ACCUEIL

BENOÎT XVI

L'EVANGILE DU JOUR

LA FAMILLE

TEXTES DU VATICAN

JEAN PAUL II

CHRIST MISERICORDIEUX

ACTUALITE DE L'EGLISE

CATECHESES

LITURGIE

LES JEUNES

FIDELES LAICS

JOUR DU SEIGNEUR

SERVANTS DE MESSE

SPIRITUALITE

THEOLOGIE

VOCATIONS

VOYAGE APOSTOLIQUE

GALERIE PHOTOS

TV VATICAN

MEDITATIONS

BREVES

QUI SOMMES NOUS

NOUS CONTACTER
 
BIBLIOTHEQUE
FORUM
ESCHATOLOGIE
LIENS
.
STATISTIQUES
 
Ouverture du site
19 Avril 2005
 

Benoît XVI : retour aux sources bibliques, patristiques et médiévales

 

Le 03 novembre 2008 - (E.S.M.) - Celui qui est devenu Benoît XVI n'était pas tant guidé par un impératif de modernisation ou d'adaptation, un aggiornamento, que par celui d'un retour aux sources bibliques, patristiques et médiévales, un ressourcement.

Le lien entre la Liturgie et la Bible 

Benoît XVI : retour aux sources bibliques, patristiques et médiévales

La deuxième session (deuxième partie) : Les convictions du pape sur l'oecuménisme ne datent pas d'aujourd'hui

La troisième session

Le 03 novembre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Joseph Ratzinger commença son compte rendu de la troisième session du concile par une revue des documents déjà achevés, récapitulant les problèmes ou les questions qu'ils s'étaient proposés de traiter. Il distingua six points concrets fondamentaux : 1) le problème de la liturgie ; 2) la question du « centralisme » dans l'Église; 3) les relations avec les chrétiens non catholiques et avec le Mouvement œcuménique ; 4) une nouvelle orientation dans les relations entre Église et État; 5) le problème du rapport entre la foi et la science, notamment celui de la science historique eu égard à l'invasion de la méthode historico-critique dans la théologie ; et enfin 6) la question posée par l'apparition de « nouveaux problèmes éthiques » dans un monde gagné par toujours plus de technologie. (J. RATZINGER, Résultats et problèmes de la troisième session du concile, Cologne, 1965.)

Il fit un bref examen critique de chacun de ces points; mais il centra son tableau de l'avant-dernière session sur la question de la collégialité épiscopale, qui à ses yeux n'est pas une simple question ecclésiologique, mais également œcuménique. Si son compte rendu de la session précédente pouvait laisser l'impression d'un certain enlisement, c'est que lui-même, tout comme le concile, devait nécessairement revenir sur le travail inachevé de Lumen Gentium, et notamment sur la relation qu'entretiennent l'église locale de Rome et son évêque, dans leur primauté universelle, avec les autres églises, qui ensemble forment l'unique Catholica. Comme il le souligna, aucune question ne fut discutée aussi longuement au cours du concile, aucune ne fut aussi controversée.

Je crois juste de dire que ses réflexions sur la troisième session représentent le pic de sa réaction éphémère - ainsi s'avéra-t-elle par la suite - contre l'Église de la période préconciliaire et, par-dessus tout, de la Réforme catholique du XVIe siècle et du renouveau catholique du XVXe. Ses commentaires sur la vie liturgique d'un âge révolu avec l'événement du concile, qui vit l'ultime procession sereine de l'Église de la Contre-Réforme, furent particulièrement acerbes. Il parlait d'une liturgie « archéologique », un tableau si encroûté qu'on y pouvait à peine distinguer l'image originelle. Une liturgie de ce genre, continuait-il, n'était pour les fidèles qu'un livre fermé, tout comme elle avait été inadéquate pour les saints de la Réforme catholique. Sur le centralisme, deuxième « point concret », il notait les nombreuses conséquences fâcheuses de la proclamation, en 1870, du dogme de la primauté de juridiction du Pontife romain. Ainsi les missions y perdirent leur espace de liberté, puisque toute l'humanité était censée s'adapter d'une façon ou d'une autre aux schèmes de la latinité. Sur l'œcuménisme, il déplorait les nouveaux obstacles que certains Pères conciliaires posaient sur le chemin de l'unité par leur piété mariale exagérée. Se préoccuper de saint Joseph en tant qu'époux de Marie, du rosaire, de la consécration à Marie, de la dévotion au cœur de Marie, du titre de « Mère de l'Église » et de la recherche d'autres titres encore, tout cela ne contribuait pas beaucoup à éclairer les évêques sur le plan théologique. Sur le sujet de la liberté religieuse, il salua avec entrain l'abandon de l'idée que l'État puisse être appelé à protéger la foi en recourant aux moyens qui lui sont propres. Sous la rubrique « foi et histoire », il évoqua avec confiance la « large route » que l'ouverture nouvelle de la théologie aux méthodes de la critique historique traçait devant elle. Sur le sixième et dernier « point concret», la relation de l'Église au monde, il se contenta d'enregistrer la tension non résolue entre deux tendances, l'une affirmant son enthousiasme pour le monde par une théologie de l'incarnation, l'autre adoptant, par une théologie de la Croix, une attitude autrement plus critique.

