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19 Avril 2005
 

L'Eucharistie, enseigne Benoît XVI, est Dieu sous la forme d'une réponse,
d'une présence attendue

MARDI 5 décembre 2006 - (E.S.M.) - Il y a deux jours, nous avons publié la première partie d'un exposé paru dans le Bulletin "Adoremus" et traduit par la secrétaire de Pro Liturgia, Mme Monique HAUSHALTER.

 

L'Eucharistie, enseigne Benoît XVI, est Dieu sous la forme d'une réponse, d'une présence attendue.

"Il n'y a pas de messe tridentine. Le Concile de Trente n'a fabriqué aucune liturgie"


LE PAPE BENOÎT XVI ET LA RÉFORME LITURGIQUE. (suite)
Pour lire la 1ère partie: Le vif intérêt que le Pape Benoît XVI porte à la question liturgique: Benoît XVI


Quelques années auparavant, dans La Célébration de la Foi (1981), le Cardinal Ratzinger avait parlé de la difficulté que représentait le fait de considérer le Concile lui-même comme une rupture radicale avec le passé, une vision erronée du Concile qui caractérise paradoxalement les deux camps extrêmes: ceux qui rejettent l'autorité du Concile (c'est-à-dire les "Lefêbvristes"), et les progressistes qui rejettent tout ce qu'il y avait auparavant. Lorsqu'on lui parle de cette distinction radicale entre "croire ce qui est ancien ou ce qui est nouveau" le cardinal répond: "Il me faut résolument contester cette distinction. Le Concile n'a rien créé de nouveau à croire ou même à mettre à la place de l'ancien. (...) Cette rupture dans la conscience liturgique fondamentale me paraît être ce qu'il y a ici de véritablement funeste. Les frontières entre liturgie et réunions estudiantines, entre liturgie et convivialité disparaissent insensiblement."

Celui qui est devenu Benoît XVI précise pareillement que "la liturgie n'est vraiment elle-même que parce que ceux qui la célèbrent ne peuvent en disposer à leur guise", et à propos des nouveaux livres liturgiques, il déclare "qu'ils laissent ici et là trop apparaître une planification pastorale trop délibérée, et renforcent l'idée qu'un livre liturgique peut être "fabriqué", comme n'importe quel autre livre."

S'il considère que le camps des "progressistes" se trompe lorsqu'il affirme que le Concile les a autorisé en quelque sorte à créer une nouvelle liturgie basée sur leur propre évaluation des "besoins pastoraux" de leurs contemporains, le Cardinal Ratzinger se montre également très ferme dans sa critique des idées caractérisant l'autre extrémité du spectre liturgique, à savoir les idées de ceux qui rejettent la "nouvelle messe". Ainsi, concernant la messe dite "tridentine", il écrit: "Il n'y a pas de messe tridentine. Le Concile de Trente n'a fabriqué aucune liturgie". Le missel de 1570 est une version révisée du Missel Romain publié 100 ans plus tôt, et ne s'en différencie que par d'infimes détails. Le pape Pie V a demandé l'usage exclusif de ce Missel pour "contribuer à écarter les équivoques que suscitait le pêle-mêle des essais liturgiques du temps de la Réforme", précise encore le Cardinal, en notant qu'une exception avait été faite à cette époque pour les liturgies qui dataient de plus de 200 ans et dont on acceptait la coexistence avec le "nouveau" missel de l'époque. "Aux Tridentinistes, il faut répondre que la liturgie est, comme l'Eglise, toujours vivante, et donc toujours aussi engagée dans un processus de maturation au cours duquel il peut y avoir des tournants plus ou moins brusques. (...) on ne peut pas plus momifier le missel que l'Eglise elle-même", écrit le Cardinal.

Il déplore qu'après le Concile Vatican II "le nouveau missel ait été publié comme un ouvrage élaboré par des professeurs et n'apparaisse plus comme une étape au cours d'une croissance continue. Rien de semblable ne s'est jamais produit sous cette forme; cela est contraire au caractère propre de l'évolution liturgique." Malgré cet aspect un peu déroutant, le Cardinal affirme fermement: "je dirai que je suis très reconnaissant au nouveau missel pour son contenu (mis à part quelques critiques!)", relevant particulièrement le fait qu'il contient davantage de prières et autorise l'usage des langues vernaculaires. "Je crois donc qu'une nouvelle édition devra montrer et dire clairement que le missel de Paul VI n'est rien d'autre qu'une nouvelle version du missel auquel avait déjà travaillé Urbain VIII, saint Pie X et leurs prédécesseurs en remontant jusqu'à l'Eglise primitive. La conscience de l'unité interne ininterrompue de l'histoire de la foi, unité qui s'exprime dans l'unité toujours présente de la prière issue de cette histoire, est essentielle pour l'Eglise. Cette conscience se volatilise tout autant si l'on accorde ses suffrages à un livre liturgique qui aurait été composé il y a quatre cents ans, que si l'on souhaite une liturgie aussi fraîche que possible d'une confection maison. Le concept de pensée est au fond le même dans les deux cas (...). Il s'agit de savoir si la foi naît d'ordonnances et de recherches érudites, ou bien si elle vient à nous au cours de l'histoire vivante de l'Eglise, identique à travers les siècles."

