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19 Avril 2005
 

Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal


édition numérique par Anne Speeckaert et www.JesusMarie.com
Petit Journal de Sœur Faustine

1553. 1er février 1938 - Je me sens aujourd’hui un peu moins bien, cependant je participe encore à la vie commune de toute la Congrégation. Je m’impose là de grands efforts, Toi seul le sais, Jésus ! Aujourd’hui j’ai pensé ne pas pouvoir tenir au réfectoire pendant tout le déjeuner. Chaque bouchée de nourriture me causait des douleurs énormes.

1554. Quand la mère supérieure m’a rendu visite il y a une semaine, elle m’a dit : « Vous attrapez toutes les maladies, ma sœur, parce que votre organisme est très faible, mais ce n’est pas votre faute. Si une autre sœur avait cette maladie, elle marcherait sûrement, mais vous, ma sœur, vous devez rester couchée. »Ces paroles ne me firent pas de peine, mais il vaut mieux ne pas faire de telles comparaisons à de grands malades, car leur calice est de toute façon bien rempli. D’autre part, je pense que lorsque les sœurs rendent visite aux malades, elles ne devraient pas demander chaque fois en détail ce qui fait mal et comment cela fait mal, car répéter toujours la même chose à chaque sœur est infiniment fatiguant ; il arrive que l’on répète cela plusieurs fois par jour.

1555. Lorsque j’entrai un moment à la chapelle, le Seigneur m’a fait connaître que parmi les âmes choisies il y en a qui le sont particulièrement et qu’il appelle à une plus haute sainteté, à une exceptionnelle union avec Lui. Ce sont là des âmes séraphiques, Dieu exige d’être plus aimé par elles que par les autres âmes ; et quoique toutes vivent dans des couvents, cependant il exige parfois d’une âme en particulier ce surplus d’amour. Une telle âme comprend cet appel, car son Dieu le lui fait connaître intérieurement, mais elle peut cependant le suivre ou non ; il dépend d’elle d’être fidèle aux inspirations du Saint-Esprit ou bien d’y résister. Cependant j’ai appris qu’il existe un endroit au purgatoire où les âmes rendent compte de ce genre de fautes : c’est le plus dur de tous les supplices. L’âme particulièrement marquée par Dieu se distinguera partout, aussi bien au ciel qu’au purgatoire ou en enfer. Au ciel elle se distinguera des autres âmes par une gloire et une clarté plus grandes et une plus profonde connaissance de Dieu au purgatoire – par une plus profonde douleur, car elle connaît plus profondément et désire plus vivement Dieu ; en enfer – elle souffrira plus que les autres âmes car elle sait Qui elle a perdu ; cette empreinte de l’amour exclusif de Dieu restera toujours gravée en elle.

1556. Ô Jésus, maintiens-moi dans une crainte sacrée afin que je ne gâche pas les grâces. Aide-moi à être fidèle à l’inspiration de l’Esprit Saint, que mon cœur éclate plutôt d’amour pour Toi, plutôt que de manquer, ne serait-ce qu’un seul acte de cet amour.