Cela nous permet de cerner plus clairement la nature du « progressisme » de Joseph Ratzinger à cette époque. Il n'était pas tant guidé par un impératif de modernisation ou d'adaptation, un aggiornamento, que par celui d'un retour aux sources bibliques, patristiques et médiévales, un ressourcement. Il appartenait à ce que le père Congar appelait

un catholicisme « ressourcé » qui est par là même un catholicisme totalement centré sur le Christ, et donc aussi biblique, liturgique, pascal, communautaire, œcuménique et missionnaire... (Y. CONGAR, Le concile au jour le jour, vol. 2, op. cit., p. 111, p. 61.)

La question implicite, laissée en suspens pour examen ultérieur, était celle-ci : peut-on (logiquement et psychologiquement) soutenir de manière cohérente un tel catholicisme néopatristique, en considérant que la plupart des générations qui se sont succédé depuis ont donc été stériles quant à la réflexion intellectuelle et la pratique de la foi ? Car le principe qui sous-tend la première assertion, positive - la continuité de la transmission de l'Évangile et la préservation de son identité dans l'Église, sous la garde de l'Esprit -, semble entraîner nécessairement une radicale remise en question de la seconde assertion, son corollaire négatif. Certaines des difficultés qui guettent tout essai de reconstruction historique de la vie de l'Église patristique furent d'ailleurs mises en lumière dans le résumé que fit J. Ratzinger de la discussion sur la collégialité épiscopale. Ce fut un choc lorsque l'observateur orthodoxe Nikos Nissiotis déclara que la collégialité « n'avait de fondement solide ni dans la Bible ni dans l'histoire », et que son collègue luthérien Kirsten Skydsgaard prit au sérieux le bon mot d'un Ottaviani exaspéré disant qu'au jardin de Gethsémani « les apôtres agirent de fait collégialement : tous ensemble, ils plantèrent là le Seigneur ! ». Sans l'histoire de la trahison, de la désertion devant la Croix, fit fermement observer le représentant du luthéranisme danois, nous ne saisirions pas vraiment le mystère de l'Église (Ergebnisse und Problème der dritten Konzilsperiode, p. 63-64).

Joseph Ratzinger/Benoît XVI vit clairement que l'accusation qui montait contre le concile, insinuant qu'il était en train de succomber à un esprit d'innovation moderniste, débordait du cercle d'une minorité conservatrice, et gagnait les observateurs œcuméniques. La rumeur en parvint aux oreilles de Paul VI, qui s'efforça d'y répondre dans son discours de clôture de la session.
(La dernière session du concile, Cologne, 1966, p. 12.) L'intervention du pape dans le débat sur le gouvernement de l'Église, qui conduisit à la nota praevia, ou « remarques préliminaires », au texte du concile sur la collégialité (décret Christus Dominus), signifiait, comme le nota J. Ratzinger, que la doctrine de Lumen Gentium se trouvait infléchie dans le sens d'une lecture « primatialiste ». Il lui sembla en tout cas important de reconnaître, et en particulier pour sauvegarder la portée œcuménique du texte vis-à-vis des Églises orientales séparées, que bien des fonctions du pape dans l'Église latine s'exercent non pas en vertu de sa primauté universelle, mais de par son état de patriarche d'Occident. Cela ne change rien à l'essence de la doctrine de la collégialité qui affirme « la copénétration réciproque d'une pluralité de communautés sacramentelles et de l'unité préservée par la fonction du pape». (Ergebnisse und Problème der dritten Konzilsperiode, p. 79.) 

(à suivre) : La quatrième session
 

Nouveau: conseils aux personnes qui désirent recevoir les actualités ou consulter le site régulièrement:  ICI


Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger -  (E.S.M.)
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité) 
03.11.2008 - T/Théologie

 

 » Sélection des derniers articles  
page précédente haut de page page suivante