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19 Avril 2005
 

Benoît XVI : la tradition Apostolique est publique, unique

 

Cité du Vatican, le 28 mars 2007 - (E.S.M.) - L'Audience Générale de ce matin s'est déroulée à 10h30 Place Saint Pierre devant 20.000 personnes. Dans le discours en langue italienne le Pape Benoît XVI, en continuant le cycle de catéchèses sur les Pères Apostoliques, s'est arrêté sur la figure de Saint Irénée de Lyon.

Le pape Benoît XVI - Audience Générale du 28.03.07

Benoît XVI : la tradition Apostolique est publique, unique

Catéchèse du pape Benoît XVI sur Saint Irénée de Lyon

L'Audience Générale de ce matin s'est déroulée à 10h30 Place Saint Pierre où le Saint Pape Benoît XVI a rencontré des groupes de pèlerins et de fidèles provenant d'Italie et de chaque partie du monde.

Dans le discours en langue italienne le Pape, en continuant le cycle de catéchèses sur les Pères Apostoliques, s'est arrêté sur la figure de Saint Irénée de Lyon.

Après avoir repris ses catéchèses en différentes langues, le Saint Père a adressé des salutations particulières aux groupes de fidèles présents.
L'Audience Générale s'est conclue par le chant du Pater Noster et la Bénédiction Apostolique.

Catéchèse du pape Benoît XVI
 
Chers frères et soeurs !

Dans les catéchèses sur les grandes figures des premiers siècles de l'Église, nous arrivons aujourd'hui à la personnalité importante de Saint Irénée de Lyon. Les nouvelles biographiques sur lui proviennent de son propre témoignage, nous a été transmise par Eusèbe dans le cinquième livre de l'Histoire Ecclésiastique. Irénée nacquit très probablement à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie) vers 135-140, où encore jeune, il fut disciple de l'Évêque Polycarpe, disciple lui-même de l'apôtre Jean. Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie Mineure en Gaule, mais le voyage dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon : ici, en 177, nous trouvons Irénée dans le collège des prêtres. Justement cette année-là, il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la communauté de Lyon, au Pape Eleuthère. La mission romaine a soustrait Irénée de la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle  tombèrent au moins quarante huit martyres, parmi lesquels le même Évêque de Lyon,  Photin, âgé de 90 ans, mort de mauvais traitements en prison. Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Évêque de la ville. Ce nouveau pasteur se consacra totalement au ministère épiscopal, qui s'acheva vers  202-203, peut-être, par le martyre.

Irénée est avant tout un homme de foi et un pasteur. Du bon pasteur, il a le sens de la mesure, la richesse de la doctrine, l'ardeur missionnaire. En tant qu'écrivain, il poursuit un double objectif : défendre la véritable doctrine des assauts des hérétiques, et exposer avec clarté, la vérité de la foi. Les deux oeuvres qui nous restent de lui correspondent exactement à ces objectifs: les cinq livres Contre les hérésies, et l'Exposition de la prédication apostolique (qu'on peut même appeler le  "catéchisme le plus ancien de la doctrine chrétienne"). En définitive, Irénée est le champion de la lutte contre les hérésies. L'Église du II siècle était menacée par la soi-disant gnose, une doctrine qui affirmait que la foi enseignée dans l'Église, serait seulement un symbolisme pour les personnes simples, ceux qui ne sont pas en mesure de comprendre les choses difficiles ; par contre, les initiés, les intellectuels - qu'on appelait des gnostiques - auraient compris tous ce qui se cachaient derrière ces symboles, et ainsi auraient formé un christianisme d'élites, intellectuel. Évidemment ce christianisme intellectuel se divisait toujours plus en différents courants de pensées souvent étranges et extravagantes, mais attrayantes pour beaucoup. Un élément commun de ces différents courants, était le dualisme; on niait la foi dans l'unique Dieu, Père de tous, Créateur et Sauveur de l'homme et du monde. Pour expliquer le mal dans le monde, ils affirmaient l'existence, auprès du Dieu bon, d'un principe négatif. Ce principe négatif aurait produit les choses matérielles, la matière.

