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19 Avril 2005
 

      MISSEL ROMAIN :  présentation générale au Missel Romain

 

Chapitre III
Des offices et ministères
à la Messe

Offices de l' Ordre sacré
Fonctions du peuple de Dieu

Ministères particuliers :
Ministère de l' acolyte et du lecteur institués
Autres fonctions
Répartition des fonctions et préparation de la célébration
Le vêtement des servants laïcs


91. La célébration eucharistique est une action du Christ et de l’Eglise, qui est le " sacrement de l’unité ", c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité de l’Evêque. C’est pourquoi, elle concerne le Corps tout entier de l’Eglise, le rend visible et l’affecte ; A dire vrai, elle atteint chacun de ses membres de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de leur participation effective 75 . De cette manière, le peuple chrétien, " race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté " manifeste sa cohésion et son organisation hiérarchique 76 . C´est pourquoi tous, ministres ordonnés ou fidèles laïcs, en accomplissant leur fonction ou leur office, doivent faire tout ce qui leur revient, et cela seulement 77 .

Notes

75 Cf. Conc. oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia, Sacrosanctum Concilium , n. 26.
76 Cf. ibidem , n. 14.
77 Cf. ibidem , n. 28.
 

I. Offices de l'Ordre sacré

 

92. Toute célébration légitime de l´Eucharistie est dirigée par l´évêque, soit par lui-même, soit par les prêtres qui le secondent 78 .

Lorsque l´évêque est présent à la messe où le peuple est rassemblé, il convient au plus haut point qu’il célèbre lui-même l’Eucharistie et qu´il s´associe les simples prêtres, dans l’action sacrée, comme concélébrants. Cela ne se fait pas pour rehausser la solennité extérieure du rite, mais pour éclairer d´une lumière plus vive le mystère de l´Église, qui est le sacrement de l´unité 79 .

Si l´évêque ne célèbre pas l´Eucharistie, mais charge un autre de le faire, il convient que, revêtu de l’aube et portant par-dessus la croix pectorale, l’étole et la chape, il préside la liturgie de la Parole; et à la fin de la Messe, il donne la bénédiction 80 .

Notes
78 Cf. Conc. oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, Lumen gentium , nn. 26, 28 ; Const. de sacra Liturgia, Sacrosanctum Concilium , n. 42.
79 Cf. Conc. oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia, Sacrosanctum Concilium , n. 26.
80 Cf. Cæremoniale Episcoporum , nn. 175-186.

93. Le prêtre , lui aussi, est dans l’Eglise investi par l’Ordre du pouvoir sacré d’offrir le sacrifice en la personne du Christ 81 . Il en résulte qu’il est à la tête du peuple fidèle rassemblé, il préside à sa prière, il lui annonce le message du salut, il s´associe le peuple dans l´offrande du sacrifice à Dieu le Père par le Christ dans l´Esprit Saint, il donne à ses frères le pain de la vie éternelle et y participe avec eux. Donc, lorsqu´il célèbre l´Eucharistie, il doit servir Dieu et le peuple avec dignité et humilité et, par sa manière de se comporter et de prononcer les paroles divines, suggérer aux fidèles une présence vivante du Christ.

Notes

81 Cf. Conc. oecum. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, Lumen gentium , n. 28 ; Decretum de Presbyterorum ministerio et vita, Presbyterorum ordinis , n. 2 .

94. Après le prêtre, en vertu de l’ordination sacrée, le diacre occupe la première place parmi ceux qui exercent un office dans la célébration eucharistique. Depuis le temps mémorable des Apôtres, l’ordre sacré du diaconat a été en grand honneur dans l´Église 82 . Dans la messe , le diacre a son rôle propre: il annonce l´Évangile et parfois il prêche la parole de Dieu, il énonce les intentions de la prière universelle, il seconde le prêtre en préparant l’autel et par son service dans la célébration du sacrifice, il distribue aux fidèles l´Eucharistie, surtout sous l´espèce du vin, et il indique parfois au peuple les gestes et attitudes à adopter.
Notes
82 Cf. Paulus VI, Litt. Ap. Sacrum diaconatus Ordinem , 18 juin 1967 : A.A.S. 59 (1967) 697-704 ; Pontificale Romanum, De Ordinatione Episcopi, presbyterorum et diaconorum , editio typica altera, 1989, n. 173.

