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19 Avril 2005
 

Vatican : La chasse au kangourou

Le 27 février 2015 - (E.S.M.) - Le cardinal australien Pell encerclé par ses adversaires. Sant'Egidio éclipse la secrétairerie d’état. Un nouveau vicaire argentin pour l'Opus Dei.

Vatican : La chasse au kangourou

Journal du Vatican / La chasse au kangourou et autres histoires par Sandro Magister

Le 27 février 2015 - E. S. M. - Ces jours derniers, un observateur de la vie au Vatican, pour peu qu’il n’ait pas été inattentif, a eu bien des choses à noter sur ses tablettes. En voici quelques unes.

*

Quand Sant’Egidio fait de l’ombre à la secrétairerie d’état

Samedi 21 février, Angela Merkel, la chancelière allemande, a rencontré pendant quarante minutes le pape François et pendant plus d’une heure le cardinal secrétaire d’état Pietro Parolin qui était accompagné par le ministre des Affaires étrangères du Vatican, l’archevêque Paul R. Gallagher. Elle s’est entretenue avec eux du prochain G7, de l’Ukraine et d’autres sujets.

Angela Merkel s’est ensuite rendue au siège de la Communauté de Sant’Egidio et, cette fois encore, la visite a duré un peu plus d’une heure. Cependant, en raison d’une gestion efficace de la communication relative à ce dernier événement, la rencontre de la chancelière avec l’organisation fondée par Andrea Riccardi a complètement dominé, au point de vue médiatique, l’entretien qu’elle avait eu avec les dirigeants de la diplomatie vaticane. Il suffit, pour s’en rendre compte, de constater que le "Corriere della Sera", le grand quotidien italien qui est lu dans toutes les chancelleries, a consacré beaucoup plus d’espace à la visite d’Angela Merkel à Sant'Egidio qu’à celle qu’elle a rendue au Vatican, en ne faisant pas la moindre allusion à sa rencontre avec Parolin et Gallagher. Un échec non négligeable pour les hauts responsables de la diplomatie vaticane, qui considèrent traditionnellement que les incursions de la "diplomatie parallèle" de Sant’Egidio, tellement vantée, ne sont que de la poudre aux yeux Journal du Vatican / Sant'Egidio en liberté surveillée (20.12.2011)

Cependant cette recherche d’une visibilité médiatique dont ont fait preuve leurs concurrents pourra peut-être ne pas déplaire aux ecclésiastiques qui collaborent avec le pape dans ses initiatives diplomatiques, étant donné que le souverain pontife lui-même l'a stigmatisée dans son homélie du Mercredi des Cendres :

"Lorsque nous faisons quelque chose de bien, nous éprouvons presque instinctivement un désir d’être estimés et admirés pour cette bonne action, afin d’en ressentir de la satisfaction. Jésus nous invite à accomplir ces actions sans aucune ostentation et à compter uniquement sur la récompense qui nous viendra du Père 'qui voit dans le secret".

Malleus (aliquorum) cardinalium

Les temps sont durs pour les cardinaux considérés comme “dissidents” par rapport aux lignes directrices de l’actuel pontificat. C’est ce que démontrent les trois coups de massue que le portail ultra-bergoglien "Vatican Insider" a asséné, en l’espace de quelques jours, à trois cardinaux qui lui déplaisent.

Le 14 février, il a republié, en indiquant le nom du destinataire, un post figurant sur le blog du cardinal Donald Wuerl, archevêque de Washington, dans lequel ce prélat réprimandait son confrère Raymond L. Burke, sans en citer le nom, pour crime de lèse-majesté envers le pape Il cardinale Wuerl risponde a Burke (e ai dissenzienti)

Le 16 février il a rendu compte, avec une grande abondance de détails inédits, des opérations que le conseil pontifical pour les textes législatifs a entreprises, à la demande du pape, dans le but de limiter les pouvoirs que le cardinal George Pell voudrait s’attribuer en tant que préfet du secrétariat pour l’économie, dans les statuts qui sont en cours d’élaboration Ma sopra Pell c'è uno "zar" più potente di lui

Enfin, le 19 février, il a mis largement en évidence les critiques, parfois sarcastiques, qu’un prêtre blogueur chinois a lancées contre le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, qu’il accuse de boycotter toute hypothèse d’"appeasement" entre Pékin et le Saint-Siège "Cardinale Zen, ma tu ci credi nei miracoli?"

