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19 Avril 2005
 

" France, fille de l'Eglise, es-tu fidèle à l'Alliance avec la sagesse éternelle ?"

 

 

Selon la tradition, chaque année, en la fête de sainte Pétronille, première patronne de la Nation, a lieu la Messe pour la France à l’autel homonyme dans la Basilique Saint-Pierre. Ainsi le 31 mai dernier , la communauté française de Rome .s'est réunie autour de l'Ambassadeur de France, S.E . M. Pierre Morel , pour célébrer sainte Pétronille, liée à l'histoire de France depuis le VIIIe siècle: Le Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil pontifical pour la Culture, présidait la Messe et a prononcé l’homélie que nous publions ci-dessous :

 

1 P 3, 14-17; Ps 30 ; Jn 15, 18-21

 

Un peu d'histoire:

 

1. Le culte de Sainte Pétronille, petite vierge représentée dans une fresque du , IVe siècle en l'abside de la basilique souterraine des catacombes de Domitille, tandis qu'elle introduit la défunte Veneranda au paradis, témoigne de son appartenance à la famille des premiers martyrs de Rome, les seuls à faire l’objet d'un culte dans les premiers temps de l'Eglise. Le cimetière. de Domitille appartenait à la Famille du grand-père de l’empereur Vespasien,  Titus Flavius Petro, de qui viendrait le diminutif féminin de Pétronille. Nous ne savons rien de son histoire véritable, et c’est à partir de certains écrits apocryphes, les Actes de Pierre et les Actes de Philippe, que Pétronille a été prise pour la fille de saint Pierre. Elle a pu cependant être baptisée par l'Apôtre à sa conversion, et être par là considérée comme son authentique fille spirituelle. En la célébrant, nous vénérons l'apôtre Pierre, et nous les implorons pour notre patrie, la France.

 

 2. Car la sainte dont nous  faisons mémoire aujourd’hui, est liée à l’histoire de France depuis le VIIIe siècle. En 753, le pape Etienne Il menacé par les Lombards, convaincu qu'il ne pourrait rien attendre de l'Empereur d'Orient, franchit les Alpes et demande l'aide et la protection de Pépin le Bref . Grâce à deux expéditions victorieuses, le pape est protégé et sauvé d'une invasion lombarde, et il donne au roi des Francs, dans la. ville de Saint;Denis, sainte Pétronille comme protectrice du royaume: "Au-dessus de toutes  les nations qui sont sous le ciel, votre peuple franc s’est montré dévoué envers moi, Pierre Apôtre de Dieu ». Il lui promet de transférer ses reliques des catacombes de Domitille où elles reposaient, au Vatican, dans une chapelle de Saint Pierre qui deviendra ainsi celle des rois de France. En défendant le pape et en posant les fondements de l’Etat pontifical, Pépin le Bref et ses successeurs devenaient les fils privilégiés de l’Eglise, en quelque sorte les fils de Saint Pierre. Et sainte pétronille , « fille » du prince des Apôtres, devenait ainsi la patronne des rois Francs, la sœur aînée qui protège ses frères

 

3. La chapelle de sainte Pétronille, voisine de  la sacristie de Saint-Pierre , est dès lors, pour les papes, le symbole, de l'alliance de la papauté avec la monarchie franque. Nous savons la dévotion de Louis XI pour la jeune vierge martyre: pour remercier de la guérison du Dauphin , Le futur Charles VIII, il fait embellir la chapelle, et, plus tard, sous Louis XII, le Cardinal Bénédictin français du titre de Sainte-Sabine , Jean de Bilhères Lagraulas , abbé. de Saint-Denis en France et ambassadeur de Charles VIII, demande au jeune Michel-Ange - il n'avait que vingt-trois ans – de réaliser pour la chapelle Sainte-Pétronille une vierge de piété, sa célèbre Pietà, au non peu connu de Notre-Dame-de-Ia-Fièvre , dont vous avez admiré une fois encore la beauté en entrant dans l'immense vaisseau de la Basilique vaticane. La chapelle de Sainte­Pétronille n'est plus détruite pour la reconstruction de Saint-Pierre à la  Re naissance, il nous en reste cet autel, sur lequel il est de tradition, pour la France et les Français de Rome, de célébrer la première patronne de la Nation et le lien qui unit Notre pays à la personne du Pape et au Saint-Siège. Cette chapelle entretenue par le gouvernement français par l'entremise de son ambassade, est pour nous comme une présence discrète de notre Nation auprès du Prince des Apôtres. Elle nous rappelle le titre de «fille aînée de l'Eglise» porté avec fierté par notre pays pendant de longs siècles, depuis que le pape Alexandre VI, accueillant Charles VIII sur le chemin de Naples avec ses troupes françaises, tenant de sa main gauche la main droite du roi, répondit à son salut en l'appelant «son fils Aîné», (cf. Cardinal Paul Poupard, France. Fille aînée de l'Eglise, Les éditions Régnier, 1995).

