ACCUEIL

BENOÎT XVI

L'EVANGILE DU JOUR

LA FAMILLE

TEXTES DU VATICAN

JEAN PAUL II

CHRIST MISERICORDIEUX

ACTUALITE DE L'EGLISE

CATECHESES

LITURGIE

LES JEUNES

FIDELES LAICS

JOUR DU SEIGNEUR

SERVANTS DE MESSE

SPIRITUALITE

THEOLOGIE

VOCATIONS

VOYAGE APOSTOLIQUE

GALERIE PHOTOS

TV VATICAN

MEDITATIONS

BREVES

QUI SOMMES NOUS

NOUS CONTACTER
 
BIBLIOTHEQUE
FORUM
ESCHATOLOGIE
LIENS
.
STATISTIQUES
 
Ouverture du site
19 Avril 2005
 

Synode. Un tweet ne fait pas le printemps

Le 10 octobre 2015 - (E.S.M.) - Les travaux de cette assemblée sont secrets comme ils ne l’avaient jamais été. Les informations fournies par les sources officielles sont inutilisables. Il n’existe pas de traductions pour les pères synodaux qui ne savent pas l’italien. Le geste symbolique de rupture des évêques polonais.

Le tweet du père Antonio Spadaro

Synode. Un tweet ne fait pas le printemps

par Sandro Magister

Le 10 octobre 2015 - E. S. M. - Dès le début, les pères synodaux ont été nombreux à ressentir de l’insatisfaction - ce n’est pas un secret - quant à la manière dont les procédures du synode avaient été établies. Et en effet certains d’entre eux ont tout de suite émis des protestations, lors de la première des congrégations générales, qui a eu lieu à huis clos, comme les autres séances.

Déjà le concile Vatican II avait montré que le contrôle des procédures est un facteur décisif pour gouverner et orienter une assemblée.

C’est le pape François en personne qui est intervenu, le matin du deuxième jour du synode, pour faire taire les protestataires. Il s’est déclaré responsable des décisions concernant les procédures qui ont été adoptées et il a demandé aux pères synodaux de "ne pas céder à l'herméneutique de conspiration, qui est faible au point de vue sociologique et qui n’apporte pas d’aide au point de vue spirituel".

Toutefois il a fallu un tweet posté par un jésuite membre du synode, le père Antonio Spadaro, directeur de la revue "La Civiltà Cattolica", pour que l’on connaisse ces paroles précises de François, que le père Federico Lombardi, le porte-parole officiel, lui aussi jésuite, s’était bien gardé de citer dans le résumé de l'intervention papale qu’il avait communiqué à la presse.

Harcelé par les journalistes le jour suivant, le père Lombardi a déclaré qu’il n’avait pas rapporté ces propos et qu’il ne voulait pas les démentir, parce que "j’applique des critères précis dans la communication et par conséquent je n’ai pas à dire tout ce que tout un chacun pense qu’il faudrait dire".

En disant cela, le directeur du bureau de presse du Vatican a candidement reconnu qu’il y a pour lui – comme pour les autres porte-parole officiels du synode – des normes de travail précises, auxquelles il faut se soumettre.

Cet incident est révélateur de la manière dont la mécanique du synode a été transformée, depuis que Jorge Mario Bergoglio est pape et parce qu’il l’a voulu.

*

Sous les papes précédents aussi, les synodes se déroulaient à huis clos. Mais, chaque jour, la liste de tous les pères qui étaient intervenus était fournie aux journalistes, ainsi qu’une synthèse de leurs interventions respectives, rédigée par les auteurs eux-mêmes, qui était également publiée quotidiennement par "L'Osservatore Romano".

De plus, pour les journalistes accrédités, répartis en groupes linguistiques, il y avait chaque jour des briefings effectués par des porte-parole autorisés, qui fournissaient d’autres détails relatifs au déroulement de la discussion.

Mais tout cela a disparu des deux synodes convoqués par le pape François. Ne sont communiqués aux journalistes que les noms des pères qui sont intervenus, ainsi qu’une liste sommaire des questions qui ont été abordées, mais sans indiquer qui a dit quoi.

Cela veut dire que ce matériel est inutilisable pour quelqu’un qui voudrait reconstituer le véritable déroulement du synode. Mais c’est ce que veut François, comme il l’a lui-même affirmé à plusieurs reprises.

Les pères synodaux, eux, ne sont pas soumis à ces contraintes. Chacun d’eux peut, s’il le souhaite, rendre publiques ses propres interventions. Ou bien accorder des interviews. Ou encore raconter à qui il veut ce qui s’est passé en séance. Mais il est évident que cette libéralité désordonnée est bien différente de la fourniture aux journalistes, chaque jour, d’une documentation d’ensemble complète et impartiale.

C’est ainsi que, en l’absence d’une information adaptée et systématique émanant du Saint-Siège, quelques pères synodaux ont pris la décision de faire eux-mêmes, spontanément, ce que les organisateurs du synode refusent de faire.

Jeudi 8 octobre, on a pu découvrir, sur le site web de la conférence des évêques de Pologne, le compte-rendu précis, rédigé en français, des 42 interventions en séance qui ont eu lieu pendant la première journée du synode Interventions des Pères Synodaux. Deuxième Assemblée Générale

C’est ainsi que l’on a su, par exemple, que l’évêque belge Johan Jozef Bonny avait émis le souhait que "l’on apprécie les éléments positifs qui existent dans les unions civiles" et que "l’on laisse des espaces d’action aux évêques locaux".

