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19 Avril 2005
 

 

LITURGIE - EUCHARISTIE

 

L’EVÊQUE, RESPONSABLE DE LA LITURGIE COMME PÉDAGOGIE DE LA FOI.

LE PRÊTRE RESPONSABE DE L’EUCHARISTIE .

SYNTHÈSE DE LA 14 e ENCYCLIQUE SUR L’EUCHARISTIE.

ECCLESIA DE EUCHARISTIA

COMMENTAIRES SUR L’ENCYCLIQUE

SPIRITUS ET SPONSA .

REDEMPTIONIS SACRAMENTUM

COMMENTAIRES DE REDEMPTIONIS SACRAMENTUM – Abbé Laffargue.

COMMENTAIRES DE REDEMPTIONIS SACRAMENTUM – P. M. Gitton.

MANE NOBISCUM DOMINE .

MESSAGE D’INTRODUCTION

EUCHARISTIE ET MISSION

QUE FAIRE POUR QUE NOS MESSES DEVIENNENT PLUS INTÉRESSANTES ?

 

 

L'Évêque, responsable de la liturgie comme pédagogie de la foi

 

35.Les Pères synodaux ont voulu attirer l'attention, dans les circonstances actuelles, sur l'importance du ministère de la sanctification qui s'exerce dans la liturgie, celle-ci devant se dérouler de manière à exercer son efficacité didactique et éducative. 135 Cela exige que les célébrations liturgiques soient vraiment des épiphanies du mystère . Elles devront pour cela exprimer clairement la nature du culte divin, reflétant le sens authentique de l'Église qui prie et qui célèbre les mystères divins. S'il y a une participation convenable de tous, selon les différents ministères, aux célébrations, celles-ci ne manqueront pas de resplendir par leur dignité et leur beauté.

Moi-même, dans l'exercice de mon ministère, j'ai voulu donner une priorité aux célébrations liturgiques, aussi bien à Rome que durant mes voyages apostoliques dans les divers continents et pays. Faisant resplendir la beauté et la dignité de la liturgie chrétienne dans toutes ses expressions, j'ai voulu promouvoir le sens authentique de la sanctification du nom de Dieu, afin d'éduquer le sentiment religieux des fidèles et de l'ouvrir à la transcendance.

J'exhorte donc mes frères Évêques, en tant que maîtres de la foi et participants du sacerdoce suprême du Christ, à s'employer de toutes leurs forces à la promotion authentique de la liturgie . Celle-ci exige que, dans la manière de célébrer, on annonce clairement la vérité révélée, que l'on transmette fidèlement la vie divine, que l'on exprime sans ambiguïté la nature réelle de l'Église. Que tous soient conscients de l'importance des célébrations des mystères de la foi catholique. La vérité de la foi et de la vie chrétienne ne se transmet pas seulement par les paroles, mais aussi par les signes sacramentels et par l'ensemble des rites liturgiques. On connaît bien à ce sujet le vieux dicton qui lie étroitement la lex credendi à la lex orandi . 136

Que chaque Évêque soit donc un exemple dans l'art de présider, conscient de tractare mysteria . Qu'il ait aussi une profonde vie théologale, qui inspirera son comportement dans tous ses contacts avec le peuple saint de Dieu. Qu'il soit capable de transmettre le sens surnaturel des paroles, des prières et des rites, de façon à entraîner tous les fidèles dans la participation aux saints mystères. En outre, l'Évêque, grâce à une promotion concrète et appropriée de la pastorale liturgique dans le diocèse, doit faire en sorte que les ministres et le peuple acquièrent une compréhension et une expérience authentiques de la liturgie, de façon à amener les fidèles à cette participation pleine, consciente, active et fructueuse aux saints mystères qui a été souhaitée par le Concile Vatican II. 137

Ainsi les célébrations liturgiques, spécialement celles qui sont présidées par l'Évêque dans sa cathédrale, seront des proclamations lumineuses de la foi de l'Église, des moments privilégiés où le Pasteur présente le mystère du Christ aux fidèles et les aide à y entrer progressivement pour en faire une joyeuse expérience, dont ils témoigneront ensuite dans les œuvres de charité (cf. Ga 5,6).

Vu l'importance de la transmission correcte de la foi dans la sainte liturgie de l'Église, l'Évêque ne manquera pas de veiller avec soin, pour le bien des fidèles, à ce que soient toujours observées, par tous et partout, les normes liturgiques en vigueur . Cela suppose entre autres que l'on corrige de façon ferme et en temps voulu les abus et que l'on élimine l'arbitraire dans le domaine liturgique. L'Évêque lui-même sera attentif aussi, dans la mesure où cela dépend de lui, ou en collaboration avec les Conférences épiscopales et les Commissions liturgiques compétentes, à ce que la dignité et la vérité mêmes des actions liturgiques soient respectées dans les transmissions par radio et télévision.

 

 

LE PRETRE RESPONSABLE DE L’EUCHARISTIE

 

Document publié par la congrégation pour le clergé

Le 27 juin 2003 en la Fête du Sacré-cœur

 

(...) La dernière Encyclique de Jean-Paul II attire notre attention sur la valeur de ce don, absolument exceptionnel. Ce don divin nous a été destiné, à nous les prêtres, d'une façon très particulière, et par notre manière de l'accueillir, nous portons la responsabilité de l'efficacité de l'Eucharistie dans le monde.

2 - LE CRI DE LA FOI.

En toute célébration eucharistique, après avoir consacré le pain et le vin pour qu'ils deviennent le corps et le sang du Christ, le prêtre s'exclame : « Mysteriumfidei » (« [Il est grand, le] Mystère de la foi ! »). C'est une merveille qui suscite l'adoration, même si pour les yeux terrestres rien ne semble changé.

Dans l'encyclique, le pape exprime son désir de se mettre avec nous « en adoration devant ce Mystère : grand Mystère, Mystère de miséricorde ». Il ajoute : « Que Jésus pouvait-il faire de plus pour nous? Vraiment, dans l'Eucharistie, il nous montre un amour qui va jusqu'à l'extrême » (cf. Jn 13,1), un amour qui ne connaît pas de mesure. » La Messe est mémorial du sacrifice de la croix. « L'Eglise vit continuellement du sacrifice rédempteur, et elle y accède non seulement grâce à un souvenir plein de foi, mais aussi par un contact actuel, puisque ce sacrifice redevient présent, en se perpétuant sacramentellement, en toute communauté qui l'offre par la main du ministre consacré. De cette façon, l'Eucharistie applique aux hommes d'aujourd'hui la réconciliation obtenue une fois pour toutes par le Christ pour l'humanité de tous les temps. En effet, « le sacrifice du Christ et le sacrifice de l'Eucharistie sont un unique sacrifice ».

L'Eucharistie est sacrifice au sens propre, et en premier lieu elle est don du Christ à son Père: « sacrifice que le Père accepta, en répondant à cette donation totale de son Fils, qui se fit "obéissant jusqu'à la mort » (Phil 2,8), par sa donation paternelle, c'est-à-dire par le don de la vie nouvelle et immortelle dans la résurrection. En donnant son sacrifice à l'Eglise, le Christ a aussi voulu faire sien le sacrifice spirituel de l'Eglise, appelée à s'offrir également elle-même, avec le sacrifice du Christ.

Plus spécialement, le Souverain Pontife souligne que « le sacrifice eucharistique rend non seulement présent le mystère de la passion et de la mort du Sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection dans lequel le sacrifice trouve son couronnement C'est en tant que vivant et ressuscité que le Christ peut se faire dans l'Eucharistie « pain de vie » (Jn 6,35.48), « pain vivant » (Jn 6,51).

L'offrande du sacrifice est donc source d'une vie nouvelle. L'efficacité salvatrice du sacrifice se réalise en plénitude dans la communion : « nous recevons celui-là même qui s'est offert pour nous, son corps qu'Il a livré pour nous sur la Croix, son sang qu'il a versé pour une multitude, en rémission des péchés » (Mt 26,28). « A travers la communion à son corps et à son sang, le Christ nous communique aussi son Esprit. » À nous, qui nous nourrissons du corps et du sang de ton Fils, donne la plénitude de l'Esprit Saint, pour que nous devenions dans le Christ un seul corps et un seul esprit Ainsi, par le don de son corps et de son sang, le Christ augmente en nous le don de son Esprit, déjà répandu dans le Baptême et donné comme sceau dans le sacrement de la Confirmation ».

