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19 Avril 2005
 

Les convictions de Benoît XVI sur l'oecuménisme ne datent pas d'aujourd'hui

 

Le 21 octobre 2008 - (E.S.M.) - L'Église vit actuellement au rythme du synode des évêques, le second du Pontificat de Benoît XVI. Cette page est intéressante pour connaître les pensées du cardinal Ratzinger, au moment de Vatican II, sur la "collégialité épiscopale", sur la question de "l'oecuménisme" et sur la "mariologie".

Le cardinal Joseph Ratzinger - Pour agrandir l'image Cliquer

Les convictions de Benoît XVI sur l'oecuménisme ne datent pas d'aujourd'hui

La deuxième session (deuxième partie) Pour lire la première partie : Le Christ est le seul médiateur et la seule espérance de l'Église

Le 21 octobre 2008 -  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - En ce qui concerne les questions pratiques de gouvernement que la doctrine de la collégialité épiscopale soulevait pour l'ensemble de l'Église des laïcs, des diacres et des prêtres, Joseph Ratzinger remarqua deux tendances à l'œuvre. La première était centrifuge. Elle visait à disséminer la plenitudo potestatis (« Plénitude de pouvoir » [Ndlr] ) parmi les évêques, qui, unis les uns aux autres en « conférences », rétabliraient ainsi la structure synodale de l'Église ancienne. L'autre tendance était centripète. Elle valorisait par-dessus tout l'unité, dont l'utilité pouvait difficilement être mise en doute en un monde d'accélération constante des communications, et de coopération internationale (Das Konzil aufdem Weg, p. 43). La présentation faite par J. Ratzinger de cette seconde tendance manqua nettement de lustre. Celle du père Congar fut plus vivante :

II faut proclamer bien haut, avec des historiens tels qu'Adolf von Harnack, l'inestimable bienfait qu'a représenté la papauté, dans l'histoire, pour l'indépendance et la liberté de l'Église, et donc pour l'autorité des évêques eux-mêmes
(Y. CONGAR, Le concile au jour le jour, vol. z, op. cit., p. 137).

Yves Congar notait aussi, au sujet des conférences épiscopales : « Tout particularisme qui les mettrait en danger doit être fui comme la peste. » Joseph Ratzinger devait revenir sur ce point avant la fin du concile. Pour lors, il se contenta de présenter l'idée de rencontres régulières, à Rome, du pape et de la curie avec des représentants de l'épiscopat, comme compromis entre les exigences concurrentes des deux tendances décrites plus haut. Et puisqu'il est question de la curie, il est piquant de relever les réactions de J. Ratzinger au grand duel verbal qui opposa son évêque, le cardinal Frings de Cologne, au cardinal Alfredo Ottaviani, le préfet du Saint-Office
(Das Konzil aufdem Weg, p. 44-46). Il y vit un conflit de nature « institutionnelle, et non pas théologique », rejoignant par là le jugement du grand intellectuel français que fut le jésuite Jean Daniélou. Le désaccord concernait en effet la forme concrète du « service » de gardien de la pureté de la foi confié au préfet Ottaviani. J. Ratzinger vit dans l'intervention de Frings « une contribution pleinement réaliste au thème de la liberté chrétienne », soulignant l'importance de procédures canoniques susceptibles d'assurer convenablement le respect des personnes dans l'Église. Il nota qu'après cette confrontation, les relations personnelles entre Frings et Ottaviani, loin de se refroidir, se firent plus chaleureuses : fait qu'il attribua à l'atmosphère humaine et spirituelle du concile.

Avant de clore son examen d'un Lumen Gentium encore à l'état embryonnaire, Joseph Ratzinger avait un mot à dire sur la mariologie; selon la suggestion du cardinal Franz König, archevêque de Vienne, ce thème fut en effet incorporé dans le texte fondamental sur l'Église. Le mariage de la mariologie avec l'ecclésiologie faisait ressortir que l'idée d'Église inclut nécessairement celle d'« Église céleste », Eccksia calestis. La réalité de l'Église s'étend au mystère des fins dernières, qui se dérobe à toute vue, à tout concept humains. La figure de la Mère du Seigneur nous apprend beaucoup sur l'Église : de quelle façon elle trouve sa grandeur dans sa petitesse même, de quelle façon elle provient de la racine d'Israël, et porte dans son cœur, tout au long de son pèlerinage sur les routes de l'histoire, l'espérance du monde, cette espérance dont, aussi cachée soit-elle, l'humanité tout entière vit
(idem, p. 48).

En réaffirmant la place de la Mère de Dieu au milieu du peuple de Dieu, il voyait également la possibilité d'un meilleur consensus sur sa signification parmi les chrétiens divisés. Et justement, le concile devait pour lors se tourner vers le décret sur l'œcuménisme, Unitatis Redintegratio.