S'enracinant solidement dans la doctrine biblique de la création, Irénée réfute le dualisme et le pessimisme gnostique qui sous-évaluaient les réalités corporelles. Il revendiquait décidément l'originelle sainteté de la matière, du corps, de la chair, autant que celle de l'esprit. Mais son oeuvre va bien au-delà du fait d'avoir nié l'hérésie : on peut dire en effet qu'il se présente comme le premier grand théologien de l'Église, qui a créé la théologie systématique ; il parle même du système de la théologie, de la cohérence interne de toute la foi. Au centre de sa doctrine réside la question de la "règle de la foi" et de la transmission. Pour Irénée la "règle de la foi" coïncide en pratique avec le Credo des Apôtres, et nous donne la clé qui nous permet d'interpréter l'Évangile, pour interpréter le Credo à la lumière de l'Évangile. Le symbole apostolique, qui est une sorte de synthèse de l'Évangile, nous aide à comprendre ce qu'il veut dire, et comment nous devons lire l'Évangile.

En effet, l'Évangile prêché par Irénée, est celui qu'il a reçu de Polycarpe, Évêque de Smyrne, et l'Évangile de Polycarpe remonte à l'apôtre Saint Jean, dont Polycarpe était disciple. Et ainsi le véritable enseignement n'est pas celui inventé par les intellectuels au-delà de la foi simple de l'Église. Le véritable Evangile est celui enseigné par les Évêques qui l'ont reçu dans une chaîne ininterrompue par les Apôtres. Ceux-ci n'ont pas enseigné autre chose que cette foi simple, qui est la véritable profondeur de la révélation de Dieu. Ainsi - dit Irénée - il n'y a pas une doctrine secrète derrière le Credo commun de l'Église. Il n'existe pas un christianisme supérieur pour les intellectuels. La foi publiquement confessée par l'Église, est la foi commune de tous. Seule cette foi est apostolique, elle vient des Apôtres, c'est-à-dire de Jésus et de Dieu. En adhérant à cette foi transmise publiquement par les Apôtres à leurs successeurs, les chrétiens doivent observer ce que disent les Évêques, ils doivent suivre tout spécialement l'enseignement de l'Église de Rome, prééminente et ancienne. Cette Église, à cause de son ancienneté, est la plus grande apostolicité, en effet, elle tire son origine des piliers du Collège apostolique, Pierre et Paul. Avec l'Église de Rome, doivent s'accorder toutes les Églises, en reconnaissant en elles, la mesure de la vraie tradition apostolique, de l'unique foi commune de l'Église. Avec ces arguments, ici très brièvement repris, Irénée réfute dans les fondements, les idées de ces gnostiques, de ces intellectuels : avant tout ils ne possèdent pas une vérité qui serait supérieure à celle de la foi commune, parce que lorsqu'ils disent, qu'elle n'est pas d'origine apostolique, cela est inventé par eux ; en deuxième lieu, la vérité et le salut ne sont pas des privilèges et le monopole de quelques uns, mais tous peuvent y parvenir grâce à la prédication des successeurs des Apôtres, et surtout de l'Évêque de Rome. Tout particulièrement - toujours en remettant en question le caractère "secret" de la tradition gnostique, et en soulignant les résultats multiples et contradictoires entre eux - Irénée se préoccupe d'illustrer le concept naturel de la Tradition apostolique, que nous pouvons reprendre en trois points, précise Benoît XVI.

A) La Tradition apostolique est "publique", pas privée ou secrète. Pour Irénée, il n'y a aucun doute que le contenu de la foi transmise par l'Église est celui reçu des Apôtres et de Jésus, le Fils de Dieu. Il n'existe pas d'autre enseignement que celui-ci. Par conséquent, celui qui veut connaître la véritable doctrine doit connaître "la Tradition qui vient des Apôtres et la foi annoncée aux hommes" : tradition et foi qui " sont arrivée jusqu'à nous grâce successions des évêques" (Adv. Haer. 3.3.3-4). Ainsi succession des Évêques, principe personnel et la Tradition apostolique, ainsi principe doctrinal, coïncident.