Grande chasse au “kangourou” Pell

Après le conseil pontifical pour les textes législatifs (voir ci-dessus), c’est le Fonds de retraites du Vatican qui est descendu à son tour dans l’arène afin de combattre le cardinal australien George Pell. Il l’a fait dans un communiqué daté du 20 février, où figurent des données rassurantes à propos de la situation du Fonds lui-même, afin de contrebalancer les "données alarmantes" qui circulent "depuis plusieurs mois" et qui sont "également amplifiées par des informations provenant de la presse" Comunicato...

Le communiqué fournit une profusion de chiffres afin de démontrer cette affirmation. Mais, au-delà des aspects comptables, ce qui est important, c’est l’aspect “politique”. Cela fait déjà un moment, en effet, que le cardinal Pell lance des signaux d’alarme à propos de l’équilibre des comptes à moyen terme du Fonds de retraites du Vatican. Il l’a fait au mois de juillet 2014, date à laquelle il a même annoncé la création d’un comité technique  – comportant un grand nombre de noms – afin d’étudier la la question. Il l’a fait dans un article publié dans le "Catholic Herald" au mois de décembre et il a recommencé le 13 février sur le site "Crux" du "Boston Globe" Vatican's finance czar reports $ 1.5 billion in hidden assets

C’est de Pell, en effet, que proviennent les données "alarmantes" contre lesquelles a réagi le conseil d’administration du Fonds de retraites, qui est présidé par le cardinal Domenico Calcagno, président de l’APSA [Administration du patrimoine du siège apostolique], et qui a comme membres les représentants d’organismes du Vatican tels que la Fabrique de Saint-Pierre (l’évêque Vittorio Lanzani), la Propagation de la Foi (Mgr Ermes Giovanni Viale), la secrétairerie d’état (Mgrs Alberto Perlasca et Tullio Poli), Radio Vatican (Alberto Gasbarri) et le Gouvernorat (Antonio Chiminello) : en somme, les représentants de tous ces organismes qui ont engagé un bras de fer avec Pell pour conserver leur autonomie économico-financière.

On voit donc là la poursuite de la manœuvre d’encerclement qui vise celui que les médias anglo-saxons s’obstinent à appeler le "tsar" des finances du Vatican mais qui, à l’intérieur des Murailles Sacrées, y compris "in altissimis", est surnommé plus prosaïquement "le kangourou”.

Des évêques émérites élus au synode ? Maintenant c’est possible

Parmi les ecclésiastiques qui ont été élus par la conférence des évêques de leur pays pour participer au prochain synode consacré à la famille, il y a deux prélats qui ont déjà pris leur retraite. Le premier est le cardinal lituanien Audrys Backis, âgé de 78 ans, archevêque émérite de Vilnius. L’autre, qui a le même âge, est le Grec Frangiskos Papamanolis, évêque émérite de Syros, qui, en tout cas, exerce la charge de président de l’épiscopat catholique hellénique.

Autrefois cette possibilité n’existait pas. Le cas de Mgr Luigi Bettazzi, élu par la conférence des évêques d’Italie au mois de novembre 1998 pour participer au synode spécial consacré à l’Europe, qui allait être célébré au mois d’octobre de l’année suivante, est resté dans les mémoires. En effet sa nomination ne fut pas ratifiée par le Vatican parce que, dans l’intervalle – c’est-à-dire au mois de février 1999, alors qu’il était âgé de 75 ans et trois mois – sa démission d’évêque d’Ivrée avait été acceptée et qu’il était alors devenu évêque émérite.