 

II Fonctions du peuple de Dieu

 

95. Dans la célébration de la messe, les fidèles constituent le peuple saint, le peuple du rachat et le sacerdoce royal, pour rendre grâce à Dieu et pour offrir la victime sans tache; non seulement pour l´offrir par les mains du prêtre, mais pour l´offrir ensemble avec lui et apprendre à s´offrir eux-mêmes 83 . Ils s´efforceront de le manifester par un profond sens religieux et par leur charité envers les frères qui participent à la même célébration.
Ils éviteront donc toute apparence de particularisme ou de division; ils se rappelleront toujours qu´ils ont un unique Père dans le ciel et que, pour cette raison, ils sont tous frères les uns des autres.
Notes
83 Conc. oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia, Sacrosanctum Concilium , n. 48 ; S. Congr. Rituum, Instr. Eucharisticum mysterium , 25 mai 1967, n. 12 : A.A.S. 59 (1967) pp. 548-549.
96 . Ils constitueront un seul corps que ce soit en écoutant la parole de Dieu , en prenant leur part aux prières et au chant, ou bien surtout par l´oblation commune du sacrifice et la participation commune à la table du Seigneur. Cette unité se manifeste avec beauté du fait que les fidèles observent les mêmes gestes et les mêmes attitudes.
97. Les fidèles ne refuseront pas de se mettre avec joie au service du peuple de Dieu, chaque fois qu´on leur demande d´exercer un ministère ou un rôle particulier dans la célébration.

 

III. Ministères particuliers

 

A. Ministère de l'acolyte et du lecteur institués
 

98. L´acolyte est institué pour servir à l´autel et pour aider le prêtre et le diacre. C´est à lui principalement qu´il revient de préparer l´autel et les vases sacrés, et de distribuer aux fidèles l´Eucharistie dont il est le ministre extraordinaire si cela est nécessaire 84
Dans le service de l’autel, l’acolyte a son propre rôle (cf. nn. 187-193) qu’il doit accomplir lui-même.
Notes
84 Cf. Codex Iuris Canonici , can. 910 § 2 ; Instructio interdicasterialis de quibusdam quæstionibus circa fidelium laicorum cooperationem sacerdotum ministerium spectantem, Ecclesiæ de mysterio , 15 août 1997, art. 8 : A.A.S. 89 (1997), p. 871.
99. Le lecteur est institué pour proclamer les lectures de l´Écriture sainte, excepté l´Évangile. Il peut aussi proposer les intentions de la prière universelle et, en l´absence d´un psalmiste, lire le psaume entre les lectures.

Dans la célébration eucharistique, le lecteur a sa fonction propre (cf. nn. 194-198), qu´il doit exercer par lui-même, fût-ce en présence de ministres ordonnés.
 

B. Autres fonctions

100. A défaut d’acolyte institué , des ministres laïcs peuvent être désignés pour le service de l’autel et pour aider le prêtre et le diacre ; ils portent la croix, les cierges, l´encensoir, le pain, le vin et l´eau, ou même sont délégués pour distribuer la communion comme ministre extraordinaire 85 .

85 Cf. S. Congr. de Disciplina Sacramentorum, Instr. Immensæ caritatis , 29 janvier 1973, n.1 A.A.S. 65 (1973) pp. 265-266 ; Codex Iuris Canonici , can. 230 § 3.

101. A défaut de lecteur institué , d’autres laïcs seront appelés pour proclamer les lectures de la sainte Ecriture, à condition qu’ils soient vraiment aptes et soigneusement préparés à accomplir cette fonction, pour que les fidèles, à l´audition des lectures divines, conçoivent un amour savoureux et vivant pour la sainte Écriture 86 .

