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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

890. 21. I. 1937. Aujourd’hui, dès ce matin, je suis étrangement unie au Seigneur. Dans la soirée, le prêtre de l’hôpital est venu me voir. Après un moment de conversation, je sentis que mon esprit commençait à se plonger davantage en Dieu et j’ai commencé à perdre la notion de ce qui se passait autour de moi. J’ai prié ardemment Jésus : « Donnez-moi la possibilité de causer ». Et le Seigneur me l’a donnée. Je pouvais parler aisément. Mais il y eut un moment où je n’ai pas compris ce que le prêtre a dit. J’entendais sa voix, mais il ne m’était pas possible de le comprendre. Je lui ai demandé pardon de ne pas comprendre ses paroles bien que j’entendisse sa voix. C’était un instant de cette grâce d’union avec Dieu, mais imparfaite, car les sens agissant extérieurement, mais également d’une manière imparfaite, il n’y a pas de complète fusion en Dieu, c'est-à-dire de suspension des sens, comme cela arrive souvent : On entend ni ne voit rien de l’extérieur. L’âme entière est aisément toute plongée en Dieu. Lorsque j’éprouve cette grâce, je désire être seule. Je prie Jésus qu’Il me mette à l’abri des regards des créatures. J’avais vraiment bien honte devant ce prêtre. Mais je me suis tranquillisée, car il a eu un peu connaissance de mon âme par la confession.

891. Aujourd’hui le Seigneur me fit connaître en esprit le couvent de la miséricorde divine. J’ai vu dans ce couvent une haute spiritualité mais tout était pauvre et très simple. Ô mon Jésus, Vous me faites demeurer en esprit avec ces âmes, mais peut-être mon pied ne se posera-t-il jamais là-bas ! Mais que Votre Nom soit béni et qu’il en soit selon Votre Volonté.

892. 22. I. 1937. C’est aujourd’hui vendredi. Mon âme est dans une mer de souffrances. Les pécheurs m’ont tout pris, mais c’est bien pour eux. J’ai tout donné afin qu’ils connaissent Votre bonté et Votre infinie miséricorde. Quant à moi, je vous resterai fidèle sous les arcs-en-ciel comme dans les orages.

893. Aujourd’hui, le médecin a décidé que je ne devais pas aller à la Sainte Messe, mais seulement à la Sainte communion. Je désirais beaucoup assister à la Sainte Messe, mais mon confesseur, d’accord avec le médecin, m’a dit d’être obéissante ; « La volonté de Dieu, ma Sœur, est que vous soyez bien portante. Il vous est défendu de vous mortifier en quoi que ce soit. Soyez obéissante et Dieu vous en récompensera. J’ai senti que ces paroles du confesseur étaient les paroles de Jésus. Et quoique je regrette de manquer la Sainte Messe, durant laquelle Dieu me donnait la grâce de voir le petit Enfant-Jésus, cependant je préfère l’obéissance à tout autre chose.

Je m’était plongée dans l’oraison et je récitais la pénitence lorsque soudain j’ai aperçu le Seigneur qui m’a dit : « Ma fille, sache que tu me rends une plus grande gloire par un acte d’obéissance que par de longues prières et des mortifications. » Oh ! Qu’il est bon de vivre dans l’obéissance, en ayant conscience que tout ce que je fais est agréable à Dieu !

894. 23. I. 1937. Aujourd’hui je n’avais pas envie d’écrire. Soudain j’ai entendu dans mon âme une voix : « Ma fille, tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes. Ecris pour leur profit. Tu sais que Ma volonté quant à tes écrits, t’a été bien souvent confirmée par tes confesseurs. Tu sais ce qui M’est agréable et si tu as quelques doutes quant à Ma parole, tu sais aussi qui tu dois interroger. Je lui donne la lumière pour qu’il juge Mon affaire. Mon œil veille sur lui. Ma fille, tu dois être, comme un enfant envers lui, pleine de candeur et de franchise. Préfère son opinion à toutes Mes exigences ! Il te conduira selon Ma volonté. S’il ne te permet pas d’accomplir Mes exigences, sois tranquille, Je ne te jugerai pas. Cette affaire restera entre Moi et lui. Toi, tu dois être obéissante ! »

895. 25. I. 1937. Mon âme est plongée aujourd’hui dans l’amertume. Ô Jésus, ô mon Jésus, à chacun il est permis de me donner de la souffrance. Et Vous, ô Jésus, Vous avez le devoir de me donner puissance et force en ces durs moments. Hostie Sainte, soutiens-moi et ferme mes lèvres au murmure et à la plainte ! Lorsque je fais silence, je sais que je remporte la victoire.

896. 27. I. 1937. Je sens une amélioration considérable de ma santé. Jésus me ramène des portes de la mort à la vie, puisque j’ai manqué mourir. Et voilà que le Seigneur m’accorde pleinement la vie. Quoique je doive encore rester au sanatorium, je suis déjà presque bien portante. Je vois que la volonté ne s’est pas encore accomplie en moi, c’est pourquoi je dois vivre. Car je sais bien que, si j’accomplis tout ce que Dieu a décidé à mon égard sur la terre. Il ne me laissera pas plus longtemps en exil car ma maison c’est le Ciel. Mais avant d’entrer dans la Patrie, nous devons accomplir la volonté divine sur la terre, c’est-à-dire que les épreuves et les luttes doivent œuvrer en nous.

897. Ô mon Jésus, Vous me redonnez la santé et la vie. Donnez-moi donc la force de combattre, car sans Vous, je ne suis capable de rien. Donnez-moi la force, car vous pouvez tout ! Vous voyez que je ne suis qu’une frêle enfant, que puis-je ? Je connais toute la puissance de Votre miséricorde. Et j’ai pleine confiance que Vous me donnerez tout ce dont Votre faible enfant a besoin.

898. Comme j’ai beaucoup désiré la mort, je ne sais si j’aurai encore dans la vie une telle nostalgie de Dieu. Il y eut des moments où je tombais en défaillance à cause de cela. Oh ! Que la terre est vilaine quand on connaît le Ciel. Je dois me faire violence pour vivre. Ô volonté divine, tu es ma nourriture !

899. Oh ! Que la vie est grise et pleine de choses incompréhensibles ! J’y exerce ma patience et puis vient l’expérience. Je comprends beaucoup et j’apprends chaque jour. Je vois que je sais peu et je découvre constamment des fautes dans ma conduite. Mais cela ne me décourage pas. Je remercie seulement Dieu de daigner m’accorder Sa lumière pour me connaître moi-même.

900. Il y a une personne qui met ma patience à rude épreuve, je dois lui consacrer beaucoup de temps. Quand je cause avec elle, je sens qu’elle ment continuellement. Et parce qu’elle me parle de choses lointaines que je ne puis vérifier, ce mensonge lui échappe. Mais je suis intérieurement persuadée qu’il n’y a aucune vérité dans ce qu’elle dit. Lorsqu’une fois j’ai été prise de doutes me demandant si c’était moi qui me trompais et que peut-être elle disait la vérité, j’ai prié Jésus de me donner le signe suivant. Si réellement elle mentait qu’elle me l’avoue elle-même quel que fut le sujet sur lequel j’avais la certitude qu’elle mentait. Et si elle disait la vérité, que Jésus m’ôte la conviction qu’elle ment. Un moment après, elle vint me voir à nouveau et me dit : « Je vous demande bien pardon, ma sœur, mais j’ai menti en disant telle et telle chose. » J’ai compris que la lumière que j’avais intérieurement sur cette personne, ne me trompait pas.

