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19 Avril 2005
 

Synode : La lettre des treize cardinaux au pape. Second épisode de l’histoire

Le 14 octobre 2015 - (E.S.M.) - Le texte est sûr et les noms des signataires aussi, sous réserve d’approximations marginales. Ce qui est tout à fait certain, surtout, c’est l’enjeu: le contrôle des procédures, décisives pour le résultat du synode.

La lettre des treize cardinaux au pape. Second épisode de l’histoire

par Sandro Magister

Le 14 octobre 2015 - E. S. M. - Il y a deux jours, l’article mis en ligne de bon matin par www.chiesa a fait l’effet d’une bombe dans l’enceinte du synode consacré à la famille, comme en dehors Treize cardinaux ont écrit au pape. Voici la lettre

Dans les heures qui ont suivi, quatre des treize cardinaux cités dans l’article comme ayant signé la lettre ont nié l’avoir fait. Dans l’ordre : les cardinaux Angelo Scola, André Vingt-Trois, Mauro Piacenza et Péter Erdö.

Mais, dans l’après-midi, deux cardinaux de premier plan, figurant l’un et l’autre sur la liste publiée par www.chiesa, ont déclaré qu’ils avaient effectivement signé une lettre adressée au pape François.

Le premier a été le cardinal australien George Pell, préfet au Vatican du secrétariat pour l’économie, indiqué comme étant celui qui aurait personnellement remis la lettre au pape. Et il l’a fait dans un communiqué publié par le "National Catholic Register" A spokesperson for Cardinal Pell...

Dans ce communiqué, Pell dit qu’il "semble qu’il y ait des erreurs à la fois dans le contenu [de la lettre] et dans la liste des signataires".

Mais il insiste de nouveau sur deux des "préoccupations" qui étaient signalées à l’attention du pape dans la lettre publiée par www.chiesa.

La première concerne ceux – une "minorité" – qui, au synode, "veulent modifier les enseignements de l’Église en ce qui concerne les dispositions nécessaires pour recevoir la communion", alors qu’il "n’existe pas de possibilité de modifier la doctrine".

La seconde concerne "la composition du comité de rédaction de la 'Relatio finalis' et la procédure selon laquelle ce document sera présenté aux pères synodaux et voté".

Dans son intervention en séance, le lundi 5 octobre en fin d’après-midi, Pell avait également exprimé ces "préoccupations" et d’autres qui figuraient dans la lettre, notamment en ce qui concerne d’une part l'"Instrumentum laboris" utilisé comme base de la discussion et d’autre part la nature de la "Relatio finalis".

Et le lendemain matin, mardi 6 octobre, François et le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, étaient intervenus tous les deux, à la réouverture des travaux en séance, justement pour répondre point par point – négativement pour l’essentiel – à propos des questions soulevées dans la lettre.

L’autre cardinal qui est intervenu après Pell, dans l’après-midi du lundi 12 octobre, pour confirmer qu’il avait signé une lettre adressée au pape, est l’archevêque de Durban (Afrique du Sud), Wilfrid Fox Napier, l’un des quatre présidents délégués du synode, dans une interview qu’il a accordée à John Allen, Michael O'Loughlin et Inés San Martin pour "Crux", le portail d'information consacré à l’Église par le "Boston Globe" Cardinal clash on doubts about process at the Synod of Bishops

Napier a déclaré que la lettre qu’il avait signée était "différente" de celle qui avait été publiée et qu’elle concernait spécifiquement la commission de dix membres nommée par le pape pour l'élaboration du rapport final.

Toutefois, dans le reste de l’interview, il a fait siennes, avec une franchise impressionnante, vraiment toutes les "préoccupations" d’un grand nombre de pères synodaux qui étaient contenues dans la lettre publiée par www.chiesa.

Voici, dans l’encadré ci-dessous, comment "Crux" a rapporté les propos du cardinal, y compris une correction qu’il a fait apporter ultérieurement et qui est mise en évidence par des majuscules :

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Napier est convaincu que certaines des critiques sont fondées.

Il conteste, entre autres, la composition du comité de dix membres chargé de la rédaction du rapport final.