Vanitas vanitatum

Le 2 février, à l’occasion d’une conférence qui se tenait dans la salle de presse du Vatican et avait pour objectif de présenter la réunion plénière du conseil pontifical pour la culture consacrée au thème des "cultures féminines", un fait a attisé la curiosité et fait naître des polémiques : dans le document préparatoire, la chirurgie esthétique était définie comme une "burqa de chair". Le hasard a voulu que, le jour suivant, une autre conférence officielle ait eu lieu dans cette même salle de presse et qu’elle ait permis de constater qu’étaient présentes sur l’estrade plusieurs personnes consacrées dont les cheveux étaient manifestement teints.

Place aux jeunes

Dans une interview qu’il a accordée récemment, le cardinal Tarcisio Bertone a révélé qu’il avait été confirmé pour une période de deux ans en tant que membre de la Propagation de la Foi, le dicastère qui, au Vatican, aide le souverain pontife à désigner les ordinaires d’environ 40 % des circonscriptions ecclésiastiques catholiques, celles qui se trouvent en terres de mission. Ont également été confirmés en tant que membres de la congrégation, bien qu’ils aient dépassé l’âge de 80 ans, les cardinaux Giovanni Battista Re et Franc Rodé. D’après les règles actuellement en vigueur, les membres des dicastères cessent automatiquement leurs fonctions lorsqu’ils parviennent à leur quatre-vingtième anniversaire. L’avenir dira si les cas évoqués ci-dessus constituent de simples dérogations "ad personam" ou s’il s’agit d’une anticipation de la réforme de la curie.

L’opération argentine de l’Opus Dei

Pour la première fois dans son histoire, la prélature de l’Opus Dei a choisi un non-espagnol pour occuper l’un de ses postes de direction, celui de vicaire général. Et le choix s’est porté sur un Argentin, Mgr Mariano Fazio, que Jorge Mario Bergoglio connaît bien. Un choix qui semble étudié précisément pour consolider et améliorer les rapports de l’Opus Dei avec le pape François.

Au cours de ces deux premières années de son pontificat, les relations du pape avec l'Opus Dei ont été formellement excellentes, grâce notamment aux audiences qui ont été accordées à Mgr Carlos María Nannei, prédécesseur de Fazio au poste de vicaire en Argentine. Mais il y a eu un plus grand nombre de signaux en sens inverse.

Cependant, en ce qui concerne la cérémonie de béatification d’Álvaro del Portillo, successeur du fondateur saint Josemaría Escrivá, la dispense espérée pour pouvoir la célébrer à Rome n’a pas été accordée. C’est pourquoi la cérémonie a eu lieu à Madrid le 27 septembre dernier, bien que le nouveau bienheureux soit mort à Rome et qu’il y ait passé les dernières décennies de sa vie.

D’autre part on a remarqué que, lors du dernier synode consacré à la famille, aucun des membres de l’Opus – parmi lesquels ne manquent pourtant pas les théologiens et les canonistes de valeur – n’avait été choisi par nomination pontificale en tant que membre, expert, ou auditeur. Et puisqu’il n’y avait aucun président de conférence épiscopale ni aucun chef de dicastère appartenant à l'Opus, celle-ci a été totalement absente des travaux synodaux. (Pour mémoire, parmi les membres élus par les conférences épiscopales pour le prochain synode et dont la désignation a été ratifiée par le pape, on trouve trois prélats de l’Opus : l’archevêque José H. Gomez de Los Angeles aux États-Unis, l’archevêque Antonio Arregui Yarza de Guayaquil en Équateur et l’évêque Jaime R. Fuentes Martin de Minas en Uruguay).

Enfin l’Opus Dei a reçu un coup supplémentaire au Pérou, pays dans lequel deux de ses prélats, l’archevêque de Cuzco et l’évêque de Chiclayo, ont pris leur retraite au cours de ces derniers mois, sans être remplacés par d’autres membres de la prélature. Ce qui a rendu encore plus opposé à l'Opus un épiscopat au sein duquel le cardinal archevêque de Lima, Juan L. Cipriani, membre de l’Opus Dei, bien qu’étant à ce poste depuis 1999, n’a jamais réussi, contrairement à ses prédécesseurs, à être élu président de la conférence des évêques.

