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19 Avril 2005
 

 Mgr Georg Gänswein : Mon Noël avec deux Papes

Le 10 décembre 2014 - (E.S.M.) - Une longue interview de "padre Georg" menée par Ignazio Ingrao, pour le journal italien "Il mio Papa" .

Le pape Benoît XVI et Mgr Georg Gänswein

Mgr Georg Gänswein : Mon Noël avec deux Papes

Le 10 décembre 2014 - E. S. M. - "Il mio Papa" publie une très longue interview du secrétaire du pape émérite, Mgr Gänswein par Ignazio Ingrao. C'est probablement un complément à l'autre interview, celle accordée par Benoît XVI ces jours-ci à un journal allemand, pour répéter que le seul Pape est bien François ( L'interview du pape émérite au FAZ).

Ceci étant posé, l'interview est très intéressante, et si elle reprend des épisodes connus (comme la façon dont Mgr Gänswein a vécu la démission de Benoît XVI), elle contient des éléments inédits, et même quelques passages très beaux et émouvants.

L'histoire l'a appelé à être un témoin discret et crucial d'événements inouïs. D'abord, le majordome infidèle qui volait des documents sur le bureau du pape pour les transmettre à la presse. Puis la démission de Benoît XVI . Ensuite l'élection du Pape argentin. La coexistence de deux papes au Vatican. Et lui est devenu le bras droit des deux. Nous parlons de Mgr Georg Gänswein, né il ya 58 ans dans une petite ville de la Forêt Noire (Riedern am Wald, archidiocèse de Fribourg ) et qui a fini sans le vouloir, sous les projecteurs du monde.

Pour la presse, il est est Padre Georg: le beau secrétaire du Pape Benoît XVI , le George Clooney de la Curie. Admiré et désiré par toutes les femmes. Il suffit de parler un peu avec lui, cependant, pour réaliser combien il est loin de ce stéréotype. Imperméable aux sirènes de la mondanité, strict avec lui-même, don Georg vit l'Église comme un service et les dernières années ont même été marquées par de pesantes souffrances pour ce qui est arrivé à Papa Ratzinger. Il reçoit «Il mio Papa» dans un salon à côté de son bureau, dans la Préfecture de la Maison pontificale .

C'est le cœur de la machine complexe et articulée des audiences papales, des visites des chefs d'Etat, du protocole, des rencontres diplomatiques. Le carrefour pour l'accès au Pontife. Un travail énorme à effectuer avec tact et discrétion. Un travail de grande confiance. Auquel s'ajoute, dans la soirée, son ancien service de secrétaire de Benoît XVI, qui réside dans le monastère Mater Ecclesiae sur la colline du Vatican. François nous regarde avec son doux sourire, d'un cadre accroché au mur. De côté, un merveilleux triptyque médiéval de la Vierge avec l'Enfant: synthèse efficace de ce qu'est la Curie romaine , où le passé et le futur s'entremêlent harmonieusement, où la tradition et la réforme sont complémentaires.

* * *

- Excellence, dimanche dernier était le début de l'Avent. Quelles suggestions offrez-vous aux lecteurs de «Il mio Papa» pour vivre au mieux la préparation à Noël?
« L'Avent est un temps de préparation. Ce n'est pas une valeur en soi, mais par rapport à un objectif, l'objectif que nous nous fixons: vivre bien la naissance du Seigneur. Mais nous ne sommes pas faits de pur esprit, nous sommes des hommes de chair et de sang. C'est pourquoi il est important de fixer en ces semaines qui précèdent Noël deux ou trois points concrets que nous voulons améliorer ou que nous désirons changer. Tout d'abord, je dirais de donner plus de temps pour le silence intérieur. Nous garder un peu plus de temps pour la prière et la lecture de l'Ecriture Sainte. Puis faire des actes de charité perceptibles: accompagner quelqu'un qui en a besoin, visiter un malade, donner quelque chose de nous-mêmes à ceux qui sont dans le besoin, demandent pardon où nous sommes trompés».

