Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal
édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine
1750. Ô Jésus, caché dans le Saint Sacrement de l’autel, mon amour et mon
unique miséricorde, je Vous recommande tous les besoins de mon âme et de mon
corps ! Vous pouvez me secourir, car Vous êtes la miséricorde même. En Vous
j’ai mis toute ma confiance.
(Ici, dans l’original, il y a une longue interruption. Toute la page est
blanche.)
J.M.J. Cracovie-Pradnik, 2. VI. 1938
1751. Retraite de trois jours, sous la direction du Maître Jésus, qui m’a
Lui-même ordonné de faire cette retraite. Il a Lui-même précisé les jours de
la retraite : ce sont les trois jours précédant la Pentecôte. Il m’a dirigé
Lui-même pendant cette retraite
J’ai cependant demandé à mon confesseur, si je pouvais faire cette retraite
et j’ai reçu sa permission. J’ai prié aussi la Mère Supérieure de m’en
donner la permission, et je l’ai reçue. J’avais résolu de ne pas faire de
retraite si je n’obtenais pas la permission des Supérieures. J’ai commencé
une neuvaine au Saint-Esprit et j’attendais la réponse de ma Mère
Supérieure. Il me fallait commencer la retraite aujourd’hui et je n’avais
encore reçu aucune nouvelle sur l’opinion de la Mère Supérieure.
Le soir je suis allée à l’office et pendant les litanies j’ai aperçu Jésus :
« Ma fille, nous commençons la retraite.» J’ai répondu : « Jésus, mon très
cher Maître, je vous demande bien pardon, mais je ne ferai pas de retraite,
car je ne sais si la Mère Supérieure me le permettra. » - « Sois tranquille,
Ma fille, la Supérieure l’a permis. Tu le sauras demain matin, cependant
nous commençons la retraite ce soir »
Et en effet, la Mère Supérieure avait téléphoné le soir à la Sœur qui me
soigne, pour me dire qu’elle me permettait de faire la retraite. Mais la
sœur avait oublié de me le dire. Ce n’est que le lendemain matin qu’elle
m’en a fait part, en me demandant pardon de n’avoir rien dit la veille. Je
lui ai répondu : « Soyez tranquille, j’ai déjà commencé la retraite d’après
le désir de la Supérieure. »
1752. Le premier jour.
Le soir, Jésus m’a donné les points de la méditation. Au premier moment la
peur et la joie ont pénétré mon cœur. Je me suis alors serrée contre Son
Cœur. La peur a disparue et la joie est restée. . Je me suis sentie toute
entière enfant de Dieu et le Seigneur m’a dit : « N’aie peur de rien, ce qui
est défendu aux autres, t’a été donné à toi. Tu es nourrie chaque jour,
comme de pain quotidien, de grâces que d’autres âmes ne peuvent pas voir,
même de loin.
1753. Considère, Ma fille, qui est Celui auquel ton cœur est étroitement uni
par les vœux ! Avant que j’eusse créé le monde, Je t’aimais de l’amour que
ton cœur éprouve aujourd’hui. Et durant les siècles, Mon amour ne changera
jamais. »
1754. Application : Au seul souvenir de Celui qu’a épousé mon cœur, mon âme
entra dans un profond recueillement et l’heure passa comme une minute. Dans
ce recueillement les attributs de Dieu m’ont été révélés. Dans cet état
d’embrasement intérieur de l’amour, je suis sortie au jardin pour me
rafraîchir et quand j’ai regardé le ciel, une nouvelle flamme d’amour
m’inonda le cœur.
1755. Alors j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, as-tu épuisé les points
que Je t’ai donnés à méditer ? Je te donnerai de nouvelles pensées. » - J’ai
répondu : « Ô Majesté inconcevable, l’éternité ne me suffira pas pour Vous
connaître !…Cependant mon amour pour Vous est devenu plus puissant. Comme
preuve de ma gratitude, je dépose mon cœur à Vos pieds, comme un bouton de
rose. Que son parfum charme Votre divin Cœur maintenant et durant l’éternité
!… Quel paradis habite l’âme lorsque le cœur sent qu’il est tellement aimé
par Dieu !… »
1756. « Aujourd’hui tu liras l’Evangile de Saint Jean chapitre quinze. Je
désire que tu lises très lentement. »
Seconde méditation
1757. « Ma fille, considère la vie divine, confiée à l’Eglise, pour le salut
et la sanctification de ton âme ! Considère comment tu profites de ces
trésors de grâces, de ces efforts de Mon amour !»