Ce thème du risque d'emprisonner l'action de l'Eglise dans un moment particulier de son histoire - passé ou présent - est repris par Ratzinger dans Dieu nous est proche: l'Eucharistie au coeur de l'Eglise (2001). Il recourt ici à une autre image très expressive: "Un grand danger menace nos églises aujourd'hui, celui de se transformer en musées, avec le risque auquel sont confrontés tous les musées: s'ils ne sont pas fermés, ils sont pillés! Mais ils ne sont plus vivants. L'Eglise sera vivante, dotée d'une réelle ouverture intérieure, dans la mesure où elle sera capable de garder ouvertes les portes de ses édifices, car elle est une Eglise de prière. Je vous le demande donc du fond du coeur: prenons un nouveau départ dans ce sens; souvenons-nous que l'Eglise est toujours vivante, que par elle, aujourd'hui encore, le Seigneur vient nous rencontrer (...). L'Eucharistie signifie: Dieu nous a répondu. L'Eucharistie est Dieu sous la forme d'une réponse, d'une présence attendue. Ce n'est plus à nous de prendre l'initiative dans la relation qui s'établit entre l'homme et Dieu, c'est Dieu qui la prend (...) Néanmoins, souligne Benoît XVI, il ne s'agit pas là d'un simple dialogue, mais d'un partage s'ouvrant à tous: lorsque que nous prions en présence de l'Eucharistie, nous ne sommes jamais seuls. C'est toute l'Eglise qui célèbre avec nous l'Eucharistie, qui prie avec nous."

Dans un document publié en 1998 à l'occasion du 10ème anniversaire du Motu proprio Ecclesia Dei promulgué par le pape Jean-Paul II, Benoît XVI alors cardinal Joseph Ratzinger donne son avis sur des problèmes que soulève l'attachement de certains à l'ancienne liturgie et sur les raisons de marquer une certaine méfiance à l'égard de la poursuite des anciennes formes liturgiques. Dans ce document, il relève deux objections majeures adressées au Concile: tout d'abord d'avoir modifié le calendrier liturgique, et ensuite d'avoir ruiné l'unité de l'Eglise.

Comme le rappelait jadis celui qui est devenu Benoît XVI: "Ce n'est pas le Concile lui-même qui a réformé les livres liturgiques; il a demandé leur révision, et pour ce faire, il a proposé quelques règles fondamentales". "Avant toute chose, le Concile a formulé une définition de ce qu'est la liturgie, et cette définition donne des critères valant pour toute célébration"; ainsi, "c'est d'après ces critères-là qu'il faut juger de la valeur des célébrations liturgiques, qu'elles se réfèrent aux anciens livres ou aux nouveaux (...). Une liturgie orthodoxe (...) qui exprime la vraie foi, n'est jamais un montage réalisé en rassemblant des éléments disparates selon des critères pragmatiques et dans un ordre arbitraire - aujourd'hui comme ceci, et demain autrement -. La bonne forme d'un rite est une réalité vivante, née d'un dialogue d'amour entre l'Eglise et son Seigneur. C'est l'expression de la vie de l'Eglise, résumant en elle la foi, la prière, et la vie de nombreuses générations, et qui s'est incarnée dans une forme concrète rassemblant en une seule réalité l'action de Dieu et la réponse de l'homme." Le Cardinal explique que "l'autorité suprême de l'Eglise peut définir et limiter l'usage des rites dans différentes circonstances historiques. Mais l'Eglise n'interdit jamais purement et simplement un rite. C'est ainsi que le Concile a ordonné une réforme des livres liturgiques, mais n'a pas interdit les livres antérieurs."

Il observe pourtant qu'avec le nouvel Ordo missae les essais de "créativité" sont souvent allés trop loin: "Il y a souvent une plus grande différence entre les liturgies célébrées en des endroits différents avec les nouveaux livres, qu'entre l'ancienne liturgie et la nouvelle lorsque les deux sont célébrées comme elles doivent l'être, en respectant les textes liturgiques prescrits." Plus loin il insiste encore: "Un chrétien ordinaire, sans culture liturgique particulière, a du mal à faire la distinction entre une messe chantée en latin selon l'ancien missel et une messe chantée en latin selon le nouveau missel." Et il suggère une explication: "si l'aversion qu'on peut éprouver envers l'une ou l'autre forme liturgique a pris une telle ampleur, c'est que les deux formes de célébration sont supposées refléter deux attitudes spirituelles différentes, deux façons différentes de percevoir l'Eglise et toute la vie chrétienne." Il poursuit son analyse dans son allocution à propos du document Ecclesia Dei "Le fidèle moyen tient pour essentiel que la liturgie réformée soit célébrée en langue vernaculaire et face au peuple, qu'il dispose d'une grande liberté pour exercer sa créativité, et que les laïcs aient une présence très "active". D'autre part, il paraît capital pour l'ancienne liturgie d'être célébrée en langue latine, que le prêtre se tourne vers l'autel, que le rituel soit prescrit de façon rigide, et que le croyant suive la messe en s'adonnant à ses prières privées, sans la moindre participation concrète. Cette manière de voir les choses donne une place essentielle à certains aspects constituant une liturgie, mais pas à la liturgie elle-même et pour elle-même. (...) Mais ces oppositions que nous venons d'énumérer ne découlent ni de l'esprit ni de la lettre des textes du Concile."

