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19 Avril 2005
 

Le pape Benoît XVI a fait ses classes sur les bancs de Vatican II

 

Le 05 octobre 2008 - (E.S.M.) - Dans le livre d'Aidan Nichols, celui qui est devenu le pape Benoît XVI, nota ses réactions aux principaux événements de Vatican II dans quatre cahiers correspondant à chacune des sessions.

Le cardinal Ratzinger - Pour agrandir l'image Cliquer

Le pape Benoît XVI a fait ses classes sur les bancs de Vatican II

Le 05 octobre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Joseph Ratzinger assista au concile en tant que conseiller théologique de l'archevêque de Cologne, le cardinal Joseph Frings. Il nota ses réactions aux principaux événements de Vatican II dans quatre cahiers correspondant à chacune des sessions; on peut aussi trouver des réflexions plus développées sur les textes majeurs du concile dans sa contribution au grand commentaire de Herbert Vorgrimler sur ces textes et les circonstances de leur élaboration.

La première session
(première partie)

De son propre aveu, Joseph Ratzinger assista à la messe d'ouverture du concile avec une certaine gêne. Elle ne suivait guère les principes liturgiques éclairés élaborés par le Mouvement liturgique, particulièrement mis en valeur dans les pays germanophones depuis la Première Guerre mondiale. La liturgie de la Parole séparée du reste
(comme dans une «messe des catéchumènes » !), le Credo déplacé à la fin de la messe (probablement pour des raisons de rubriques), la psalmodie des litanies (à la place de l'antique « prière des fidèles ») et surtout le manque de participation active, tout cela l'irrita profondément. Il remarquait avec amertume, dans son cahier de 1963 sur la première session, qu'on pourrait jauger le succès du concile à la manière dont la messe de clôture différerait de celle d'ouverture. Il fut rassuré quand à la fin de la première session les répons de la messe furent chantés en commun par les évêques et le reste de l'assemblée.(La première session du concile de Vatican II. Rétrospective, Cologne, 1963, p. 11).

Quelles que fussent les déficiences dont la liturgie d'ouverture eut à souffrir, tout cela fut effacé, à la joie de Joseph Ratzinger, par le ton du pape Jean XXIII dans son adresse. Le but du concile ne serait pas le perfectionnement doctrinal de certains aspects du dépôt de la foi mais un « renouveau fondamental de l'ensemble », et cela à travers un échange vivant avec le monde d'aujourd'hui et ses besoins
(Idem, p. 12). La décision de surseoir au choix des membres des diverses commissions conciliaires jusqu'à ce que les évêques aient eu le temps de faire suffisamment connaissance plut également à J. Ratzinger. Comme l'idée en avait été inspirée par le cardinal Achille Liénart, de Lille, et par son propre patron, le cardinal Joseph Frings, de Cologne, on peut penser qu'il n'y fut pas étranger. Une meilleure compréhension entre évêques ne pouvait que renforcer la dimension horizontale de la catholicité de l'Église, complément nécessaire de sa dimension verticale qui s'exprime dans la communion des évêques avec le Saint-Siège, et leur obéissance. Il se réjouit de voir les évêques exercer un pouvoir authentiquement formateur en apportant leur expérience jusque dans les conseils les plus élevés ; expérience qui de plus, estimait-il, reflétait la spiritualité propre à l'Église de leur pays, nourrie par leur combat dans un monde athée, et leurs contacts œcuméniques avec les chrétiens séparés. Il attendait avec impatience la venue d'un moment de « tension fructueuse » entre la périphérie et le centre. L'épiscopat, pensait-il, est concerné au premier chef par la « multiplicité vivante» de l'Église, alors que la primauté romaine l'est par son unité. Chaque membre, fidèle à soi-même, tendra certes à tirer dans le sens qui lui convient, mais il devrait en résulter un exercice salutaire pour l'ensemble du corps (Idem, p. 17). Joseph Ratzinger fut impressionné par l'esprit de liberté qui régnait au concile, quelque chose qui semblait tenir à la personnalité du pape Jean. Il envisageait que cela puisse conduire à surmonter la « névrose antimoderniste », et à une ouverture fraternelle nouvelle de l'Église en son ensemble.