1758. Application : Ô Très charitable Jésus, je n’ai pas toujours su tirer
profit de ces inappréciables dons, car je ne faisais pas attention au don
lui-même, mais je faisais trop attention à l’instrument par lequel Vous me
présentez Vos dons. Cela va changer maintenant, mon Maître plein de douceur.
Je vais tirer profit autant que mon âme en sera capable. La foi vive va me
soutenir. Sous quelque aspect que Vous m’envoyez la grâce je l’accepterai
directement de Vous, sans tenir compte de l’instrument par lequel Vous me
l’enverrez. S’il ne m’est pas toujours possible de l’accepter avec joie, je
l’accepterai toujours avec soumission à Votre Sainte Volonté.
1759. Conférence à propos du combat spirituel. – « Ma fille je veux
t’instruire du combat spirituel ! N’aie jamais confiance en toi-même, mais
abandonne-toi complètement à Ma volonté ! Dans le délaissement, les ténèbres
et dans les différents doutes, aie recours à Moi et à ton directeur ! Il te
répondra toujours en Mon nom. N’écoute jamais aucune tentation ! Mais
enferme-toi aussitôt dans Mon Cœur et dévoile-là à ton confesseur dès que
l’occasion s’en présentera ! Mets l’amour-propre à la dernière place, pour
qu’il ne souille pas tes actions ! Supporte-toi toi-même avec grande
patience ! Ne néglige pas les mortifications intérieures ! Justifie toujours
en toi-même l’opinion de tes Supérieures et de ton confesseur ! Fuis comme
la peste, ceux qui murmurent !
Que les autres agissent comme ils veulent, toi, conduis-toi comme Je te le
demande ! Observe la règle très fidèlement ! Lorsqu’on t’a fait de la peine,
pense à ce que tu pourrais faire de bon à la personne qui t’a fait souffrir
! Ne te confie pas à l’extérieur ! Tais-toi quand on te réprimande ! Ne
demande pas à tout le monde son opinion, mais seulement à ton directeur !
Sois avec lui franche et simple comme une enfant ! Ne te décourage pas à
cause de l’ingratitude ! Ne scrute pas curieusement les voies par lesquelles
Je te conduis ! Lorsque l’ennui et le découragement menaceront ton cœur,
fuis de toi-même et cache-toi dans Mon Cœur ! N’aie pas peur du combat : le
courage seul intimide souvent le tentateur et il n’ose pas nous attaquer !
Combat toujours avec la profonde conviction que Je suis près de toi ! Ne te
laisse pas dominer par le sentiment, car il n’est pas toujours en ton
pouvoir ! C’est dans la volonté que se trouve tout le mérite. Soumets-toi
toujours à tes supérieurs ! C’est dans la volonté que se trouve tout le
mérite. Soumets-toi toujours à tes Supérieures, même dans les plus petites
choses !
Je ne veux pas te leurrer avec la paix et ses consolations. Prépare-toi donc
à de grands combats ! Sache que tu es maintenant sur la scène et que la
terre et le ciel te regardent ! Combats comme un chevalier pour que Je
puisse te récompenser ! N’aie pas trop peur, car tu n’es pas seule !
Le second jour.
1760. « Ma fille, considère aujourd’hui Ma douloureuse Passion, dans toute
son immensité ! Médite-la comme si elle n’était endurée que pour toi ! »
1761. Application. Lorsque j’ai commencé à me plonger dans la Passion
Divine, la grandeur de l’âme humaine et la méchanceté du péché se sont
dévoilées à moi. J’ai compris que je ne savais pas souffrir. Pour avoir
quelques mérites par mes souffrances, je vais m’unir étroitement à la
Passion de Jésus, Lui demandant grâce pour les âmes des agonisants, afin que
la miséricorde divine les soutienne en ce grave moment.