- En Italie, mais pas seulement, celui-ci est un Noël difficile, avec de nombreux problèmes économiques. Cela signifie qu'il doit être vécu surtout sous le signe de la pauvreté?
« L'esprit de Noël est un esprit de gratitude et d'espérance. Mais attention: ce n'est pas que dans le passé ou dans d'autres lieux, la situation était meilleure. Je veux dire, il y a toujours une urgence concrète ou une pauvreté cachée à secourir, une solitude à «panser» une douleur à consoler. Le don de Noël est de trouver le courage d'accepter ce défi: découvrir la joie de l'Enfant Jésus, du Seigneur qui vient à nous, dans toutes les situations auxquelles nous sommes confrontés ".

- Comment le Pape François vit-il Noël?
« Je dois avouer que je ne connais pas les traditions personnelles de François sur Noël. Nous savons qu'il est un homme de prière. Il nous le montre tous les jours. Donc, je pense qu'à Noël, il cherche à avoir encore plus de temps pour la rencontre avec le Seigneur, plus d'occasions de recueillement. Pour cela, les belles et nourrissantes célébrations liturgiques sont une aide».

- Et le pape Benoît XVI, comment passera-t-il ces festivités?
« Le Pape Benoît ressent très fort le temps de Noël. Il y a d'abord la riche liturgie qui caractérise ces jours et donne un "parfum" spécial aux prières. Maintenant, il a aussi plus de temps pour méditer le mystère de la naissance du Seigneur».

- Vous échangez des cadeaux avec le Pape?
« Mais bien sûr. Avec le pape Benoît et les Memores (femmes laïques consacrées, ndlr) qui vivent dans la maison nous avons toujours échangé des cadeaux dans l'après-midi de Noël, comme dicté par notre tradition, même pendant le pontificat».

- Que vous a offert Benoît XVI à Noël dernier?
« Une belle étole blanche et un livre d'art religieux».

- Et vous, que lui avez-vous donné?
« Je me mets toujours avec les Memores et nous essayons de faire quelque chose de beau et utile: un livre, ou un vêtement, ou un objet pour son bureau»

- Vous mettez des décorations de Noël?
« Oui. Dans notre chapelle il y a un arbre décoré et une belle crèche. Un autre arbre et une crèche se trouvent dans le salon. Le pape émérite aime beaucoup les scènes de la nativité et des décorations de Noël».

- Comment passez-vous les fêtes?
« Comme dans une famille. Le Pape Benoît, les Memores et moi, nous nous retrouvons souvent ensemble pour chanter les chants lyriques de Noël, qui sont typiques de notre tradition. Nous avons un gros livre qui rassemble des chants en allemand et en italien. Nous écoutons aussi quelques CD avec de la musique de Noël».

- Quel est le chant de Noël que vous aimez le mieux?
« "Stille Nacht" ("Ô douce nuit"), je le chante depuis l'enfance».

- Vous préparez le dîner de Noël?
« Bien sûr. C'est une partie essentielle de la fête .

- L'an dernier, François et Benoît ont déjeuné ensemble le 27 Décembre à Santa Marta. Un repas est-il prévu de nouveau cette année?
« Jusqu'à présent, on n'en a pas parlé. L'année dernière, en effet, François a invité le pape émérite au déjeuner à Santa Marta, mais d'abord, il avait fait une visite au Monastère chez nous. Depuis Benoît XVI a quelques problèmes de marche. Et ceci rend peut-être plus difficile de répéter ce qui s'est passé à Noël dernier. J'espère cependant que François aura un peu de temps pour venir visiter le pape Benoît, qui en serait très heureux .

- Ressentez-vous la nostalgie des fêtes de Noël passées avec votre famille, dans votre pays?
« A présent, cela fait dix-huit ans que je vis à Rome. Ma maison est ici. Certes, je me rappelle avec affection les fêtes de Noël passées en famille durant mon adolescence. Quand nous allions à la messe de minuit sous la neige, et puis rentrions à la maison et échangions les cadeaux. Les chants que nous faisions tous ensemble avec grands-parents, les parents et les frères et sœurs. Nous étions trois générations sous un même toit».