901. 29. I. 1937. Aujourd’hui j’ai dormi trop longtemps. Je n’avais qu’un court instant pour ne pas être en retard pour la Sainte Communion, car la chapelle est à un bon bout de chemin de notre section. Quand je suis sortie la neige arrivait à la hauteur des genoux. Mais avant d’avoir réfléchi que le médecin ne me permettait pas d’aller par une telle neige, j’étais déjà chez le Seigneur à la chapelle. J’ai communié et je suis revenue tout de suite. J’ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, repose près de Mon Cœur ! Je vois tes efforts. » Mon âme se trouve encore plus heureuse lorsque je suis près du Cœur de mon Dieu.

30. I. 1937. Retraite d’un jour.

Je reconnais de plus en plus la grandeur de Dieu et je jouis de Lui. Je demeure sans cesse avec Lui dans la profondeur de mon cœur. C’est dans ma propre âme qu’il m’est le plus facile de trouver Dieu.

903. Pendant la méditation j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, c’est pour la patiente soumission à Ma volonté, que tu me rends la plus grande gloire. Et toi-même, tu gagnes un si grand mérite que ni par les jeunes, ni par aucune mortification tu ne l’obtiendrais sans cela. Saches, Ma fille, que si tu soumets ta volonté à la Mienne, tu t’attires Ma prédilection. Ce sacrifice M’est agréable. Il est plein de douceur pour Moi. Je me complais en lui, il a de la puissance. »

904. Examen de conscience : toujours la même chose, m’unir au Christ Miséricordieux. Pratique : le silence intérieur, c’est-à-dire garder strictement le silence.

905. Dans les moments difficiles, je fixerai mes regards sur le Cœur pacifiant de Jésus étendu sur la Croix. Et de Son Cœur Miséricordieux, brûlant d’amour, jailliront pour moi puissance et force pour soutenir la lutte.

906. Chose étrange, un canari vient en hiver, sous ma fenêtre et chante très joliment pendant un moment. Je voulais m’assurer qu’il était peut-être quelque part ici dans une cage. Mais non, il n’est nulle part, pas même dans la seconde section. Une des malades l’a aussi entendu, mais une fois seulement. Et elle est s’est étonnée qu’un canari chante par un temps si glacial.

907. Ô Jésus, combien j’ai pitié des pauvres pécheurs. Jésus, accordez-leur la contrition et le repentir. Souvenez-Vous de Votre douloureuse passion. Je connais Votre infinie miséricorde. Je ne peux supporter qu’une âme qui Vous a tant coûté, périsse.
Jésus, donnez-moi les âmes des pécheurs. Que Votre miséricorde repose en elles. Prenez-moi tout, mais donnez-moi les âmes. Je désire devenir hostie de sacrifice pour les pécheurs. Que l’enveloppe du corps cache mon offrande, puisque Votre sacré-Cœur est aussi caché dans l’hostie et que Vous êtes Vous-même une vivante offrande. Transfigurez-moi en Vous Jésus, pour que je sois une offrande vivante et agréable pour Vous. Je désire Vous donner satisfaction à tout moment pour les pauvres pécheurs. L’offrande de mon âme se cache sous l’enveloppe du corps, l’œil humain ne l’atteint pas. C’est pour cela qu’elle est pure et qu’elle Vous est agréable. Ô mon Créateur, Père de grande miséricorde, j’ai confiance en Vous, car Vous êtes la bonté même ! N’ayez pas peur de Dieu, vous, les âmes ! Mais ayez confiance en Lui, car Il est bon et Sa miséricorde est infinie.

908. Nous nous connaissons mutuellement, le Seigneur et moi dans la demeure de mon cœur. Oui, c’est moi, qui vous accueille maintenant. Vous êtes mon Hôte dans la maisonnette de mon cœur. Mais le temps approche où Vous m’inviterez en Votre demeure, celle que Vous m’avez préparée depuis la création du monde. Oh ! Que suis-je comparée à Vous Seigneur !

909. Le Seigneur me conduit dans un monde, qui m’est inconnu. Il me fait connaître Sa grande grâce. Mais moi, j’en ai peur et autant qu’il me sera possible, je ne me soumettrai pas à Son influence jusqu’à ce que je me sois assurée auprès de mon directeur de ce qu’est cette grâce.

910. À un certain moment la présence de Dieu transperça tout mon être et mon esprit fut étrangement éclairé en ce qui concerne l’Être Divin. Il m’a admise à la connaissance de Sa vie intérieure. J’ai vu en esprit les Trois Personnes Divines, mais Leur Être est un. Il est Seul, Seul et unique, mais en Trois Personnes. Aucune d’Elles n’est ni plus petite, ni plus grande. Il n’y a de différence ni en beauté, ni en sainteté, car Elles sont Un. Elles sont absolument Un. Son amour m’a transportée dans cette connaissance, et m’a unie à Lui. Lorsque j’étais unie à Une Personne, j’étais également unie à la Seconde, et à la Troisième. Car lorsque nous nous unissons à l’Une des personnes de la sainte Trinité, par là même nous nous unissons également aux Deux autres. Une est Leur volonté. Un est Dieu, quoique en Trois Personnes.
Lorsque l’âme est en relation avec l’Une des trois Personnes, par la puissance de la Même Unique Volonté, elle se trouve unie aux Trois Personnes. Et elle est inondée du bonheur qui procède de la Sainte Trinité. Les saints se nourrissent de ce bonheur. Semblable bonheur jaillit de la Sainte Trinité, rends heureux tout ce qui est créé, fait jaillir la vie, donne et entretien toute vie qui prend son commencement en Lui ! En ces moments, mon âme a éprouvé de si grands délices divins qu’il m’est difficile de l’exprimer. Soudain, j’ai entendu ces paroles ainsi formulées : « Je veux t’épouser ». La peur transit mon âme.


911. Mais sans inquiétude, je considérais quelles pouvaient être ces épousailles. Cependant à chaque fois la peur transperce mon âme. Mais mon âme reste calme cependant, d’un calme soutenu par la grâce d’En-Haut. Cependant, j’ai fait mes vœux perpétuels, et je les ai faits avec une volonté sincère et consciente. J’ai donc continué à m’interroger sur ce que cela signifiait. Je sens et je pénètre que c’est une grâce exceptionnelle. Quand je la considère, je défaille après Dieu. Mais en cette défaillance mon esprit reste clair et pénétré de lumière.
Lorsque je suis unie à Lui, je défaille d’un excès de bonheur, mais mon esprit est clair et pur, sans ombres. Vous abaissez Votre Majesté pour demeurer avec une pauvre créature. Merci, Seigneur, pour cette grande grâce qui me rend capable d’avoir des relations avec Vous Jésus. Votre Nom est un délice pour moi. Je pressens de loin mon Bien-Aimé et mon âme languissante repose dans Ses bras. Je ne peux pas vivre sans Lui. J’aime mieux être avec Lui dans les souffrances et les supplices, que sans Lui dans les plus grands délices du Ciel.

912. 2. II. 1937. Un recueillement divin pénètre aujourd’hui mon âme depuis le matin. Pendant la Sainte Messe, je pensais voir le petit Jésus comme je le vois souvent. Cependant aujourd’hui j’ai vu Jésus crucifié pendant la Sainte Messe. Jésus était cloué à la Croix et dans de grands supplices. Mon âme et mon corps furent pénétrés des souffrances de Jésus de façon réellement douloureuse, quoique invisible.

913. Oh ! Quels terribles mystères ont lieu pendant la Sainte Messe. Un grand mystère s’accomplit pendant la Sainte Messe. Avec quelle piété devrions-nous écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que Dieu accomplit pour nous à chaque Messe et quel don Il y prépare pour nous. Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d’un tel don. Ô Jésus, mon Jésus, mon âme est pénétrée d’une si grande douleur quand je vois cette source de vie jaillissant avec tant de douceur et de puissance pour chaque âme et que je vois aussi, malgré cela des âmes flétries et qui dépérissent par leur propre faute. Ô mon Jésus, faites que la puissance de la miséricorde s’empare de ces âmes !