1762. Seconde méditation.
« Ma fille, considère la règle et les vœux que tu as faits devant Moi. Tu
sais comme Je les apprécie, et toutes les grâces destinées aux âmes
religieuses sont en relation avec la règle et les vœux. »
1763. Application. Ô mon Jésus, je constate ici beaucoup de manquements !
Mais par Votre grâce je ne me rappelle pas de transgressions conscientes et
volontaires de la règle ou des vœux religieux. Gardez-moi à l’avenir, ô mon
Jésus, car de moi-même je suis faible !
1764. « Aujourd’hui, Ma fille, comme lecture, tu prendras le chapitre
dix-neuvième de l’Evangile de Saint Jean. Et lis non seulement des lèvres,
mais avec ton cœur !... »
1765. Pendant cette lecture un profond repentir envahissait mon âme. J’ai
compris toute l’ingratitude des créatures envers leur Créateur et Seigneur.
J’ai prié pour que Dieu me préserve de l’aveuglement spirituel.
Conférence au sujet du sacrifice et de l’oraison
1766. « Ma fille, Je veux t’instruire sur la manière dont tu dois sauver les
âmes par le sacrifice et l’oraison ! Tu sauveras plus d’âmes par le
sacrifice et l’oraison qu’un missionnaire n’en sauverait seulement par des
enseignements et des sermons. Je veux voir en toi l’offrande de l’amour
ardent qui, seul, a de la puissance à Mes yeux. Tu dois être anéantie,
détruite, vivant comme si tu étais morte dans ta plus secrète existence. Tu
dois être détruite dans ce lieu secret où l’œil humain ne peut atteindre.
Alors tu seras pour moi une offrande agréable, un holocauste plein de
douceur et de parfum. Ta force sera puissante si tu pries pour quelqu’un
d’autre. Au dehors ton offrande sera cachée, silencieuse, imprégnée d’amour,
pétrie d’oraison. Ma fille, j’exige de toi que ton offrande soit pure et
pleine d’humilité, pour qu’elle Me soit agréable ! Je ne vais pas ménager
Mes grâces, pour que tu puisses accomplir ce que J’attends de toi.
Je vais maintenant t’instruire de ce qui doit composer cet holocauste dans
ta vie quotidienne, pour te soustraire aux illusions. Tu accepteras toutes
les souffrances avec amour. Ne t’afflige pas si ton cœur éprouve souvent
répugnance et dégoût pour ce sacrifice. Toute sa puissance est contenue dans
la volonté. Donc ces sentiments contraires non seulement ne diminuent pas
ton offrande à Mes yeux, mais ils l’accroissent. Sache que ton corps et ton
âme seront souvent en proie au feu. Quoique à certaines heures tu ne sentes
pas Ma présence, je serai toujours près de toi. N’aie pas peur, Ma grâce
sera avec toi !… »
Le troisième jour.
1767. « Ma fille, dans cette méditation considère l’amour du prochain, et si
c’est Mon amour qui dirige le tien vers ton prochain ! Pries-tu pour tes
ennemis ? Souhaites-tu du bien à ceux qui t’ont, d’une manière ou d’une
autre, attristée, offensée ?
Saches, que tout le bien que tu feras à une âme quelconque, je l’accepterai
comme si tu Me l’avais fait à Moi-même !
1768. Application. Ô Jésus, mon amour, Vous savez que ce n’est que depuis
peu de temps que j’agis de la sorte que c’est Votre amour qui dirige mes
relations avec mon prochain ! Vous seul connaissez les efforts que j’ai
faits. Aujourd’hui cela me vient plus facilement, mais si Vous n’allumiez
pas Vous-même cet amour dans mon âme, je ne saurais persévérer. Votre Amour
Eucharistique m’enflamme chaque jour.
Seconde méditation.