Joseph Ratzinger y trouva essentiellement une application de la toute fraîche constitution dogmatique sur l'Église, Lumen gentium, à un cas particulier. Ce n'était pas un « manifeste d'union » et moins encore un appel direct aux chrétiens non catholiques. Il s'agissait plutôt d'une adresse aux catholiques les invitant à adopter une attitude œcuménique. Il fit valoir que Lumen gentium était déjà en soi œcuménique en cela qu'elle n'était dirigée contre personne, mais s'efforçait de considérer avec attention le mystère de l'Église « dans ses prolongements, depuis les racines d'une origine commune »
(Idem, p. 53). Quoique le décret sur l'œcuménisme ne dérivât pas en droite ligne du Mouvement œcuménique, à la différence de la constitution sur la liturgie où l'on pouvait sentir l'empreinte du Mouvement liturgique, il était cependant impensable sans ce grand frémissement qui avait parcouru les communions protestante, anglicane et orthodoxe, et qui gagnait tardivement les catholiques.

Joseph Ratzinger limita son examen à un seul point des réflexions du concile sur l'œcuménisme; mais il s'agissait d'un aspect essentiel : la relation « de l'Église aux églises », Kirchengliedschaft, c'est-à-dire la question : « qui appartient à l'Église ? » II commença par faire remarquer que l'approche habituelle de l'ecclésiologie préconciliaire était insatisfaisante. Parler d'appartenance à l'Église en ne considérant que les trois conditions que sont le baptême, la confession d'une foi commune et l'obéissance à une hiérarchie dont le Pontife romain occupe le sommet ne peut concerner que les chrétiens catholiques. Envisager de ne laisser place aux autres que par l'intermédiaire du votum Ecclesia, c'est-à-dire du désir implicite de ne faire qu'un avec l'Église ainsi définie, c'était adopter une « psychologie fictive », attribuant aux frères séparés un souhait dont ils étaient pour le moins inconscients. Alors que l'élaboration du texte de Lumen gentium était encore en cours, les débats s'orientaient vers une conception plus généreuse, moins individualiste, des dons de la grâce dans les corps ecclésiaux non catholiques. Les chrétiens divisés partagent après tout de nombreux trésors communs : la foi dans le Christ, Fils de Dieu et Sauveur, le baptême, et même d'autres sacrements dans certains cas, l'Écriture, la fécondité cachée du Saint-Esprit, manifestée dans des dons de piété et d'intelligence.

En même temps, Joseph Ratzinger veillait soigneusement à préserver la perspective catholique de la foi, selon laquelle il ne s'agit pas d'une simple pluralité d'églises qui devraient parvenir à se coordonner moyennant la mise en œuvre de quelque outil d'organisation. Commentant une déclaration de l'observateur luthérien Edmund Schlink, de Heidelberg, lors d'une conférence de presse, J. Ratzinger faisait observer que

dans la conception catholique des choses, il est essentiel de croire (et il en a été ainsi depuis le « Frühkatholizismus »
(« Catholicisme des premiers temps », terme forgé par des théologiens protestants [NdT] ) des temps apostoliques) qu'il y a bel et bien une chose telle que l'Église une, aussi imparfaite qu'elle soit. Elle se manifeste dans cette Église visible, célébrant la liturgie, agissant concrètement [...], qui, au milieu de toutes ses déficiences humaines, est le véritable tabernacle de Dieu planté parmi les hommes, « l'Église » elle-même (Das Konzil aufdem Weg, p. 63).

Néanmoins, au sein de cette Église une, il existe aussi une multitude d'églises locales, Ortsgemeinden : l'unité de l'Église n'exclut pas la pluralité. Et Joseph Ratzinger tourne son regard vers un avenir œcuménique où les églises séparées pourraient être unies à la communion catholique sans être absorbées en elle, comme autant de formes de la communauté visible du Christ sur terre. Cela ne cessera d'être sa conviction.

[Ndlr : Au moment du Concile Vatican II, les "pères orthodoxes" avaient été invités uniquement comme observateurs. Aujourd’hui, avec ce synode sur la Parole de Dieu, ils sont invités à s'exprimer, et notamment le premier d’entre eux, le patriarche de Constantinople. En effet, le pape Benoît XVI, après la prière des vêpres sous la fresque magistrale du Jugement dernier, a demandé à Bartholomée Ier de prendre la parole devant le synode.  Venir prononcer un Discours ici, au Vatican, devant les Pères synodaux catholiques, est ainsi une façon pour le patriarche de prendre acte de la collégialité telle qu’elle est vécue par l’Église catholique. Il fut très applaudi par l'assemblée et chaleureusement remercié par le pape.]

Au moment où s'achevait la deuxième session, Joseph Ratzinger sentit l'atmosphère fraîchir quelque peu. Ceux qui craignaient qu'après le concile tout demeurât comme auparavant commençaient à exprimer tout haut leur scepticisme. Ceux au contraire qui appréhendaient une traversée houleuse sur des eaux incertaines entraient dans une opposition plus franche. La réaction de Joseph Ratzinger à ce changement d'attitude fut, une fois encore, empreinte de sobriété. Un concile n'aboutit à rien si ce n'est dans la foi, l'espérance et la charité quotidiennes de chaque membre de l'Église.

(à suivre) : La troisième session

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Sources : Introduction à la théologie de Joseph Ratzinger -  (E.S.M.)
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M. sur Google actualité)  21.10.2008 - T/Théologie

 

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