Notes

86 Conc. oecum. Vat. II, Const. de sacra Liturgia, Sacrosanctum Concilium , n. 24.

C. Fonctions de l'acolyte

187. Les fonctions que l´acolyte peut remplir sont diverses. Il arrive même que certaines d´entre elles doivent s´exercer en même temps. Il convient donc qu´elles soient réparties entre plusieurs personnes. S´il n´y a qu´un acolyte, il accomplit les fonctions les plus importantes; les autres fonctions sont confiées à d´autres ministres.

Rites d'ouverture
188. Lorsqu´on se rend à l´autel, l´acolyte peut porter la croix, entre deux ministres qui portent les cierges allumés. Lorsqu´il arrive à l´autel, il pose la croix près de celui-ci pour qu’elle soit la croix de l’autel ; sinon, il la dépose dans un endroit digne. Puis il se rend à sa place dans le sanctuaire.
189. Pendant toute la célébration, l´acolyte doit pouvoir se rendre auprès du prêtre ou du diacre pour leur présenter le livre ou les assister quand il en est besoin. Autant que possible , il convient donc de prévoir pour lui une place d´où il puisse facilement remplir sa fonction soit au siège soit à l´autel.

Liturgie eucharistique
190 . Une fois achevée la prière universelle, l´acolyte, en l´absence d´un diacre, pose sur l´autel le corporal, le purificatoire, le calice et le missel, tandis que le prêtre reste au siège. Ensuite, s´il y a lieu, il assiste le prêtre pour recevoir les dons du peuple. Puis, éventuellement, il porte à l´autel le pain et le vin, et il les remet au prêtre. Si l´on emploie l´encens, il présente l´encensoir au prêtre et assiste celui-ci pour l´encensement des dons, de la croix et de l´autel. Ensuite, il encense le prêtre et le peuple.
191. Si c’est nécessaire, l’acolyte institué, en tant que ministre extraordinaire de la communion, peut assister le prêtre pour donner la communion aux fidèles 98 . Lorsque la communion est donnée sous les deux espèces, et qu’il n’y a pas de diacre, il présente le calice aux communiants ou bien, si la communion est donnée par intinction, il tient le calice.
192. De même, après la communion, l’acolyte institué aide le prêtre ou le diacre à purifier et à ranger les vases sacrés. En l´absence d´un diacre, il porte les vases sacrés à la crédence, où il les purifie de la manière habituelle, les essuie et les remet à leur place .
193 . La célébration de la messe terminée, l’acolyte et les autres ministres, ensemble et avec le prêtre et le diacre retournent à la sacristie en procession, de la même manière et dans le même ordre qu’à l’entrée.

D. Fonctions du lecteur

Rites d'ouverture
194. En l´absence d´un diacre, lorsqu´on se rend à l´autel, le lecteur, portant un vêtement approuvé, peut porter, en l’élevant un peu, l’évangéliaire. Dans ce cas, il marche devant le prêtre. Autrement, il se place avec les autres ministres.
195.
Lorsqu´il arrive à l´autel, il fait avec les autres une inclination profonde. S´il porte l’évangéliaire, il monte à l´autel pour y déposer le livre ; puis il gagne sa place parmi les autres ministres dans le sanctuaire.

Liturgie de la Parole

196. Il lit, de l´ambon, les lectures qui précèdent l´Évangile. A défaut de psalmiste, il peut dire le psaume responsorial après la première lecture.
197 . Pour la prière universelle, en l´absence du diacre, le lecteur peut, de l’ambon, dire les intentions après que le prêtre ait introduit la prière
102. Il revient au psalmiste de dire le psaume ou un autre cantique biblique placé entre les lectures. Pour bien remplir sa fonction, il est nécessaire que le psalmiste excelle dans l´art de la psalmodie, possède une bonne prononciation et une bonne diction.
103. Parmi les fidèles, la schola ou la chorale exerce sa fonction liturgique propre; il lui appartient d´assurer les parties qui lui reviennent en les exécutant comme il se doit, selon les divers genres de chant, et de favoriser la participation active des fidèles à celui-ci 87 . Ce qui est dit ici de la chorale vaut, toutes proportions gardées, pour les autres musiciens, et surtout pour l´organiste.
87 Cf. S. Congr. Rituum : A.A.S. 59 (1967) p. 306.


