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19 Avril 2005
 

Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs

Le 08 octobre 2015 - (E.S.M.) - Principalement grâce au rapport introductif du cardinal Erdö, qui a critiqué avec beaucoup de fermeté les "ouvertures" ambigües du document de base. Mais les novateurs s’occupent déjà de contre-attaquer. Et ils comptent sur l'appui du pape.

Synode. Le premier coup au but est tiré par les conservateurs

par Sandro Magister

Le 08 octobre 2015 - E. S. M. - Au cours de ces premiers jours du synode consacré à la famille, le pape François a déjà pris la parole en deux occasions.

La première fois, conformément au programme, il l’a fait en sa qualité de président, lorsqu’il a prononcé le discours d’ouverture des travaux, le lundi 5 octobre Introduzione del Santo Padre Francesco

La seconde fois, il a parlé le matin du mardi 6 octobre. Il y a été incité par le lancement, la veille, de la discussion des pères synodaux.

Le texte de cette seconde intervention n’a pas été rendu public mais, d’après le compte-rendu qu’en a fait "L'Osservatore Romano", François a tenu à réaffirmer trois points :

- la validité, en tant que base de discussion, de l'"Instrumentum laboris", qu’il a personnellement approuvé, a-t-il dit, et qui est constitué de la "Relatio" finale du synode précédent "et des contributions parvenues ultérieurement qui y ont été intégrées" ;

- le fait que la "Relatio" finale de 2014 et les deux discours qu’il avait lui-même prononcés au commencement et à la fin de cette session doivent être considérés comme les seuls "documents officiels du synode de l’année dernière" ;

- la certitude que, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée".

En disant cela, François a surtout voulu repousser les contestations les plus radicales qui, à la veille du synode, s’étaient manifestées contre l'"Instrumentum laboris".

Un exemple de ces contestations est le texte, signé par trois théologiens et soutenu par quelques évêques et cardinaux européens, que www.chiesa a publié le 29 septembre "Inacceptable". Le document de base du synode "compromet la vérité"

Un autre exemple est le livre "Christ's New Homeland - Africa", écrit par le cardinal Robert Sarah et six autres cardinaux ainsi que par quatre évêques africains. Dans ce livre plusieurs points de la "Relatio" finale du synode de 2014, qui ont par la suite été intégrés dans les "Lineamenta" et dans l'"Instrumentum laboris", sont rejetés comme "semant le doute" – à propos d’un point essentiel tel que l'indissolubilité du mariage – ou même comme "inacceptables" et "scandaleux" Les cardinaux anti-Kasper: ils étaient cinq, maintenant ils sont dix-sept (31.8.2015)

*

En réalité l'"Instrumentum laboris" marquait déjà des reculs, plus conformes à l’enseignement traditionnel de l’Église, par rapport aux "ouvertures" de la "Relatio" finale de 2014, qui avait elle-même redimensionné les avancées encore plus téméraires de la "Relatio post disceptationem" publiée à mi-parcours de la session synodale, à propos de questions brûlantes telles que le divorce et l'homosexualité Synode. Une douche glacée pour les novateurs (30.6.2015)

Mais le fait le plus frappant de ce début de synode est la fermeté avec laquelle le cardinal rapporteur, le Hongrois Péter Erdö a critiqué, dans son discours de lancement des travaux, même les ambigüités résiduelles présentes dans l'"Instrumentum" Relazione introduttiva del relatore generale

Le cardinal Erdö était déjà rapporteur général en 2014. Par conséquent c’est sa "signature" qui figurait formellement au bas de la "Relatio post disceptationem" dont on a tant parlé et par rapport à laquelle, en tout cas, il a pris par la suite ses distances, en désignant publiquement Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, comme le véritable auteur des passages les plus controversés La véritable histoire de ce synode. Le metteur en scène, les exécutants, les assistants (17.10.2014)

Mais, instruit par ce précédent, Erdö a cette fois-ci rédigé – de sa propre main – un rapport introductif parfaitement clair et d’une fidélité impeccable à la doctrine de toujours de l’Église, qui a pris par surprise et irrité bon nombre de novateurs.

Un seul exemple.

En ce qui concerne les fidèles divorcés et remariés civilement qui se trouvent dans une situation de vie commune irréversible, l'"Instrumentum laboris" affirme ceci :

"Pour affronter ce thème, un commun accord existe sur l’hypothèse d’un itinéraire de réconciliation ou voie pénitentielle, sous l’autorité de l’évêque. […] Certains par voie pénitentielle entendent un processus de clarification et de nouvelle orientation, après l’échec vécu, accompagné d’un prêtre député à cela. Ce processus devrait conduire l’intéressé à un jugement honnête sur sa propre condition, où ce même prêtre puisse faire mûrir son évaluation pour pouvoir faire usage du pouvoir de lier et de dissoudre en fonction de la situation".

