ACCUEIL

BENOÎT XVI

L'EVANGILE DU JOUR

LA FAMILLE

TEXTES DU VATICAN

JEAN PAUL II

CHRIST MISERICORDIEUX

ACTUALITE DE L'EGLISE

CATECHESES

LITURGIE

LES JEUNES

FIDELES LAICS

JOUR DU SEIGNEUR

SERVANTS DE MESSE

SPIRITUALITE

THEOLOGIE

VOCATIONS

VOYAGE APOSTOLIQUE

GALERIE PHOTOS

TV VATICAN

MEDITATIONS

BREVES

QUI SOMMES NOUS

NOUS CONTACTER
 
BIBLIOTHEQUE
FORUM
ESCHATOLOGIE
LIENS
.
STATISTIQUES
 
Ouverture du site
19 Avril 2005
 

Pour Benoît XVI le Christ est le seul médiateur et la seule espérance de l'Église

 

Le 14 octobre 2008 - (E.S.M.) - Le pape évoquait pour ses auditeurs la grande mosaïque absidiale de Saint-Paul-hors-les-Murs où le Christ Pantocrator écrase de sa stature la figure minuscule du pape Honorius III qui, prosterné devant lui dans une attitude de proskunèsis, (Littéralement « prosternation à genoux ») lui baise les pieds.

Le Christ Pantocrator et le pape Honorius III (lire dans le texte) - Pour agrandir l'image Cliquer

Pour Benoît XVI le Christ est le seul médiateur et la seule espérance de l'Église

La deuxième session (première partie)

Le 14 octobre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - La mort de Jean XXIII, der gütige Papst, « le bon pape Jean », entre les deux sessions, marqua d'un point d'interrogation l'avenir du concile; mais l'élection de son ami, le cardinal Montini, de Milan, sous le nom de Paul VI, mit rapidement fin à cette incertitude. J. Ratzinger accorda une importance spéciale au discours que le nouveau pape tint le 21 septembre aux membres de la curie romaine (J. Ratzinger, le concile en chemin. Rétrospective sur la deuxième session, Cologne, 1964, p. 10-11). Si l'on se souvient que les papes de la fin du moyen âge et de l'époque de la Réforme catholique s'étaient jalousement réservé le soin de régir eux-mêmes la curie, puisqu'elle était leur « organe personnel », la décision de Paul VI d'en inscrire la réforme dans l'agenda conciliaire constitua un événement marquant de l'histoire de l'Église latine. Il n'y avait pourtant pas là de rupture avec le passé. Le pape demandait au concile qu'il lui fasse des propositions. Il ne s'agissait pas de décisions exécutives, mais d'une participation consultative, pour aboutir éventuellement à un jugement du fonctionnement concret de la primauté. Joseph Ratzinger y vit la signature propre de Paul VI :

"La promptitude à sortir pour aller à la rencontre de ce qui vient, de ce qui est nouveau - mais toujours d'une manière qui s'inscrit dans la continuité historique"
(Idem p. 10-11).

Malgré le contraste de tempérament entre le nouveau pape et son prédécesseur, J. Ratzinger trouva que « cela s'accordait bien avec la manière de faire de Jean XXIII qui disait de lui-même qu'il était le pape à la fois de ceux qui se servent de l'accélérateur et de ceux qui se servent du frein »
(Idem, p. 12). Le discours de Paul VI du 29 septembre 1964, ouvrant la deuxième session, fut, comme celui de Jean XXIII pour la première, une déclaration programmatique. Tout en admettant qu'on puisse mettre en avant d'autres lignes de force de ce discours, J. Ratzinger en privilégia le christocentrisme. Présentant le Christ comme le seul médiateur et la seule espérance de l'Église, le pape déclarait que le Sauveur était le véritable « président » du concile. Et il évoquait pour ses auditeurs la grande mosaïque absidiale de Saint-Paul-hors-les-Murs où le Christ Pantocrator écrase de sa stature la figure minuscule du pape Honorius III qui, prosterné devant lui dans une attitude de proskunèsis, (Littéralement « prosternation à genoux » [Ndlr : voir sur la photo agrandie ci-dessus] ) lui baise les pieds. Selon la transcription de Joseph Ratzinger, le pape déclara dans son discours que le Christ est « l'interprète du présent et la mesure de tout ce qui se produit » (Das Konzil aufdem Weg, p. 19). Paul VI fixa l'agenda du travail conciliaire; l'édifice serait porté par quatre piliers : la compréhension que l'Église a d'elle-même; son renouvellement interne; la restauration de l'unité de tous les chrétiens ; le « dialogue » que l'Église veut entretenir avec les hommes de notre temps. Choisissant de terminer son discours par quelques mots en grec et en russe, le pape soulignait son engagement sur la voie de l'œcuménisme, « sortant de l'espace de la latinité » pour entrer dans l'universalité pentecostale de l'Église de toutes les nations (Idem, p. 22).