1557. 2 février 1938 - Obscurité de l’âme. C’est aujourd’hui la fête de la Mère de Dieu, et en mon âme, il fait si sombre. Le Seigneur s’est caché, et moi je suis seule, toute seule. Mon esprit est si obscurci, que je ne vois alentour que des spectres ; aucun rayon de lumière ne pénètre mon âme, je ne me comprends pas moi-même, ni ne comprends ceux qui me parlent. De terribles tentations m’assaillent quant à la sainte foi. Ô mon Jésus, sauve-moi ! Je ne peux rien dire de plus. Je ne peux les décrire en détail, car je crains que quelqu’un ne soit scandalisé en les lisant. Je me suis étonnée que de tels tourments puissent atteindre l’âme. Ô ouragan que fais-tu de la barque de mon cœur ? Cette tempête a duré tout un jour et une nuit. Lorsque la mère supérieure est venue me voir et m’a demandé : « Ne voudriez-vous pas profiter, ma sœur, de la présence du père Andrasz, car il va confesser ? »- J’ai répondu que non. Il me semblait que le père ne serait pas en état de me comprendre, et que moi je ne serais pas en état de me confesser. J’ai passé toute la nuit avec Jésus à Gethsémani. De ma poitrine, ne sortait qu’un gémissement de douleur. Une agonie naturelle serait plus légère, car là on agonise et on finit par mourir, mais ici on agonise et on ne peut mourir. Ô Jésus, sauve-moi, je crois en Toi de tout mon cœur, j’ai vu tant de fois la clarté de Ta face, mais maintenant – où est-tu Seigneur ? Je crois, je crois et encore une fois je crois en Toi, Dieu unique, en la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, ainsi qu’en toutes les vérités que Ta Saint Eglise me donne à croire. Cependant, l’obscurité ne se dissipe pas et mon âme se trouve plongée dans une agonie encore plus grande. Et à ce moment-là un si terrible supplice m’avait envahie que je m’étonne maintenant moi-même de n’avoir pas rendu l’âme - mais ce ne fut qu’un court instant.

1558. A ce moment j’ai vu Jésus. De Son Cœur sortaient ces deux mêmes rayons et ils m’enveloppèrent toute entière. Au même moment, mes tourments disparurent. Ma fille – dit le Seigneur – sache que de toi-même tu es ce que tu as vécu maintenant ; ce n’est que par ma grâce que tu participes à la vie éternelle, et à tous les dons que je t’accorde généreusement. Et avec ces paroles du Seigneur je reçus une véritable connaissance de moi-même. Jésus me donne une leçon de profonde humilité et en même temps de confiance totale en Lui. Mon cœur est réduit en cendres, en poussière, et même si tous les gens devaient me fouler aux pieds, je considérerais encore cela comme une grâce.
Je sens et je suis si profondément pénétrée de ce que je ne suis rien, que de véritables humiliations me seront un soulagement.

1559. 3 février 1938 - Aujourd’hui après la Sainte Communion, Jésus m’a donné à nouveau quelques directives : Premièrement – ne lutte pas seule contre la tentation, mais dévoile-la immédiatement à ton confesseur, elle perdra alors toute sa force ; deuxièmement – dans ces épreuves, ne perds pas ton calme , vis ma présence, implore l’aide de ma Mère et des saints ; troisièmement – aie la certitude que je te regarde et que je te soutiens ; quatrièmement – ne crains ni les luttes de l’esprit ni aucune tentation, car je te soutiens pour peu que tu veuilles lutter ; sache que la victoire est toujours de ton côté ; cinquièmement – sache que par un vaillant combat tu me rends une grande gloire, et que tu amasses pour toi-même des mérites, la tentation te donne l’occasion de me montrer ta fidélité.

1560. Et maintenant, je vais te dire ce qui est le plus important pour toi : une franchise illimitée envers ton directeur ; si tu ne profites pas de cette grâce selon mes indications, je te l’enlèverai et alors tu resteras seule avec toi-même et à nouveau reviendront tous les tourments que tu connais. Cela me déplaît que tu ne profites pas de ces occasions où tu peux le voir et t’entendre avec lui. Sache que c’est une grande grâce de ma part lorsque je donne un directeur à une âme. Bien des âmes me le demandent, mais je n’accorde pas cette grâce à toutes. Du moment que je te l’ai donné comme directeur, je l’ai doté d’une nouvelle lumière pour lui faciliter la connaissance et la compréhension de ton âme…

1561. Ô mon Jésus, ma seule miséricorde, permets que je voie sur Ton visage Ton consentement en signe de réconciliation avec moi, car mon cœur ne peut soutenir la gravité de Ton visage ; si Tu la prolonges encore un instant, il se brisera de douleur ! Tu vois bien que par ma contrition je suis réduite en poussière.