1769. « Maintenant tu considéreras Mon amour dans le Saint Sacrement. Ici Je
suis tout entier à ta disposition, Ame, Corps et Divinité, comme ton Epoux.
Tu sais ce qu’exige l’amour : une seule chose, la réciprocité… »
1700. Application. Ô mon Jésus, Vous savez que je désire Vous aimer d’un
amour tel que jusqu’à présent aucune âme ne Vous a aimé. Je désirerais que
le monde entier se change en amour pour Vous, Mon Bien-Aimé. Vous me
nourrissez du lait et du miel de Votre Cœur, depuis mes plus tendres années.
Vous m’avez élevée pour Vous seul, pour que je sache maintenant Vous aimer.
Vous savez que je Vous aime, car Vous seul connaissez la profondeur de
l’offrande que je Vous présente chaque jour.
1771. Jésus m’a dit : « Ma fille, as-tu quelques difficultés dans cette
retraite ? » J’ai répondu que je n’en avais pas. Mon esprit pendant cette
retraite est comme un éclair. Je pénètre avec une grande facilité tous les
mystères de la foi. Mon Maître et mon chef, toutes les ténèbres
disparaissent de mon esprit sous les rayons de Votre lumière.
1772. « Aujourd’hui, comme lecture spirituelle tu prendras l’Evangile de
Saint Jean, chapitre 21 ! Parcours ce texte plutôt avec ton cœur qu’avec ton
esprit ! »
1773. Pendant l’office du mois de juin, le Seigneur m’a dit : « Ma fille,
j’ai établi Ma prédilection dans ton cœur ! Lorsque le Jeudi Saint, Je Me
suis donné Moi-Même dans le Saint Sacrement, tu étais nettement présente à
Ma pensée. »
1774. À ces mots, mon amour s’efforça de Lui exprimer ce qu’Il est pour moi.
Mais je ne pouvais trouver de paroles et dans mon impuissance, je me suis
mise à pleurer. Jésus a dit : « Je suis pour toi la miséricorde même. C’est
pourquoi je te prie, offre-Moi ta misère et ton impuissance et tu réjouiras
Mon Cœur !
1775. Aujourd’hui une flamme d’amour très vive pénétra mon âme. Si elle
avait duré plus longtemps, j’aurais brûlé dans ce feu, me dégageant des
liens du temps présent. Il me semblait qu’un petit instant encore et je me
noierai dans l’océan d’amour. Je ne sais décrire ces traits d’amour qui
transpercent mon âme.
1776. Conférence sur la miséricorde.
« Sache, Ma fille, que Mon Cœur est la Miséricorde même. De cet océan de
miséricorde, les grâces se répandent sur le monde entier. Aucune âme qui
s’est approchée de Moi, ne M’a quitté sans consolation. Toute misère se noie
dans Ma Miséricorde, et toute grâce jaillit de cette source salutaire et
sanctifiante. Ma fille, Je désire que ton cœur soit la demeure de Ma
miséricorde. Je désire que cette miséricorde se répande sur le monde entier
par ton cœur. Que quiconque t’approchera ne te quitte pas sans cette
confiance en Ma miséricorde que Je désire tant voir dans les âmes ! Prie
autant que tu le peux, pour les agonisants : obtiens-leur la confiance en Ma
miséricorde ! Car ce sont eux qui en ont le plus besoin et qui en ont le
moins. Sache que la grâce du salut éternel pour certaines âmes dépend de ta
prière. Tu connais tout l’abîme de Ma miséricorde !
Puise donc pour toi et spécialement pour les pauvres pécheurs ! Je
préférerais laisser le ciel et la terre retourner au néant plutôt que de
laisser une âme confiante échapper à Ma Miséricorde.
1777. Ma résolution est la même pour l’avenir : m’unir au
Christ-Miséricordieux
1778. Clôture de la retraite. Dernière conversation avec le Seigneur.
Merci, Amour Eternel, pour Votre inconcevable bonté envers moi qui Vous
porte à Vous occuper seul, directement, de ma sanctification. « Ma fille,
que trois vertus ornent particulièrement ton âme : l’humilité, la pureté
d’intention et l’amour ! Ne fais rien de plus que ce que J’exige de toi. Et
accepte ce que t’offre Ma main ! Tâche de vivre recueillie, pour que tu
entendes Ma voix qui est un murmure ; seules les âmes recueillies peuvent
l’entendre !»
