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19 Avril 2005
 

Une visite chez le pape émérite Benoît XVI

Le 10 décembre 2014 - (E.S.M.) - Benoît XVI a accordé un entretien à un journaliste allemand du Frankfurter Allgemeine Zeitung, Jörg Bremer. Il coupe court aux interprétations interventionnistes des modification apportées à un texte de 1972 sur les divorcés remariés.... et en dit le moins possible.

Mater Ecclesiae au Vatican

Une visite chez le pape émérite Benoît XVI

 "Vater Benedikt" - Le silencieux du Vatican

Le 10 décembre 2014 - E. S. M. - Les chaussures rouges, signe de la dignité pontificale, ont disparu. A leur place, une paire de sandales en cuir avec des chaussettes, qui pourraient être celles d'un moine quelconque, ou peut-être d'un touriste allemand se promenant à Rome. L'habit, en revanche, est restée la soutane blanche du Pape, symbole d'un statut qui demeure, même après la renonciation à la papauté.
Mais lui, confie Ratzinger à un journaliste allemand, aurait préféré être appelé simplement «Père Benoît»; sauf qu'alors, il était «trop faible et fatigué» pour réussir à s'imposer. A présent, dit Joerg Bremer, l'un des correspondants à Rome du Frankfurter Allgemeine, dans l'entretien publié aujourd'hui dans l'édition du dimanche du journal, Ratzinger semble avoir retrouvé ses forces.
A 87 ans, il se déplace sans canne dans sa maison de Mater Ecclesiae au Vatican, ses yeux pétillent et ses réponses sont promptes et précises. Et, avec une grande attention, il avertit le journaliste sur ce qu'il peut écrire et ce qu'il ne peut pas. Comme son désir, après la renonciation, d'être appelé simplement «Vater Benedikt»; «Cela, je peux l'écrire?» interroge Bremer. «Allez-y - répond le Père Benoît- peut-être que cela peut aider».

Mais pourquoi le pape émérite, qui vit retiré et ne se fait voir en public que quand le Pape en fonction l'invite (la dernière fois pour la béatification de Paul VI), décide-t-il de parler avec un journaliste, rompant, avec toute la prudence nécessaire, la règle du silence qu'il s'est imposé depuis qu'il a choisi de vivre comme un moine?
La raison réside probablement dans la sortie d'un nouveau volume, le quatrième du recueil de ses écrits. Le fait est qu'en 1972, le professeur de théologie Joseph Ratzinger, dans un document «Sur la question de l'indissolubilité du mariage» s'était exprimé en termes possibilistes sur la question de la réadmission des divorcés remariés à Eucharistie; dans certains cas particuliers, avait écrit Ratzinger, la réadmission pouvait être «couverte par la tradition».
Pour la republication, Ratzinger a préféré reformuler les conclusions et répéter ce qu'il a affirmé en tant que cardinal puis en tant que pape, à savoir l'inviolabilité de la doctrine sur l'indissolubilité du mariage, avec ses conséquences en termes d'admission à la communion.
Pourrait-on dire alors que le Pape émérite a voulu entrer, et peut-être se mettre un peu en travers, dans le débat voulu par François pour le Synode consacré à ces thèmes? C'est une «absurdité totale» répond Benoît, qui souligne qu'il a d'«excellents contacts» avec François.

La révision du texte a été décidée en Août, quelques mois avant le synode, et ne contient «rien de nouveau». À cet égard, Ratzinger rappelle l'enseignement de Jean-Paul II, «et moi-même, comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j'ai écrit des choses beaucoup plus radicales». Toujours avec le Pape Jean-Paul II, dont il fut un proche collaborateur, Ratzinger rappelle - tel que rapporté par Bremer - que les divorcés remariés ne devraient toutefois pas être exclus de la vie de l'Eglise; par exemple, ils doivent pouvoir être parrains et marraines dans le baptême (actuellement de nombreux diocèses requièrent de souscrire à des modules, contresignés par le curé, où l'on déclare, entre autres choses, «ne pas avoir contracté de mariage seulement civil, ni vivre en concubinage, ni avoir procuré un divorce»). Au synode sur la famille le pape émérite Benoît XVI prend lui aussi la parole

Dans la demi-heure de conversation, il y a encore du temps pour une pensée en vue de Noël, en particulier en Terre Sainte, qui touche particulièrement la mémoire du Pape émérite, biographe de Jésus. Parce que Jésus n'était pas seulement un esprit, sa présence est datée et «cette dimension terrestre est importante pour la foi des hommes». Puis, au moment des salutations, Benoît montre des médailles et des souvenirs du pontificat: «vous pouvez les garder si vous voulez. A condition que cela n'alimente pas un culte de la personnalité», a plaisanté avec un humour allemand (??), avant de retourner à son silence, le pape émérite qui voulait être appelé seulement "Père Benoît".