914. Ô Marie, c’est aujourd’hui que le terrible glaive pénétra Votre Sainte âme ! A part Dieu, personne ne connaît Votre souffrance. Votre âme n’est pas brisée, mais elle est courageuse, car elle est avec Jésus. Douce Vierge, unissez mon âme à Jésus, car ce n’est qu’alors que je pourrai endurer toutes les épreuves et les expériences. Et ce n’est qu’en union avec Jésus que mes petits sacrifices seront agréables à Dieu. Très douce Mère, instruisez-moi de la vie intérieure. Que le glaive des souffrances ne me brise jamais ! Ô Vierge pure, versez en mon cœur le courage, et gardez-le !

915. Aujourd’hui est un jour exceptionnel pour moi, quoique j’aie éprouvé beaucoup de souffrances, mon âme est inondée d’une grande joie. Dans la chambre voisine il y avait une juive très malade. Je suis allée la voir il y a trois jours, et j’ai ressenti une douleur en mon âme en voyant qu’elle allait mourir bientôt et que la grâce de Saint baptême ne laverait pas son âme. J’ai parlé avec la Sœur garde-malade de ce qu’il faudrait la baptiser quand viendra le dernier moment. Mais il y avait une difficulté, c’est que les Juifs l’entouraient constamment. Cependant j’ai senti une inspiration en mon âme, celle de prier devant l’image que Jésus m’a fait peindre. J’ai ma brochure et sur la couverture il y a une reproduction de l’image de la miséricorde divine. J’ai dit au Seigneur : « Jésus, Vous m’avez dit Vous-même que Vous accorderez beaucoup de grâces par cette image. Je Vous prie donc de donner la grâce du Saint Baptême à cette Juive. Peu importe qui la baptisera, pourvu qu’elle soit baptisée. » Après ces mots, je me suis sentie étrangement tranquillisée et j’ai une complète certitude que malgré les difficultés, l’eau du saint Baptême coulera sur son âme.

Et la nuit alors qu’elle était très faible, je me suis levée trois fois pour veiller, guettant le moment propice de pouvoir lui accorder cette grâce. Le matin, elle se sentait un peu mieux. Dans l’après-midi le dernier moment commença à approcher. La Sœur garde-malade a dit, qu’il sera difficile de lui accorder cette grâce, car ils sont près d’elle. Le moment est venu où la malade commença à perdre connaissance, ils ont alors commencé à sortir, les uns pour chercher le médecin, les autres ailleurs, pour sauver la malade. Et il est arrivé qu’elle est demeurée seule et la Sœur garde-malade lui administra le Saint baptême. Et avant qu’ils fussent tous revenus, son âme était bien belle, ornée de la grâce de Dieu et l’agonie commença de suite. Elle dura peu de temps et la malade semblait s’être endormie. Soudain j’ai vu son âme d’une délicieuse beauté entrant dans le Ciel. Oh ! Quelle est belle l’âme habitée de la grâce sanctifiante ! La joie a régné dans mon âme parce que je lui ai obtenu une si grande grâce en priant devant cette image !

916. Que la miséricorde divine est grande ! Que chaque âme la loue ! Ô mon Jésus, cette âme va Vous chanter l’hymne de la miséricorde pendant toute l’éternité !
Je n’oublierai pas l’impression que j’éprouvais dans mon âme ce jour là. C’est déjà la seconde grâce que j’ai obtenue ici pour les âmes devant cette image. Oh ! Que le Seigneur est bon et plein de pitié ! Jésus, comme je Vous remercie pour ces grâces !

917. 5. II. 1937. Mon Jésus, malgré tout, je désire beaucoup m’unir à Vous. Jésus, si cela se peut, prenez-moi chez Vous, car il me semble que mon cœur va mourir de nostalgie de Vous ! Oh ! Combien je ressens que je suis en exil ! Quand donc me trouverai-je dans la maison de notre Père et quand vais-je m’abreuver du bonheur qui jaillit de la Sainte Trinité ? Mais si Votre Volonté est que je vive encore et que je souffre, alors je désire ce que Vous m’avez destiné. Gardez-moi sur terre tant qu’il Vous plaira, serait-ce jusqu’à la fin du monde. Ô volonté de mon Seigneur, soit le délice et l’émerveillement de mon âme ! Bien que la terre soit si peuplée, je me sens toute seule et la terre m’est un terrible désert. Ô Jésus, Jésus, Vous savez et connaissez la grande ardeur de mon cœur, Vous seul, Ô Seigneur, pouvez me combler !.

918. Aujourd’hui, lorsque j’ai fait la remarque à une certaine jeune fille que de causer des heures entières dans un corridor avec des hommes ne convenait pas à une jeune fille comme il faut, elle m’a demandé pardon et m’a promis de se corriger. Puis elle s’est mise à pleurer lorsqu’elle a reconnu sa déraison. Quand je lui ai dit ces quelques mots à propos de la morale, les hommes de la salle entière sont accouru et ont écouté cette instruction. Même les Juifs en ont entendu quelque peu à leur propos. Une certaine personne m’a dit après qu’ils avaient appliqué l’oreille au mur et avaient écouté avec recueillement. Je sentais étrangement qu’ils écoutaient, mais j’ai dit ce que j’avais à dire. Les murs ici sont si minces que l’on entend même si l’on parle bas.

919. Il y a ici chez nous une personne qui autrefois était notre élève, et naturellement elle met ma patience à l’épreuve. Elle me rend visite plusieurs fois par jour. Après chacune de ses visites, je suis fatiguée. Mais je vois que Jésus m’a envoyé cette âme. Soyez loué en tout, ô Seigneur ! La patience rend gloire à Dieu. Oh ! Que les âmes sont pauvres !

920. 6. II. 1937. Aujourd’hui le Seigneur m’a dit : « Ma fille, on me dit que tu possèdes beaucoup de simplicité, pourquoi donc ne Me parles-tu pas de tout ce qui te concerne, même des moindres détails ? Parle-Moi de tout ! Sache, que cela Me procure beaucoup de joie ! » J’ai répondu : « Mais puisque Vous savez tout, Seigneur ! » Jésus m’a répondu : « Oui, Je sais tout. Mais le fait que Je sache ne t’excuse pas, toi. Dis-moi tout avec la simplicité d’un enfant, parce que J’ai l’oreille et le Cœur à ton écoute et que ta parole M’est agréable. »

921. Lorsque j’ai commencé cette grande neuvaine à trois intentions, j’ai aperçu par terre un petit ver et j’ai pensé : « Comment est-il arrivé ici au milieu de l’hiver ? » Alors j’ai entendu dans mon âme ces mots : « Vois-tu, je pense à lui et je l’entretiens. Et qu’est-il en comparaison à toi ? Pourquoi ton âme s’est-elle inquiétée durant un instant ? » J’ai demandé pardon au Seigneur pour cet instant. Jésus veut que je sois toujours une enfant, que je m’en remette à Lui de tout souci et que je me soumette aveuglement à Sa Sainte Volonté. Lui se charge de tout.

922. 7. II. 1937. Aujourd’hui le Seigneur m’a dit : J’exige de toi une offrande parfaite et l’holocauste de ta volonté. Aucune autre offrande ne peut être comparée à celle-là. Je dirige Moi-même ta vie et J’arrange tout de manière à ce que tu Me sois une continuelle offrande et que tu fasses toujours Ma volonté. Pour faire cette offrande tu vas t’unir à Moi sur la Croix. Je sais ce que tu peux. Je vais te commander beaucoup de choses directement. Je vais retarder la possibilité de leur accomplissement et les subordonner aux autres. Mais ce que les Supérieures n’atteindront pas, Je vais l’accomplir Moi-même directement dans ton âme et, dans les plus secrètes profondeurs. L’offrande sera parfaite et elle sera un holocauste, non pour un temps seulement, mais sache le, Ma fille, cette offrande durera jusqu’à la mort. Viendra le temps où Moi, le Seigneur Je réaliserai chacun de tes désirs. J’ai une prédilection pour toi, comme pour une hostie vivante. N’aie peur de rien, Je suis avec toi. »

923. Aujourd’hui j’ai reçu un billet de ma Supérieure disant qu’il m’est défendu d’être au chevet des mourants et des agonisants. J’enverrai donc à ma place l’obéissance et c’est elle qui soutiendra les âmes agonisantes. Telle est la volonté divine, cela me suffit. Ce que je ne comprends pas maintenant, je l’apprendrai plus tard.