1562. Au même moment, je me vis comme dans un palais, et Jésus me donna la main, me plaça à Son côté et me dit avec bienveillance : Ma bien-aimée, c’est par l’humilité que tu me plais toujours. La plus grande misère ne saurait me retenir de m’unir à une âme, mais là où règne l’orgueil, je n’y suis pas.
Revenue à moi, j’ai réfléchi à tout ce qui était advenu en mon cœur, remerciant le Seigneur de l’amour et de la miséricorde dont il venait de faire preuve.

1563. Jésus cache-moi , ainsi que Tu t’es caché sous l’apparence d’une blanche Hostie, dérobe-moi également aux yeux des hommes et cache tout particulièrement les dons que Tu daignes m’accorder : fais que je ne trahisse pas extérieurement ce que Tu opères en mon âme ! Je suis devant Toi comme une blanche Hostie, ô divin Prêtre, consacre-moi Toi-même et que ma transfiguration soit connue de Toi seul ; et chaque jour je me tiens devant Toi comme une Hostie expiatoire, et j’implore Ta miséricorde pour le monde ! En silence et inaperçue je me consumerai devant Toi comme une Hostie expiatoire, et j’implore Ta miséricorde pour le monde. En silence et inaperçue je me consumerai devant Toi ; mon amour pur et sans partage brûlera comme un holocauste dans un profond silence, et que le parfum de cet amour se répande aux pieds de Ton trône ! Tu es le Seigneur des Seigneurs, mais Tu es épris des cœurs infiniment petits et humbles…

1564. Lorsque je suis entrée un moment à la chapelle, le Seigneur m’a dit : Ma fille, aide-moi à sauver un pécheur agonisant ; récite pour lui ce chapelet que je t’ai enseigné ! Lorsque j’ai commencé à réciter ce chapelet, j’ai vu ce mourant dans de terribles luttes et supplices. L’Ange gardien le défendait, mais il était comme sans force devant l’immensité de la misère de cette âme. Mais pendant que je récitais le chapelet, je vis Jésus, tel qu’il est peint sur le tableau. Les rayons qui sortaient du Cœur de Jésus enveloppèrent le malade et les forces des ténèbres s’enfuirent, dans la panique. Le malade rendit calmement le dernier soupir. Lorsque je revins à moi, je compris combien la récitation de ce chapelet est importante auprès des mourants, elle apaise la colère de Dieu.

1565. Quand j’ai demandé pardon au Seigneur Jésus de l’une de mes actions qui s’est avérée un peu imparfaite, Il m’a tranquillisée par ces paroles : « Ma fille, je te récompense pour la pureté de l’intention que tu avais au moment où tu as agi ; mon cœur s’est réjoui que tu aies eu mon amour en vue au moment d’agir, et cela de façon si nette, et maintenant encore tu en as un profit, c’est l’humiliation. Oui, mon enfant, je désire que tu aies toujours une aussi grande pureté d’intention dans les moindres de tes desseins. »

1566. En ce moment, lorsque j’ai pris la plume, j’ai adressé une courte prière au Saint-Esprit et j’ai dit : « Jésus, bénis cette plume, afin que tout ce que Tu m’ordonnes d’écrire, serve à la gloire de Dieu. J’entendis alors une voix : « Oui, je la bénis parce que sur cet écrit est apposé le sceau de l’obéissance à ta supérieure et à ton confesseur, et cela même contribue à ma gloire, bien des âmes en tireront profit. Ma fille, j’exige que tu consacres chaque moment libre à écrire sur ma bonté et ma miséricorde ; c’est là ton office et ton devoir en cette vie, de faire connaître aux âmes la grande miséricorde que j’ai envers elles, et les exhorter à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. »

1567. Ô mon Jésus , je crois en Tes paroles et n’ai plus aucun doute là-dessus car au cours d’une conversation, la mère supérieure m’a dit d’écrire d’avantage sur Ta miséricorde. Cette déclaration s’accordait tout à fait avec Ton exigence ! Ô mon Jésus, je comprends maintenant que si Tu exiges quelques chose des âmes, Tu donnes alors aux supérieurs l’inspiration, afin qu’ils nous accordent l’autorisation de pouvoir accomplir Tes exigences ! Quoiqu’il arrive parfois qu’on ne l ‘obtienne pas immédiatement, et que notre patience soit parfois mise à l’épreuve…