Je serais vraiment d’accord" avec les préoccupations qui portent sur “le choix des personnes qui rédigeront le document final”, a déclaré Napier, qui a ajouté que, en réalité, il NE conteste PAS “le droit du pape François de faire ce choix”.

S’il s’agit d’avoir une juste expression de ce qui occupe le synode, [comme par exemple] ce que l’Église qui est en Afrique voudrait vraiment voir arriver”, a-t-il dit, alors il faudrait que des personnes différentes soient choisies.

Nous ne souhaitons pas voir dans ce comité le même genre de personnes qui y figuraient déjà lors de la session précédente et qui nous ont causé la douleur que nous avons ressentie”, a-t-il affirmé, faisant référence au rapport intermédiaire controversé du synode de 2014, qui semblait adopter une ligne progressiste à propos de certaines des questions débattues.

Napier a également déclaré qu’il est inquiet parce que le document préparatoire du synode, connu sous le nom d’“Instrumentum laboris”, aura trop d’influence sur le résultat final par rapport au contenu réel des travaux du synode.

C’est presque comme si le texte de base était l''Instrumentum laboris' et non pas ce que les discussions de groupe ont fait apparaître comme étant les préoccupations qui doivent être présentées sous forme de propositions pour le document final qui sera remis au pape”, a-t-il indiqué.

Napier a affirmé que l’avalanche de questions qui ont été posées par les médias à propos des procédures du synode est le reflet des préoccupations réelles qui se manifestent dans la salle des séances.

L'incertitude est tout à fait généralisée, sans quoi vous ne poseriez pas tous les mêmes questions”, a-t-il dit.

Napier a déclaré que les participants au synode eux-mêmes ne comprennent pas bien comment le document final du synode sera modelé, ni ce que François a l’intention d’en faire, une incertitude qui rend légitimes les préoccupations relatives au résultat.

Ce genre d’incertitude me préoccupe parce que, si vous ne savez pas quel est l’objectif, comment orienter votre travail ?”, a-t-il dit.

Lorsqu’on lui a demandé s’il craint que le résultat final soit déjà déterminé, Napier a seulement répondu : “À ce stade, c’est difficile à dire.

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Voilà donc à quel point en était la situation le soir du lundi 12 octobre.

Mais, alors qu’il était près de minuit à Rome, un second "scoop" spectaculaire a explosé à New-York, cette fois dans le prestigieux hebdomadaire des jésuites de la Grosse Pomme, "America", noble voix du catholicisme progressiste américain dans les domaines théologique, culturel et politique Thirteen Cardinals, Including Di Nardo and Dolan, Challenged Pope’s Decisions on Synod

L'auteur de l’article est Gerard O'Connell, vaticaniste et correspondant à Rome de cette revue, professionnel à l’autorité reconnue et mari de la journaliste argentine Elisabetta Piqué, amie et biographe autorisée de Jorge Mario Bergoglio.

Avec une sûreté tranquille, après avoir " appris de sources bien informées", les jésuites de New-York confirment, dès le titre de leur article, que la lettre qui a été remise au pape le jour de l’ouverture des travaux du synode portait effectivement la signature de treize cardinaux, tous pères synodaux, dont deux Américains, les archevêques de New-York et de Houston.

Dans le corps de l’article, ils fournissent la liste complète des treize cardinaux. Celle-ci comporte, par rapport à celle que www.chiesa a publiée deux jours plus tôt, quatre noms nouveaux, à la place de ceux des quatre cardinaux qui avaient démenti d’avoir signé.

Les quatre noms nouveaux sont ceux de l’Américain Daniel N. Di Nardo, du Kényan John Njue, du Mexicain Norberto Rivera Carrera et de l’Italien Elio Sgreccia.

Toutefois, le lendemain, deux des quatre, Rivera Carrera et Sgreccia, affirmeront, eux aussi, qu’ils n’ont pas signé la lettre.

Par conséquent la liste provisoire des signataires est maintenant la suivante, partiellement corrigée par rapport à celle que www.chiesa avait donnée initialement.