La nomination de Mariano Fazio au poste de vicaire général de l’Opus a été annoncée le 12 décembre dernier ; il avait été reçu par le pape François dans l’après-midi du 30 septembre. Cette audience a été annoncée dans le bulletin du Saint-Siège du 1er octobre et publiée dans "L'Osservatore Romano" daté du 2 octobre. Curieusement, le nom est apparu, que ce soit dans le bulletin ou dans le journal du Vatican, sous une forme erronée, “Fassio”.

Paradoxes et strabismes œcuméniques

Le 9 février dernier, la basilique Saint-Jean-de-Latran, qui est la cathédrale du pape, a accueilli le pèlerinage d’action de grâces de la congrégation dominicaine du “Saint Nom de Jésus” de Fanjeaux, en France, pour les 40 ans de sa fondation. Participaient à ce pèlerinage, en plus de deux cents religieuses, 950 de leurs élèves, ainsi qu’une centaine d’enseignants et de parents. Toutefois ces dominicaines n’ont pu faire célébrer une messe dans aucune église de Rome. Le fait est que les religieuses en question appartiennent à la branche féminine de la communauté lefebvriste et que la messe qu’elles voulaient faire célébrer était celle du rite préconciliaire. C’est sans aucun succès – ont indiqué les sœurs – que la commission pontificale "Ecclesia Dei" est intervenue, par des "demandes répétées", pour plaider leur cause.

Le fait est plutôt singulier dans un diocèse comme celui de Rome, où des églises importantes, telles que Saint-Théodore au Palatin ou Saints-Vincent-et-Anastase à la Fontaine de Trevi, ont été confiées à des communautés orthodoxes, et où des paroisses accueillent les rites de communautés non catholiques coptes ou roumaines. Mais ce strabisme œcuménique ne doit pas étonner, si l’on pense que, dans le camp catholique, il y a des gens qui – comme Enzo Bianchi, le prieur de Bose, ou le théologien Gianni Gennari – appliquent avec mépris le qualificatif de “schismatiques” aux seuls lefebvristes (qui ne sont plus excommuniés mais qui n’ont pas encore un "status" canonique au sein de l’Église catholique) alors que les chrétiens d’autres confessions qui, d’un point de vue formel, ne sont pas moins “schismatiques” que les lefebvristes sont tous appelés par eux, de manière amicale, “frères”.

Pas de nonces laïcs à l’horizon

La nomination du prélat Fernando Arellano Chica comme observateur permanent près la FAO à Rome semble mettre fin à l’hypothèse, plusieurs fois mentionnée, de nominations de laïcs aux postes diplomatiques près les organisations multilatérales dans lesquelles le représentant pontifical n’a pas comme interlocuteurs des évêques, contrairement à ce qui se passe pour les nonces présents dans les divers pays du monde. Sous le pontificat du pape François, en effet, en plus du poste près la FAO, les représentations pontificales près les sièges de l’ONU à New-York et à Vienne, ainsi que celle près le Conseil de l’Europe, à Strasbourg, ont changé de titulaire. Et, dans tous les cas, ce sont des ecclésiastiques qui ont été désignés. Le Vatican continue évidemment à considérer que, dans les organismes internationaux, la présence d’un ministre ordonné continue à être plus significative et plus efficace que celle d’un laïc.

Les salésiens sont les plus nombreux parmi les cardinaux mais, à la commission théologique, ce sont les jésuites qui l’emporte

Depuis le dernier consistoire, la congrégation religieuse la plus nombreuse dans le collège des électeurs du pape est celle des salésiens, avec ses 5 représentants, alors que les jésuites ont maintenant le pape mais plus aucun cardinal électeur. Cependant, à la commission théologique internationale, renouvelée par le pape François l’an dernier, les fils de don Bosco, qui avec quatre membres étaient les plus nombreux au cours des cinq années précédentes, ont maintenant disparu. En revanche les fils de Saint Ignace, qui n’y étaient pas présents au cours des cinq dernières années, sont actuellement les plus représentés, avec trois membres.

 Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.


 

Source: Sandro Magister
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 27.02.2015 - T/International

 

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