924. 7. II. 1937. Aujourd’hui, j’ai prié plus ardemment que jamais à l’intention du Saint Père et de trois prêtres pour que Dieu les inspire sur ce qu’Il attend de moi, car c’est d’eux que dépend la réalisation. Oh ! Comme je suis contente que le Saint Père se porte mieux. J’ai entendu aujourd’hui Son allocution au Congrès Eucharistique et je me suis transportée là-bas en esprit pour recevoir la bénédiction apostolique.

925. 9. II. 1937. Fin du carnaval. En ces deux derniers jours du carnaval, il m’a été donné de voir la multitude des punitions et des péchés. Le Seigneur m’a fait connaître en un instant les péchés du monde entier commis en ces jours. Je me suis évanouie de frayeur et, bien que je connaisse toute la profondeur de la miséricorde divine, je suis étonnée que Dieu permette à l’humanité d’exister. Et le Seigneur me fit comprendre que ce qui soutient l’existence de cette humanité, ce sont les âmes choisies. Lorsque la mesure de ceux qui sont choisis sera comble, le monde cessera d’exister.
Pendant ces deux jours, j’ai communié avec une intention d’expiation et j’ai dit au Seigneur : « Jésus, j’offre tout, aujourd’hui, pour les pécheurs.

926. Que les coups de Votre Justice retombent sur moi et que l’océan de la miséricorde engloutisse les pauvres pécheurs. » Le Seigneur entendit ma demande et beaucoup d’âmes sont revenues à Lui, tandis que moi, j’agonisais sous le joug de la justice divine. Je sentais que j’étais l’objet de la colère du Dieu Très Haut. Le soir j’ai souffert d’un tel délaissement spirituel que des gémissements s’élevaient involontairement de ma poitrine. J’ai fermé la porte de ma chambre à clef et j’ai commencé l’adoration, c’est-à-dire l’Heure Sainte. L’abandon intérieur et la justice divine que je ressentais, me tinrent lieu d’oraison. Les gémissements et la douleur qui s’élevaient de mon âme, prirent la place de la douce conversation avec le Seigneur.

927. Soudain, j’ai aperçu le Seigneur, qui me pressa contre Son Cœur et me dit : « Ma fille, ne pleure pas, car je ne puis supporter tes larmes. Je te donnerai tout ce que tu demandes, mais cesse de pleurer. » Une grande joie m’envahit et mon esprit, comme d’habitude se perdit en Lui comme en son unique trésor. Ce jour-là, encouragée par Sa bonté, j’ai causé plus longtemps avec Jésus.

928. Tandis que je reposais près de Son doux Cœur, je Lui ai dit : « Jésus, j’ai tant à Vous dire. » Et le Seigneur me dit aimablement : « Parle, Ma fille ! ». J’ai commencé à me répandre en plaintes sur les douleurs de mon cœur : C'est-à-dire que toute l’humanité me tient tant à coeur que tous ne Vous connaissent pas autant que Vous êtes digne d’être aimé. D’autre part je vois combien les pécheurs Vous offensent terriblement ou bien je vois aussi comme les fidèles sont opprimés et persécutés, surtout Vos serviteurs. Je vois aussi beaucoup d’âmes qui courent aveuglément vers le terrible gouffre de l’enfer. Voilà Jésus la douleur qui s’enfonce dans mon cœur et mes os ! Quoique Vous me favorisiez de Votre amour particulier et inondiez mon cœur des torrents de Vos joies, pourtant cela n’apaise pas les souffrances que je Vous ai citées ? Mais bien au contraire, elles pénètrent plus vivement mon pauvre cœur. Oh ! Comme je désire ardemment que toute l’humanité se tourne avec confiance vers Votre miséricorde. Alors mon cœur sera soulagé en voyant la gloire de Votre Nom.

Jésus a écouté ces épanchements de mon cœur gravement et avec intérêt, comme s’Il n’en savait rien, comme s’Il cachait de moi Sa connaissance de ces choses. Et moi, j’étais comme gênée de ce que je disais. Le Seigneur m’a dit « Ma fille, la parole de ton cœur M’est agréable et par la récitation de ce chapelet tu rapproches l’humanité de Moi. » Après cela je me suis vue seule, mais la présence de Dieu est toujours dans mon âme.

929. Ô mon Jésus, quand j’irai vers Vous et que Vous me comblerez de Vous-même, ce sera pour moi la plénitude du bonheur. Pourtant je n’oublierai pas l’humanité. Je désire soulever le voile du ciel pour que la terre ne doute pas de la miséricorde divine. Mon repos sera de proclamer Votre miséricorde. L’âme rend la plus grande à son Créateur lorsqu’elle se tourne avec confiance vers la miséricorde divine.

930. C’est aujourd’hui le Mercredi des Cendres. Pendant la Sainte Messe j’ai ressenti un court instant la Passion de Jésus dans mes membres. Le Carême est un temps particulièrement favorable pour les travaux sacerdotaux. Il faut venir en aide aux prêtres pour sauver les âmes.

931. J’ai écrit, il y a quelques jours à mon directeur lui demandant la permission de pratiquer certaines petites mortifications pendant le Carême. Parce que je n’ai pas la permission du médecin d’aller en ville, j’ai du régler cela par écrit, mais c’est déjà aujourd’hui Mercredi des Cendres et je n’ai pas encore de réponse. Le matin, après la Sainte Communion, j’ai prié Jésus d’éclairer mon directeur de Sa lumière pour que j’aie sa réponse. Et j’ai eu connaissance dans mon âme que le Père n’est pas contraire à ce que je pratique ces mortifications dont je lui ai parlées et qu’il m’accordera sa permission. J’ai alors tranquillement commencé à les pratiquer. Le même jour dans l’après-midi, je reçois une lettre de Père me faisant savoir qu’il m’accorde volontiers la permission de pratiquer ce que je lui avais demandé. J’étais très contente que ma connaissance intérieure ait perçu avec justesse l’opinion de mon Père spirituel.

932. Alors j’ai entendu ces mots dans mon âme : « Tu recevras une plus grande récompense pour ton obéissance et ta soumission envers le confesseur que pour ces mortifications que tu vas t’imposer. Sache cela Ma fille, et agis ainsi : la moindre chose, marquée du sceau de l’obéissance, est agréable à Mon Cœur et grande à mes yeux ! »

933. Les petites pratiques pendant le Carême. Je ne puis plus m’imposer de grandes mortifications comme auparavant, malgré mon grand désir et mon envie, car je suis sous contrôle médical. Mais je peux pratiquer de petites choses : - dormir sans oreiller – avoir un peu faim – chaque jour réciter le chapelet que le Seigneur m’a appris, les mains étendues, - parfois prier les mains étendues pendant un temps indéterminé sans formuler ma prière. L’intention : obtenir aux pauvres pécheurs la miséricorde divine et aux prêtres la puissance de briser la dureté des cœurs enclins au péché.

934. Mon union avec les âmes agonisantes est aussi étroite qu’avant. J’accompagne souvent de bien loin une âme agonisante. Mais ma plus grande joie est de voir la promesse de la miséricorde divine s’accomplir dans ces âmes. Le Seigneur est fidèle à Ses promesses.

