y est allé un jour et conserve imprimé dans son âme le vaste panorama qui s'offre à lui, les eaux du lac, le ciel et le soleil, les arbres et les prés, les fleurs et le chant des oiseaux, ne peut oublier la merveilleuse atmosphère de paix, de beauté de la création, qu'il a rencontrée dans une terre malheureusement si tourmentée.

Quelle que fût cette « montagne des Béatitudes », elle a porté d'une façon ou d'une autre la marque de cette paix et de cette beauté. Le tournant que représente l'expérience vécue sur le Sinaï par le prophète Élie, qui avait ressenti le passage de Dieu non pas dans la tempête, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans le murmure d'une brise légère (cf. 1 R 19, 1-13), trouve ici son achèvement. Dieu révèle maintenant sa puissance dans la douceur, sa grandeur dans la simplicité et la proximité. En réalité, cette puissance n'en est pas moins insondable. Ce qui s'exprimait auparavant par la tempête, le tremblement de terre et le feu prend maintenant la forme de la croix, du Dieu souffrant qui nous appelle à entrer dans ce feu mystérieux, le feu de l'amour crucifié : « Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute... » (Mt 5, 11). La puissance de la révélation sur le Sinaï avait à ce point effrayé le peuple qu'il dit à Moïse : « Toi, parle-nous, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle pas, car ce serait notre mort.» (Ex 20, 19).

Maintenant, Dieu parle tout près de nous, il est un homme qui parle aux hommes. Maintenant, il s'abaisse jusqu'aux profondeurs de leur souffrance, mais précisément il amènera et il amène toujours ses auditeurs — qui croient pourtant être ses disciples — à dire : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! » (Jn 6, 60). Cette nouvelle bonté du Seigneur ne passe pas facilement. Nombreux sont ceux qui trouvent le scandale de la croix plus intolérable que ne le fut le tonnerre sur le Sinaï pour les Israélites. Oui, ils avaient bien raison de dire : si Dieu parlait avec nous, « ce serait notre mort » (Ex 20, 19). Car sans une « mort », sans le naufrage de ce qui est seulement nôtre, il n'existe pas de communion avec Dieu, ni de rédemption ; la méditation sur le baptême (voir premier chapitre) l'a déjà montré, il est impossible de réduire ce sacrement à un simple rite.

Nous avons anticipé sur ce que seule la réflexion sur le texte peut faire apparaître pleinement. Il devrait être clair maintenant que « le Sermon sur la montagne » est la nouvelle Torah apportée par Jésus. Moïse n'avait pu rapporter sa Torah qu'en s'enfonçant d'abord dans l'obscurité de Dieu sur la montagne ; la Torah de Jésus implique, elle aussi, l'immersion dans la communion avec le Père, les élévations intérieures de sa vie, qui se poursuivent par les descentes dans la communion de vie et de souffrance avec les hommes.

L'évangéliste Luc nous transmet, du Sermon sur la montagne, une version plus brève qu'il oriente différemment. Il écrit pour les chrétiens provenant du paganisme, il est donc moins important pour lui de représenter Jésus comme le nouveau Moïse et sa parole comme la Torah définitive. Pour commencer, il fixe différemment le cadre extérieur. Chez lui, le Sermon sur la montagne est immédiatement précédé par l'appel des douze apôtres, appel qu'il présente comme le fruit d'une nuit passée en prière et qu'il situe sur la montagne, lieu habituel de prière de Jésus. Après cet événement si fondamental dans l'itinéraire de Jésus, le Seigneur descend de la montagne avec les Douze qu'il vient de choisir et de désigner par leur nom, et il s'arrête debout dans la plaine. Pour Luc, note Benoît XVI, la position debout est l'expression de la majesté et de l'autorité de Jésus ; la plaine est l'expression du vaste espace dans lequel Jésus envoie sa parole - un vaste espace que Luc souligne en nous disant qu'hormis les Douze en compagnie desquels il était descendu de la montagne, étaient présents « un grand nombre de disciples et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies » (Lc 6, 17-18). La signification universelle du Sermon, visible dans ce scénario, a pourtant ceci de spécifique que Luc, tout comme Matthieu, dit ensuite : « Regardant alors ses disciples, Jésus dit... » (6, 20). Ces deux aspects coexistent : le Sermon sur la montagne s'adresse à tout le monde, dans le présent et dans l'avenir, mais il réclame aussi d'être disciple et il ne peut être compris et vécu que si l'on suit et si l'on accompagne Jésus.

Les réflexions qui suivent ne prétendent certainement pas expliquer, verset par verset, le Sermon sur la montagne ; je désire choisir trois passages dans lesquels, à mes yeux, le message de Jésus et sa personne peuvent nous apparaître de façon particulièrement claire. En premier lieu, il s'agit des Béatitudes. Ensuite, j'aimerais méditer sur la nouvelle version de la Torah telle que Jésus la propose. Ici, il dialogue avec Moïse, avec les traditions d'Israël. Le grand érudit juif Jacob Neusner, dans un livre important, s'est en quelque sorte mêlé aux auditeurs du Sermon sur la montagne pour entamer ensuite un dialogue avec Jésus intitulé Un rabbin parle avec Jésus. Ce débat respectueux et sincère que ce Juif croyant mène avec Jésus, le fils d'Abraham, m'a ouvert les yeux, plus que d'autres interprétations du Sermon sur la montagne que je connais, sur la grandeur de la Parole de Jésus et sur la décision à laquelle nous confronte l'Évangile.

C'est pourquoi j'aimerais ici m'insérer en tant que chrétien dans le dialogue du rabbin avec Jésus pour mieux comprendre, à partir de là, ce qui est authentiquement juif et ce qui constitue le mystère de Jésus. Enfin, une partie importante du Sermon sur la montagne est consacrée à la prière - comment pourrait-il en être autrement ? - cette partie culminant dans le Notre Père, par lequel Jésus veut enseigner à ses disciples de tous les temps à prier, afin de les mettre en face du visage de Dieu et de les guider ainsi sur le chemin de la vie. (voir cinquième chapitre)

à suivre... : 2) les Béatitudes

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Sources: www.vatican.va

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 16.11.2007 - BENOÎT XVI - T/J.N.

 

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