***

A peine assis sur le canapé dans son salon, le Père Benoît (Vater Benedikt) affirme que c'était une «pure absurdité» de penser qu'il s'était interposé dans le débat déclenché lors du récent synode de famille pour permettre l'accès à la communion pour les divorcés catholiques remariés. Au contraire, il dit: «J'essaie d'être aussi silencieux que possible».

Agé de 87 ans, le Pape émérite vit détaché du monde à Mater Ecclesiae, l'un des bâtiments construit au début du 20e siècle à l'intérieur du Vatican, et qui a été rénové pour son usage. Derrière de grandes fenêtres il est situé dans un espace ouvert et lumineux dans les jardins du Vatican, entouré de rosiers et de vignes. De sa fenêtre de salon, le Père Benoît peut regarder le paysage de début d'hiver, vers la coupole de la basilique Saint-Pierre.

Depuis qu'il a renoncé à la papauté en Février 2013, il n'a émergé que trois fois de ce cloître pour être vu en public, et à chaque fois, à l'invitation spécifique de son successeur, François. La plus récente a été à la messe de béatification de Paul VI.

En cette dernière occasion, devant la Basilique Saint-Pierre, Benoît XVI semblait irradier la paix de la renonciation. Il semblait plus fort qu'il ne l'était au moment où il a démissionné en tant que Pape et durant les mois qui ont suivis. A l'intérieur de sa maison, il n'utilise pas sa canne. Mais il marche lentement et il est un peu voûté. Ses yeux sont brillants, et il donne des réponses promptes dans son allemand teinté d'accent bavarois. Il porte toujours la soutane blanche de pape, mais aujourd'hui, au lieu des chaussures rouges, il porte des sandales en cuir marron avec des chaussettes blanches.

Malgré sa vie cloîtrée, l'ancien pape reçoit des visiteurs. Surtout des évêques qui souhaitent lui rendre visite, mais aussi son éditeur allemand, Manuel Herder, ainsi que de vieux amis de la Bavière. Et apparemment, il rencontre François plus souvent que ce qui est fait connaître publiquement. Sur cela, Benoît dit seulement: «Nous avons un très bon contact». Il dit qu'il ne veut pas être considéré comme une ombre planant sur son successeur: «Il a une présence si forte, que je ne pourrais jamais avoir avec mes faiblesses physiques et l'état où je suis»

En attendant, observe-il fermement, «les fidèles sont pleinement et clairement conscients de qui est le vrai pape». Et il regrette que dès le début, il n'ait pas su rendre plus claire la différence entre les façons de s'adresser à lui et au pape régnant. Il dit qu'il aurait souhaité être appelé «Père Benoît» après sa démission - Vater Benedikt ou Padre Benedetto - mais à l'époque il ne l'a pas fait, [car il était trop faible et fatigué].

Je demande: «Pourrais-je écrire cela?». «Oui, s'il vous plaît. Cela peut aider».

Depuis qu'il s'est retiré, Benoît ne parle pas aux journalistes, sauf s'ils viennent le voir pour des visites de courtoisie. Mais cette fois, il m'a dit, au moins à deux reprises, quoi écrire et ne pas écrire. Il dit que c'est important pour lui que tout le monde comprenne qu'il ne se considère pas comme un co-Pape qui s'impliquerait dans les affaires de l'Église, et surtout pas qu'il le ferait pour prendre position contre le pape.

Peut-être insiste-t-il à ce sujet parce que le Tome 4 de ses Opera Omnia vient d'être publié, et son essai de 1972 "Sur la question de l'indissolubilité du mariage" a été réimprimé. Mais la conclusion, dit le Père Benoît, a été «entièrement remanié».

Il avait écrit en 1972 que dans des cas particuliers, permettre la communion aux divorcés remariés pourrait être «couvert» par la tradition. Mais depuis lors, il a affirmé «l'impossibilité» pour les divorcés remariés de recevoir l'Eucharistie.
Néanmoins, le Père Benoît dit que c'est «absurde» de soutenir qu'à cause de cela, il veut se mêler de la controverse dans l'Eglise. Il dit qu'il a réécrit l'essai en Août, des mois avant la première assemblée synodale en Octobre, et qu'il n'y a «rien de nouveau» par rapport à ce que Jean-Paul II avait affirmé précédemment, que « comme préfet de la Doctrine de la Foi, j'ai écrit en termes encore plus drastiques».

Benoît n'a pas l'intention d'en dire plus au sujet de l'indissolubilité du mariage sacramentel. L'enseignement de l'Église doit rester tel qu'il est. Mais pour lui, il est important que les divorcés remariés qui ne peuvent recevoir la communion soient aidés dans leur pratique religieuse, afin de «ne pas porter un fardeau plus lourd pour eux qu'il n'est nécessaire». Il cite la Lettre apostolique de Jean-Paul II 'Familialris Consortio', écrite après l'assemblée synodale sur la famille qu'il avait convoquée en 1981 et qui en appelle à une pastorale qui n'exclut pas les divorcés remariés, mais plutôt «devrait leur permettre de sentir l'amour de la Église.»