568. Ô Amour éternel, Jésus qui T’es enfermé dans cette Hostie, Et qui caches la majesté de la Divinité et dissimules Ta beauté !
Tu accomplis cela pour T’abandonner entièrement à mon âme
Et ne pas l’effrayer par Ta grandeur.
Ô Amour éternel, Jésus, qui T’es caché dans le pain,
Lumière éternelle, inconcevable Source de bonheur et de joie,
Car Tu désires être pour moi un ciel sur la terre,
Et Tu l’es lorsque Ton amour divin se communique à moi !

1569. Ô Dieu de grande miséricorde, Bonté infinie, voilà qu’aujourd’hui l’humanité toute entière appelle de l’abîme de sa misère Ta miséricorde, Ta pitié ô Dieu ! Et elle appelle avec la puissante voix de la misère. Dieu bienveillant ne rejette pas les prières des exilés de cette terre ! Ô Seigneur, Bonté inconcevable, qui connais à fond notre misère et qui sais que nous ne pourrions de nos propres forces nous élever jusqu’à Toi ! C’est pourquoi, nous t’en supplions, devance-nous de Ta grâce et augmente sans cesse en nous Ta miséricorde, afin que nous accomplissions fidèlement Ta sainte volonté durant toute notre vie, ainsi qu’à l’heure de notre mort ! Que la toute puissance de Ta miséricorde nous abrite des attaques des ennemis de notre salut, afin que nous attendions avec confiance, comme Tes enfants, Ta venue dernière, dont le jour est connu de Toi seul ! Et nous nous attendons à recevoir tout ce qui nous est promis par Jésus, malgré toute notre misère, car Jésus est notre espérance, par son Cœur miséricordieux nous passons comme par les portes ouvertes au ciel.

1570. J’ai remarqué que depuis le moment où je suis entrée au couvent, on m’a toujours fait le même reproche, c’est d’être sainte ; mais ce nom était toujours dit de façon ironique. Au début ce me fut très pénible, puis en m’élevant spirituellement, je n’y ai plus fait attention ; mais quand une personne se trouva attaquée à cause de ma sainteté, j’ai éprouvé tant de mal que d’autres puissent avoir des désagréments à cause de moi que je m’en suis plainte auprès du Seigneur Jésus, pourquoi en est-il ainsi, et le Seigneur m’a répondu : Tu t’attristes de cela ? Mais tu es sainte, sous peu je le ferai paraître moi-même en toi et ils prononceront ce même mot « sainte » mais cette fois avec amour.

1571. Je te rappelle, ma fille, que chaque fois que tu entendras l’horloge sonner trois heures, immerge-toi tout entière dans ma miséricorde en l’adorant et en la glorifiant ; fais appel à sa toute-puissance pour le monde entier et particulièrement pour les pauvres pécheurs, car à ce moment elle est grande ouverte à toutes les âmes. A cette heure-là, tu peux tout obtenir pour toi et pour les autres ; à cette heure, la grâce été donnée au monde entier- la miséricorde l’emporta sur la justice. Ma fille, essaie à cette heure-là de faire le chemin de croix autant que tes occupations te le permettent ; mais si tu ne peux pas faire le chemin de croix, entre au moins à la chapelle et célèbre mon cœur qui est plein de miséricorde dans le Saint Sacrement ; et si tu ne peux entrer à la chapelle, plonge-toi dans la prière là où tu te trouves, ne serait-ce que pour un tout petit moment. J’exige de toute créature de vénérer ma miséricorde, mais de toi d’abord, car je t’ai fait connaître le plus profondément ce mystère.

1572. Ô mon Dieu, quelle nostalgie de Toi m’a envahie aujourd’hui ! Oh ! Plus rien n’occupe mon cœur, la terre n’a plus rien à me donner ! Ô Jésus, combien je ressens cet exil, combien il se prolonge pour moi !Ô mort, messagère de Dieu, quand viendra l’annonce de ce moment tout désiré où je pourrai m’unir pour les siècles à mon Dieu ?