104. Il convient d´avoir un chantre ou un maître de choeur pour guider et soutenir le chant du peuple. Surtout , en l´absence de chorale, il appartient au chantre de diriger les divers chants, le peuple continuant à participer selon le rôle qui est le sien 88 .

88 Cf.: A.A.S. 59 (1967) pp. 306-307.

105 . D’autres encore exercent une fonction liturgique:
 
a) Le sacristain , qui dispose avec soin les livres liturgiques, les vêtements liturgiques et tout ce qui est nécessaire pour la célébration de la messe.
b) Le commentateur , qui propose brièvement aux fidèles, si on le juge bon, des explications et des monitions pour les introduire dans la célébration et mieux les disposer à la comprendre. Il faut que les monitions du commentateur aient été préparées avec grand soin et que, étant sobres , elles soient claires. Pour accomplir sa fonction, le commentateur se tient dans un endroit approprié, bien en vue des fidèles, mais non à l´ambon.
c) Ceux qui font les collectes dans l´église.
d) Ceux qui, dans certaines régions, accueillent les fidèles aux portes de l´église, les guident aux places qui leur conviennent, et organisent les processions.
106. Il est bon que, au moins dans les églises cathédrales et dans les autres églises importantes, il y ait un ministre compétent ou maître des cérémonies pour veiller à ce que les actions sacrées soient bien organisées et accomplies par les ministres sacrés et les fidèles laïcs avec beauté, ordre et piété.
107. Les fonctions liturgiques qui ne sont pas propres au prêtre ou au diacre et dont il est question ci-dessus (nn. 100-106) peuvent être confiées aussi à des laïcs capables, choisis par le curé ou le recteur de l´église. Pour ce qui est de la fonction de servir le prêtre à l’autel, on observera les dispositions prises par l’Evêque pour son diocèse.
 

IV. Répartition des fonctions et préparation de la célébration

 

108. Un seul et même prêtre doit toujours exercer la fonction présidentielle dans toutes ses composantes, excepté ce qui est propre à la messe où l’évêque est présent (cf. ci-dessus n. 92).

109. Si plusieurs personnes capables d´exercer un même ministère sont présentes , rien ne leur interdit de distribuer entre eux et d´accomplir les diverses parties du même ministère ou office. Par exemple, un diacre peut être chargé de ce qui est à chanter , et un autre du service de l´autel; s´il y a plusieurs lectures, on aimera les distribuer entre plusieurs lecteurs, et ainsi du reste. Mais il ne convient pas du tout que plusieurs se divisent entre eux un unique élément de la célébration : par exemple, la même lecture lue par deux, l’un après l’autre, sauf s’il s’agit de la Passion du Seigneur.

110. Si, à la messe avec peuple, il n´y a qu´un seul ministre, celui-ci peut exercer diverses fonctions.

111. La préparation pratique de chaque célébration liturgique doit se faire en bon accord et avec soin, selon les livres liturgiques 89 , entre ceux que cela concerne, soit quant aux rites, soit quant à la pastorale et à la musique, sous la direction du recteur de l´église et aussi en écoutant les avis des fidèles pour ce qui les concerne directement. En tous les cas, le droit du prêtre qui préside la célébration de décider au sujet de ce qui lui incombe doit vraiment rester sauf.
Notes
89 Cf. Pont. Cons. de Legum textibus interpretandis, responsio ad propositum dubium circa can. 230, § 2 : A.A.S. 86 (1994) p. 541

Le vêtement des servants laïcs

336. Le vêtement liturgique commun aux ministres ordonnés et institués , de tout degré, est l´aube , serrée autour des reins par le cordon, à moins qu´elle ne soit confectionnée de telle manière qu´elle puisse s´ajuster même sans cordon. On mettra un amict avant de revêtir l´aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l´habit commun autour du cou. On ne peut remplacer l´aube par le surplis, même sur la soutane, lorsque l´on doit revêtir la chasuble ou la dalmatique, ou, selon les prescriptions, l´étole seule sans la chasuble ou la dalmatique.