Joseph Ratzinger se tourna donc, avec les Pères conciliaires, vers l'élaboration de la constitution dogmatique sur l'Église, Lumen Gentium. Le schéma préparatoire sur cette question était l'œuvre de théologiens belges, cherchant une via média entre les traités de scolastique romaine et hispanique d'un côté, et de l'autre l'œuvre d'ecclésiologues modernes français et allemands. J. Ratzinger estimait que c'était un très bon texte de travail, même s'il était susceptible de quelques critiques : dans ce domaine, il faut se garder de tout « perfectionnisme irréaliste »
(Idem, p. 25). La ligne la plus apparente du texte était la quête de catholicité - où l'Église est déterminée par l'économie du Fils et celle de l'Esprit, en une structure à la fois sacramentelle et charismatique; mais J. Ratzinger y vit encore deux autres leitmotive.

Le premier était celui de l'historicité de l'Église, non pas au sens simple qu'on peut lui appliquer comme à n'importe quelle institution, mais en ce sens précis d'un corps qui appartient à l'histoire salvifique de Dieu-avec-nous. L'Église n'est pas encore achevée, elle est toujours marquée par le péché, et il reste à la grâce beaucoup à accomplir en elle. Pourtant, elle se hâte sans cesse à la rencontre de son Seigneur. Dans cet esprit, Joseph Ratzinger s'attacha à la notion d'eine Kirche der Armen, « une Église des pauvres », idée que le concile dut aux terres romanes. Bien qu'elle puisse conduire à des malentendus, ou encourager un sentimentalisme qui ne rend personne meilleur, il pensait qu'au fond elle était juste, et constituait même « l'expression d'une avancée historique importante ».

"L'Église, qui pour un temps sembla appartenir aux princes de l'époque baroque, se renouvelle pour retrouver cette simplicité d'esprit qui est le sceau de son origine comme « servante du Seigneur » qui a voulu être, sur cette terre, le fils d'un charpentier, et qui a choisi des pêcheurs comme premiers ambassadeurs"
(Idem, p. 30).

Le second leitmotiv du schéma de Lumen Gentium mis en lumière par Joseph Ratzinger est l'idée que l'Église est un signe. Saint Augustin a défini le sacramentum comme un « signe sacré »: ainsi, une vision « sacramentelle » de l'Église exigerait qu'elle devienne toujours davantage une véritable fenêtre - quelque chose qui « remplit d'autant mieux sa fonction qu'elle permet de voir à travers elle une réalité plus grande »
(Idem, p. 31). Dans cette perspective, il ne faudrait plus voir les fonctions ecclésiales avec un regard profane, mais comme le service des « signes sacrés de Dieu », donc d'une manière beaucoup plus profonde et plus spirituelle.