1573. Ô mon Jésus, que les derniers jours d’exil soient entièrement selon Ta très sainte volonté ! Je joins mes souffrances, mes amertumes et même mon agonie à Ta sainte passion et je les offre pour le monde entier, afin d’implorer l’abondance de la miséricorde divine pour les âmes et particulièrement pour celles qui sont dans nos maisons. Je Te fais totalement confiance et m’abandonne entièrement à Ta sainte volonté qui est la miséricorde même. Ta miséricorde me tiendra lieu de tout en cette heure dernière – ainsi que Tu me l’as Toi-même promis…

1574. Je Te salue, Amour éternel, mon doux Jésus qui a daigné habiter en mon cœur ! Je Te salue, ô glorieuse Divinité qui as daigné T’abaisser pour moi, et par amour pour moi T’anéantir jusqu’à prendre l’apparence du pain ! Je te salue Jésus, fleur incorruptible de l’humanité, Toi, Tu es unique pour mon âme ! Ton Amour est plus pur que le lys et Ta présence m’est plus agréable que l’odeur de la jacinthe. Ton amitié plus tendre et plus délicate que le parfum de la rose et cependant plus forte que la mort. Ô Jésus, inconcevable beauté, c’est avec les âmes pures que Tu T’entends le mieux, car elles seules sont capables d’héroïsme et de sacrifice. Ô doux sang de Jésus, ennoblis mon sang et change-le en Ton propre sang, que cela m’advienne selon Ta prédilection.

1575. Sache, ma fille, qu’entre moi et toi, il y a l’abîme infini qui sépare le Créateur de la créature, mais ma miséricorde comble cet abîme. Je t’élève jusqu’à moi, non par besoin de toi, mais je te fais don de la grâce de l’union avec moi uniquement par miséricorde.

1576. Dis aux âmes qu’elles ne fassent pas obstacle en leur propre cœur à ma miséricorde, qui désire tant agir en elles. Ma miséricorde est à l’œuvre dans tous les cœurs qui lui ouvrent la porte ; le pécheur comme le juste ont besoin de ma miséricorde. La conversion comme la persévérance est une grâce de ma miséricorde.

1577. Que les âmes qui tendent à la perfection adorent particulièrement ma miséricorde, car l’abondance des grâces que je leur accorde découle de ma miséricorde. Je désire que ces âmes se distinguent par une confiance illimitée en ma miséricorde. Je m’occupe moi-même de la sanctification de ces âmes, je leur procure tout ce qui peut être nécessaire à leur sainteté. Les grâces de ma miséricorde se puisent à l’aide d’un unique moyen – et c’est la confiance. Plus sa confiance est grande, plus l’âme reçoit. Les âmes d’une confiance sans borne me font une grande joie, car je verse en elles le trésor entier de mes grâces. Je me réjouis qu’elles demandent beaucoup, car mon désir est de donner beaucoup et de donner abondamment. Par contre, je m’attriste si les âmes demandent peu, si elles resserrent leur cœur.

1578. Ce qui me fait le plus souffrir, c’est quand je rencontre l’hypocrisie. Je comprends maintenant, mon Sauveur, que Tu aies si sévèrement reproché aux Pharisiens leur hypocrisie. Avec les pécheurs endurcis Tu T’es comporté avec plus de bienveillance lorsqu’ils revenaient vers Toi tout contrits.

1579. Mon Jésus, voici que je vois que je suis passée par toutes les étapes de la vie en te suivant : enfance, jeunesse, vocation, travaux apostoliques, Thabor, Jardin des Oliviers, et me voici maintenant déjà avec Toi au Calvaire. Je me suis laissée crucifier de mon plein gré et je suis déjà crucifiée, bien que je marche encore un peu, mais je suis écartelée sur la croix et je sens nettement que de Ta croix me vient la force, que Toi seul es ma persévérance. Plus d’une fois j’ai entendu la voix de la Tentation me criant – descends de la croix, cependant la force de Dieu me fortifie ; l’abandon, l’obscurité et diverses souffrances frappent mon cœur, pourtant la grâce mystérieuse de Dieu me soutient et me fortifie. Je désire boire le calice jusqu’à la dernière goutte. Je crois fermement que si Ta grâce m’a soutenue au Jardin des Oliviers, elle me viendra en aide maintenant que je suis au Calvaire.