En outre les paroles « Jusqu'à ce que tu viennes » nous donnent l'occasion de mieux découvrir les perspectives eschatologiques de l'Eucharistie: "L'Eucharistie est tension vers le but, avant-goût de la joie plénière promise par le Christ (cf Jn 15,11) ; en un certain sens, elle est anticipation du Paradis, "gage de la gloire future". Ces perspectives, qui ouvrent à la communion avec l'Eglise du ciel - nous devons toujours l'avoir présente à l'esprit et au cœur - peuvent sembler encore très lointaines, mais elles stimulent « notre sens de responsabilité envers cette terre », « en jetant une semence de vivante espérance dans le dévouement quotidien de chacun à ses propres tâches ».

L'appel au sens de la responsabilité vaut pour tous. Il résonne plus particulièrement chez nous, les prêtres. Toute célébration eucharistique est destinée à réveiller la conscience de ceux qui y participent. Pour le prêtre, elle réveille sa responsabilité envers un monde qui doit être transformé, transfiguré par l'Eucharistie. En prononçant ou en entendant ces mots: « Mysterium fidei », le prêtre comprend mieux que ce cri de la foi le pousse vers un monde où le Christ opère des merveilles, et où il veut étendre son royaume. Il reçoit une nouvelle lumière sur la mission sacerdotale qui lui a été confiée, et sur le rôle qu'il doit tenir afin que la puissance de l'Eucharistie produise tous ses effets dans chaque existence humaine. Il est responsable d'édifier une nouvelle société dans le Christ. Et plus particulièrement, il peut donner un témoignage de foi en cette présence nouvelle qui jaillit de chaque consécration qui change le pain et le vin dans le corps et le sang du Seigneur. (...)

3 - EDIFICATION DE L'EGLISE ET ADORATION CONTEMPLATIVE.

L'Encyclique désire montrer toute la richesse spirituelle de l'Eucharistie; d'une part elle en souligne l'apport essentiel pour édifier l'Eglise, et d'autre part elle ne manque pas d'attirer l'attention sur la valeur du culte de la présence réelle en-dehors de la messe.

. Vatican II, en continuité harmonique avec le Magistère précédent, a rappelé que la célébration

eucharistique est au centre du processus de croissance de l'Eglise. Le Concile explique comment le royaume du Christ grandit dans le monde : « Chaque fois qu'est célébré sur l'autel le sacrifice de la croix par lequel le Christ, notre Agneau pascal, a été immolé (1 Cor 5,7), a lieu l’œuvre de notre rédemption. Et en même temps, avec le sacrement du pain eucharistique, on représente et on produit l'unité des fidèles qui constituent un seul corps dans le Christ » (cf. 1 Cor 10,17). Dès l'origine, on remarque une influence causale de l'Eucharistie sur le développement de l'Eglise, comme la dernière Cène le montre avec évidence: les gestes et les paroles de Jésus « posaient les fondations de la nouvelle communauté messianique, le Peuple de la nouvelle alliance ». « Dès lors, jusqu'à la fin des siècles, l'Eglise s'édifie grâce à la communion sacramentelle avec le Fils de Dieu immolé pour nous ». Le rôle constructif du prêtre apparaît dès lors: il est engagé par le Christ dans la plus importante des oeuvres de transformation du monde, qui se réalise avec la puissance de l'Eucharistie. À ce rôle est liée également une autre tâche du prêtre, celle d'accueillir la présence eucharistique avec un regard contemplatif d'adoration, et avec des égards d'extrême délicatesse.

« Le culte rendu à l'Eucharistie en-dehors de la messe, dit l'Encyclique, est d'une valeur inestimable dans la vie de l'Eglise ». La responsabilité du prêtre dans ce culte est rappelée ainsi : « Il revient aux Pasteurs d'encourager, y compris par leur témoignage personnel, le culte eucharistique, particulièrement les expositions du Saint-Sacrement, ainsi que la pause adorante en face du Christ présent sous les espèces eucharistiques ». (...)

4 - EUCHARISTIE ET SACERDOCE MINISTERIEL.

Le sacrifice eucharistique a un besoin absolu du sacerdoce ministériel. L'Encyclique rappelle que pour la célébration eucharistique le sacerdoce commun ne suffit certes pas. Selon le Concile Vatican II, « les fidèles, en vertu de leur sacerdoce royal, concourent à l'oblation de l'Eucharistie », mais c'est le prêtre ministériel qui « accomplit le sacrifice eucharistique en la personne du Christ, et qui l'offre à Dieu au nom de tout le peuple » (LG 10). Ce ministère implique la succession apostolique, « c'est-à-dire la série ininterrompue, remontant jusqu'aux origines, des ordinations épiscopales valides ». L'expression « in persona Christi » (« en la personne du Christ ») signifie : « dans l'identification spécifique et sacramentelle avec le Prêtre Souverain et Eternel, qui est l'auteur et le principal sujet de son propre sacrifice, dans lequel en vérité personne ne peut le remplacer ».

« L'assemblée qui se réunit pour la célébration de l'Eucharistie a absolument besoin d'un prêtre ordonné qui la préside pour pouvoir être vraiment une assemblée eucharistique : et d'autre part elle n'est pas en mesure de se donner à elle-même le ministre ordonné. Celui-ci est un don qu'elle reçoit à travers la succession épiscopale qui remonte aux Apôtres. C'est l'Évêque qui, par le sacrement de l'ordre, constitue un nouveau prêtre en lui conférant le pouvoir de consacrer l'Eucharistie ». (...)

« De même, on ne peut envisager de remplacer la Messe dominicale par des célébrations -oecuméniques de la Parole ou par des rencontres de prière en commun avec des chrétiens membres desdites communautés ecclésiales, ou par la participation à leur service liturgique ».

Dans les communautés catholiques, le manque de prêtres peut empêcher la célébration eucharistique. L'Encyclique fait comprendre « combien est douloureuse et anormale la situation d'une communauté chrétienne qui, tout en se présentant comme une paroisse de par le nombre et la variété de ses fidèles, manque cependant d'un prêtre pour la guider... Quand la communauté est privée du prêtre, on cherche à juste titre à y remédier en quelque sorte, afin que les célébrations du dimanche se poursuivent, et les religieux et les laïcs qui guident leurs frères et leurs sœurs dans la prière exercent de manière louable le sacerdoce commun de tous les fidèles, fondé sur la grâce du Baptême. Mais de telles solutions ne doivent être considérées que comme provisoires, tant que la communauté est dans l'attente d'un prêtre ».

A cette situation il n'y a qu'un remède : « le caractère sacramentellement incomplet de ces célébrations doit avant tout inciter l'ensemble de la communauté à prier avec plus de ferveur, pour que le Seigneur envoie des ouvriers dans sa moisson (cf. Mt 9,38) ; et cela doit ensuite la stimuler à mettre en œuvre tous les éléments constitutifs d'une pastorale des vocations adaptée, sans céder à la tentation de chercher des solutions dans l'affaiblissement des qualités morales et formatives requises de la part des candidats au sacerdoce ».

Devant les communautés qui ne peuvent pas assurer la célébration eucharistique par manque de prêtre, le prêtre devient plus conscient de la valeur de son engagement et de la nécessité de sa présence. Il doit aussi être convaincu que c'est avant tout par la prière, et par la claire adhésion à son identité ontologique -qui se manifeste forcément extérieurement -qu'il est responsable de la naissance, de la croissance et de la fidélité des vocations sacerdotales. Par son témoignage d'adhésion motivée et joyeuse à son identité, et par son action apostolique, il peut contribuer à l'efficacité de la pastorale des vocations; même si d'autres se consacrent à cette pastorale, tout prêtre est tenu de favoriser personnellement la multiplication des vocations.

5 - EUCHARISTIE ET COMMUNION ECCLESIALE.