 

4. Chers frères et sœurs, la mémoire est l'espérance du futur. Depuis le baptême de Clovis, la sève évangélique ne cesse de féconder la culture française, dont les chefs-d'œuvre ont enrichi l'Eglise. Depuis cinq siècles, foi et culture s'affrontent dans notre pays en d'innombrables débats où l'intelligence n'a jamais déserté les deux camps. Mais lorsqu'elle semble s'épuiser dans sa fonction critique indispensable, le génie qui l'habite paraît se lasser, et une foi sans culture s'anémier dans une culture sans foi. Comment ne pas évoquer l'un de mes grands souvenirs du pape que nous pleurons encore, Jean-Paul II, cet ami de la France qui admirait tant les saints, les théologiens, les penseurs et les missionnaires français. C' était au Séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux, l'après-midi du premier juin 1980, un dimanche bien rempli, où je l'avais accueilli le matin à l'Institut catholique, avant de l'accompa gner le soir au Parc des Princes. Le jeune pape interpellait avec ferveur les évêques de France: «Le christianisme n'appartient-il pas au génie de votre nation?». Il est de fait que la culture française n'est elle-même que lorsque la foi s'y épanouit et lui donne, au cœur de sa finitude, un surcroît de plénitude. Les tensions vives, souvent larvées, parfois exacerbées, qui ne cessent d'opposer les fils de Pascal aux fils de Voltaire, les fervents de Paul Claudel aux disciples de Michel Foucault sont celles contre lesquelles Jésus met en garde ses disciples dans l'Evangile que nous venons d'entendre: «Si le monde a de la haine pour vous, sachez bien qu'avant vous il en a eu pour moi. Si vous étiez du monde, il aimerait ce qui lui appartiendrait. Mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que mon choix vous en a retirés, il a de la haine pour vous ». Il nous arrive de ressentir avec une particulière violence cette haine du monde qui se détourne de la foi et de l'humanisme chrétien. Mais sur quelles bases fonder les valeurs qui sont au cœur de notre culture? Ce même 1 er juin, il m'en souvient, Jean-Paul II s'adressait avec vigueur au Peuple de Dieu réuni au Bourget: « Que n'ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l'homme, pour exprimer l'homme par la formulation de ses droits inaliénables! On sait la place que l'idée de liberté, d'égalité et de fra ternit é tient dans votre culture, dans vot re histoire. Au fond, ce sont là des id ées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l'alliance de l'homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l'homme. Pour nous, l'alliance intérieure avec la sagesse se trouve à la base de toute culture et du véritable progrès de l'homme ».

 

5. Les défis du monde moderne sont immenses, et les ombres souvent se font menaçantes. Mais la foi reste une lumière indispensable, l'Eglise une communauté irremplaçable, le Saint-Père une conscience indéniable dont le monde a aujourd'hui plus que jamais besoin. Nous l'avons expérimenté avec force en avril dernier: la mort de Jean-Paul II a suscité une marée d'hommes et de femmes de tous horizons géographiques et culturels, venus dire une dernière fois «merci» devant sa dépouil­ le mortelle. A ses funérailles, Place Saint-Pierre, nous avions, réunies, les Nations du monde autour de l'homme de la paix, le bon pasteur, le beau pasteur que Dieu nous avait donné. Et de nouveau autour du nouveau Pape que les Cardinaux venaient d'élire, et qui est maintenant notre Saint-Père, le pape Benoît XVI.

 

5. Prions, chers frères et sœurs, prions sainte Pétronille d'éteindre les fièvres — c'est, dit-on, sa «spécialité» — qui parfois secouent notre pays et suscitent l'étonnement de nos amis. Prions la Vierge de Pitié, la Pietà au regard si jeune et doux dans l'épreuve du mystère de la mort de son Fils, avant la résurrection. Prions-la pour nos concitoyens et tous ceux qui sont en charge du bien public. Qu'ils trouvent dans le message de l'Evangile la Sagesse qu'implorait pour la France Jean-Paul II au terme de son homélie passionnée au Bourget «Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger: France, Fille aînée de l'Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton bapt ême? Permettez- moi de vous demander: France, Fille de l'Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à l'al liance avec la sagesse éternelle?», cette sagesse de l'amour qui donna, de saint Louis à Robert Schuman, l'audace à de grands politiques de gouverner «autrement», dans la justice, le désintéressement, le souci des pauvres et des «laissés-pour-compte». Et comme l'a fait le pape Benoît XVI au premier jour de son ministère d'évêque de Rome, place Saint-Pierre prions le pape Jean-Paul II de continuer à bénir la France de sa fenêtre d'éternité où notre espérance le rejoint, pour que la foi de nos frères et sœurs en Jésus Christ se trouve pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue pour devenir culture vivante. J'oserai dire: culture française au sein de l'Eglise catholique.

 

 

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