Le Cardinal Ratzinger continue son analyse, relevant des faits précis quant à ce que la Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium a dit ou n'a pas dit: "La Constitution sur la liturgie elle-même ne dit pas un mot à propos de la célébration de la messe face à l'autel ou face au peuple. Et concernant la langue liturgique, elle dit que le latin doit être conservé tout en donnant aux langues vernaculaires une plus grande place "en particulier pour les lectures et les monitions, et dans un certain nombre de prières et de chants" (SC 36, 2) Quant à la participation des laïcs, le Concile met l'accent en premier lieu sur le fait que la liturgie concerne le Corps du Christ dans son ensemble - la Tête et les membres - et que pour cette raison, elle appartient au Corps du Christ tout entier; "en conséquence, la liturgie doit être célébrée dans la communauté avec la participation active des fidèles". Et le texte spécifie: "Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s'acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques" (SC 28) "Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré" (SC 30). Les lignes précédentes résument les "directives" du Concile: elles procurent de la matière à réflexion pour tous", dit le Cardinal Ratzinger, ajoutant que "certains liturgistes modernes" ont eu tendance à développer ces directives dans un sens unilatéral, les menant à "prendre à rebours les intentions du Concile", à "minimiser le caractère sacrificiel de la messe, causant ainsi la disparition du sens du mystère et du sacré", tout cela dans le but de faciliter la compréhension de la liturgie.

Le Cardinal s'élève alors contre cette tendance à briser l'unité de la liturgie en mettant l'accent uniquement sur son caractère communautaire, et permettant à l'assemblée de déterminer elle-même quel genre de liturgie elle voudrait célébrer.

Dans sa conférence de 1998, Ratzinger, pape Benoît XVI, note encore que, malgré ces problèmes récurrents, "on peut constater clairement un retour au sens du mystère, à l'adoration, au caractère sacré et aussi cosmique et eschatologique de la liturgie" dans le cadre de mouvements récemment établis. (Il mentionne par exemple, la "Déclaration d'Oxford" de 1996 en Angleterre, tout en pensant également à Adoremus et à la Society for Catholic Liturgy, tous deux fondés au Etats-Unis en 1995, avec les mêmes objectifs fondamentaux.)

Il se prononce également sur l'ancienne liturgie, non exempte de défauts selon lui. En particulier, il note que "la célébration de l'ancienne liturgie marque une tendance trop accentuée à glisser dans le domaine privé, individualiste, et que la relation entre le prêtre et le fidèle s'y avère insuffisante" par le fait que les fidèles récitent les prières privées contenues dans leur livre d'oraisons durant la messe. Il suggère que c'est là qu'il faut probablement chercher une explication à l'indifférence dont ont fait preuve la plupart des catholiques lors de la disparition des anciens livres liturgiques: "les fidèles n'ont jamais été véritablement en contact avec la liturgie elle-même." Des exceptions à cette indifférence ont pourtant existé, observe le Cardinal, dans les endroits où "le Mouvement Liturgique avait su créer un certain amour de la liturgie, et avait anticipé les idées essentielles du Concile, comme par exemple la participation priante de tous à l'action liturgique." Il conclut cette réflexion sur la situation liturgique concernant l'ancienne et la nouvelle messe par cette mise en garde: "lorsqu'il y a quelques années quelqu'un proposait "un nouveau mouvement liturgique" dans le but d'éviter que les deux formes de la liturgie ne puisse trop diverger l'une de l'autre, et de démontrer leur convergence interne, certains amis de l'ancienne liturgie ont exprimé leur crainte que ceci ne soit rien d'autre qu'un stratagème ou qu'une ruse pour éliminer complètement l'ancienne liturgie. De telles craintes et peurs doivent cesser! Si, à travers les deux formes de célébrations, il était possible de faire clairement l'unité de la foi et l'unité du mystère eucharistique, il ne faudrait voir là qu'une raison de se réjouir et de remercier le Seigneur. Dans la mesure où nous tous, fidèles croyants, mettrons notre vie et nos actes en accord avec ces motivations, nous pourrons aussi convaincre nos évêques que la présence de l'ancienne liturgie ne troublera pas l'unité de leur diocèse, mais représentera plutôt un don qui lui est fait pour aider à la construction du Corps du Christ, dont nous sommes les serviteurs. Ainsi, chers amis, je voudrais vous encourager à ne pas perdre patience, à garder espoir, et à trouver dans la liturgie la force nécessaire pour mettre notre confiance dans le Seigneur en ces temps qui sont les nôtres."

(Traduction: Monique HAUSHALTER)

Fin de la deuxième partie (à suivre).

Sources: Pro-Liturgia - E.S.M.

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.12.2006 - BENOÎT XVI - LITURGIE

 

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