L'Encyclique développe dans un chapitre spécial le thème de la communion ecclésiale. C'est un. sujet central, parce que tout le but du document est de mettre en évidence la contribution de l'Eucharistie à l'édification et à la croissance de l'Eglise. La communion qui caractérise l'Eglise doit être comprise dans son sens plus profond : « L'Eglise, tandis qu'elle est ici en pèlerinage sur la terre, est appelée à maintenir et à promouvoir aussi bien la communion avec Dieu Trinité que la communion entre les fidèles". "L'Eucharistie apparaît comme le sommet de tous les sacrements en ce qu'elle porte à sa perfection la communion avec Dieu le Père grâce à l'identification à son Fils unique par l’œuvre de l'Esprit Saint ». « Dieu s'unit à nous de l'union la plus parfaite. C'est bien pour cela qu'il convient de cultiver dans l'âme le désir constant du Sacrement de l'Eucharistie ».

La communion ecclésiale de l'assemblée eucharistique est communion avec son propre Evêque, principe visible et fondement de l'unité dans son Eglise particulière; elle est aussi communion avec le Pontife Romain, et nous pouvons ajouter: avec l'Ordre épiscopal, avec tout le clergé et avec le peuple entier.

Parmi les conséquences de cette communion, nous devons remarquer une ouverture plus ample dans le domaine oecuménique, due au fait que les frères orientaux séparés sont plus proches de l'Eglise catholique. Quand ils demandent spontanément à recevoir l'Eucharistie de la part du ministre catholique, en étant bien disposés, il faut accéder à leur requête, et la réciproque est possible. « C'est un motif de joie, dit l'encyclique Ut unum sint, de rappeler que les ministres catholiques peuvent, en certains cas particuliers, administrer les sacrements de l'Eucharistie, de la Pénitence, de l'Onction des malades, à d'autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique... », et réciproquement. Cette disposition n'entend pas réaliser une intercommunion, mais pourvoir à un besoin spirituel grave pour le salut éternel de fidèles particuliers. Il suffit qu'il y ait un accord suffisant sur la doctrine de l'Eglise et sur celle de l'Eucharistie.

6 - AVEC LA FOI DE MARIE.

Nous ne pouvons pas nous étonner qu'à la fin de l'encyclique, le Pape tourne notre regard vers la Bienheureuse Vierge Marie.

Si l'Eucharistie est mystère de la foi, ce mystère a été proposé à la foi de Marie et il a reçu de sa part l'accueil le plus parfait. En partageant sa foi avec nous autres prêtres, Marie nous aide à assumer notre responsabilité dans la diffusion de l'Eucharistie pour la vie de l'Eglise, et elle nous exhorte ainsi: « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2, 5).

 

   

Synthèse de la 14 e encyclique de Jean-Paul II sur l’Eucharistie du 17 avril 2003

 

 

CITE DU VATICAN, Jeudi 17 avril 2003 ( ZENIT.org ). Voici la synthèse de la 14e encyclique de Jean-Paul II proposée par le site du Saint-Siège ( www.vatican.va ).

La quatorzième encyclique du Pape Jean-Paul II veut proposer une réflexion approfondie sur le mystère eucharistique dans son rapport à l’Eglise. Il s’agit d’un document relativement court, mais dense dans ses aspects théologiques, disciplinaires et pastoraux. Il sera signé le Jeudi saint, pendant la Messe In Cena Domini, dans le cadre liturgique du commencement du Triduum pascal.


Le Sacrifice eucharistique, «source et sommet de toute la vie chrétienne», renferme tout le trésor spirituel de l’Eglise, c’est-à-dire le Christ lui-même qui s’offre au Père pour la rédemption du monde. En célébrant ce « mystère de la foi », l’Eglise rend le Triduum pascal perpétuellement « contemporain » de tous les hommes de tous les temps.


Le premier chapitre, « Mystère de la foi », explique la valeur sacrificielle de l’Eucharistie qui, à travers le ministère du prêtre, rend sacramentellement présent à chaque Messe le corps

« livré » et le sang « versé » par le Christ pour le salut du monde. La Célébration eucharistique n’est pas une répétition de la Pâque du Christ, sa multiplication dans le temps et dans des lieux différents, mais elle est l’unique sacrifice de la Croix qui est re-présenté jusqu’à la fin des temps.


Il est « remède d’immortalité », comme l’affirme saint Ignace d’Antioche. Gage du Règne à venir, l’Eucharistie stimule le sens de la responsabilité des croyants vis-à-vis du monde présent, où les plus faibles, les plus petits et les plus pauvres attendent l’intervention de ceux qui, par leur solidarité, soutiennent leur espérance.


« L’Eucharistie édifie l’Église », tel est le thème du deuxième chapitre. Chaque fois que le fidèle s’approche du banquet eucharistique, non seulement il reçoit le Christ mais il est aussi reçu par le Christ lui-même. Ce Pain et ce Vin sont la force qui engendre l’unité de l’Église. Elle est profondément liée à son Seigneur qui, sous le voile des espèces eucharistiques, l’habite et la construit: elle l’adore non seulement au moment de la Messe, mais aussi à tout instant, le gardant comme son « trésor » le plus précieux.


Le troisième chapitre réfléchit sur « l’apostolicité de l’Eucharistie et de l’Église »: de même qu’il n’y a pas d’Église à part entière sans succession apostolique, de même il n’y a pas de véritable Eucharistie sans l’évêque. Celui qui «fait» l’Eucharistie agit au nom du Christ Tête; c’est pourquoi il n’est pas propriétaire de l’Eucharistie et il ne peut pas en disposer, mais il en est le serviteur pour le bien de la communauté de ceux qui sont sauvés. Il s’ensuit que la communauté chrétienne ne «possède» pas l’Eucharistie, mais la reçoit comme un don.


C’est la réflexion qui est développée dans le quatrième chapitre, « l’Eucharistie et la communion ecclésiale ». En administrant le Corps et le Sang du Christ pour le salut du monde, l’Église s’en tient à ce qui a été établi par le Christ lui-même. Fidèle à la doctrine des Apôtres, unie dans la discipline des sacrements, elle doit aussi montrer de manière visible l’unité invisible qui la caractérise. L’Eucharistie ne peut pas être «utilisée» comme instrument de la communion: elle la présuppose plutôt et elle la confirme. C’est dans cette perspective qu’il faut considérer le chemin œcuménique qui attend tous les disciples du Seigneur: l’Eucharistie crée la communion et éduque à la communion, quand elle est célébrée dans la vérité. Elle ne peut pas être soumise à l’arbitraire d’individus ou de communautés particulières.


Le cinquième chapitre est consacré à « la dignité de la Célébration eucharistique ». La célébration de la Messe a des caractéristiques extérieures destinées à mettre en valeur la joie qui réunit tous les fidèles autour du don incommensurable de l’Eucharistie. L’architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la littérature et, plus généralement, l’art dans toutes ses expressions témoignent de la manière dont l’Église, au cours des siècles, n’a pas craint de « dépenser trop » pour témoigner de l’amour qui la lie à son divin Époux. Dans les célébrations d’aujourd’hui, il convient aussi de retrouver le goût du beau.


Le sixième chapitre, « À l’école de Marie, femme eucharistique », s’arrête de manière originale et actuelle sur la surprenante analogie entre la Mère de Dieu, qui tisse le corps de Jésus et en devient le premier tabernacle, et l’Église, qui garde en son sein et qui donne au monde le Corps et le Sang du Christ. L’Eucharistie est donnée aux croyants pour que leur vie soit un perpétuel Magnificat adressé à la Très Sainte Trinité.


La conclusion incite à l’engagement: ceux qui veulent parcourir le chemin de la sainteté n’ont pas besoin de nouveaux «programmes». Le programme existe déjà : c’est le Christ lui-même, qu’il s’agit de connaître, d’aimer, d’imiter et d’annoncer. La réalisation de cet itinéraire passe par l’Eucharistie. Les saints en témoignent, eux qui se sont désaltérés à chaque instant de leur vie à la source inépuisable de ce mystère, y trouvant la force spirituelle nécessaire pour réaliser pleinement leur vocation baptismale.

 

 

 

Message de Jean-Paul II pour la Journée missionnaire mondiale

 

 

CITE DU VATICAN , Jeudi 29 avril 2004 (ZENIT.org)

 

Le Message de Jean-Paul II pour la 78e Journée Missionnaire mondiale, dimanche 24 octobre, dont le pape a choisi pour thème : "Eucharistie et Mission" rappelle que l’effort missionnaire de l’Eglise est une "urgence" (cf. Texte intégral en français dans les documents). Et c’est une démarche avant tout contemplative.