Ces couples devraient même pouvoir se joindre à des comités d'église et être parrain/marraine de baptême, écrit le Père Benoît dans sa nouvelle conclusion à la fin de l'article de 1972, tel qu'il apparaît maintenant dans le quatrième volume des Œuvres complètes; un livre épais de 700 pages, et Benoît ironise disant que "personne n'aurait cherché justement ces phrases-là, sinon des gens qui cherchaient quelque chose de particulier dans ces 700 pages" .

* * *

Le soleil d'hiver brille doucement à travers la fenêtre et les rideaux sur les cheveux blancs de Benoît et le canapé blanc à côté d'un guéridon. Sur la longueur d'un des murs, une partie de sa bibliothèque. Il y a un grand écran de télévision, Benoît aimant à regarder les informations italiennes du soir, et un film de temps en temps. Des peintures avec des sujets sacrés décorent les murs blancs. Un crucifix est suspendu à un mur. Il dit qu'il doit être «très reconnaissant au bon Dieu de se porter encore si bien». Il prie et lit, réfléchit, et prépare une petite homélie pour chaque dimanche, mais il dit qu'il n'écrira plus rien - et il regarde ses mains.

A l'annulaire droit il porte un anneau d'évêque en or qui lui avait été donné par le pape Paul VI . Autour de son cou, il porte une croix pectorale en or et argent comme celles qu'il a donnée à de nombreux évêques, quand il était pape.

Il parle à des amis et continue de cultiver des amitiés. Il semble être tellement soulagé de n'avoir plus à porter le fardeau de ce qui était autrefois son ministère. Il n'y a plus de discours à prononcer, plus de déplacement. Il n'aurait jamais réussi à continuer à faire tout le travail nécessaire, remarque-t-il. Et donc, «rester en charge n'aurait vraiment pas été correct».

Une couronne de l'Avent est posée sur la table à thé. Une bougie est allumée, annonçant Noël. Cette fête, qui pour Benoît depuis qu'il était un enfant à Marktl, en Haute-Bavière, a toujours été la plus belle de toutes les fêtes de l'Église, même si Pâques est théologiquement plus importante.
Il se souvient de la luge sur la neige et la glace; des chansons et de la musique orchestrale; de la liturgie spéciale pour la messe de Noël.
Alors que l'Église d'Occident célèbre l'Incarnation de Dieu à Noël, les Eglises orientales sont plus axées sur la commémoration de l'Epiphanie - qui est la manifestation publique de Jésus avec son baptême dans le Jourdain; c'est le même mystère, dit-il, mais abordé sous des angles différents.

Les souvenirs de Benoît XVI s'attardent sur la Terre Sainte où Jésus a vécu et où «ses empreintes affirment le mystère de l'incarnation de Dieu». Bien sûr, dit-il, «on n'a pas besoin d'aller en Terre Sainte pour faire l'expérience de l'Esprit Saint. Mais Jésus lui-même n'était pas un esprit - il peut être datée à un moment historique précis », et cette dimension terrestre est encore utile pour la foi des gens».

La demi-heure convenue pour l'entrevue est presque terminée. Mais Benoît n'a pas hâte de dire adieu, même quand il semble qu'on entende des sons indiquant qu'on prépare le repas. Pour le visiteur, il y a une petite boîte-cadeau sur un plateau d'argent. Elle contient un médaillon de bronze posé sur du satin rouge. Le médaillon montre Benoît avec la coupole de Saint-Pierre derrière lui. Il y a aussi deux photos-souvenirs. Tout cela faisant partie de ce qui avait été préparé pour sa visite au Mexique et à Cuba, début 2012. Il dit: «Vous pouvez les prendre si vous le souhaitez» avec un sourire espiègle, «même si on ne doit certainement pas encourager un culte de la personnalité», tandis qu'il se lève avec un peu de difficulté et tend la main.

Il reste derrière, le temps que le visiteur prenne l'ascenseur vers le rez de chaussée, où en effet, la cuisine a été préparée, et la table de la salle à manger dressée pour le «père de famille» et sa petite communauté.

Dans le vestiaire de la petite entrée, il y a la veste matelassée blanche de Benoît. Après le déjeuner, il aime sortir pour nourrir les chats. Plus tard, vers 16 heures, il fait une petite promenade dans les jardins. Près de la porte, il y a un banc de bois d'Etzelsbach in Eichsfeld, le sanctuaire marial d'Allemagne de l'Est où Benoît, lors de sa dernière visite apostolique dans son pays natal, avait célébré les vêpres en l'honneur de la Sainte Vierge. Le banc porte gravée la devise de ce voyage de 2011, «Là où Dieu est, là est le futur».

par Jörg Bremer, Correspondant politique en Italie et au Vatican du Frankfurter Allgemeine Zeitung

  Mgr Georg Gänswein : Mon Noël avec deux Papes - 10.12.2014

Sources : Trad . benoit-et-moi
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 10.12.2014

 

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