B) La Tradition apostolique est "unique". Alors qu'en effet le gnosticisme est sous-divisé en de multiples sectes, la Tradition de l'Église est unique en son contenu fondamental, que - comme nous l'avons vu - Irénée appelle justement, regula fidei ou veritatis : et ainsi comme elle est unique, elle crée unité à travers les peuples, à travers les différentes cultures, à travers les différents peuples ; c'est un contenu commun comme la vérité, malgré la diversité des langues et des cultures. Il y a une phrase très précieuse de saint Irénée dans le livre contre les hérésies: "l'Église, bien que dispersée partout, garde avec soin [ la foi des Apôtres ], comme si elle n'habitait  qu'une seule maison ; de la même manière, elle croit dans ces vérités, comme si elle avait une seule âme et un seul coeur ; en plein accord avec ces vérités elle proclame, enseigne et transmet, comme si elle n'avait qu'une seule bouche. Les langues du monde sont différentes, mais la puissance de la tradition est unique et la même : les Églises fondées dans la Germanie n'ont pas reçu ni ne transmettent pas de foi différente, pas plus que celles fondées dans les Espagnes ou encore parmi les celtes ou encore dans les régions orientales ou en Egypte ou en Libye ou dans le centre du monde "(1.10.1-2). On voit déjà à ce moment, nous sommes dans l'année 200, l'universalité de l'Église, sa catholicité et la force unificatrice de la vérité, qui unit ces réalités tellement différentes, de la Germanie, à l'Espagne, l'Italie, l'Egypte, Libye, dans la  vérité commune qui nous a été révélée par le Christ.

C) Finalement, la Tradition apostolique est comme il le dit dans la langue grecque dans laquelle il a écrit son livre, "pneumatique", c'est-à-dire spirituelle, guidée par l'Esprit-Saint : en grec esprit se dit pneuma. Il ne s'agit pas en effet d'une transmission confiée à l'habilité d'hommes plus ou moins savants, mais à l'Esprit de Dieu, qui assure la fidélité de la transmission de la foi. telle est la "vie" de l'Église, ce qui rend l'Église toujours fraîche et jeune, c'est-à-dire féconde de multiples charismes. Église et Esprit pour Irénée sont inséparables : "Cette foi", nous lisons encore dans le troisième livre contre les hérésies, "nous l'avons reçue de l'Église et nous la conservons : la foi, par l'oeuvre de l'Esprit de Dieu, comme un dépôt précieux gardé dans un vase de valeur toujours rajeunissante et qui fait aussi rajeunir le vase qui la contient... Là où est l'Église, là est l'Esprit de Dieu ; et où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce "(3.24.1).

Comme on le voit, Irénée ne se limite pas à définir le concept de la Tradition. Sa Tradition, Tradition ininterrompue, il ne s'agit pas de traditionalisme, parce que cette Tradition est toujours intérieurement vivifiée par l'Esprit-Saint, qui la fait à nouveau vivre, et qui la fait être, interprétée et comprise dans la vitalité de l'Église. Selon son enseignement, la foi de l'Église doit être transmise de sorte qu'elle doit apparaître telle qu'elle doit être, c'est-à-dire "publique", "unique", "pneumatique", "spirituelle". À partir de ces caractéristiques, on peut conduire un discernement fructueux à propos de l'authentique transmission  de la foi dans l'aujourd'hui de l'Église. Plus généralement, dans la doctrine d'Irénée, la dignité de l'homme, corps et âme, est solidement ancrée dans la création divine, dans l'image du Christ et dans l'oeuvre permanente de sanctification de l'Esprit. Cette doctrine est comme un "voie maîtresse" pour mettre en lumière avec toutes les personnes de bonne volonté, l'objet et les limites du dialogue sur les valeurs, et pour donner un élan toujours nouveau à l'action missionnaire de l'Église, à la force de la vérité qui est la source de toutes les vraies valeurs du monde.

Texte original des paroles du pape Benoît XVI Italien - traduction E.S.M.

Autres synthèses sur la catéchèse du Saint Père:
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Traité Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Démonstration de l'enseignement apostolique:   Texte intégral du "Traité contre les hérésies   »   Source: JESUSMARIE.com et Antoine Beltrano
 

Sources: www.vatican.va - E.S.M.

© Copyright 2007 du texte original- Libreria Editrice Vatican

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 28.03.2007 - BENOÎT XVI

 

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