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Le Pape demande la crédibilité aux nouveaux prêtres, non la perfection
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Le 01 juin 2025 -
E.S.M.
- Hier samedi 31 mai, le Pape Léon
XIV a procédé à l’ordination sacerdotale de onze diacres
pour le diocèse de Rome dans la basilique Saint-Pierre.
Il les a encouragés à concevoir leur vie à la manière de
Jésus, en s’ancrant dans la vie réelle auprès des
personnes qu’ils rencontreront, et à faire de la place à
tous dans le peuple de Dieu.
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Léon XIV -
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Le Pape demande la crédibilité aux nouveaux prêtres, non la perfection
Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican'
Le 01 juin 2025 -
E.S.M. - «Aujourd'hui est un
jour de grande joie pour l'Église et pour chacun d'entre vous»,
a commencé le Pape Léon XIV lors de son homélie pour l’ordination
presbytérale de onze prêtres pour le diocèse de Rome. Plus de 5500
personnes étaient réunies dans la basilique Saint-Pierre pour
partager cette joie. Insistant sur le lien entre le peuple de Dieu
et le prêtre, le Saint-Père a rappelé que «l'identité du prêtre
dépend de l'union avec le Christ, prêtre suprême et éternel».
À ces onze jeunes hommes, âgés de 28 ans à 49 ans, l’évêque de Rome a décrit
l’action de Dieu qui ne se lasse jamais de réunir ses enfants comme une «brise
légère». «La joie de Dieu n'est pas bruyante, mais elle change vraiment
l'histoire et nous rapproche les uns des autres», a-t-il poursuivi, citant
en exemple de cette joie l’épisode évangélique de la Visitation, la rencontre
entre Marie et Élisabeth, célébrée par l’Église en ce dernier jour du mois de
mai.
«Concevez donc votre vie à la manière de Jésus»
Revenant sur l’Évangile de Jean, chanté quelques minutes avant l’homélie,
Léon XIV a souligné les liens entre Jésus et le monde, que le Christ remet dans
les mains du Père, et qui sont rendus plus forts par la prière.
“Chers ordinands, concevez donc votre vie à la manière de Jésus!
Être de Dieu - serviteurs de Dieu, peuple de Dieu - nous lie à la
terre: non pas à un monde idéal, mais au monde réel.”
Contre le risque de l’autoréférentialité «qui éteint le feu de la mission»,
souvent cité par le Pape François, le Successeur de Pierre demande aux nouveaux
prêtres de rester proche des fidèles. «C'est à eux que vous vous consacrez,
sans vous séparer d'eux, sans vous isoler, sans faire du don reçu une sorte de
privilège», a-t-il mis en garde. Ainsi, le seul pouvoir à rechercher selon
lui, est celui concédé par Dieu, celui d’être ses enfants.
L’imposition des mains, transmission de l’Esprit créateur
Au cours de la célébration, le Pape, suivi de plusieurs prêtres, a imposé les
mains sur les sept étudiants du Grand Séminaire pontifical romain et les quatre
formés au séminaire Redemptoris Mater. Ce geste, par lequel «Jésus
accueillait les enfants et guérissait les malades», est le signe de la
transmission de l’Esprit créateur. «Le Royaume de Dieu met désormais en
communion vos libertés personnelles, disposées à sortir d'elles-mêmes, en
greffant vos intelligences et vos jeunes forces à la mission jubilaire que Jésus
a transmise à son Église», a continué Léon XIV.
Citant les mots de saint Paul, le Pape rappelle le rôle de «gardiens»
des prêtres, et non de «maîtres», à la suite de Jésus. «Aucun de nous
n'est appelé à le remplacer. Le jour de l'Ascension nous éduque à sa présence
invisible. Il nous fait confiance, il nous fait place», souligne-t-il. Tout
comme les prêtres accueillent leurs nouveaux frères, désormais ordonnés, Léon
XIV a demandé aux jeunes prêtres de faire de la place «aux fidèles et à toute
créature». «Le peuple de Dieu est plus nombreux que nous ne le voyons.
N'en définissons pas les frontières».
«Des vies connues, des vies lisibles, des vies crédibles!»