339. Les acolytes, les lecteurs et les autres ministres laïcs peuvent porter l´aube ou tel autre vêtement approuvé dans leur région par la Conférence des évêques.

  Pour télécharger le Missel Romain, allez à la page suivante en cliquant sur le lien ci-dessous
Présentation générale du Missel romain


 

REFLEXIONS SUR LE MISSEL ROMAIN    P.M. Gitton

Nous commençons ici quelques réflexions qui font suite à la publication de notre ouvrage Initiation à la liturgie romaine, et qui répondent au souhait formulé par de nombreux prêtres d'y voir adjoint des conseils pratiques pour aider à la mise en œuvre de ce qui y est décrit.

Avant d'entreprendre cette rubrique, qui comprendra, si Dieu le veut, une bonne dizaine d'articles, nous voulons affirmer que les indications données n'ont pas valeur de loi, il s'agit de conseils résultant de l'expérience déjà longue d'un prêtre qui a eu la chance de se former à Montmartre et de pouvoir par la suite déployer une liturgie cohérente, à l'abri des bricolages de rites ou autres entreprises de créativité qui ont vu le jour dans nos paroisses. Mais les fidèles ne sont pas fondés de s'en servir pour critiquer leurs pasteurs, s'ils n'agissent pas exactement de la même façon. Il est clair que ces conseils s'adressent par priorité aux prêtres, mais tous les amoureux de la liturgie y trouveront peut-être quelques lumières.

1. Le servant La première remarque que nous ferons concerne la nécessité dans tous les cas d'un servant et autant que possible d'un servant en aube. On imagine sans peine qu'il n'est pas facile, surtout pour la messe de semaine, d'avoir toujours un tel servant. Mais si l'on s'en préoccupe à l'avance, si l'on n'a pas peur de « déranger », de faire venir de loin des garçons de bonne volonté ou des messieurs plus ou moins jeunes qui commencent à prendre goût à la liturgie, on verra tout de suite le bienfait pour eux et pour le prêtre célébrant : pour eux, car ils vont apprendre beaucoup, pas de service en effet sans formation, sans étude du missel, sans apprentissage du sens de chaque objet, même les erreurs sont sources de progrès, si l'on n'a pas peur de reprendre et d'être repris. Quant au prêtre, la présence d'un servant l'oblige à rester dans des normes objectives, surtout elle l'empêche d'avoir à jouer tous les rôles, au dépens du hiératisme de sa fonction, il n'est pas obligé de tenir son livre et parfois son micro, il peut discrètement envoyer quelqu'un chercher un objet oublié à la sacristie, il a quelqu'un pour soulever sa chasuble quand il s'assoit. À cause de ce servant, il ne sera plus tenté d'entasser tous les objets sur l'autel par peur des déplacements, il ne s'avancera plus seul à travers l'église, au risque d'être intercepté ou obligé de se faufiler au milieu des passants, ses mouvements se feront avec une plus grande dignité.

En définitive, la présence d'au moins un servant ramène le prêtre à l'essentiel de sa fonction : l'enseignement et la prière. Comme il est dit dans les Actes des Apôtres (6,4) au moment de l'institution des diacres : « pour notre part [c'est Pierre et les autres apôtres qui parlent], nous resterons fidèles à la prière et au service de la Parole ». Un prêtre qui prie à la messe, c'est déjà un beau résultat !

2. La disposition des objets sur l'autel Le principe est net : au début de la messe, il ne doit y avoir sur l'autel que le moins de choses possibles, ce qui veut dire en pratique : la nappe, le crucifix et les chandeliers. Je dis les chandeliers, car il me parait hautement souhaitable qu'il y ait au moins deux cierges, si possible symétriques l'un de l'autre, pour encadrer l'espace où va avoir lieu le grand acte qui se prépare. Le crucifix peut être dressé ou à plat sur l'autel, de toute façon il a sa place au centre. L'évangéliaire que prendra le diacre ou le prêtre au moment de la proclamation de l'Evangile, peut y être déjà posé, si ce n'est pas le diacre qui l'apporte dans la procession d'entrée.