Sur les traces de ce texte ambigu, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, avait évoqué, dans une interview publiée dans "La Civiltà Cattolica" le 26 septembre dernier, la possibilité – qu’il n’est pas le seul à envisager –pour ces personnes de recevoir la communion eucharistique :

" Il y a des situations dans lesquelles le prêtre, l’accompagnateur, qui connaît les personnes concernées, peut en arriver à leur dire : ‘Votre situation est telle que, en conscience - dans votre conscience et dans ma conscience de pasteur - je vois votre place dans la vie sacramentelle de l’Église’".

Mais le cardinal Erdö, dans son rapport d’ouverture du synode, a critiqué une telle solution, tout d’abord en recourant à une argumentation serrée et, pour finir, en appelant à la rescousse à la fois l’exhortation apostolique "Familiaris consortio." (FC) de Jean-Paul II et un manuel rédigé par un canoniste jésuite du XVIIIe siècle :

"L’intégration des divorcés remariés dans la vie de la communauté ecclésiale peut être réalisée sous diverses formes, différentes de l’accès à l’eucharistie, comme le suggère déjà FC 84. Dans la pratique traditionnelle de l’Église latine, la voie pénitentielle pouvait signifier – pour les personnes qui n’étaient pas encore prêtes à changer leur manière de vivre mais qui éprouvaient en tout cas le désir de se convertir – que les confesseurs pouvaient entendre leur confession, en leur donnant de bons conseils et en leur proposant des exercices de pénitence, pour les diriger vers la conversion, mais sans leur donner l’absolution qui n’était possible que pour les personnes ayant effectivement l’intention de changer de vie (cf. F. A. Febeus, S.J., De regulis juris canonici liber unicus, Venise, 1735, pp. 91-92)".

Il n’est pas étonnant que le cardinal Erdö se soit vu demander le jour même – à la fois dans l’enceinte du synode et en conférence de presse – de justifier cette réaffirmation péremptoire de la discipline en vigueur actuellement, en ce qui concerne les divorcés remariés et d’autres points controversés.

Il a répondu aux journalistes qu’il avait simplement voulu "recueillir la voix de l’Église", ou plutôt, "le résultat objectif, presque mathématique, de ce qui est parvenu au secrétariat du synode pendant le laps de temps entre les deux sessions et après la publication de l'Instrumentum laboris", dans lequel "pour la majorité des réponses qui ont été données, il y a la volonté de maintenir" les documents du magistère actuellement en vigueur à propos de ces questions.

Réponse révélatrice, qui fait la lumière sur le véritable résultat de la consultation effectuée dans le monde entier en vue du synode. Celle-ci a donné lieu, selon le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, à 102 réponses provenant de conférences épiscopales et à 400 autres observations envoyées par des diocèses, par des paroisses, par des associations, par des familles et par de simples fidèles.

Cependant, lors de la conférence de presse, Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, n’a pas manqué de contrebalancer les propos d’Erdö, ouvrant ainsi une brèche aux innovations que le cardinal hongrois avait exclues :

"Étant entendu que l’on ne doit pas attendre de ce synode des modifications de la doctrine, il convient de dire avec beaucoup de clarté que ce synode ne se réunit pas pour ne rien dire. Ce n’est pas un synode doctrinal, mais un synode pastoral. Traiter les questions pastorales et chercher de nouvelles approches rend l’Église plus proche des femmes et des hommes de notre temps".

Et, en séance, de nombreux intervenants ont demandé non pas des réponses "universelles" aux problèmes en discussion, mais la liberté de chercher des "solutions régionales, nationales ou continentales permettant de relever des défis très différents", comme c’est d’ailleurs  déjà le cas, en fait, dans certaines régions de l’Église, en particulier celles de langue allemande.

De plus il ne faut pas négliger le fait que le secrétariat du synode n’a pas préparé de traduction en d’autres langues du rapport du cardinal Erdö, lu en italien pendant une séance. Cela a eu pour effet de rendre ce texte difficile à comprendre pour un bon nombre de pères synodaux et d’en accélérer l’archivage.

*

Toutefois il n’y a pas  que le fond qui ait prêté à discussion, il y a aussi les méthodes de travail de ce synode.

Beaucoup de pères synodaux, par exemple, n’ont pas apprécié la réduction des temps de débat général en assemblée, ni le fait que chaque intervention soit limitée à 3 minutes seulement.