Enfin, toujours en s’appuyant sur les mots de saint Paul, «Vous savez
comment je me suis comporté» (Ac
20, 18), le Souverain pontife a exigé «un témoignable crédible» de la
part des prêtres, à travers la transparence de leur vie. «Des vies connues,
des vies lisibles, des vies crédibles!», a-t-il exhorté.
“C'est donc ensemble que nous reconstruirons la crédibilité d'une
Église blessée, envoyée vers une humanité blessée, au sein d'une
création blessée. Il ne faut pas être parfait, mais il est
nécessaire d'être crédible.”
Jésus «nous montre ses blessures (…) nous pardonne et nous envoie», a
continué Léon XIV, faisant des prêtres des ministres de l’espérance et de la
réconciliation. «Nous sommes à Dieu: il n'y a pas de plus grande richesse à
apprécier et à partager. C'est la seule richesse qui, partagée, se multiplie»,
a terminé le Saint-Père, procédant ensuite à l’ordination des onze diacres et
enfin à la suite de la messe.
MESSE AVEC ORDINATIONS SACERDOTALES
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Basilique
Saint-Pierre
Fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie - Samedi 31 mai 2025
Chers frères et sœurs!
Aujourd’hui est un jour de grande joie pour l’Eglise et pour chacun de vous,
ordinands au sacerdoce, ainsi que pour vos familles, vos amis et vos compagnons
de route pendant vos années de formation. Comme le souligne le rite de
l’ordination à plusieurs reprises, le lien entre ce que nous célébrons
aujourd’hui et le Peuple de Dieu est fondamental. La profondeur, l’ampleur et
même la durée de la joie divine que nous partageons aujourd’hui est directement
proportionnelle aux liens qui existent et qui grandiront entre vous, ordinands,
et le peuple dont vous êtes issus, auquel vous appartenez et vers lequel vous
êtes envoyés. Je m’arrêterai sur cet aspect, en gardant toujours à l’esprit que
l’identité du prêtre découle de son union avec le Christ, souverain et éternel
prêtre.
Nous sommes le peuple de Dieu. Le Concile Vatican II a ravivé cette conscience,
anticipant presque une époque où les appartenances s’affaibliraient et où le
sens de Dieu se ferait plus rare. Vous êtes le témoignage que Dieu ne se lasse
pas de rassembler ses enfants, si différents soient-ils, et de les constituer en
une unité vivante. Il ne s’agit pas d’une action impétueuse, mais de cette
«brise légère» qui redonna espoir au prophète Elie lors de son découragement
(cf. 1 R 19, 12). La joie de Dieu n’est pas bruyante, mais elle transforme
réellement l’histoire et nous rapproche les uns des autres. Le mystère de la
Visitation en est l’icône, que l’Eglise contemple en ce dernier jour du mois de
mai. De la rencontre entre la Vierge Marie et sa cousine Elisabeth jaillit le
Magnificat, chant d’un peuple visité par la grâce.
Les lectures que nous venons d’entendre nous aident à interpréter ce qui se
passe aussi parmi nous. Jésus, avant tout, dans l’Evangile, n’apparaît pas
écrasé par la mort imminente, ni par la désillusion des liens humains brisés ou
inachevés. L’Esprit Saint, au contraire, intensifie ces liens menacés. Dans la
prière, ils deviennent plus forts que la mort. Au lieu de penser à son propre
destin, Jésus remet entre les mains du Père les relations qu’il a bâties
ici-bas. Et nous en faisons partie! L’Evangile, en effet, est arrivé jusqu’à
nous à travers des liens que le monde peut user, mais non détruire.
Chers ordinands, concevez-vous donc à la manière de Jésus! Etre de Dieu —
serviteurs de Dieu, Peuple de Dieu — nous lie à la terre: non à un monde
idéalisé, mais au monde réel. Comme Jésus, ce sont des personnes en chair et en
os que le Père mettra sur votre chemin. Consacrez-vous à elles, sans vous en
séparer, sans vous isoler, sans transformer le don reçu en une sorte de
privilège. Le Pape François nous a souvent mis en garde contre cela, car
l’autoréférentialité étouffe le feu de l’esprit missionnaire.