Le pape écrit en effet: " Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres "experts" en célébration, en adoration et en contemplation de l’Eucharistie".

Jean-Paul II affirme : "L’effort missionnaire de l’Eglise constitue encore, en ce début du troisième millénaire, une urgence que j’ai voulu rappeler à plusieurs reprises. La mission, comme je l’ai fait observer dans l’Encyclique Redemptoris missio, est encore bien loin d’être achevée et nous devons donc nous engager de toutes nos forces à son service (cf. n° 1). Le Peuple de Dieu tout entier, à chaque moment de son pèlerinage dans l’histoire, est appelé à partager la " soif " du Rédempteur (cf. Jn 19, 28). Cette soif d’âmes à sauver fut toujours fortement ressentie par les Saints : il suffit de penser, par exemple, à sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, et à Mgr Comboni, grand apôtre de l’Afrique, que j’ai récemment eu la joie d’élever à l’honneur des autels".

Il rappelle: "Retournant en esprit au Cénacle, l’an dernier, le Jeudi Saint précisément, j’ai signé l’Encyclique Ecclesia de Eucharistia, dont je voudrais reprendre maintenant quelques passages qui peuvent nous aider, très chers frères et sœurs, à vivre dans un esprit eucharistique la prochaine Journée Mondiale des Missions".

Il insiste: "Lorsque nous participons au Sacrifice eucharistique, nous percevons plus profondément l’universalité de la Rédemption et, en conséquence, l’urgence de la mission de l’Eglise, dont le programme "est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste" (ibid., 60)".

"En effet, celui qui rencontre le Christ dans l’Eucharistie ne peut pas ne pas proclamer par sa vie l’amour miséricordieux du Rédempteur", ajoute le pape.

Jean-Paul II souligne l’aspect contemplatif de cet effort missionnaire en témoignant de ce qu’il vit personnellement, comme il l’a fait dans son encyclique: " Pour vivre de l’Eucharistie, il faut, en outre, demeurer longuement en adoration devant le Très Saint-Sacrement, expérience que je fais moi-même chaque jour, y retirant force, consolation et soutien".

"Dans le Christ, dont nous adorons la présence dans le mystère eucharistique, le Père a prononcé la parole définitive sur l’homme et sur son histoire", écrit encore le pape.

"En renouvelant chaque jour le Sacrifice de l’autel, explique encore Jean-Paul II, l’Eglise, Peuple de Dieu en marche au long des siècles, attend le retour glorieux du Christ. C’est ce que proclame, après la consécration, l’assemblée eucharistique rassemblée autour de l’autel. Avec une foi toujours renouvelée, elle réaffirme son désir de la rencontre finale avec Celui qui viendra parachever son plan de salut universel".

Jean-Paul II évoque aussi le mystère du mal: "L’Eucharistie est le réconfort et le gage de la victoire définitive pour ceux qui luttent contre le mal et le péché ; c’est le " pain de vie " qui soutient ceux qui, à leur tour, se font " pain rompu " pour leurs frères, en payant parfois même jusqu’au martyre leur fidélité à l’Evangile".

Et il rappelle l’anniversaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception en disant: " Comme je l’ai rappelé, cette année est celle du 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. Marie fut "rachetée d’une manière très sublime en considération des mérites de son Fils" (Lumen gentium, 53). Je faisais observer, dans la Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia : "En nous tournant vers elle, nous connaissons la force transformante de l’Eucharistie. En elle, nous voyons le monde renouvelé dans l’amour" (n° 62)".

"Marie, "le premier tabernacle de l’histoire" (ibid., n° 55), nous montre et nous offre le Christ, notre Chemin, notre Vérité et notre Vie (cf. Jn 14, 6). Si "Eglise et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie" (Ecclesia de Eucharistia, 57)", continue le pape.

Jean-Paul II conclut par ce vœu: "Mon souhait est que l’heureuse coïncidence du Congrès Eucharistique International avec le 150ème anniversaire de la définition de l’Immaculée Conception offre aux fidèles, aux paroisses et aux Instituts missionnaires l’occasion de renforcer leur ardeur missionnaire, pour que soit maintenue vive, dans chaque communauté, "une véritable faim de l’Eucharistie" (ibid., n° 33)".

ZF04042902

 

 

 

Eucharistie et Mission: Message de la Journée missionnaire mondiale

 

traduction officielle en français

CITE DU VATICAN, Jeudi 29 avril 2004 (ZENIT.org)

 

"Eucharistie et Mission": voici le texte intégral du Message de Jean-Paul II pour la Journée missionnaire mondiale 2004,

dans la traduction officielle en français publiée ce matin par la salle de presse du Saint-Siège.

 

Très chers frères et sœurs !

 

1. L’effort missionnaire de l’Eglise constitue encore, en ce début du troisième millénaire, une urgence que j’ai voulu rappeler à plusieurs reprises. La mission, comme je l’ai fait observer dans l’Encyclique Redemptoris missio, est encore bien loin d’être achevée et nous devons donc nous engager de toutes nos forces à son service (cf. n° 1). Le Peuple de Dieu tout entier, à chaque moment de son pèlerinage dans l’histoire, est appelé à partager la " soif " du Rédempteur (cf. Jn 19, 28). Cette soif d’âmes à sauver fut toujours fortement ressentie par les Saints : il suffit de penser, par exemple, à sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, et à Mgr Comboni, grand apôtre de l’Afrique, que j’ai récemment eu la joie d’élever à l’honneur des autels.

Les défis sociaux et religieux que l’humanité affronte à notre époque stimulent les croyants à renouveler leur ferveur missionnaire. Oui ! Il est nécessaire de relancer avec courage la mission " ad gentes ", en partant de l’annonce du Christ, Rédempteur de chaque créature humaine. Le Congrès Eucharistique International, qui sera célébré à Guadalajara, au Mexique, au mois d’octobre prochain, le mois missionnaire, constituera une occasion extraordinaire pour cette prise de conscience missionnaire commune autour de la Table du Corps et du Sang du Christ. Rassemblée autour de l’autel, l’Eglise comprend mieux son origine et son mandat missionnaire. " Eucharistie et Mission ", comme le souligne bien le thème de la Journée Missionnaire Mondiale de cette année, forment un binôme inséparable. A la réflexion sur le lien existant entre le mystère eucharistique et le mystère de l’Eglise vient s’unir cette année une référence éloquente à la Vierge Sainte, grâce à la célébration du 150ème anniversaire de la définition de l’Immaculée Conception (1854-2004). Contemplons l’Eucharistie avec les yeux de Marie. En comptant sur l’intercession de la Vierge, l’Eglise offre le Christ, pain du salut, à tous les peuples, pour qu’ils le reconnaissent et l’accueillent comme l’unique Sauveur.

2. Retournant en esprit au Cénacle, l’an dernier, le Jeudi Saint précisément, j’ai signé l’Encyclique Ecclesia de Eucharistia, dont je voudrais reprendre maintenant quelques passages qui peuvent nous aider, très chers frères et sœurs, à vivre dans un esprit eucharistique la prochaine Journée Mondiale des Missions.

"L’Eucharistie édifie l’Eglise et l’Eglise fait l’Eucharistie" (n° 26) : ainsi écrivais-je, en observant que la mission de l’Eglise se situe en continuité avec celle du Christ (cf. Jn 20, 21) et puise une force spirituelle de la communion à son Corps et à son Sang. Le but de l’Eucharistie est précisément "la communion de tous les hommes avec le Christ et en lui avec le Père et l’Esprit Saint" (Ecclesia de Eucharistia, 22). Lorsque nous participons au Sacrifice eucharistique, nous percevons plus profondément l’universalité de la Rédemption et, en conséquence, l’urgence de la mission de l’Eglise, dont le programme "est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste" (ibid., 60).

Autour du Christ eucharistique, l’Eglise grandit comme peuple, temple et famille de Dieu : une, sainte, catholique et apostolique. En même temps, elle comprend mieux son caractère de sacrement universel de salut et de réalité visible hiérarchiquement structurée. Certes "aucune communauté chrétienne ne s’édifie si elle n’a pas sa racine et son centre dans la célébration de la très sainte Eucharistie" (ibid., 33 ; cf. Presbyterorum Ordinis, 6). Au terme de chaque messe, quand le célébrant congédie l’assemblée par les mots " Ite, Missa est ", tous doivent se sentir envoyés comme " missionnaires de l’Eucharistie " à diffuser dans tous les milieux le grand don reçu. En effet, celui qui rencontre le Christ dans l’Eucharistie ne peut pas ne pas proclamer par sa vie l’amour miséricordieux du Rédempteur.