935. Une personne malade dans notre section de l’hôpital était en train de mourir, elle était dans de grands tourments. Pendant trois jours, elle agonisait par moments, puis elle reprenait connaissance. Tout le monde dans la salle priait pour elle. Le désir me prit d’y aller aussi, mais la Mère Supérieure m’avait défendu d’assister les agonisants. Je priai donc dans ma chambre particulière pour cette âme, mais j’entendis qu’elle souffrait encore et on ne savait pas quand cela pourrait finir. Alors soudain, quelque chose m’a dit de prier Jésus et j’ai dit au Seigneur : « Jésus, si tout ce que je fais Vous est agréable, je vous en prie, permettez, en témoignage que cette pauvre âme ne souffre plus, mais qu’elle passe immédiatement au bonheur éternel. » Quelques minutes après cela, j’ai appris qu’elle s’éteignit si tranquillement et si vite qu’on n’a pas même eu le temps d’allumer le cierge.

936. Je noterai encore un mot à propos de mon directeur de conscience. C’est étrange qu’il y ait si peu de prêtres capables de donner à l’âme puissance, courage et force, pour qu’elle continue d’avancer sans fatigue. Sous une telle direction, l’âme, même si elle a peu de forces peut faire beaucoup pour la gloire de Dieu. Et j’ai découvert ici un secret c’est que le confesseur ou plutôt le directeur ne dédaigne pas les plus petites choses que l’âme lui présente. Quand l’âme s’aperçoit qu’elle est contrôlée en cela, elle commence à s’y exercer et ne manque pas la plus petite occasion de pratiquer cette vertu et elle évite les moindres fautes. Et de ces efforts s’élève dans l’âme un temple très beau, bâti de ces petites pierres. Si, au contraire, l’âme se rend compte que le directeur dédaigne ces petites choses, elle aussi commencera à les dédaigner. Elle cessera d’en rendre compte à son confesseur. Et ce qui est pire encore, elle commencera à se négliger dans les petits détails. Ainsi, au lieu d’avancer, elle reculera lentement. Et elle ne s’en apercevra que lorsqu’elle tombera en des fautes plus graves. Ici se pose une sérieuse question : qui est fautif ? Elle ou le confesseur, c’est-à-dire le directeur ? Je pencherais plutôt pour le directeur. Il me semble qu’il faut imputer toute la faute à l’imprudence du directeur. La faute de l’âme est qu’elle s’est elle-même choisie son directeur. Le directeur aurait pu mener l’âme à la sainteté par les voies de la volonté divine. L’âme devrait prier très ardemment et très longtemps pour avoir un directeur.

937. Et elle devrait demander que Dieu daigne Lui-même, lui en choisir un. Ce qui commence en Dieu, sera à Dieu. Et ce qui commence d’une manière purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que pour aider l’âme, Il lui assigne Lui-même un chef spirituel. Et Il donnera à l’âme la connaissance de la personne à qui l’âme doit dévoiler comme devant Jésus Seul, ses plus secrètes profondeurs. Lorsque l’âme considèrera et reconnaîtra que c’est Dieu qui dirige cela, qu’elle prie bien ardemment pour ce directeur afin qu’il puisse bien la connaître à la lumière divine. Qu’elle ne change pas de directeur, à moins que ne survienne quelque chose de sérieux ! Comme elle a beaucoup prié pour connaître la volonté divine avant le choix du directeur, de même si elle veut en changer, qu’elle prie beaucoup et ardemment pour savoir si c’est vraiment la volonté divine qu’elle en choisisse un autre. Si elle ne voit pas la volonté formelle de Dieu, qu’elle n’en change pas ! Car seule l’âme n’ira pas loin et Satan ne désire que cela, que l’âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même. Et alors il n’y a pas de doute, elle n’arrivera pas à la sainteté. Il y a une exception, c’est lorsque Dieu dirige l’âme directement Lui-même.

938. Mais le directeur s’apercevra tout de suite que l’âme est dirigée par Dieu seul. Dieu lui permettra de reconnaître cela clairement et distinctement. Dans ce cas l’âme doit être sous un contrôle plus strict encore que d’autres. Et le rôle du directeur consistera moins à diriger et à indiquer la voie que l’âme doit suivre, qu’à juger et à approuver que l’âme est dans la bonne voie et qu’un bon esprit la dirige. Le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent. L’âme devrait préférer son opinion à l’opinion de Dieu même. Alors elle sera à l’abri des illusions et des déviations. L’âme qui ne soumettrait pas ses inspirations au strict contrôle de l’Eglise, c’est-à-dire de son directeur, par cela même fait supposer qu’un mauvais esprit la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l’âme par obéissance. Satan peut se dissimuler sous le manteau de l’humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l’obéissance.
Et là toute son action le trahit. Mais le directeur ne devrait pas avoir trop peur. Car si Dieu remet cette âme exceptionnelle sous sa protection, Il lui donnera aussi une grande lumière divine à cet égard. Autrement comment pourrait-il juger les grands mystères qui se passent entre l’âme et Dieu ?

939. J’ai beaucoup souffert moi-même et j’ai été très éprouvée sous ce rapport. C’est pourquoi j’écrit seulement ce que j’ai moi-même éprouvé. J’ai fait beaucoup de neuvaines et de pénitences, j’ai récité beaucoup de prières avant que Dieu ne m’envoie le prêtre qui comprendrait mon âme. Il y aurait beaucoup plus d’âmes saintes, s’il y avait plus de directeurs expérimentés et saints. Plus d’une âme, qui aspire sincèrement à la sainteté ne sait pas se débrouiller seule quand viennent les moments d’épreuves. Et elle quitte alors la voie de la perfection. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres zélés et saints !

940. Oh ! Quelle est grande la dignité du prêtre, mais comme sa responsabilité est grande aussi ! On vous a beaucoup donné, ô prêtres, mais on exigera aussi beaucoup de vous…

941. 11. II. 1937. C’est aujourd’hui vendredi. Pendant la Sainte Messe j’ai ressenti des douleurs dans mon corps : dans mes mains, mes pieds et mon côté. Jésus permet ceci comme expiation pour les pécheurs. Cela ne dure pas longtemps, mais la souffrance est grande. Je ne souffre pas plus de quelques minutes, mais j’en garde longtemps une très vive impression.

942. Aujourd’hui mon âme se sent si délaissée que je ne peux me l’expliquer moi-même. Je voudrais me cacher aux yeux des hommes et pleurer sans fin. Personne ne peut comprendre un cœur blessé par l’amour. Et quand il se sent délaissé, personne ne le consolera. Ô âmes des pécheurs, vous m’avez pris le Seigneur, mais c’est bien ainsi. Reconnaissez comme le Seigneur est doux. Que tout l’océan de votre amertume m’inonde le cœur, je vous ai donné toutes mes consolations divines !

943. A certains moments, lorsque je me méfie de moi-même, que je suis totalement persuadée de ma faiblesse et de ma misère, j’ai compris que je ne pourrai persévérer qu’en ayant confiance dans l’infinie miséricorde divine. La patience, l’oraison et le silence : voilà ce qui donne des forces à l’âme. Il y a des moments où l’âme doit se taire et où cela ne lui convient pas de parler avec les créatures. C’est quand elle est mécontente d’elle-même et qu’elle se sent faible comme un enfant. Alors, dans ces moments-là, de toutes mes forces je reste près de Dieu, je vis exclusivement de la foi. Et quand je me sens affermie par la grâce de Dieu, je suis plus courageuse pour parler et entrer en relation avec mon prochain.

944. Dans la soirée, le Seigneur me dit : « Repose-toi, mon enfant, auprès de Mon Cœur, Je vois que tu as beaucoup travaillé dans Ma vigne. » Et mon âme fut inondée de joie divine.