1779. Je n’ai pu dormir avant minuit. J’étais tellement émue par le
renouvellement des vœux qui aura lieu demain. La grandeur de Dieu envahit
tout mon être.
Pentecôte. La rénovation des vœux.
1780. Je me suis levée beaucoup plus tôt que d’habitude, et suis allée à la
chapelle, m’abîmant dans l’amour de Dieu. Avant de communier j’ai renouvelé
à voix basse mes vœux religieux. Après la Sainte Communion, un inconcevable
amour de Dieu m’enveloppa. Mon âme était en relation avec le Saint-Esprit,
qui est le même Seigneur que le Père et le Fils. Son souffle combla mon âme
d’un tel délice que mes efforts seraient vains pour donner la moindre idée
de ce que mon cœur a vécu. Pendant toute la journée, la présence de Dieu
m’accompagna, où je me trouve, et quel que soit la personne à qui je parle.
Mon âme se noyait dans l’action de grâce pour ces grandes grâces.
1781. Aujourd’hui je suis sortie au jardin. Le Seigneur m’a dit : « Retourne
dans ta chambre, car je vais t’y attendre. » Lorsque je suis revenue, tout
se suite j’aperçus Jésus qui était assis près de la table, m’attendant. .
Avec un regard bienveillant, Il me dit : « Ma fille, Je désire que tu
écrives maintenant, car cette promenade ne serais pas conforme à Ma volonté.
» Je suis restée seule, et je me suis mise à écrire.
1782. Lorsque je me suis plongée dans l’oraison et que je me suis unie à
toutes les Saintes Messes qui se célébraient à ce moment-là dans le monde
entier, j’ai imploré Dieu par toutes ces Saintes Messes d’avoir miséricorde
pour le monde et particulièrement pour les pauvres pécheurs qui à ce
moment-là étaient en agonie. Au même instant j’ai reçu intérieurement la
réponse de Dieu que mille âmes avaient obtenu grâce par l’intermédiaire de
la prière que j’avais offerte à Dieu. Nous ne savons pas le nombre d’âmes
que nous devons sauver par nos prières et nos sacrifices, nous devons donc
toujours prier pour les pécheurs.
1783. Aujourd’hui, au cours d’une longue conversation, le Seigneur m’a dit :
« Comme Je désire vivement le salut des âmes ! Ô mon aimable secrétaire,
écris que Je désire répandre Ma vie divine dans les âmes humaines et les
sanctifier, pourvu qu’elles veuillent seulement accepter Ma grâce. Les plus
grands pécheurs arriveraient à une haute sainteté, si seulement ils avaient
confiance en Ma miséricorde. Mon Cœur déborde de miséricorde et elle est
répandue sur tout ce que j’ai créé. C’est Mon délice d’agir dans l’âme
humaine, de la combler de Ma miséricorde et de la justifier. Mon Royaume sur
terre c’est Ma vie dans l’âme humaine. Ecris, ma secrétaire, que Je suis
Moi-même personnellement le Directeur des âmes. Je les dirige par
l’intermédiaire du prêtre et je mène chacune à la sainteté par une voie qui
n’est connue que de Moi. »
1784. La Mère Supérieure est venue me voir aujourd’hui, mais pendant un
court instant seulement. Lorsqu’elle a regardé tout autour, elle m’a dit : «
Tout est trop beau ici ! » C’est vrai que les Sœurs tâchent de me rendre le
séjour au sanatorium agréable. Mais toute cette beauté ne diminue en rien
mon sacrifice que Dieu seul voit et qui ne cessera qu’au moment où mon cœur
cessera de battre. Aucune beauté terrestre ni céleste n’effacera le supplice
de mon âme, qui est douloureux à chaque instant, quoique intérieur.