3. Pour vivre de l’Eucharistie, il faut, en outre, demeurer longuement en adoration devant le Très Saint-Sacrement, expérience que je fais moi-même chaque jour, y retirant force, consolation et soutien (cf. Ecclesia de Eucharistia, 25). L’Eucharistie, souligne le Concile Vatican II, "est la source et le sommet de toute la vie chrétienne" (Lumen gentium, 11), "la source et le sommet de toute l’évangélisation" (Presbyterorum Ordinis, 5).

Le pain et le vin, fruit du travail de l’homme, transformés par la puissance de l’Esprit Saint en corps et en sang du Christ, deviennent le gage d’un "ciel nouveau et une terre nouvelle" (Ap 21, 1), que l’Eglise annonce dans sa mission quotidienne. Dans le Christ, dont nous adorons la présence dans le mystère eucharistique, le Père a prononcé la parole définitive sur l’homme et sur son histoire.

L’Eglise pourrait-elle réaliser sa propre vocation sans cultiver une relation constante avec l’Eucharistie, sans se nourrir de cet aliment qui sanctifie, sans s’appuyer sur ce soutien indispensable à son action missionnaire ? Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres " experts " en célébration, en adoration et en contemplation de l’Eucharistie.

4. Dans l’Eucharistie, nous revivons le mystère de la Rédemption qui culmine dans le sacrifice du Seigneur, comme le soulignent les paroles de la consécration : "mon corps donné pour vous… mon sang, versé pour vous" (Lc 22, 19-20). Le Christ est mort pour tous ; il est pour tous le don du salut, que l’Eucharistie rend présent sacramentellement dans le cours de l’histoire : "Faites cela en mémoire de moi" (Lc 22, 19). Ce mandat est confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. Tous les hommes sont conviés à ce banquet et à ce sacrifice, pour pouvoir ainsi participer à la vie même du Christ : "Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. De même que le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi" (Jn 6, 56-57). Nourris de lui, les croyants comprennent que le devoir missionnaire consiste à être "une offrande agréable, sanctifiée dans l’Esprit Saint" (Rm 15, 16), pour ne former toujours davantage "qu’un cœur et qu’une âme" (Ac 4, 32) et devenir témoins de son amour jusqu’aux extrémités de la terre.

En renouvelant chaque jour le Sacrifice de l’autel, l’Eglise, Peuple de Dieu en marche au long des siècles, attend le retour glorieux du Christ. C’est ce que proclame, après la consécration, l’assemblée eucharistique rassemblée autour de l’autel. Avec une foi toujours renouvelée, elle réaffirme son désir de la rencontre finale avec Celui qui viendra parachever son plan de salut universel.

Par son action invisible mais efficace, l’Esprit Saint guide le peuple chrétien au long de son itinéraire spirituel quotidien, qui connaît d’inévitables moments de difficultés et fait l’expérience du mystère de la Croix. L’Eucharistie est le réconfort et le gage de la victoire définitive pour ceux qui luttent contre le mal et le péché ; c’est le " pain de vie " qui soutient ceux qui, à leur tour, se font " pain rompu " pour leurs frères, en payant parfois même jusqu’au martyre leur fidélité à l’Evangile.

5. Comme je l’ai rappelé, cette année est celle du 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. Marie fut "rachetée d’une manière très sublime en considération des mérites de son Fils" (Lumen gentium, 53). Je faisais observer, dans la Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia : "En nous tournant vers elle, nous connaissons la force transformante de l’Eucharistie. En elle, nous voyons le monde renouvelé dans l’amour" (n° 62).

Marie, "le premier tabernacle de l’histoire" (ibid., n° 55), nous montre et nous offre le Christ, notre Chemin, notre Vérité et notre Vie (cf. Jn 14, 6). Si "Eglise et Eucharistie constituent un binôme inséparable, il faut en dire autant du binôme Marie et Eucharistie" (Ecclesia de Eucharistia, 57).

Mon souhait est que l’heureuse coïncidence du Congrès Eucharistique International avec le 150ème anniversaire de la définition de l’Immaculée Conception offre aux fidèles, aux paroisses et aux Instituts missionnaires l’occasion de renforcer leur ardeur missionnaire, pour que soit maintenue vive, dans chaque communauté, "une véritable faim de l’Eucharistie" (ibid., n° 33).

L’occasion est tout aussi propice pour rappeler la contribution que les très méritantes Œuvres Pontificales Missionnairesoffrent à l’action apostolique de l’Eglise. Elles me sont très chères et je les remercie, au nom de tous, pour le précieux service qu’elles rendent à la mission " ad gentes " et à la nouvelle évangélisation. J’invite à les soutenir spirituellement et matériellement, pour que, grâce notamment à leur apport, l’annonce évangélique puisse atteindre tous les peuples de la terre.

Avec ces sentiments et en invoquant l’intercession maternelle de Marie, " Femme eucharistique ", je vous bénis de tout cœur.

Du Vatican, le 19 avril 2004

JOANNES PAULUS II

 

 

 

Que faire pour que nos messes deviennent plus intéressantes ?

            

Conférence de Raymond Beaugrand-Champagne donnée à la Cathédrale de Montréal, le 15 mai 2004

Dans son message du 29 avril dernier, Jean-Paul II nous invite en somme à rendre nos messes plus intéressantes. Il déclare ceci : " Pour évangéliser le monde, il faut des apôtres " experts " en célébration, en adoration et en contemplation de l'Eucharistie ". Le pape parle de nous, les laïcs. Il dit en somme que nous devons devenir des "experts" dans notre façon de célébrer avec nos prêtres l'Eucharistie. Et le pape ajoute : " Le Peuple de Dieu tout entier, à chaque moment de son pèlerinage dans l'histoire, est appelé à partager la soif du Christ. Cette soif d'âmes à sauver fut toujours ressentie par les Saints. Je souhaite donc que les fidèles renforcent leur ardeur missionnaire, pour que soit maintenue vive, dans chaque communauté, " une véritable soif de l'Eucharistie".

Comment faire alors pour arriver à faire ce que le pape vient de nous demander ? Voici, il me semble, ce qu'il faut absolument faire pour que nos messes deviennent plus intéressantes ! C'est le minimum. Il faut d'abord se décider à avoir une véritable vie intérieure et comprendre une fois pour toutes, nous les laïcs, que "le coeur du Dieu en qui nous croyons est habité par un double entêtement ! ". Oui, oui. Il faut savoir vraiment que Dieu est entêté comme le disait il y a déjà au moins 40 ans le Père André Liégé, ce dominicain français si apprécié au Québec quand il venait chaque année nous stimuler. Oui, Dieu est entêté. Cet entêtement de Dieu, comme le disait avec joie le Père Liégé, quand on sait ce que c'est, cela nous permet de comprendre tout d'abord ce qui se passe à la messe qui est le fruit de l'entêtement de Dieu. Ça permet aussi de chercher à tout faire pour accomplir ce que Dieu veut de nous pour que nos messes soient plus intéressantes !

Ce double entêtement de Dieu, tout le monde en parle depuis au moins 2,500 ans dans la tradition judéo-chrétienne. C'est tout d'abord l'immense fidélité d'amour de Dieu qui nous poursuit depuis tout ce temps et qu'il continue durant toutes nos messes. La fidélité d'amour de Dieu, ajoute le Père Liégé, n'est pas un simple caprice. Non. Sa fidélité ne peut que nous bouleverser. Quand on se met à être bouleversé par l'amour de Dieu, tout change. Alors, la messe peut devenir ce qu'il y a de plus intéressant, plus intéressant que n'importe quoi. La preuve, c'est que dans les monastères du monde entier, le point culminant de la journées des moines et des moniales qui, on le sait, ne cherchent que la perfection de l'amour, c'est la messe, la messe vécue et célébrée comme il faut .