1580. Ô mon Jésus, Maître, j’unis mes désirs aux désirs que Tu as eus sur la croix : je désire accomplir Ta sainte volonté ; je désire la conversion des âmes ; je désire que Ta miséricorde soit glorifiée ; je désire que soit hâté le triomphe de l’Eglise ; je désire que la fête de la miséricorde soit vénérée dans le monde entier ; je désire la sainteté pour les prêtres ; je désire qu’existe une sainte dans notre congrégation ; je désire qu’existe dans toute notre congrégation un esprit de grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ; je désire que les âmes qui sont en nos maisons n’offensent pas Dieu, mais qu’elles persistent dans le bien ; je désire la bénédiction de Dieu pour mes parents et toute ma famille ; je désire que Dieu accorde une lumière particulière à mes guides spirituels et particulièrement au Père Andrasz et à l’abbé Sopocko ; je désire une bénédiction particulière pour les supérieurs sous la direction desquelles j’ai été, et tout particulièrement pour la mère générale, Mère Irène, et la maîtresse Mère Marie-Josèphe.

1581. Ô mon Jésus, maintenant j’embrasse le monde entier et j’implore pour lui Ta miséricorde. Lorsque Tu me diras, ô Dieu, que cela suffit, que Ta sainte volonté est entièrement accomplie, à ce moment en union avec Toi, mon Sauveur, je remettrai mon âme entre les mains du Père céleste, pleine de confiance en Ton infinie miséricorde, et le premier hymne que je chanterai lorsque je me tiendrai au pied de ton trône, sera pour Ta miséricorde. Je ne t’oublierai pas, pauvre terre – bien que je sente que toute entière je sombrerai immédiatement en Dieu, comme en un océan de bonheur ; mais cela ne me sera pas un empêchement pour revenir sur terre et donner du courage aux âmes et les inciter à la confiance en la miséricorde divine. Bien sûr cette immersion en Dieu me donnera une possibilité d’action illimitée.

1582. En écrivant ceci, j’entends les grincements de dents de Satan qui ne peut supporter la miséricorde divine et fait du fracas avec les objets de ma cellule ; mais j’éprouve en moi-même la force de Dieu, si grande qu’il m’est indifférent que l’ennemi de notre salut se mette en colère, et je continue tranquillement à écrire.

1583. Ô inconcevable bonté de Dieu qui nous protège à chaque pas, qu’un honneur sans fin soit rendu à Ta miséricorde, pour avoir fraternisé non pas avec les anges, mais avec les hommes – c’est là un miracle du mystère insondable de Ta miséricorde. Notre entière confiance est en Toi, Jésus-Christ, notre Frère aîné, Dieu véritable et Homme véritable ! Mon cœur frémit de joie en voyant combien Dieu est bon pour nous, si misérables et ingrats, et comme preuve de son amour, Il nous a fait un don inconcevable, c’est-à-dire Lui-même, en la Personne de son Fils. Nous ne saurons, durant toute l’éternité, épuiser le mystère de cet amour. Ô humanité, pourquoi penses-tu si peu que Dieu est véritablement parmi nous ? Ô Agneau de Dieu, je ne sais ce qu’il faut admirer le plus en Toi : Ta douceur, Ta vie cachée et Ton anéantissement pour l’homme, ou bien cet incessant miracle de la miséricorde qui transforme les âmes et les ressuscite à la vie éternelle. Bien que Tu sois ainsi caché, Ta toute-puissance se révèle ici plus que dans la création de l’homme ; bien que la toute-puissance de Ta miséricorde agisse pour la justification du pécheur, Ton action reste silencieuse et cachée.