945. 12. II. 1937. Aujourd’hui la présence de Dieu me pénètre comme un rayon de soleil. Je languis tellement après Dieu que cela me fait défaillir à chaque instant. Je sens que l’amour éternel touche mon cœur et ma petitesse ne peut le supporter. Elle me fait défaillir. Mais la force intérieure est grande, l’âme veut égaler l’Amour dont elle est aimée. A ces moments l’âme a une très profonde connaissance de Dieu, et plus elle Le connaît, plus son amour pour Lui devient ardent et pur. Oh ! Les mystères de l’âme et de Dieu sont inconcevables. Il arrive parfois que mon âme soit plongée des heures entières dans l’émerveillement en voyant la Majesté divine infinie s’abaisser vers mon âme. Je ne cesse de m’étonner de ce que le Seigneur Très-Haut ait une prédilection pour moi. Il me le dit Lui-même, et moi, cela me plonge plus encore en mon néant, car je sais ce que je suis de moi-même.

Je dois dire cependant que j’aime mon Créateur à la folie par chaque battement de mon cœur et de tout mon être. Mon âme inconsciemment se noie, se perd… en Lui. Je sens que rien ne me séparera du Seigneur, ni le ciel, ni la terre, ni le temps présent, ni l’avenir. Tout peut changer, mais l’amour, jamais, il est toujours le même. Lui, le Souverain immortel me fait connaître Sa volonté pour que je L’aime particulièrement. Et Il rend mon âme capable de l’amour dont il désire être aimé par moi. Je me plonge toujours plus en Lui et je n’ai peur de rien. L’amour occupe tout mon cœur. Même si on me parlait de la Justice divine et que puisque les purs esprits frémissent devant Lui et cachent continuellement leur face devant Sa Sainteté, par conséquent mes relations intimes avec le Seigneur seraient un préjudice pour Son honneur et Sa Majesté, je répondrai non, non et encore une fois non. Tout est contenu dans l’amour pur, le plus grand honneur et la plus profonde adoration. L’âme est plongée en Dieu dans la plus grande paix par l’amour et les paroles des créatures n’ont aucune influence sur elles. Ce qu’elles lui disent de Dieu n’est qu’un pâle aperçu comparé à ce qu’elle éprouve intérieurement en Dieu. Elle s’étonne souvent que les âmes s’émerveillent en entendant ce que l’on dit de Dieu. Pour elles c’est le pain quotidien, car elle sait ce qui se laisse prononcer n’est pas encore si grand. Elle accepte et elle écoute tout avec respect, mais elle a sa propre vie en Dieu.

947. 13. II. 1937. Aujourd’hui, pendant la lecture de la Passion, j’ai aperçu Jésus supplicié, couronné d’épines. Il tenait à la main une tige de roseau. Jésus se taisait et les soldats se bousculaient pour Le torturer. Jésus ne disait rien, Il me regardait seulement et dans ce regard j’ai ressenti un indicible tourment. Nous n’avons même pas idée de ce que Jésus a souffert pour nous avant d’être crucifié. Mon âme est pleine de douleur et de langueur. J’ai éprouvé en mon âme une violente haine pour le péché. La plus petite infidélité me semble une haute montagne, je l’expie par la mortification et la pénitence. Lorsque je vois Jésus supplicié, mon cœur se déchire en lambeaux. Je pense : « Qu’adviendra-t-il des pécheurs s’ils ne profitent pas de la Passion de Jésus ? » Je vois dans Sa Passion un véritable océan de miséricorde.

948. J.M.J. 12. II. 1937.

L’amour divin est la fleur et la miséricorde est le fruit. Que l’âme qui doute, lise ces considérations sur la miséricorde et elle deviendra confiante.
Miséricorde Divine, jaillissant du sein du Père, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, le plus grand attribut de Dieu, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, mystère inconcevable, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, source jaillissant du Mystère de la Sainte Trinité, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, insondable à tout esprit humain ou angélique, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, dont jaillit la vie et le bonheur, j’ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, au-dessus des cieux,
Miséricorde Divine, source de miracles et de merveilles,
Miséricorde Divine, qui enveloppe le monde entier,
Miséricorde Divine, venue sur la terre en la Personne du Verbe Incarné,
Miséricorde Divine, qui coula de la blessure ouverte du Cœur de Jésus,
Miséricorde Divine, contenue dans le Cœur de Jésus pour nous et particulièrement pour les pécheurs,
Miséricorde Divine, insondable dans l’institution de la sainte Eucharistie,
Miséricorde Divine, en l’institution de la Sainte Eglise,
Miséricorde Divine, dans le Sacrement du Saint Baptême,
Miséricorde Divine, notre justification par Jésus-Christ,
Miséricorde Divine, nous accompagnant pendant toute la vie,
Miséricorde Divine, nous enveloppant particulièrement à l’heure de la mort,
Miséricorde Divine, nous gratifiant de la vie éternelle,
Miséricorde Divine, présente à chaque instant de la vie,
Miséricorde Divine, nous préservant du feu infernal,
Miséricorde Divine, pour la conversion des pécheurs insensibles,
Miséricorde Divine, étonnante aux Anges, inconcevable aux Saints,
Miséricorde Divine, insondable dans tous les mystères divins,
Miséricorde Divine, nous relevant de toute misère,
Miséricorde Divine, source de notre bonheur et de notre joie,
Miséricorde Divine, nous appelant du néant à l’existence,
Miséricorde Divine, englobant toutes les œuvres de Ses mains,
Miséricorde Divine, couronnant tout ce qui existe et existera,
Miséricorde Divine, en laquelle nous sommes tous plongés,
Miséricorde Divine, doux apaisement des cœurs tourmentés,
Miséricorde Divine, seul espoir des âmes désespérées,
Miséricorde Divine, repos des cœurs, paix au milieu des frayeurs,
Miséricorde Divine, délice et merveille des âmes saintes,
Miséricorde Divine, éveillant la confiance contre tout espoir, j’ai confiance en Vous !

949. Ô Dieu éternel, dont la miséricorde est insondable, et le trésor de pitié inépuisable, jetez sur nous un regard bienveillant et augmentez en nous Votre miséricorde pour que nous ne désespérions pas dans les moments difficiles, que nous ne perdions pas courage, mais que nous nous soumettions avec grande confiance à Votre Sainte Volonté qui est l’amour et la Miséricorde même.

950. O inconcevable et insondable miséricorde divine,
Qui peut T’adorer et te glorifier dignement ?
Toi, le plus grand attribut du Dieu Tout-puissant
Tu es le doux espoir de l’homme pécheur.

A l’unisson étoiles, terre et mer chantez avec gratitude l’hymne de l’inconcevable miséricorde divine !

951. Mon Jésus, Vous voyez que Votre sainte volonté est tout pour moi ! Ce que Vous ferez de moi m’est indifférent. Vous m’ordonnez de me mettre à l’œuvre ? Je m’y prendrai avec calme quoique je sache en être incapable. Vous m’ordonnez par la bouche de Vos remplaçants d’attendre ? J’attendrai avec patience. Vous remplissez mon âme de ferveur et Vous ne me donnez pas la possibilité d’agir. Vous m’attirez à Vous dans les cieux, et Vous me laissez sur terre. Vous versez dans mon âme la nostalgie de Vous, et Vous Vous cachez à mes yeux. Je meurs du désir de m’unir à Vous pour l’éternité, et Vous ne permettez pas à la mort de s’approcher de moi. Ô volonté divine, Vous êtes la nourriture et le délice de mon âme ! Lorsque je me soumets à la sainte volonté de Mon Dieu, un océan de paix m’inonde.
Ô mon Jésus, Vous ne récompensez pas le succès de l’action, mais la volonté sincère et la peine de l’entreprise, c’est pour cela que je suis tout à fait tranquille. Même si toutes mes initiatives et tous mes efforts étaient anéantis ou ne pouvaient se réaliser, du moment que je fais tout mon possible, le reste ne me concerne pas. C’est pour cela que les plus grandes tempêtes ne troublent pas mon calme profond, la volonté divine demeure en ma conscience.