Pourquoi les moines et les moniales célèbrent-ils avec autant d'importance cette messe solennelle tous les jours de leur vie ? C'est parce qu'ils ont compris que, par la messe, Dieu veut nous amener à sa communion, il veut nous unir à Lui dans l'amour. C'est justement ça que ces gens recherchent. Or, quand on sait cela jusqu'au tréfonds de notre âme, ça devient vraiment possible de changer bien des choses et de rendre nos messes intéressantes.

Mais attention, Dieu ne s'unira pas à nous si nous ne nous ouvrons pas au divin. Je m'explique. On ne va pas à la messe sans cette condition préalable : s'ouvrir au divin . Autrement, on risque de perdre son temps et d'être bien distrait, même indifférent. Si on va à la messe par habitude, même chaque jour, si on va à la messe parce que c'est ce qu'il convient de faire le dimanche quand on est catholique et qu'on en a le temps... ça risque fort d'être ennuyant et bien peu intéressant.

C'est là le premier entêtement de Dieu : il veut que nous nous ouvrions, que nous soyons prêts à partager sa Vie, et même à partager sa gloire. Partager sa gloire, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire partager sa vitalité divine, en nous disant bien que c'est là notre destinée, le but de toute notre existence : être vivant de la vie divine en nous. C'est pour ça que nous allons à la messe. C'est pour être plus vivant. C'est d'ailleurs pour ça que nous sommes en vie sur cette planète. C'est pour ça que nous avons été créés et mis sur la terre. Nous devons donc aller à la messe en nous ouvrant au divin, à l'action de Dieu en nous. C'est pour cela d'ailleurs, je vous le répète, que nous sommes sur la terre. J'espère que nous savons tous cela et que nous ne nous gênons pas pour le dire aux très jeunes enfants qui ne sont pas au courant autour de nous. Car si nous le savons, il est évident qu'il faut répandre cette vérité fondamentale même auprès de nos amis, et surtout, je le répète, de nos jeunes enfants. Et puis, j'ajouterais aussi qu'il faut le rappeler à nos vieillards qui approchent de la Grande Rencontre. Car beaucoup de gens âgés au Québec perdent la foi. C'est ce que m'ont avoué depuis quelques années des prêtres qui font du ministère dans des résidences de vieillards. Il y a plein de monde au bingo et beaucoup moins à la messe même le dimanche. Ils ont oublié pourquoi ils sont sur la terre...

On nous apprenait cette vérité fondamentale à six ans, vers 1930. La 4e question du Petit Catéchisme tant décrié était celle-ci, (certains doivent bien d'en souvenir!) et c'est la plus importante de toutes les questions qu'un être humain peut se poser : " Pourquoi sommes-nous sur la terre ? " Et la réponse que nous apprenions par était celle-ci : " Nous sommes sur la terre pour apprendre à connaître Dieu, à l'aimer et le servir en ce monde, et pour être heureux avec lui au Ciel pendant l'éternité ! " Nous sommes ici pour apprendre à connaître Dieu et à l'aimer. Et c'est pour cela que l'Église catholique nous offre des Eucharisties à tous les jours, partout ou presque, dans tous les pays ou presque ! C'est pour nous apprendre à nous unir à Dieu que nous allons à la messe. C'est pour nous unir davantage à Dieu que nous communions. C'est pour vivre que nous communions. Donc, le premier entêtement de Dieu, selon le Père Liégé, c'est que nous soyons attentifs, éveillés, heureux d'être à l'écoute. Il nous faut être disponible .

Le deuxième entêtement de Dieu, c'est qu'il veut absolument nous aider. Il est entêté au point de susciter en chacun de nous, avec une immense patience, une étincelle d'amour. En sommes-nous vraiment conscients ? Oui, c'est Lui qui suscite cette étincelle d'amour en nous. Et cette étincelle, parfois bien fragile, il veut qu'elle provoque en nous le désir authentique de faire sa volonté. On répète depuis notre jeunesse : " Que ta volonté soit faite ! " Hé bien, sa volonté entêtée, c'est que nous arrivions avec son aide à vivre en étant brûlant d'amour. Il dépose cette étincelle d'amour en nous pour nous embraser. On le sait : Jésus le dit. Il est venu sur la terre pour y mettre le feu : " Je suis venu apporter un feu sur la terre et combien je voudrais qu'il soit déjà allumé ! " (Luc, 12, 49). Pour devenir brûlant, il faut être en état d'éveil comme disent les bouddhistes. Et il faut arriver à dire : " Oui ! " à Dieu.

Donc, pour que nos messes deviennent intéressantes, il faut tout d'abord deux choses : permettre à l'Esprit Saint d'allumer dans notre coeur et notre intelligence cette étincelle d'amour pour Dieu notre Père. Et n'oublions jamais, jamais que c'est à Dieu notre Père que toutes les messes s'adressent, même lors du Jour de Noël ou du Jour de Pâques, même lors des grandes fêtes de la sainte Vierge. C'est à Lui que nous demandons tout d'abord pardon de nos fautes au commencement de la messe. C'est Lui qui nous parle dans les Lectures. C'est à Lui que nous offrons du pain et du vin qui deviendront le Corps et le Sang de son divin Fils, Jésus. C'est par Jésus que nous Lui rendons gloire en arrivant au sommet de la messe : " Par Lui, avec Lui et en Lui, à Toi Dieu le Père Tout-Puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles, Amen ! " Cette doxologie, ce grand cri est le coeur même de la messe. C'est d'ailleurs ça, essentiellement, que dans une éternelle extase amoureuse nous allons faire durant l'éternité! C'est pour nous unir enfin à Lui que nous communierons au Corps et au Sang de son Fils, dans l'Unité de l'Esprit. J'aimerais d'ailleurs pour ma part que nous terminions nos messes par le Gloria. Ce serait tellement magnifique. On peut le faire silencieusement lors de notre Action de grâces personnelle quand nous revenons de communier. Le Gloria est toujours à la page 6 de nos Prions en Église. Nous pouvons le lire calmement, buvant doucement les paroles très anciennes qui datent au moins du IVe siècle, conscient que l'hostie encore présente en nous, nous plonge davantage dans la gloire trinitaire.

Une messe devient donc très très intéressante quand nous nous laissons brûler d'amour. Et cela se fait petit à petit dès le début, et tout au long de la messe, soutenus que nous sommes par l'Esprit Saint, par les prières, les lectures extraites de la Bible, l'offrande du pain et du vin, la consécration, la communion au Corps ressuscité du Christ. C'est là la condition première. Il faut pour cela être attentif à toutes les prières, les savourer, les prier intensément comme autant de brûlures. Ça peut prendre des mois et même des années pour y parvenir facilement, car ça se fait avec l'aide de l'Esprit Saint. Mais n'oublions pas que pour y arriver, ce n'est pas nécessaire que la messe soit bien célébrée par le prêtre. Si au contraire le célébrant est formidable et les chants sublimes, tant mieux ! Oui, si c'est le cas, tant mieux, et remercions-en Dieu. Remercions aussi le prêtre qui sera peut-être surpris, car on ne pense pas assez souvent de dire à nos prêtres combien nous avons apprécié l'occasion qu'ils nous ont donnée de mieux célébrer l'Eucharistie avec peut-être plus d'enthousiasme. Mais ce qui compte le plus, c'est tout d'abord que nous sachions que Dieu notre Père, qui est entêté (comme le prétendait autrefois le bon Père Liégé) veut nous combler de son amour. Il le veut absolument. Et puis, comme le disait un merveilleux franciscain qui est mort il y a à peine une semaine : " Ne vous plaignez pas de ce que la messe n'a duré qu'un quart d'heure. Dites-vous calmement qu'une messe est une messe, est une messe, est une messe. " Il avait bien raison. Mais une religieuse bien sympathique qui nous écoutait a ajouté avec humour et un beau sourire : " Je ne suis pas tellement contre les messes d'un quart d'heure, mon Père; ça nous donne plus de temps pour prier ! ". C'est une approche qui permet de ne pas trop souffrir de ces célébrations eucharistiques désacralisées. Et comme le dit le document récent du Vatican "Redemptoris sacramentum " : Ce ne sont pas des abus à prendre à la légère. Je me permets d'ajouter à cette petite blague de cette Sœur de la Congrégation, à quoi sert en effet un belle messe si nous demeurons plus ou moins distraits, si durant la célébration, nous sommes extérieurs à nous-mêmes, indifférents à ce qui se passe vraiment, savourant plutôt les chants de la chorale, admirant ce qui retient notre attention et qui demeure purement esthétique. À quoi cela sert-il de n'apprécier une messe que parce que le prêtre a belle allure et que tout le spectacle a la qualité d'un spectacle profane. La messe est bien plus qu'un spectacle. Elle peut l'être, un spectacle, et c'est tant mieux, comme on peut en admirer de très beaux dans les monastères bénédictins en particulier et dans des communautés comme la communauté des Béatitudes, chez les moniales de Bethléem qui ont une quarantaine de monastères dans le monde dont l'un ici à Chertsey, ou à Saint-Gervais à Paris avec les membres de la Fraternité de Jérusalem qui vont venir s'installer en septembre au sanctuaire du Très Saint-Sacrement, avenue du Mont-Royal. Mais il faut tout d'abord qu'on y prie vraiment. Car, ne l'oublions jamais, une belle messe peut ne pas être intéressante. S'il n'y a pas dans notre âme de démarche amoureuse, pas de volonté d'aimer, pas de prise de conscience profonde de la présence de la Trinité, c'est presque peine perdue. Nous ne sommes pas réunis par l'Église catholique dans un lieu donné pour demeurer inconscients et sans amour. Nous sommes réunis pour vivre dans l'amour. Il faut vraiment faire un effort et demander à Dieu de nous rendre attentifs. Il nous faut être partie prenante. Nous devons donc célébrer avec notre cœur et aussi avec notre corps. Comme le disait il y a quelques jours le pape Jean-Paul II : " Il faut des apôtres experts en célébration, en adoration et en contemplation de l'Eucharistie ".

