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19 Avril 2005
 

D'étranges réactions au Motu Proprio de Benoît XVI

 

Le 06 septembre 2007 - (E.S.M.) - Depuis la parution de la lettre apostolique Summorum Pontificum en forme de Motu proprio de Benoît XVI, le 7 juillet dernier, les réactions se sont succédées, dans les milieux cléricaux comme parmi les laïcs pour, dans leur grande majorité, saluer comme il se devait le geste magnanime du pape.

Saint Padre Pio célébrant la sainte Messe

D'étranges réactions au Motu Proprio de Benoît XVI

Depuis la parution de la lettre apostolique Summorum Pontificum en forme de Motu proprio de Benoît XVI, le 7 juillet dernier, les réactions se sont succédées, dans les milieux cléricaux comme parmi les laïcs pour, dans leur grande majorité, saluer comme il se devait le geste magnanime du pape. Reste que les interprétations du texte et, plus, de la Lettre destinée aux évêques qui l'accompagne, sont diverses.

Le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon et primat des Gaules, ne voit dans ce texte qu'une « seule vraie nouveauté »: « la décision d'accéder aux souhaits des fidèles dans ce domaine (la célébration selon la forme extraordinaire du rite, ndlr) dépend désormais de l'autorité des curés » (1).

On notera une réflexion particulièrement intéressante de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse, président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle, à propos de certaines conséquences latérales du Motu proprio : « II nous faut donc, dit le prélat dans un communiqué, continuer à faire connaître et appliquer cette liturgie rénovée (la forme ordinaire du rite, ndlr), reçue largement dans l'Eglise universelle, en refusant "les déformations arbitraires qui ont profondément blessé des personnes": une longue et belle tâche de formation à tous niveaux est à poursuivre, comme aussi de traduction plus précise des livres liturgiques. Nos commissions française (s) et francophone (s) de liturgie, dont j'ai la charge, s'y attellent avec compétence avec les services nationaux et internationaux appropriés, en lien étroit avec la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements : c'est un gros travail de fond. »

Quant à Mgr Hyppolite Simon, évêque de Clermont, dans un article au titre évocateur, « Pourquoi j'obéis au pape », il relève justement que si « le pape Benoît XVI [...] accorde tout (aux traditionalistes, ndlr) sur la forme des rites, il ruine totalement leur argumentaire sur le fond ». Et pour le cardinal Castrillon Hoyos, à Rome, il faut espérer avec ce Motu proprio « un retour à la peine communion de la Fraternité Saint-Pie X[...]. Si après cet acte, poursuit-il, ce retour n'a pas lieu, je ne saurais pas comprendre ».

Las, les réactions du côté visé ne semblent pas atteindre la hauteur souhaitée, si l'on se fie à la voix de Mgr Fellay, actuel supérieur de la Fraternité Saint-Pie X: dans une interview donnée à Présent, il tente de séparer le texte du Motu proprio de la Lettre destinée aux évêques l'accompagnant, estimant que celle-ci doit être mise « dans un tiroir », au motif qu'elle réclame « l'acceptation du concile Vatican II ou de la nouvelle messe » par tous les prêtres et fidèles (2).

Rien de neuf, donc, par là-bas où il apparaît malheureusement que, malgré quelques réjouissances de façade, l'on n'ait pas vraiment compris ce qui se passe. De même, pour l'abbé de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSPX, « c'est la suite du Motu proprio qui sera intéressante, la guerre (sourde ou ouverte) qu'il va déclencher (entre les évêques français, ndlr) » (3). Vraiment, on ne savait pas que pour un catholique, membre du clergé de surcroît, ce fut la guerre qui fut intéressante... Surtout entre évêques.

Il n'est pas non plus fondamentalement réjouissant que Jean Madiran, immédiatement après avoir remercié le texte pour la « respiration de l'âme » qu'il lui a procurée (4) se croie obligé de prouver, par un raisonnement jésuitique (ou fellayesque) que, contrairement à ce qu'affirme la Lettre accompagnant le Motu proprio de Benoît XVI, nul ne serait tenu de célébrer selon la forme ordinaire. Et d'ajouter encore: « II demeure permis de penser et de dire (et de prouver par raison démonstrative) que l'autre messe (selon la forme ordinaire du rite romain, ndlr) n'est pas tellement super, fantastique ni fumante » (5).

Du côté des apologistes du pseudo-« esprit du concile », çà ne rigole pas non plus. On aura relevé l'Ignoble éditorial du Monde (6), dont il y a peu de chance qu'Henri Tincq ne l'ait pas signé, où il est question d'un « vent nouveau » soufflant à Rome qui rappellerait « le climat de soupçon et d'arrogance antérieur au concile ».

Pénibles aussi sont les déclarations de Paul Thibaud, ancien directeur d'Esprit et actuellement président de l'Amitié judéo-chrétienne de France : « Les hésitations et les ambiguïtés de l'Église romaine la montrent vulnérable au chantage des intégristes quand ils confondent fidélité et rigidité dogmatique » (7). Encore une fois, le seul dialogue qui devrait être impossible, c'est avec les traditionalistes, dirait-on. Le seul dogme tenable, celui de l'exclusion de tous les autres dogmes.

Le père André Gouzes-Vidal confie pour sa part que ce qui l'inquiète, « ce sont les collusions idéologiques qui sous-tendent ces tendances religieuses, leur fondamentalisme théologique et ecclésiologique, voire leur goût ancestral pour l'autoritarisme ».

Ainsi, ici ou là, on sombre vite dans l'instrumentalisation du texte, obérant parfois la réalité sacramentelle de la messe qu'il décrit. La promulgation de ce Motu proprio nous rappelle ceci si difficile à accepter que, profondément, si l'Église jamais ne change, c'est sûrement pour que dans l'homme enfin tout change. Et que Benoît XVI n'ouvre ni ne referme rien, mais perpétue.

Jacques de Guillebon

(1) France catholique, du 13 juillet. (2) Présent, du 21 juillet. (3) Monde et Vie, du 21 juillet. (4) Présent, du 11 juillet. (5) Présent, du 14 juillet. (6) Le Monde, du 11 juillet. (7) le Monde, des 22 et 23 juillet. (8) Le Figaro, du 16 juillet.

Table des articles concernant : Motu Proprio pour la libéralisation du rite de saint Pie V
 

Sources:  Le Forum Diffusion - E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 06.09.2007 - BENOÎT XVI - T/Motu proprio

 

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