Il ne finira que lorsque Vous seul direz : « Assez ! », Vous l’Auteur de
mon, supplice. Rien ne saurait amoindrir mon offrande !
Le premier vendredi après la Fête-Dieu.
1785. Tout de suite, le vendredi après la Fête-Dieu, je me suis sentie si
mal que je croyais que le moment désiré approchait. Une forte fièvre me prit
et la nuit j’ai eu un grand crachement de sang. Je suis cependant allée le
matin recevoir Jésus, mais n’ai pu assister à la Sainte Messe. Dans
l’après-midi, ma température tomba soudain à 35°,8. J’étais si faible qu’il
me semblait que tout mourait en moi. Cependant, lorsque je me suis plongée
dans une profonde oraison, j’ai compris que ce n’était pas encore le moment
de la délivrance, mas un appel plus proche du Bien-Aimé.
1786. Quand j’ai rencontré le Seigneur, je Lui ai dit : « Vous me décevez
Jésus ! Vous me montrez la porte du Ciel ouverte, et de nouveau Vous me
laissez sur terre. » Le Seigneur m’a dit : « Lorsque tu verras au Ciel les
jours présents, tu te réjouiras et tu voudrais en voir encore plus. Je ne
M’étonne pas, Ma fille, que tu ne puisses pas le comprendre maintenant, car
ton cœur est abreuvé de douleur et se languit de Moi. Ta vigilance Me plaît.
Ma parole doit te suffire : il n’y en a plus pour longtemps. »
Et mon âme se trouva de nouveau en exil. Je me suis unie amoureusement à la
volonté divine, m’en remettant à ses miséricordieux décrets.
1787. Les conversations que j’entends ici, concernant les choses mondaines,
me fatiguent tellement que je me sens prête à défaillir. Les Sœurs qui me
soignent s’en sont aperçues. Cela se voit au dehors.
1788. J’ai vu aujourd’hui la gloire de Dieu se répandre par cette image.
Beaucoup d’âmes obtiennent des grâces, même si elles n’en parlent pas
publiquement. Bien que les vicissitudes de cette image soient de toutes
sortes, Dieu en retire de la gloire. Et les efforts de Satan et des méchants
se brisent et sont anéantis. Malgré la méchanceté de Satan la miséricorde
divine va triompher sur le monde entier et être adorée par toutes les âmes.
1789. J’ai compris que l’âme doit renoncer à toute action d’après sa propre
volonté pour que Dieu puisse agir en elle. Autrement Dieu ne réalisera pas
en elle Sa volonté
1790. Alors qu’un grand orage approchait j’ai commencé à réciter ce petit
chapelet. Soudain j’ai entendu la voix d’un ange : « Je ne peux pas
m’approcher dans cet orage, car la clarté qui sort de sa bouche me repousse,
moi et l’orage. » Ainsi l’ange se plaignait à Dieu. Alors j’ai compris quels
grands dégâts il devait opérer par cet orage. Mais j’ai compris aussi que
cette prière était agréable à Dieu et quelle est la puissance de ce petit
chapelet.
1791. Il m’a été révélé qu’une certaine âme qui est très agréable à Dieu,
malgré toutes sortes de persécutions, a été revêtue par Dieu d’une nouvelle
et plus haute dignité. Mon cœur en fut profondément heureux.
1792. Les moments les plus agréables pour moi sont ceux que je passe en
conversation avec le Seigneur dans mon cœur. Je tâche de mon mieux de ne pas
le laisser seul, Il aime être toujours avec nous…
1793. Ô Jésus, Dieu Eternel, je Vous remercie de Vos innombrables grâces et
bienfaits ! Que chaque battement de mon cœur soit un nouvel hymne d’action
de grâces pour Vous, mon Dieu ! Que chaque goutte de mon sang circule pour
Vous Seigneur ! Mon âme est un hymne de louange à Votre miséricorde. Je Vous
aime, mon Dieu, pour Vous-même.
1794. Mon Dieu, quoique mes souffrances soient grandes et qu’elles traînent
en longueur, je les accepte de Votre main comme des dons magnifiques ! Je
les accepte toutes et même celles que d’autres âmes n’ont pas voulu
accepter. Vous pouvez tout m’apporter mon Jésus, je ne Vous refuserai rien.