Tous les autres objets attendent sur une table ou une crédence situées à quelque distance, le mieux serait que ce lieu soit à droite du célébrant, quand il se tiendra à l'autel, pour éviter aux acolytes des mouvements trop compliqués pour présenter les oblats (il vaut mieux qu'ils lui parviennent sur la droite, comme l'encens et le lavabo, même s'il n'est pas interdit de faire autrement).
Au moment de l'offertoire, le diacre et les acolytes (ou l'acolyte seul) apportent les objets dans l'ordre suivant : d'abord le corporal qu'ils déplient respectueusement, sans rien y poser, la patène avec la grande hostie, ainsi que le calice attendant sur la droite. Le livre est posé à gauche avec ou sans support. Tout au plus peut-on, pour gagner du temps, mettre sur le corporal le ciboire ou les autres coupelles qu'il faudrait consacrer.
Quand le prêtre présente le pain et le vin, il doit veiller à ce que l'ensemble des oblats disposés sur le corporal ne soient pas placés de façon disgracieuse et soient donc à peu près symétriques autour du calice posé au centre (et, s'il y a plusieurs calices, il faudra les disposer avec le même souci de symétrie autour de l'un d'entre eux).
Pendant le temps de l'encensement, s'il y en a un, un acolyte retire le livre et son support et le remet après.
Nous n'avons pas abordé la question épineuse du micro. Si on peut s'en passer, c'est certainement mieux, mais, s'il en faut vraiment un, on conseillera un ultra-plat qui ne se distingue pratiquement pas de l'autel et enfin si on ne peut éviter le micro normal avec un support, on ne l'apportera qu'après le lavabo. A notre avis, comme nous le montrerons dans une autre chronique, il faut résister au maximum à la tentation de traiter l'autel comme une tribune ou un ambon, il convient de ne pas y faire, par exemple, l'ouverture de la messe. Quand il est à l'autel, le prêtre n'est plus en train de s'adresser aux fidèles, il ne parle qu'à Dieu.


3. Des préparatifs à la sacristie La sacristie est le « sas » qui fait passer du monde profane à celui du culte, les officiants s'y préparent dans le calme et, si possible, le silence, pour entrer déjà le mieux qu'ils peuvent dans l'ambiance de la célébration. Il est important qu'elle soit en ordre et propre, que l'on n'y trouve pas accumulés les restes des célébrations précédentes. Nous voudrions insister pour que le prêtre, quand il se prépare à la messe, trouve déjà tout disposé : les différents ornements qu'il va revêtir, les livres qu'il va utiliser. Même s'il est seul à faire le service de la sacristie, il vaut la peine qu'il prenne quelques minutes pour disposer d'avance ce qui lui sera nécessaire, au lieu d'extraire un à un, au moment de partir, les différentes pièces de son habillement et les différents instruments nécessaires. Rien ne contribue plus à apaiser l'esprit de tout le monde que ce temps passé à prendre successivement les cinq pièces qui composent normalement le vêtement liturgique de prêtre (amict - aube - cordon - étole - chasuble, le premier n'étant plus rigoureusement nécessaire si le col de l'aube est ajusté, mais quel dommage de perdre le symbolisme du « casque du salut » !).
Jadis des prières étaient prescrites au moment de revêtir ces différents ornements, un peu modernisées, elles aideraient encore aujourd'hui à avancer vers le moment de la prière liturgique. Le vêture du célébrant doit aller de pair avec l'avancée des préparatifs de la cérémonie, les servants doivent connaître assez l'enchaînement des choses pour comprendre que le moment est venu pour eux d'allumer leur encensoir ou de mettre en état les cierges d'acolyte. Le prêtre doit se garder de mettre tout de suite tous ses ornements, ce qui l'amènerait à attendre le signal du départ déjà revêtu de la chasuble, ayant alors bien souvent la tentation de se déplacer dans cette tenue à travers la sacristie pour éteindre un bouton électrique ou pour répondre au téléphone. Par contre, s'il attend la dernière minute pour revêtir la chasuble, ce geste prend tout son sens et il n'y a plus le risque de le voir courir à droite ou à gauche sans dignité.


Père Michel Gitton.

 

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