952. 15. II. 1937. Mes souffrances ont un peu augmenté. Je ressens non seulement de plus grandes douleurs dans les poumons, mais aussi d’étranges douleurs dans les intestins. Je souffre autant que ma faible nature est capable de le supporter. Et j’offre tout pour les âmes immortelles, pour obtenir la miséricorde divine aux pauvres pécheurs et la force aux prêtres. Oh ! Quel grand respect j’ai pour les prêtres ! Et je prie Jésus, le Grand Prêtre, de leur donner beaucoup de grâces.

953. Aujourd’hui après la Sainte Communion le Seigneur m’a dit : « Ma fille, mon délice est de M’unir à toi. La plus grande gloire que tu puisses Me rendre, c’est de te soumettre à Ma volonté. Tu t’attires d’innombrables bénédictions. Je n’aurais pas de prédilection pour toi, si tu ne vivais pas de Ma volonté ! » Ô mon doux Hôte, je suis prête à tous les sacrifices pour Vous. Pourtant Vous savez que je suis la faiblesse même, mais avec Vous je puis tout. Ô mon Jésus, je Vous en supplie, soyez avec moi à chaque instant !

954. 15. II. 1937. Aujourd’hui, j’ai entendu ces paroles dans mon âme : « Hostie agréable à Mon Père, sache, Ma fille, que la Sainte Trinité toute entière a une particulière prédilection pour toi, parce que tu vis exclusivement de la volonté divine ! Aucun sacrifice n’égale celui-là. »

955. À ces mots la connaissance de la volonté divine pénétra mon âme. C'est-à-dire que je regarde tout de plus haut et que j’accepte tous les événements et les désagréments avec amour, comme preuves de la prédilection particulière du Père Céleste.

956. La pure offrande de ma volonté va brûler sur l’autel de l’amour. Pour que mon offrande soit parfaite, je m’unis étroitement au sacrifice de Jésus sur la croix. Et quand sous l’influence de grandes souffrances, ma nature tremblera et que mes forces physiques et spirituelles diminueront, alors je me cacherai profondément dans la blessure ouverte de Cœur de Jésus, sans me plaindre, comme une colombe. Que toutes mes préférences les plus saintes, les plus belles et les plus nobles soient toujours au dernier plan et Votre sainte volonté à la première place. Vos moindres désirs, ô Seigneur, me sont plus chers que le Ciel avec tous ses trésors. Je sais bien que les créatures ne me comprendront pas, c’est pourquoi mon offrande sera plus pure à Vos yeux.

957. Il y a quelques jours, une personne est venue me demander de beaucoup prier à son intention, car elle avait des affaires très importantes et urgentes. Soudain j’ai senti dans mon âme que ces affaires n’étaient pas très agréables à Dieu. Et je lui ai répondu que je n’allais pas prier à cette intention mais que je prierai en général, « Pour vous Madame ». Quelques jours après cette dame est revenue et elle m’a remercié de ne pas avoir prié à cette intention mais pour elle-même. Car elle avait eu en vue des désirs de vengeance envers une personne pour laquelle elle aurait dû avoir du respect en vertu du quatrième Commandement. Jésus changea son cœur et elle avoua sa faute. Je fus pourtant étonnée d’avoir pénétré son secret.

958. J’ai reçu aujourd’hui une lettre de l’abbé Sopocko, qui m’envoie des souhaits pour ma fête. Ses souhaits m’ont réjouie, mais son manque de santé m’a affligée. Je le savais déjà par ma propre intuition, mais je ne savais pas si je pouvais m’y fier. Pourtant il me semble que s’il me l’a écrit lui-même, les autres choses qu’il ne m’a pas écrites, sont vraies aussi et que ma connaissance intérieure ne me trompe pas. Il me recommande de souligner tout ce que je sais ne pas provenir de moi. C’est-à-dire tout ce que Jésus m’a dit, ce que j’entends dans mon âme. Il me l’a déjà demandé plusieurs fois mais je n’en avais pas le temps et, à vrai dire, je ne me dépêchais pas de le faire. Mais comment sait-il que je ne l’ai pas encore fait ? J’étais bien étonnée. Je me mets maintenant de tout cœur à ce travail. Ô mon Jésus, la volonté de Vos remplaçants est très nettement et sans l’ombre d’un doute Votre Sainte Volonté.

959. 16. II. 1937. Aujourd’hui par erreur, je suis entrée dans la chambre voisine et j’ai parlé avec la personne qui y était. Lorsque je suis revenue chez moi, j’ai encore pensé à elle pendant un moment, quand soudain Jésus se tint debout près de moi et Il m’a dit : « Ma fille à quoi penses-tu maintenant ? » Spontanément je me suis serrée contre son Cœur, reconnaissant que j’avais trop longtemps pensé à une créature.

960. Le matin, ayant fini mes exercices spirituels, je me suis mise à travailler au crochet. Je sentais que Jésus reposait dans mon cœur silencieux. Et cette profonde et douce conscience de la présence divine m’a porté à dire au Seigneur : Ô Sainte Trinité qui demeurez dans mon cœur, accordez, je Vous en prie, la grâce de la conversion à autant d’âmes que je crochèterai de points aujourd’hui. Alors j’ai entendu dans mon âme ces mots : « Ma fille, tes exigences sont trop grandes. » -« Jésus, il Vous est cependant plus facile de donner plus que de donner peu. Mais chaque conversion d’une âme pécheresse exige un sacrifice. Je Vous offre, doux Jésus, mon travail consciencieux ; il ne me semble pas que cette offrande soit trop petite pour un si grand nombre d’âmes. Jésus, comme Vous avez Vous-même sauvé les âmes par trente ans de travail, et puisque la sainte obéissance me défend les pénitences et les grandes mortifications, je Vous prie donc d’accepter, Seigneur, ces petites choses, marquées de sceau de l’obéissance comme si c’était de grandes choses. » J’ai alors entendu une voix dans l’âme : « Ma douce fille, Je vais satisfaire ta demande. »

961. Je vois souvent une certaine personne, agréable à Dieu. Le Seigneur a une grande prédilection pour elle, non seulement parce qu’elle tâche de faire connaître la gloire de la miséricorde divine mais aussi pour l’amour qu’elle a envers Dieu, quoique cette âme ne ressente pas toujours cet amour dans son cœur d’une manière sensible. Elle demeure presque continuellement au jardin des Oliviers, et pourtant elle est toujours agréable à Dieu. Et sa grande patience remportera la victoire dans toutes les adversités.

962. Oh ! si l’âme souffrante savait combien Dieu l’aime, elle mourrait de joie par excès de bonheur ! Un jour, nous découvrirons ce qu’est la souffrance, mais alors nous ne serons plus capable de souffrir. Le moment présent nous appartient.

963. 17. II. 1937. J’ai vu ce matin, pendant la Sainte Messe, Jésus souffrant. Sa Passion s’est répercutée dans mon corps d’une manière invisible mais non moins douloureuse. Jésus m’a regardée et Il a dit : « Les âmes périssent malgré Mon amère Passion.