Toute notre vie chrétienne dépend de cet éveil, de cette expertise dont parle le pape, de cette prise de conscience fondamentale. Et je dirais que ça commence dès que nous approchons du lieu où nous nous rendons pour participer à une messe. Car une église, une chapelle, ou une cathédrale, c'est un écrin. C'est un écrin dans lequel se trouve non seulement un tabernacle et ce que nous appelons la Sainte Réserve, c'est-à-dire des hosties consacrées qui sont la Présence réelle du Christ, mais aussi, et c'est très important de le réaliser, un autel central. Cet autel central qui est au coeur du bâtiment, c'est le lieu archi-sacré. C'est là, sur cet autel archi-sacré, que le temps et l'éternité se rencontrent durant la messe. Le miracle des miracles s'y opère. Tout d'abord, c'est là qu'a lieu l'offrande à Dieu notre Père du fruit de notre travail. C'est là que nous lui demandons d'envoyer son Esprit afin que le miracle s'opère. " Père, sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu'elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur ". Ce miracle est absolument bouleversant. C'est sur cet autel que surgit dans le temps et l'espace le Christ Lui-même sous les apparences du pain et du vin lors de la consécration. C'est Jésus qui l'a dit : " Ceci est mon corps, ceci est mon sang ! Faites ceci en mémoire de moi ! ". L'hostie consacrée, nous rappelle le Père Varillon, n'est pas seulement le Christ, c'est aussi l'homme crucifié.

Ceci doit nous permettre de comprendre comment l'Eucharistie est le sacrement d'un Sacrifice. Ce mot n'est tellement apprécié aujourd'hui. Il n'y a pas si longtemps, on nous demandait de faire des sacrifices, ce qui voulait dire se priver de quelque chose. Or ici, il n'est pas question de cela. L'acte sacrificiel, dans le cas du Christ, ça veut dire " faire du sacré ", selon François Varillon. C'est ce qu'il y a de plus haut dans l'existence humaine et c'est d'ailleurs pourquoi nous ne saurions faire mieux que d'offrir le sacrifice de la messe. Ce sacrifice est ce par quoi nous accomplissons essentiellement notre vocation profonde. Parce que notre vocation profonde, c'est de nous épanouir en Dieu, dans l'Absolu. Le sacrifice n'est pas d'abord une privation, C'est une orientation positive de tout notre être, de toute notre vie vers Dieu. Et se donner à Dieu est la seule façon d'être vraiment soi-même. N'oublions jamais que Dieu est Amour. Et l'homme, dit Varillon, n'est pleinement homme que s'il est pour Dieu.

Je vais y revenir. Mais, pour le moment, soyons concrets. Pour réussir à faire de nos messes des messes intéressantes, commençons par parler de la façon d'entrer dans l'église, dans cet écrin qui est le château de Dieu comme disait mon petit-fils, Pascal, à 5 ans. Il faut commencer, tout le monde sait ça, par se signer avec de l'eau bénite - avec un certain respect quand on entre dans cet écrin sacré. C'est important, il me semble, de faire un signe de croix significatif, "qui a du bon sens " comme on dit ! On ne doit certainement pas se contenter d'un vague je ne sais trop quoi comme si nous chassions une mouche! Il faut se décider à devenir de plus en plus des croyants qui croient que le signe de la croix, c'est important. C'est le signe de l'amour total. Il ne s'agit pas de faire un grand signe de croix théâtral. Soyons simples et vrais. Et puis, il faut comprendre que cette eau bénite que nous avons au bout des doigts rappelle notre baptême. Il faut être logique et faire un effort d'attention pour y arriver. Le signe de la croix que nous traçons sur notre corps, pensons-y, est le début du désir que nous avons de rendre cette messe intéressante. C'est comme une étincelle d'amour. Nous devons ensuite faire attention de ne déranger personne en nous rendant à notre place. Gardons le silence pour respecter ceux qui prient et se préparent à participer à la messe. Et alors, arrivés à l'endroit choisi, faisons calmement une vraie génuflexion en direction de cet autel central archi-sacré, oui qui est sacré, sachant qu'en même temps, nous adorons de tout notre coeur le Christ au tabernacle à l'autel de la Sainte Réserve. Il y a là le Christ dont la Présence sacramentelle nous vient de ce miracle qui se déroule sur cet autel central chaque jour, peut-être plusieurs fois par jour tout au long de l'année.

Prenons conscience, en mettant le genou par terre, que Dieu est présent, extraordinairement présent dans ce bâtiment qui l'abrite et où nous venons ensemble l'adorer et le glorifier. La profonde génuflexion prendra alors tout son sens. Nous croyons en la Présence réelle du Christ dans le Pain consacré. Alors, que ce soit évident, sans ostentation, simplement. Dieu est là, vraiment présent. C'est sérieux. C'est extrêmement sérieux. C'était très très sérieux quand j'étais jeune On n'a aucune idée aujourd'hui du respect nous avions tous dans nos églises remplies. Nous le savions et nous y croyions fermement. Dieu était là, présent. Je me demande ce qui s'est passé. Comment pouvons-nous aujourd'hui ne pas y réfléchir à chaque fois que nous entrons chez lui. C'est sa maison. Il faut être respectueux, il faut être intériorisé. Il faut être vraiment éveillé à cette Présence mystérieuse. Il faut en même temps se préparer à ce grand mystère auquel nous allons bientôt participer. C'est à nous de rendre le climat de nos églises intéressant, pour que les messes soient intéressantes. C'est à nous, laïcs. Nous en sommes les premiers responsables. Notre attitude extérieure doit sans cesse être éclairée par notre foi et notre charité .

Savez-vous, soit dit en passant, ce que pensent certains musulmans fervents qui, par curiosité, viennent dans nos églises pour voir ce qui s'y passe ? J'aime bien écouter ceux qui ont entendu dire que nous croyons dur comme fer que Dieu y est présent. Ils me disent qu'ils sont souvent très surpris. Pourquoi? Parce que selon eux, trop de gens, même la plupart, agissent comme s'ils étaient dans un vague théâtre ou un cinéma. J'ai quelques amis algériens. Il y en a qui m'ont dit que si c'est vrai que Dieu est là, comment se fait-il que nous ne tombions pas à genoux pour adorer, le front par terre, comme ils le font eux-mêmes cinq fois par jour (en principe) ? Saviez-vous aussi que cette façon qu'ils ont d'adorer leur vient des moines catholiques ou nestoriens du VIIe siècle au temps de la vie de Mohamed qui a fondé leur religion. Ils nous ont emprunté cette façon d'adorer et aujourd'hui, nous nous émerveillons de les voir faire à chaque fois qu'on nous parle à la télévision de la religion qu'il pratiquent, l'Islam. Je me souviens d'ailleurs, quand nous étions jeunes, que si le Saint-Sacrement était exposé dans un ostensoir, sur le Maître-Autel, nous faisions sans le savoir comme les musulmans; la grande génuflexion à deux genoux et une inclination profonde, très profonde. Cela avait le bon côté d'entretenir notre foi en la Présence réelle.