Ou que le Panaméen José Luis Lacunza Maestrojuan, récemment nommé cardinal, avait demandé à Pierre, c’est-à-dire au pape, "d’être aussi miséricordieux que Moïse" qui accordait le divorce à ceux qui étaient "durs de cœur".

Mais aussi que le cardinal biélorusse Tadeusz Kondrusiewicz leur avait objecté que "donner les sacrements aux divorcés remariés, c’est accepter le divorce" et que, en tout cas, le moment d’en parler ce n’était pas maintenant, mais à la troisième semaine du synode, comme prévu dans l’agenda des travaux.

On a su que le cardinal allemand Reinhard Marx s’était dit négativement "stupéfait par le rapport introductif du cardinal Péter Erdö".

Tandis que, au contraire, le cardinal vénézuélien Jorge Liberato Urosa Savino a "remercié Erdö pour le beau texte de son rapport".

L'archevêque canadien Paul André Durocher a critiqué à fond la première partie de l'"Instrumentum laboris" – le document qui est la base de la discussion et qui a été confirmé comme tel par le pape – qu’il qualifie de "purement sociologique" et donc à "compléter dans une perspective de foi".

Cette critique-là a été également formulée par le cardinal australien George Pell, qui s’en est ensuite pris aux procédures imposées au synode et a demandé de manière polémique : "Pourquoi la commission qui rédigera le rapport final du synode a-t-elle été composée de cette manière?", alors qu’il sait très bien que c’est le pape qui a choisi les membres de la commission, composée de novateurs à une écrasante majorité.

C’est donc uniquement grâce aux évêques polonais que l’on a eu des informations plus précises à propos de la discussion orageuse qui a incité le pape François à intervenir le lendemain.

Les cardinaux et évêques de Pologne présents au synode sont cinq et ils se comportent comme une équipe compacte, de tendance nettement "conservatrice", comme le montre la prise de position collective qui a été publiée en six langues, avant le synode, sur le site web de la conférence des évêques Position des évêques polonais avant le synode

Beaucoup de gens se demandent avec ingénuité si l’initiative polonaise consistant à publier le compte-rendu détaillé de la première journée des travaux va inciter le secrétariat du synode, et en définitive le pape, à assurer une couverture médiatique de l’événement qui soit plus adaptée.

*

Il y a encore un autre changement important qui est intervenu, depuis que François est pape, dans l'organisation des synodes. Il concerne, lui aussi, la couverture médiatique mais plus encore les travaux en session.

Avant le pontificat de François, les synodes transformaient le Vatican en un chantier fébrile. Un escadron de plusieurs dizaines de traducteurs, dont beaucoup venaient de pays autres que l’Italie, était mis au travail 24 heures sur 24 pour assurer immédiatement une version en plusieurs langues de tous les textes synodaux - vraiment tous - depuis le rapport introductif jusqu’aux rapports des "circuli minores" et aux propositions finales, y compris les synthèses écrites de toutes les interventions ayant eu lieu en séance.

Aujourd’hui, il ne reste même plus l'ombre de ce chantier. Le rapport introductif du cardinal Erdö – bien qu’il ait été reconnu comme étant d’une importance capitale à la fois par ceux qui l’approuvent et par ceux qui y sont hostiles – a été lu en séance en italien. Et il est resté en l’état, en dépit du fait que beaucoup des 270 pères synodaux ne soient pas du tout à leur aise avec la langue de Dante. Si, quelques heures plus tard, sa traduction intégrale en anglais a été mise en ligne, ce travail avait été effectué non pas par les services du Vatican, mais par la Catholic News Agency, aux États-Unis Full text of Cardinal Erdö's introductory report

Beaucoup de pères synodaux craignent que les choses se passent de la même manière pour les rapports émanant des petits groupes linguistiques, chacun de ces rapports étant rédigé dans la langue de son groupe et étant destiné à rester en l’état, sans aucune traduction.

Mais le pire aura lieu avec le rapport final, qui sera voté, point par point, au milieu des dialogues fébriles de fin de synode. "S’il est lu et mis au vote seulement en italien, nous risquons d’être très nombreux à ne pas bien savoir sur quoi nous allons voter", a déploré, lors d’une conférence de presse, Charles Chaput, l'archevêque de Philadelphie.

C’est ce qui s’était déjà produit au synode du mois d’octobre 2014. Sans parler des irrégularités commises à ce moment-là, en coulisses, alors que les travaux battaient leur plein, lorsque ceux qui détenaient le contrôle des procédures – au premier rang desquels le secrétariat spécial du synode – en ont tiré parti pour produire ce regrettable document intitulé "Relatio post disceptationem", qui a ensuite été démasqué en public par le cardinal Erdö lui-même et qui a été bouleversé, en séance, au cours des discussions ultérieures La véritable histoire de ce synode. Le metteur en scène, les exécutants, les assistants (17.10.2014)

Une reconstitution plus détaillée de cette manœuvre et d’autres figure dans cet e-Book d’Edward Pentin, publié par Ignatius Press The Rigging of a Vatican Synod?

"L'herméneutique de conspiration" contre laquelle le pape François s’est fâché n’est malheureusement pas privée de points d’appui.

Les rapports des treize "circuli minores" présentés en séance le 9 octobre Relazioni dei circoli minori sulla prima parte dell'"instrumentum laboris"

Le précédent article de www.chiesa à propos du synode en cours actuellement Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 10.10.2015 - T/International

 

 » Sélection des derniers articles  
page précédente haut de page page suivante