964. Je leur offre une dernière planche de salut : La fête de Ma miséricorde. Si elles n’adorent pas Ma miséricorde, elles périront pour l’éternité. Secrétaire de Ma miséricorde, écris, parle aux âmes de Ma grande miséricorde, car ce jour terrible, le jour de Ma justice est proche. »

965. Aujourd’hui j’ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, il est temps de te mettre à l’œuvre. Je suis avec toi. De grandes persécutions et de grandes souffrances viendront. Mais console-toi à la pensée que beaucoup d’âmes seront sauvées et sanctifiées par cette œuvre. »

966. Quand je me suis mise à cette œuvre, je soulignais les paroles du Seigneur et je passais tout en revue. Lorsque j’en suis arrivée à la page sur laquelle j’avais noté les conseils et les indications du Père Andrasz, je ne savais que faire, souligner ou ne pas souligner. J’ai entendu alors ces paroles dans mon âme : « Souligne-les car ces paroles sont Miennes. J’ai emprunté pour te parler la bouche de l’ami de Mon Cœur afin de te tranquilliser. Tu dois t’en tenir à ces indications jusqu’à la mort. Il ne Me plairait pas du tout que tu y renonces. Sache que c’est Moi-même qui l’ai mis entre Moi et ton âme. Je le fais pour ta paix et pour que tu ne t’égares pas.

967. Depuis que je t’ai mise sous la protection particulière de ce prêtre tu es dispensée vis-à-vis de tes Supérieures de rendre un compte détaillé de Mes relations avec toi. Comporte-toi néanmoins comme un enfant avec elles. Mais c’est aux prêtres seulement que tu confieras sincèrement tout ce qui se passe dans les profondeurs de ton âme. »

Et j’ai remarqué que depuis, que Dieu, m’a donné un directeur, Il n’a plus exigé comme auparavant, que je dise tout à mes supérieures, à l’exception des choses extérieures. A part cela, seul mon directeur connaît mon âme. C’est une grâce de Dieu exceptionnelle que d’avoir un directeur de conscience. Oh ! Comme il y a peu d’âmes qui ont reçu cette grâce. L’âme vit dans une paix constante au milieu des plus grandes difficultés. Chaque jour, après la Sainte Communion, je remercie Dieu pour cette grâce, et chaque jour je prie le Saint Esprit de donner à mon directeur la lumière. J’ai vraiment ressenti dans mon âme quelle grande puissance ont les paroles du directeur. Que la miséricorde divine soit adorée pour cette grâce !

968. Je suis allée aujourd’hui faire ma méditation devant le Saint Sacrement. Lorsque je me suis approchée de l’autel, la présence divine me pénétra. Je fus plongée dans l’océan de Sa Divinité et Jésus m’a dit : « Ma fille, tout ce qui existe est à toi. » J’ai répondu au Seigneur : « Mon cœur ne réclame que Vous seul, Ô Trésor de mon cœur. Je Vous remercie Seigneur pour tous Vos dons, mais je n’exige que Votre Cœur. Quoique les cieux soient grands, pour moi ils ne sont rien sans Vous. Vous savez bien, Jésus, que je défaille sans cesse après Vous. » - « Sache, ma fille, que ce que d’autres âmes atteindront dans l’éternité, tu le goûtes déjà maintenant. » Et soudain mon âme fut inondée de la lumière de la connaissance de Dieu.

969. Oh ! Que ne puis-je exprimer tant soit peu ce que l’âme ressent près du Cœur de la Majesté inconcevable !
Je ne sais l’exprimer. Seule une âme qui l’a vécue au moins une fois dans sa vie, peut imaginer cette grâce. Quand je suis rentrée dans ma chambre, il me semblait que de la vraie vie je revenais à la mort. Le médecin est venu me prendre le pouls. Il s’est étonné : « Que vous est-il arrivé, ma Sœur ? Vous n’avez jamais eu un pouls semblable. Je voudrais savoir ce qui a provoqué une telle accélération de la pulsation ? » Que pouvais-je répondre alors que je ne savais pas moi-même que j’avais une tension si élevée ? Je sais seulement que j’agonise de langueur après Dieu. Mais je ne lui ai pas dit, car qu’est- ce que la médecine peut y faire.

970. 19. II. 1937. L’union avec les agonisants. Ils me demandent des prières et je peux prier, le Seigneur me donne un singulier esprit d’oraison. Je suis constamment unie à Lui et je sens pleinement que je vis pour les âmes, pour les amener à Votre Miséricorde, Seigneur. Pour cela aucun sacrifice n’est trop petit.

971. Aujourd’hui le docteur a décidé que je devais encore rester ici jusqu’au mois d’avril. C’est la volonté divine. Cependant je désirais déjà revenir parmi nos Sœurs.
J’ai reçu aujourd’hui la nouvelle de la mort de l’une de nos Sœurs qui est morte à Plock. Mais elle est venue chez moi avant que l’on ne m’ait annoncé sa mort

973. 22. II. 1937. Aujourd’hui une retraite pour les servantes a commencé dans notre chapelle. Tous ceux qui le désirent peuvent y prendre part. Il y a une conférence par jour. Le Père Bonaventura un Père Pieux, parle droit aux âmes toute une heure. J’ai pris part à cette retraite, désireuse de connaître Dieu plus profondément pour l’aimer plus ardemment, car j’ai compris que plus la connaissance est grande, plus l’amour est puissant.

974. J’ai entendu aujourd’hui ces paroles : « Prie pour les âmes, quelles n’aient pas peur de s’approcher du Tribunal de Ma miséricorde. Ne cesse pas de prier pour les pécheurs. Tu sais à quel point leur âme Me tient à Cœur. Soulage Ma tristesse mortelle, distribue Ma miséricorde. »

975. 24. II. 1937. Aujourd’hui, pendant la Sainte Messe j’ai vu Jésus agonisant. Les souffrances du Seigneur me transpercent l’âme et le corps d’une manière invisible, mais la douleur est grande. Elle dure un très court moment.

976. Pendant la Passion chantée, une si vive impression de Son supplice me saisit que je n’ai pu retenir mes larmes. J’aurais voulu me cacher quelque part pour donner libre cours à ma douleur provoquée par la considération de la Passion.

977. Quand j’ai prié à l’intention du Père Andrasz, j’ai reconnu qu’il est très agréable à Dieu. Depuis ce moment, j’ai encore plus de respect pour lui, comme pour un Saint. Je m’en réjouis et j’ai rendu grâce à Dieu avec ferveur.

978. Aujourd’hui j’ai vu Jésus pendant la bénédiction. Il m’a dit ces paroles : « Sois obéissante en tout à ton directeur, sa parole est Ma volonté. Grave-la au fond de ton âme. C’est Moi qui parle par sa bouche et Je désire que tu lui dévoiles l’état de ton âme avec la même simplicité et sincérité que tu as pour Moi. Je te répète encore une fois Ma fille : Sache que ses paroles sont l’expression de Ma volonté envers toi. »

979. J’ai vu aujourd’hui le Seigneur d’une grande beauté et Il m’a dit : « Mon aimable hostie, prie pour les prêtres, surtout pendant ce temps de la moisson. Mon Cœur t’aime de manière privilégiée et pour toi, je bénis la terre. »

980. J’ai compris que ces deux années de souffrances intérieures que j’endure en me soumettant à la volonté divine pour mieux connaître cette volonté, m’ont fait plus avancer dans la perfection que les dix années précédentes. Depuis deux ans, je suis sur la croix entre ciel et terre. C'est-à-dire, que d’un côté je suis liée par le vœu d’obéissance. Je dois écouter ma supérieure comme Dieu Lui-même. Et d’un autre côté, Dieu Lui-même me fait directement connaître Sa volonté. Voilà pourquoi mon supplice intérieur est si grand que personne ne peut comprendre ni concevoir ces souffrances spirituelles. Il me semble plus facile de perdre la vie que de vivre souvent, seulement une heure d’un tel supplice. Je ne vais même pas écrire beaucoup sur ce sujet, car il n’est pas à décrire : connaître directement la volonté de Dieu et être en même temps, parfaitement obéissante à la volonté divine annoncée indirectement par les Supérieures. Dieu merci, Il m’a donné, car autrement je n’avancerais pas d’un pas.
 

 

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