Connaissez-vous tous le Père Varillon, ce jésuite exceptionnel qui a si bien parlé de l'Eucharistie et de la messe dans son chef-d’œuvre " Joie de croire, joie de vivre " paru aux éditions du Centurion en 1981 ? Je ne me fatigue pas de le relire. Pour lui, le mystère de l'Eucharistie est d'une telle profondeur que c'est impossible d'en épuiser le contenu. Il va jusqu'à dire que " l'Eucharistie est la récapitulation de tout. C'est l'unité de Dieu et de l'homme dans le Christ; du passé, du présent et de l'avenir; de la nature et de l'histoire; de l'accueil et du don ; de la mort et de la vie , etc.

Il a bien raison de s'enthousiasmer comme il le fait. Car " l'Eucharistie est le sacrement du Christ qui se donne en nourriture aux hommes pour les transformer en Lui-même et ainsi constituer son Corps mystique qui est l'Église. Le mot " mystique " ici ne s'oppose pas du tout à " réel ". Le Corps mystique du Christ qu'est l'Église, c'est encore plus réel que ce que nous pensons souvent être réel et qui ne dure qu'un temps, même nos constructions les plus vastes et nos sculptures les plus impressionnantes.

Jésus se donne pour que l'Église soit vivante par chacun de nous, membres de son Corps mystique. Pour mieux comprendre cela, je vous rappelle ce que disait le Père Liégé au début. Le but fondamental de Dieu dans son entêtement admirable, c'est de s'unir tous les hommes dans l'amour, de leur faire partager sa Vie, sa Joie, son Bonheur. C'est ce qu'on appelle l'Alliance. C'est un immense mariage de Dieu avec l'humanité. Cette Alliance est dans la Bible à partir de Noé avec son arc-en-ciel jusqu'à Jésus-Christ qui consacre la veille de sa mort, lors de la Première Messe, " le calice de la Nouvelle et Éternelle Alliance ". C'est une union d'amour plus grande que tous les plus beaux mariages. Quand nous absorbons l'hostie lors de la Communion, c'est aussi Dieu qui nous absorbe.

Je vous cite avant d'aller plus loin, ces lignes du Père Varillon qui sont les plus belles que j'aie lues à ce sujet :
" Le Christ qui meurt et ressuscite se fait lui-même nourriture afin de devenir la chair de la chair de l'humanité - beaucoup plus radicalement qu'en une étreinte qui ne rapproche deux corps qu'un seul instant, Dieu, dans l'Eucharistie, épouse véritablement l'homme . À la base du mystère eucharistique, il y a cette idée de nourriture; elle est absolument essentielle.

L'Eucharistie n'est donc pas seulement un repas que l'on prend ensemble. ... Si le symbolisme est pris simplement au niveau du repas comme être-ensemble, il n'exprime pas la réalité la plus fondamentale qui est celle d'une fusion achevant l'amour entre époux... Ce qui est primordial dans l'Eucharistie, ce n'est pas simplement la présence du Christ. Le Christ n'est pas là pour être là. Il est là pour se donner à nous en nourriture afin que l'union entre lui et nous soit la plus totale possible... Certes, la présence du Christ dans l'Eucharistie est une présence réelle. Elle est même la plus réelle de toutes les présences car elle est une présence réalisante. L'Eucharistie réalise la présence du Christ dans nos actes libres : " Qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie en lui " dit Jésus (Jean, 6. 54). C'est tout ce qu'il y a de plus réel, déclare le Père Varillon.

Les évêques de Suisse, dans un document daté du 23 avril, ont bien résumé la question en déclarant que " la célébration de l'Eucharistie requiert le plus grand soin; cette attention et ce respect sont l'expression d'une attitude intérieure, qui est centrale : dans la célébration de la messe, il y va fondamentalement de l'union personnelle avec le Christ, que l'on peut expérimenter dans ce grand don qu'est l'Eucharistie.

Ayons le souci que la forme dans laquelle l'Eucharistie est célébrée - comme prière de l'Église tout entière - soit empreinte de toute l'attention et de tout le respect qui lui sont dus, en particulier la Prière eucharistique qui s'adresse dans sa totalité au Père. Il faut donc que le célébrant soit pleinement conscient qu'il s'adresse à Dieu notre Père, et que toute l'assemblée se rende compte qu'il parle à Quelqu'un, quelqu'un qui mérite qu'on Lui parle avec attention, respect et une foi profonde.

Souvenons-nous de ce que de nombreux évêques ont aussi déclaré lors d'un important synode : "La Bonne nouvelle de Jésus Christ ne peut être annoncée que par ceux qui sont pris et inspirés par l'amour du Père pour ses enfants, manifesté dans la personne de Jésus Christ. Cette annonce est une mission de saints hommes et de saintes femmes qui feront connaître et aimer le Sauveur PAR LEURS VIES. Un feu, disent ces évêques, ne peut être allumé que par quelque chose qui est lui-même enflammé. Ainsi, une annonce réussie de la Bonne Nouvelle du Salut, de la libération des âmes, ne peut être mise en place que si les Évêques, les prêtres, les religieux et LES LAÏCS EUX-MÊMES EMBRASÉS PAR L'AMOUR DU CHRIST ET BRÛLANTS DE ZÈLE pour le faire connaître plus. largement, le faire aimer plus intensément et le faire suivre de plus près ! "

Cela me rappelle le très beau texte de saint Augustin :
" AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX "

Une fois pour toutes t'est donné ce court précepte :

Aime et fais ce que tu veux.
Si tu te tais, tais-toi par amour ; si tu parles, parle par amour.
Si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour.
Aie au fond du coeur la racine de l'amour ; de cette racine, il ne peut sortir que du bon
!


Et voici une petite histoire pour finir :
Ça commence avec la remarque d'une jeune fille engagée par rapport à la guerre en Irak, d'une manière d'ailleurs très intelligente :
" La messe, j'en ai ras le bol ! Mes parents m'ont trop souvent obligée à y aller !"
Quelqu'un lui dit : " Je pense que vous ne saisissez pas très bien le lien entre l'Eucharistie et votre engagement politique ! "
Elle le regarde et pense qu'il est complètement fou, et répond : "Ben voyons, absolument pas ! Quel lien ?"
" Oh ! Alors, si vous ne saisissez pas ce lien, je comprends très bien que vous n'alliez plus à la messe. À quoi ça servirait ? Si vous alliez à la messe, c'est pour que le Christ divinise toute votre activité engagée, c'est pour que le Christ donne une dimension nouvelle à toute votre tâche humaine. Votre travail consiste à établir la paix entre les hommes. C'est une activité qui est transformante. Toute activité humaine humanisant est transformante, qu'il s'agisse du niveau modeste des relations entre époux, entre parents et enfants, entre enseignants et étudiants, etc. À la communion, le Christ se donne à nous en nourriture pour que nous ayons non seulement une énergie humaine, mais une énergie véritablement divine pour travailler à construire la communauté humaine fraternelle. Car, sans le Christ, nous ne pouvons rien faire au fond. " (Jean 15, 5) - Le Christ, Mademoiselle, est donc présent pas comme quelqu'un qui tombe du ciel. Non, le Christ est vivant. C'est le fruit de la transformation divinisant qu'il opère dans ce mystère le plus central de notre foi qu'est l'Eucharistie. L'hostie consacrée n'est pas seulement le Christ, c'est aussi l'homme christifié. C'est cela dont vous ne semblez pas vouloir. Vous devriez peut-être y songer sérieusement. Communiez chaque jour, Mademoiselle. Vous verrez ce qui va se produire. Vous verrez aussi combien c'est intéressant, c'est passionnant de vivre de la messe ! " .
Raymond Beaugrand-Champagne
Rencontres spirituelles : (plus de 1100 émissions en format Microsoft WMA9)
  Site Web : www.dieu-parmi-nous.com

 

 

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