- Vous jouiez, aussi?
« Oui, je jouais de la clarinette et je chantais. J'ai toujours aimé la musique».

- Vous retournerez chez vous, durant les fêtes de Noël?
« Nous verrons. Les autres années, je suis allé à la maison pour trois ou quatre jours entre le Nouvel An et l'Epiphanie, quand les audiences du pape sont suspendues, à l'exception de l'audience générale. J'ai un père très malade de 93 ans admis dans un foyer de soins, et une tante de 90 ans, qui vit à la maison avec un soignant. Et puis, il y a mes frères et sœurs et leurs familles, parents et amis. Je sens beaucoup la valeur et la proximité de la famille. Cela me fait du bien de passer un peu de temps avec eux».

- Le Noël de l'année 2012 a été très spécial. Vous saviez déjà que ce serait le dernier Noël de Benoît XVI comme «pape régnant», avant la renonciation?
« Oui, je le savais. Bien sûr, je devais garder le secret».

- Dans votre cœur, vous espériez que le Pape changerait d'avis et ne démissionnerait pas?
« Quiconque connaît le pape Benoît sait que c'est un homme qui, quand il prend une décision, ne revient pas en arrière. Il n'a pas de doutes. J'étais triste dans mon cœur, mais je ne pouvais pas montrer quoi que ce soit à l'extérieur».

- Comment Ratzinger vous a-t-il communiqué sa décision?
« Il m'a appelé. Nous étions seuls. Et il m'a dit qu'après beaucoup de réflexion et de prière, il en était venu "Coram Domino" à une décision d'une grande importance: pour le bien de l'Eglise, il voulait renoncer au ministère pétrinien. Il a souligné que cette décision avait été prise en pleine liberté, et conscient des graves conséquences».

- Il vous a demandé votre avis? Il a pris conseil auprès de vous?
« Vraiment pas. Quand il me l'a dit, la décision était déjà prise».

- D'autres étaient déjà au courant?
« Seulement deux personnes. Elles aussi tenues par le secret pontifical».

- Comment avez-vous réagi?
« J'étais choqué. Je voulais le contredire, mais sans succès. Il m'a fallu beaucoup de temps pour digérer cette décision. Cela m'a beaucoup aidé de voir la sérénité et la détermination avec lesquelles le Pape Benoît a fait et vécu ce choix, soutenu par la foi et la grâce du Seigneur».

- Vous vous êtes confié à d'autres, avant que Benoît ne fasse l'annonce au monde?
« Juste une fois, j'en ai parlé avec l'une des deux personnes qui le savait. Pour me donner du courage, et même pour nous donner du courage mutuellement».

- Que pensez-vous de ceux qui, aujourd'hui, affirment qu'en réalité, le pape légitime est encore Benoît, qu'il n'aurait pas renoncé à la papauté, mais seulement à l'exercice actif de celle-ci?
« Je pense que c'est une absurdité théologique, et même la logique. Le texte de la démission de Benoît XVI, prononcé le 11 Février 2013 dans la Salle du Consistoire, est sans ambiguïté. Il n'y a rien à «interpréter». A la renonciation ont succédé la Sede vacante, le Conclave et enfin l'élection du nouveau pape. Le pape légitime s'appelle François».

- Presque deux ans après, comprenez-vous plus à fond les raisons du choix de Benoît XVI?
« Je comprends de mieux en mieux ... Dans l'homélie de la Messe du début de pontificat, le 24 Avril 2005, le Pape Benoît XVI avait dit: "Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur des loups". Dans son pontificat, il n'a pas fui devant les loups. Il les a affrontés avec courage, détermination et force. Et avec le même courage, avec la même détermination et avec la même force, il a pris une décision exceptionnelle quand il a senti ses forces l'abandonner».

- Comment vivez-vous votre service à deux papes en même temps?
« C'est un beau don. Et en même temps aussi un beau défi».