Je Vous supplie seulement de me donner une chose : Donnez-moi la force de
tout supporter et faites que tout soit méritoire ! Voici, Vous avez tout mon
être ! Faites de moi ce qu’il Vous plaira !
1795. Aujourd’hui, j’ai vu le Sacré Cœur de Jésus dans une grande clarté
dans le ciel. De Sa Blessure sortaient des rayons qui se répandaient sur le
monde entier.
1796. Aujourd’hui le Seigneur est entré chez moi et m’a dit : « Ma fille,
aide-Moi à sauver les âmes ! Tu iras chez un pécheur mourant et tu vas
réciter ce petit chapelet Ainsi tu lui obtiendras la confiance en Ma
Miséricorde, car il est déjà au désespoir. »
1797. Soudain je me suis trouvée dans une chaumière inconnue où un homme âgé
agonisait déjà dans de terribles supplices. Autour du lit, il y avait une
multitude de démons et la famille qui pleurait. Dès que j’ai commencé à
prier, les esprits des ténèbres se sont dispersés avec un sifflement et en
me menaçant. Cette âme se tranquillisa et pleine de confiance se reposa dans
le Seigneur.
A cet instant, je me suis retrouvée dans ma chambre. Comment cela
arrive-t-il ? Je ne le sais pas.
1798. J.M.J.
Je sens qu’une puissance me défend et me cache contre les traits de
l’ennemi. Elle me garde et me défend, je le sens bien. Je suis comme abritée
à l’ombre de ses ailes.
1799. Mon Jésus, Vous seul êtes bon ! Mon cœur fait des efforts pour décrire
au moins une petite parcelle de Votre bonté, mais je n’en suis pas capable.
Cela dépasse toutes nos pensées.
1800. Un jour pendant la Sainte Messe, le Seigneur me fit comprendre plus
profondément Sa Sainteté et Sa Majesté et en même temps j’ai pris conscience
de ma misère. J’étais contente de cette connaissance et mon âme plongeait
toute entière dans Sa miséricorde. Je ressentis un immense bonheur.
1801. Le lendemain, j’ai perçu des mots distincts : « Vois-tu, Dieu est
Saint et tu es pécheresse ! N’approche pas de Lui et confesse-toi chaque
jour ! » Mais de fait, je n’ai pas manqué la Sainte Communion et j’ai résolu
de me confesser au temps prescrit n’ayant aucun empêchement spécial. Quand
le jour de la confession arriva, j’avais préparé toute une liste de péchés
pour m’en accuser. Cependant, quand je me suis approchée de la grille, Dieu
me permit de ne m’accuser que de deux imperfections, malgré mes efforts pour
me confesser comme je m’y étais préparée. Lorsque je suis sortie du
confessionnal, le Seigneur m’a dit : « Ma fille, tous ces péchés que tu
voulais confesser ne sont pas péchés à Mes yeux. C’est pourquoi Je t’ai ôté
la possibilité de les exprimer. » J’ai compris que Satan, voulant troubler
mon calme, me donne des pensées exagérées. Mon Sauveur, comme Votre bonté
est grande !
1802. Un autre jour où je me préparais à la Sainte Communion, voyant que je
n’avais rien à Lui offrir, je suis tombée à Ses pieds, appelant toute Sa
miséricorde pour ma pauvre âme. Que Votre grâce qui s’épanche de Votre Cœur
charitable sur moi, me donne des forces pour le combat et la souffrance,
afin que je Vous reste fidèle. Bien que je sois une telle misère, je n’ai
pas peur de Vous. Rien ne m’intimidera devant Vous, mon Dieu, car je connais
Votre Miséricorde. Et la connaissance que j’en ai est bien au-dessous de la
réalité, je le vois clairement.
Ici finit le sixième et dernier cahier des notes de Sœur Faustine Kowalska,
religieuse professe perpétuelle de la Congrégation de la Divine Mère de la
Miséricorde
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