L’Eglise est fondamentalement tournée vers l’extérieur, comme le sont la vie, la
passion, la mort et la résurrection de Jésus. Vous ferez vôtres ses paroles à
chaque Eucharistie: ceci est «pour vous et pour la multitude». Personne n’a
jamais vu Dieu. Et pourtant, il s’est tourné vers nous, il est sorti de
lui-même. Le Fils en est devenu l’exégèse, le récit incarné. Et il nous a donné
le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ne cherchez, ne cherchons pas un autre
pouvoir!
Que le geste de l’imposition des mains, par lequel Jésus bénissait les enfants
et guérissait les malades, renouvelle en vous la puissance libératrice de son
ministère messianique. Dans les Actes des Apôtres, ce geste, que nous allons
bientôt reproduire, est transmission de l’Esprit créateur. Ainsi, le Royaume de
Dieu met en communion vos libertés personnelles, prêtes à sortir d’elles-mêmes,
en greffant vos intelligences et vos jeunes forces dans la mission jubilaire que
Jésus a confiée à son Eglise.
Dans son discours d’adieu aux anciens d’Ephèse, dont nous avons entendu un
extrait dans la première Lecture, Paul leur livre le secret de toute mission: «L’Esprit
Saint vous a établis gardiens» (Ac 20, 28). Non comme maîtres, mais comme
gardiens. La mission est celle de Jésus. Il est ressuscité, donc vivant, et il
nous précède. Aucun de nous n’est appelé à le remplacer. Le jour de l’Ascension
nous éduque à sa présence invisible. Il nous fait confiance, il nous fait de la
place; il a même dit: «C’est votre intérêt que je parte» (Jn 16, 7). Nous aussi,
les évêques, chers ordinands, en vous intégrant aujourd’hui à la mission, nous
vous faisons de la place. Et vous, faites de la place aux fidèles et à toute
créature dont le Ressuscité est proche et en qui il aime nous visiter et nous
surprendre. Le Peuple de Dieu est plus vaste que ce que nous voyons. Ne lui
imposons pas de limites.
De ce discours poignant de saint Paul, je voudrais souligner un second mot. Il
le prononce d’ailleurs en premier: «Vous savez vous-mêmes de quelle façon je
n’ai cessé de me comporter avec vous» (Ac 20, 18). Gravons cette expression dans
nos cœurs et nos esprits! «Vous savez vous-mêmes de quelle façon je n’ai cessé
de me comporter avec vous»: la transparence de la vie. Des vies connues, des
vies lisibles, des vies crédibles! Vivons au cœur du Peuple de Dieu pour
pouvoir, un jour, nous tenir devant lui avec un témoignage crédible.
Ensemble, alors, nous reconstruirons la crédibilité d’une Eglise blessée,
envoyée à une humanité blessée, au sein d’une création blessée. Nous ne sommes
pas encore parfaits, mais il nous faut être crédibles.
Le Christ ressuscité nous montre ses plaies; bien qu’elles soient le signe du
rejet de l’humanité, il nous pardonne et nous envoie. Ne l’oublions pas! Il
souffle encore aujourd’hui sur nous (cf. Jn 20, 22) et fait de nous des
ministres de l’espérance. «Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne
selon la chair» (2 Co 5, 16): ce qui, à nos yeux, semble brisé et perdu
apparaît désormais sous le signe de la réconciliation.
«Car l’amour du Christ nous possède», chers frères et sœurs! C’est une
possession qui libère et qui nous permet de ne posséder personne. Libérer, ne
pas posséder. Nous appartenons à Dieu: il n’est pas de plus grande richesse à
estimer et à partager. C’est la seule richesse qui, partagée, se multiplie. Et
nous voulons la porter ensemble dans ce monde que Dieu a tant aimé qu’il a donné
son Fils unique (cf. Jn 3, 16).
Ainsi, la vie offerte par ces frères qui vont être ordonnés prêtres prend tout
son sens. Nous les remercions et nous rendons grâce à Dieu qui les a appelés au
service d’un peuple entièrement sacerdotal. Ensemble, en effet, nous unissons le
ciel et la terre. En Marie, Mère de l’Eglise, resplendit ce sacerdoce commun qui
élève les humbles, relie les générations et nous fait appeler bienheureux (cf.
Lc 1, 48.52). Que la Vierge de la Confiance et Mère de l’Espérance intercède
pour nous.
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Sources
:
vaticannews
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 01.06.2025
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