Mais ce qui a provoqué le plus de critiques – dans les conversations privées entre pères synodaux – c’est surtout la composition de la commission chargée de rédiger, en plusieurs versions successives, la "Relatio" qui sera mise au vote, point par point, lors de la journée de conclusion du synode, avant d’être finalement remise au pape.

Les dix membres de la commission, tous nommés par François, sont :

- Péter Erdö, rapporteur général du synode ;
- Lorenzo Baldisseri, secrétaire général ;
- Bruno Forte, secrétaire spécial ;
- Oswald Gracias, pour l'Asie ;
- Donald William Wuerl, pour l'Amérique du Nord ;
- Victor Manuel Fernandez, pour l'Amérique latine ;
- Mathieu Madega Lebouakehan, pour l'Afrique;
- John Atcherley Dew, pour l'Océanie ;
- Marcello Semeraro, pour l'Europe ;
- Adolfo Nicolas Pachon, pour les ordres religieux.

Quatre d’entre eux (Wuerl, Fernandez, Dew, Semeraro) sont arrivés au synode non pas parce qu’ils avaient été élus par leurs épiscopats respectifs ou en raison des fonctions qu’ils exercent, mais uniquement parce qu’ils y avaient été appelés personnellement par François. Et si l’on y ajoute Baldisseri, Forte et Nicolas Pachon, on notera facilement la nette prédominance, au sein de la commission, de personnalités favorables, de manière plus ou moins marquée, au changement.

En particulier, tout le monde se souvient des manœuvres de Forte lors du synode de 2014 et l’anticonformisme de Fernandez est bien connu E questo sarebbe il teologo di fiducia del papa?

En ce qui concerne le père Nicolas Pachon, général des jésuites, ce qui fait référence, c’est sa déclaration publiée dans le "Corriere della Sera" du 7 octobre : "Bien sûr, s’il agissait tout seul, François pourrait aller plus vite. Mais l’Église a besoin de temps pour changer".

Il faut cependant préciser qu’Erdö a, lui aussi, été appelé au synode par le pape en personne, qui l’a reconduit dans ses fonctions de rapporteur général, ce qui montre à quel point les choix faits par Jorge Mario Bergoglio échappent aux classifications faciles.

En tout cas, le pape François a également voulu mettre les choses au point en ce qui concerne les procédures du synode, dans le discours hors programme qu’il a prononcé le matin du 6 octobre.

D’après le père Federico Lombardi, le pape a indiqué que "les décisions en matière de méthode ont également été partagées et approuvées par lui et par conséquent elles ne peuvent pas être remises en discussion".

*

Pour en revenir à l’affirmation du pape selon laquelle, dans la démarche mise en œuvre par le synode jusqu’à maintenant, "la doctrine catholique à propos du mariage n’a pas été touchée", il convient de noter que cette affirmation est également répétée sans répit par tous les partisans du changement.

Leur mantra, en effet, est que la doctrine reste intacte, parce que l’on ne veut mettre à jour que la "pastorale".

Et donc, étant donné que toutes les propositions de changement présentées jusqu’à présent au synode sont irréprochables au point de vue de la doctrine, il ne reste plus qu’à choisir, parmi elles, celles qui sont les plus "miséricordieuses".

On verra, à l’avenir, jusqu’où ira ce raisonnement, qui veut associer, par exemple, le dogme de l'indissolubilité et la bénédiction des remariages.

   
Les noms de toutes les personnes présentes au synode Elenco dei partecipanti

L'agenda jour par jour Calendario dei lavori

Le texte qui sert de base à la discussion l’"Instrumentum laboris"

Les modérateurs et les rapporteurs élus au sein des treize groupes linguistiques entre lesquels est répartie la discussion Elenco dei moderatori e relatori dei "Circuli minores"

Certains de ces élus sont bien connus des médias, comme par exemple les cardinaux Sarah, Pell, Bagnasco, Rodriguez Maradiaga, Schönborn, Piacenza et l’archevêque Kurtz.

D’autres sont moins connus mais tout aussi significatifs. Par exemple, le "Circulus anglicus D", l’un des quatre groupes de langue anglaise, a élu comme rapporteur Charles Chaput, l'archevêque de Philadelphie, qui a organisé la rencontre mondiale des familles et accueilli le pape François lors du voyage de celui-ci aux États-Unis, et comme président le cardinal canadien Thomas C. Collins, archevêque de Toronto, qui a accordé en 2014 au blog catholique américain "The Word on Fire" une longue interview, très nette et argumentée, dans laquelle il défend la doctrine et la pratique de l’Église dans le domaine du mariage Marriage, Divorce, and Communion

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 08.10.2015 - T/International

 

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