Comme chacun sait, le premier grand débat du concile - et le premier de ses textes majeurs - concernait la liturgie. Joseph Ratzinger nota les difficultés de procédure qui surgirent dans la discussion. Un corps aussi vaste et hétérogène que celui des Pères conciliaires rencontre nécessairement des difficultés lorsqu'il est appelé à débattre d'un texte à la manière d'un parlement. Certains proposèrent que l'assemblée se divisât en petits groupes, chacun prenant la responsabilité d'une section. J. Ratzinger s'y opposa pour plusieurs raisons, dont la moindre n'était pas le risque d'une fragmentation en groupes nationaux. Mais pour ce qui est de sa substance même, ce débat ne pouvait être que bienvenu. Donner la priorité à la liturgie relevait d'un choix inspiré : c'était « confesser quel est le centre véritable de l'Église ». Ce centre, c'est la célébration des noces de l'Église avec son Seigneur dans le mystère eucharistique. En sa participation sacramentelle au sacrifice du Christ, l'Église réalise sa mission la plus profonde : adorer le Dieu un et trine. Le schéma sur la liturgie entraînait ainsi, pour J. Ratzinger, d'importantes répercussions sur l'ecclésiologie : une doctrine de l'Église qui ne dépassait guère le stade de la réflexion sur la hiérarchie - ce que le père Congar appelait la «hiérarchologie» - devrait alors céder le pas à une conscience plus vive de la liturgie comme « vraie source de vie de l'Église, et par conséquent véritable point de départ de tout renouveau »
(Idem, p. 25-26). Joseph Ratzinger accueillit la constitution dogmatique sur la liturgie avec enthousiasme. Il s'agissait d'un retour tout à la fois aux sources et au cœur du culte chrétien. Elle justifiait, par exemple, la primauté de la célébration pascale du dimanche, la Pâque hebdomadaire, sur la commémoration des saints. Elle faisait passer l'objectivité du mystère avant les dévotions individuelles privées. Elle proposait une structure claire et intelligible en lieu et place de cette efflorescence luxuriante de formes où les arbres finissaient par cacher la forêt. L'accent plus grand porté sur l'Écriture établirait deux tables dans la maison de la liturgie. Avant de s'approcher la table de la Cène, on prendrait l'antipasto à celle de la Parole. J. Ratzinger attendait avec impatience la composition d'un nouveau lectionnaire. Il croyait que la participation plus active des laïcs trouverait son expression majeure dans la pratique toujours plus répandue de la communion sous les deux espèces. Déléguer aux conférences épiscopales un pouvoir régional sur la législation de la liturgie de l'Église serait de grande importance sur le plan ecclésiologique, permettant des résultats plus concrets que les déclarations doctrinales élevées de l'épiscopat, qui peuvent n'être que pure rhétorique Joseph Ratzinger espérait en toute confiance que ces conférences puissent en venir à constituer un corps intermédiaire, de nature quasi synodale, entre l'évêque et le pape - perspective qu'il fut amené à revoir dans la période postconciliaire, quand il s'alarma du risque avéré d'une rupture de l'unité du magistère. Sur la question de la langue liturgique, il allait beaucoup plus loin que Sacrosanctum Concilium. Il citait en l'approuvant le mot du patriarche melchite d'Antioche, Maximos IV, selon qui le langage est fait pour les hommes, et non pour les anges. Ou, comme il le dit en termes plus philosophiques, le langage est l'incarnation de l'esprit, et l'esprit humain, en tant que tel, « ne peut penser qu'à travers la langue et ne peut vivre que par la parole et en elle ». (Idem, p. 34) De fait, il s'en prit vivement au long règne du latin dans les instituts de formation ecclésiastique. La stérilité de pans entiers de la théologie catholique depuis la fin des Lumières pourrait être en partie imputable à son mariage forcé avec une langue qui a cessé de porter le mouvement de l'esprit humain. La célébration des différentes liturgies orientales à Saint-Pierre pendant les sessions du concile s'avéra utile : ce fut un bon correctif à l'exclusivité du latin.

La discussion conciliaire sur l'idée de révélation intéressa encore davantage Joseph Ratzinger. Elle devait déboucher sur la deuxième constitution dogmatique, Dei Verbum. Aux yeux de J. Ratzinger, la grande réussite de ce débat tint au refus de se laisser enfermer dans la seule nécessité de combattre le modernisme. Ce qu'il voulait dire est clair : chaque fois que l'orthodoxie doit faire face à l'hérésie, elle encourt le risque de créer un certain déséquilibre : mettre toute la lumière sur une vérité nécessaire laisse les autres dans l'ombre. La sérénité suffisante pour considérer la crise moderniste comme un épisode révolu offrirait l'espoir d'adopter une vision plus entière de la révélation, qui est en elle-même le cœur et la clef de la polémique entre modernistes et antimodernistes. Plus entière : les termes utilisés par J. Ratzinger étaient « pastoral » et « œcuménique » qui, insistait-il, ne devraient pas être confondus avec « confus » ou « ambigu » ! Des formulations dogmatiques dont l'histoire a montré de manière indubitable la valeur doivent garder leur dimension de vérités objectives. «Pastoral» ne peut pas être synonyme de fade, substanzlos, mais bien plutôt exprimer l'attention envers nos contemporains qui « veulent savoir ce que la foi a de positif à leur enseigner ». Cela suppose qu'on dé
barrasse la prédication et la confession du langage scolastique, qui dans le travail théologique a sa légitimité propre, sa nécessité peut-être aussi, mais partout ailleurs doit céder le pas au langage de l'Écriture, à celui des Pères, et à celui de la culture contemporaine. Joseph Ratzinger affirmait là la conviction, propre au renouveau biblique et patristique des années 50 connu sous le nom de Nouvelle théologie, que « ces trois sont un », hac tres unum sunt. Voilà pour le sens de « pastoral ». Qu'en est-il d'« œcuménique »?

« Œcuménique » ne peut signifier qu'on passe sous silence certaines vérités de peur d'être en porte-à-faux avec ses interlocuteurs. Ce qui est vrai doit être exprimé ouvertement, sans dissimulation. La perfection de la vérité est un aspect de la perfection de l'amour. (Idem, p. 46)

L'œcuménisme devrait conduire à cesser de considérer autrui comme l'ennemi, à voir en lui plutôt un frère avec qui parler et de qui apprendre. Plus encore,

« œcuménique » devrait signifier [...] percevoir la complétude intérieure de la foi, et ainsi attirer l'attention du frère séparé sur le fait que tout ce qui est authentiquement chrétien a sa place dans le catholicisme. (Idem, p. 47)

Il fait remarquer qu'après tout, « œcuménique » et « catholique » signifiaient originairement la même chose : la plénitude du christianisme.

(à suivre)

Introduction (1) : Benoît XVI et Jean-Paul II présentent ce point commun d'être des intellectuels racés - 28.09.08
Introduction (2) : Benoît XVI un des plus grands papes théologiens de l'histoire de l'Église - 30.09.08
 

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Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  05.10.2008 - T/Théologie

 

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