- Comment est organisé votre journée?
« La journée commence par la messe avec le pape Benoît; suit le temps por la prière, le bréviaire et le petit déjeuner. Après je vais à la préfecture et je commence mon service aux côtés de François: il y a des audiences, les rencontres officielles et ainsi de suite. Après avoir terminé ces rendez-vous, je reviens au bureau pour préparer les rendez-vous ultérieurs. A l'heure du déjeuner, je rentre au monastère pour déjeuner avec le Pape Benoît. Après le déjeuner, nous faisons un peu de marche, suivie d'un court repos, puis nous récitons ensemble le chapelet en marchant dans les jardins du Vatican. Après je reviens au bureau pour réduire la montagne de courrier, signer des lettres, recevoir les gens. Vers 19h30, je rentre à la maison pour le dîner avec le pape Benoît et les Memores. La soirée est alors le moment pour faire le secrétaire du pape émérite: expédier le courrier arrivé et tout préparer pour le lendemain».

- Combien de temps reste-t-il pour vous-même?
« Très peu, presque rien. C'est le prix à payer».

- Et le temps pour vos promenades en montagne ou pour aller skier ou jouer au tennis?
« Les excursions en montagne sont devenues très rares, malheureusement. Depuis le 11 février 2013, je n'ai pas joué au tennis. Sans parler du ski».

- Vos «supérieurs» ne vous le permettent pas?
« La question n'est pas là. Cela dépend de moi et non pas de mes «supérieurs». Je devrais trouver la meilleure façon de m'organiser et de prendre un peu de temps pour me reposer».

- C'est une de vos résolutions pour la nouvelle année?
« Exactement. Avoir plus de temps pour se recharger pendant la semaine signifie finalement également pouvoir mieux servir l'Église. Mais je le répète, cela dépend de moi».

- On a écrit que François penserait à vous envoyer comme archevêque dans quelque diocèse allemand. C'est possible? Combien de temps encore resterez-vous au Vatican?
« A plusieurs reprises, quelques journaux m'ont envoyé dans plusieurs diocèses allemands: de Fribourg à Hambourg, en passant par Munich et Berlin. Tout est inventé, des âneries. Le fait est que je suis et que je resterai ici, au Vatican. Le temps est dans les mains du Seigneur».

- Dans votre vie de prêtre, combien a pesé votre apparence physique? Sentez-vous les yeux des femmes sur vous?
« Il est temps de dédramatiser. Au début, oui, j'ai été frappé quand on m'a comparé à l'acteur George Clooney ou d'autres personnages de cinéma. J'en ai ri un peu. Puis j'ai commencé à ne plus y faire attention. Je sais qu'il y a des gens qui s'arrêtent à l'aspect physique. Mais c'est à nous de comprendre que derrière, il y a plus, quelque chose de plus spirituel et profond qui est beaucoup plus important ".

- Comment est votre caractère, vous vous mettez parfois en colère?
« Je suis une personne qui a beaucoup le sens du devoir. Parfois trop. Ainsi, il peut arriver que je me mette en colère, si je vois un travail mal fait, ou note un manque d'attention ou de respect envers les compétence et les responsabilités».

- Le pape Benoît, au contraire, ne s'inquiète jamais, et n'élève jamais la voix?
« Non, jamais. C'est un homme très doux. Mais cela ne signifie pas que ce n'est pas une personne ferme et décidée. Il ne sent pas le besoin d'élever la voix. Plutôt, quand il baisse le ton, cela signifie qu'il tient vraiment à souligner que quelque chose ne va pas».

- Et François? C'est vrai que de temps en temps, il crie?
« Je ne sais pas. Avec moi, il n'a jamais élevé la voix. Mais s'il y a quelque chose qui lui tient particulièrement à cœur, il peut "s'enflammer" ».

Ignazio Ingrao

  Une visite chez le pape émérite Benoît XVI - 10.12.2014

Sources : benoit-et-moi

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 10.12.2014

 

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