1584. Vision de la Mère de Dieu. Dans une grande clarté, j’ai aperçu la Mère de Dieu en robe blanche, avec une ceinture d’or, de petites étoiles,, également d’or, se trouvaient sur tout Son manteau et les manches bordées de triangles d’or. Son manteau était bleu saphir, légèrement jeté sur les épaules, sur Sa tête un voile transparent légèrement posé, les cheveux libres, très joliment arrangés, et une couronne d’or qui se terminait par des croix. Elle tenait l’Enfant Jésus sur le bras gauche .Je n’avait encore jamais vu la Mère de Dieu ainsi. Alors elle me regarda avec bienveillance et dit : « Je suis Notre Dame des prêtres. Sur ce, Elle déposa Jésus à terre et levant le bras droit, Elle dit : « Ô Dieu, bénis la Pologne, bénis les prêtres ! » Et Elle me dit à nouveau : « Dis aux prêtres ce que tu as vu ! » J’ai décidé qu’à la première occasion je le dirai au père, mais moi-même, je ne comprends rien à cette vision.

1585. Ô mon Jésus, Tu vois quelle immense gratitude j’ai pour l’abbé Sopocko qui a mené Ton œuvre si loin. Cette âme si humble a su supporter tous les orages, et elle ne s’est pas laissée décourager par les contrariétés, mais elle a fidèlement répondu à l’appel de Dieu.

1586. Quand une des sœurs reçut la tâche du service des malades – et elle était si négligente dans ce service, il fallait vraiment nous mortifier – un jour je décidai de le dire aux supérieures ; cependant j’entendis une voix en mon âme : Supporte cela patiemment, quelqu’un d’autre le dira. Ce service-là dura tout le mois. Lorsque je pus descendre au réfectoire et à la récréation, j’entendis alors ces mots en mon âme : « Maintenant d’autres sœurs parleront de la négligence du service de cette sœur, quant à toi, tais-toi et ne donne pas ton opinion en cette affaire. » A ce moment commença une assez vive critique de cette sœur qui ne put rien trouver pour sa défense et toutes les sœurs dirent en chœur : « Corrigez-vous ma sœur et faîtes mieux le service des malades. »J’ai appris que parfois le Seigneur Jésus ne désire pas que nous disions quelque chose nous-mêmes ; Il a ses moyens et sait prendre la parole.

1587. Aujourd’hui, j’ai entendu ces paroles : Dans l’Ancien Testament j’ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd’hui, je t’envoie vers toute l’humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais je désire la guérir en l’étreignant sur mon cœur miséricordieux. Je n’applique le châtiment que lorsqu’ils m’y forcent eux-mêmes ; ma main ne prend volontiers le glaive de la justice ; avant le jour de la justice, j’envoie le jour de la miséricorde. J’ai répondu : Ô mon Jésus parle Toi-même aux âmes, car mes paroles sont sans importance !

+JMJ

1588. L’âme dans l’attente de la venue du Seigneur.

Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras,
Je veille donc sans cesse et je tends l’oreille,
Moi Ta bien-aimée que Tu as choisis,
Car je sais que Tu aimes venir inaperçu,
Cependant le cœur pur, Seigneur, Te pressent de loin !

Je T’attends, Seigneur, dans le calme et le silence,
Avec une grande nostalgie en mon cœur
Et un désir inassouvi
Je sens que mon amour pour Toi se change en brasier
Et comme une flamme s’élèvera dans le ciel, à la fin de mes jours,
Alors tous mes vœux se réaliseront !

Viens donc enfin – mon très doux Seigneur
Et emporte mon cœur assoiffé
Là-bas chez Toi, dans les hautes contrées des cieux
Où règne éternellement Ta vie !

Car la vie sur terre n’est qu’une agonie,
Car mon cœur sent qu’il est créé pour les hauteurs
Et rien ne l’intéresse des plaines de cette vie
Car ma patrie, c’est le ciel. Je crois en cela invinciblement.

(Fin du cinquième cahier.)
 

 

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