J. Ratzinger consacra le reste de ses réflexions sur l'élaboration de Lumen gentium à cinq points, qui devaient concerner cette seconde session : les évêques et leur collégialité; le diaconat; les laïcs; différentes « questions pratiques » relatives au gouvernement de l'Église; et, pour finir, le grand sujet de la mariologie. Des trois degrés du ministère ordonné, celui du presbytérat fut négligé par le concile ; sa sollicitude alla à l'épiscopat et au diaconat. Concernant les évêques, le point délicat, la véritable « pomme de terre brûlante », fut la question de la collégialité - la plus âprement débattue de la deuxième session. La succession apostolique, disait-on, ne s'effectue pas simplement par le lien individuel entre un évêque et un apôtre, puis entre cet évêque et son successeur. C'est bien plus l'ensemble des évêques, l'épiscopat universel, la « communauté », Gemeinschaft, le « collège », Kollegium, qui succède à celui des apôtres de l'Église primitive. Bischofsein, « être évêque », ne prend sens que si l'on est uni aux autres dans la même fonction. Quoique J. Ratzinger montrât une légère hésitation quant au terme « collège » - peut-être parce que certaines connotations évoquant la législation romaine lui paraissaient quelque peu déplacées quand il s'agissait de rendre compte de la communauté archétypique du Nouveau Testament -, c'est avec un certain enthousiasme qu'il accueillit la redécouverte de cette doctrine corporative de l'épiscopat. C'était un retour à la véritable structure spirituelle de l'Église. Mais qu'allait-il en être du pape, le détenteur de la charge « pétrinienne » ? D'un côté, la fonction de Pierre est indépendante de la collégialité - il s'agit d'une place unique qui lui est assignée personnellement par le Christ. D'un autre côté, cette charge ne le retranche pas du cercle des Douze, dont il demeure l'un des membres. Sans s'étendre sur ce point, Joseph Ratzinger donne l'impression qu'il pressentait là, pour l'avenir, une certaine tension. Ce serait pourtant un grand progrès que la « verticalité » catholique, tournée vers Rome, soit tempérée par sa complémentaire « horizontale », tournée vers son voisinage. Une communion d'évêques dans une communion d'églises : cette perspective nouvelle, et pourtant si ancienne, nous permettrait d'établir des ponts avec les Églises orientales où la « conscience d'être en communion » est demeurée plus vive qu'en Occident
(Idem, p. 36).

Pour ce qui est du diaconat, J. Ratzinger/Benoît XVI vit dans sa restauration sous forme de statut permanent pour des hommes éventuellement mariés un don fait au concile par l'Église d'Amérique latine. Ce continent comptait suffisamment de prêtres pour que s'y maintienne le fondement de la vie sacramentelle. En revanche, la présence effective du ministère de la Parole faisait défaut - la proclamation et le prêche sans lesquels il n'y a pas de christianisation solide. Le concile était très conscient de l'analogie de la situation avec celle des apôtres dans l'Église de Jérusalem, décrite dans les Actes des apôtres
(6,1-6). Les Sept furent ordonnés pour le «service des tables » afin que les Douze puissent se consacrer sans réserve à la prière et au ministère de la Parole. Joseph Ratzinger fut impressionné par la « faim de la Parole » qui s'exprimait dans cet effort de restaurer le diaconat, et il espérait que son rétablissement rende le ministère spirituel « plus flexible et plus dynamique » (Idem, p. 39).

En revanche, il fut plutôt désappointé par les discours sur le laïcat, qu'il trouva ternes et ennuyeux. Même si l'idée de sainteté laïque, qui témoigne que l'appel à la perfection n'est pas réservé à la vie monastique, revêtait une valeur considérable, il sentit que le texte proposé n'était pas suffisamment concret quant aux potentialités ecclésiales positives du laïcat. On aurait pu en dire davantage, sans préjudice pour Yindoles sœcularis
(Ensemble des dispositions et talents propres au monde séculier [NdT] ) des laïcs, sur leur mission d'enraciner l'Évangile dans le monde au delà du rayon d'action de l'Église (Das Konzil auf dem Weg, p. 42-43).

La première session (première partie) Le pape a fait ses classes sur les bancs de Vatican II
La première session (deuxième partie) L'Écriture respire l'odeur d'humus du pays des patriarches
 

Nouveau: conseils aux personnes qui désirent recevoir les actualités ou consulter le site régulièrement:  ICI


Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger -  (E.S.M.)
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  14.10.2008 - T/Théologie

 

 » Sélection des derniers articles  
page précédente haut de page page suivante