Par ordre alphabétique :

- Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, Italie, théologien, qui fut le premier président de l’Institut Pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille ;
- Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, Canada ;
- Daniel N. Di Nardo, archevêque de Galveston-Houston et vice-président de la conférence des évêques des États-Unis ;
- Timothy M. Dolan, archevêque de New-York, États-Unis ;
- Willem J. Eijk, archevêque d’Utrecht, Pays-Bas ;
- Gerhard L. Müller, ancien évêque de Ratisbonne, Allemagne, préfet depuis 2012 de la congrégation pour la doctrine de la foi ;
- Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban, Afrique du Sud, président délégué du synode actuellement en cours comme il l’avait déjà été de la session précédente, au mois d’octobre 2014 ;
- John Njue, archevêque de Nairobi, Kenya ;
- George Pell, archevêque émérite de Sydney, Australie, préfet depuis 2014, au Vatican, du secrétariat pour l’économie ;
- Robert Sarah, ancien archevêque de Conakry, Guinée, préfet depuis 2014 de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ;
- Jorge L. Urosa Savino, archevêque de Caracas, Venezuela.

Pour ce qui est du contenu de la lettre, "America" en donne de nombreuses citations. Elles correspondent toutes parfaitement au texte publié par www.chiesa.

Ce texte a également été confirmé comme "authentique", quelques heures après le "scoop" d’"America", par le quotidien "La Nacion" de Buenos-Aires, dans un article signé par Elisabetta Piqué, d’après ce qu’elle aurait "su de bonnes sources vaticanes" Una carta aumenta las intrigas en el sínodo

Ce qui n’empêche pas que la lettre effectivement remise au pape puisse comporter quelques variantes minimes. Qui portent sur la forme, pas sur le fond.

Parce que le fond reste celui que le communiqué du cardinal Pell et plus encore l'interview du cardinal Napier ont confirmé : une inquiétude croissante ressentie par un grand nombre de pères synodaux en raison de l'insistance avec laquelle un document, l'"Instrumentum laboris", leur est imposé en tant que base de discussion, alors que, chaque jour, il se révèle un peu plus inadapté, et la crainte qu’il n’envahisse également, avec ses ambigüités, la "Relatio finalis", dont la rédaction est dans les mains d’une commission entièrement nommée par en haut et composée, à une écrasante majorité, de novateurs.

En effet, au lieu d’une "Relatio finalis" longue, discursive et encore conditionnée par l'"Instrumentum laboris", insidieuse et compliquée au moment de passer au vote, avec le risque de devoir l’approuver ou la rejeter en bloc, beaucoup de pères synodaux préféreraient que, à la fin, on vote point par point sur des "propositiones" synthétiques et claires, dans lesquelles on ferait simplement confluer les résultats de la discussion en cours, comme cela a été fait lors de très nombreux synodes dans le passé et même, dans une certaine mesure, lors du synode de 2014.

Cette inquiétude a couvé sous la cendre, pendant toute la première semaine du synode, comprimée par ceux qui détiennent le contrôle sur les procédures, au premier rang desquels le pape François, le secrétaire général et le secrétaire spécial.

Mais c’est justement la sortie au grand jour de la lettre des treize cardinaux – avec l’explosion de la discussion qui en a été le résultat – qui a, dans les faits, rendu aux pères synodaux une possibilité plus concrète de contrôler eux-mêmes les procédures et les objectifs de ce sommet décisif de l’Église mondiale.

***

Lors de la conférence de presse du mardi 13 octobre, le directeur du bureau de presse du Vatican, Federico Lombardi, a lu une déclaration à propos de la lettre des treize cardinaux, dont, pratiquement, il prend acte :

"Celui qui a diffusé cette lettre quelques jours après [qu’elle eut été remise au pape] a commis un acte perturbateur, non souhaité par ceux qui l’ont écrite… Que l’on puisse faire des remarques à propos de la méthodologie du synode, qui est nouvelle, ce n’est pas étonnant, mais, une fois qu’elle est établie, tout le monde doit s’employer à l’appliquer le mieux possible. Certains des 'signataires' sont également des modérateurs élus de petits groupes et ils y travaillent intensément, et le climat général est positif… Continuons à travailler sans nous laisser perturber".

Les précédents articles de à propos du synode actuellement en cours :

Treize cardinaux ont écrit au pape. Voici la lettre (12.10.2015)

Synode. Un tweet ne fait pas le printemps (10.10.2015)

Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs (8.10.2015)

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 14.10.2015 - T/International

 

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