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19 Avril 2005
 

La loi morale naturelle, dit Benoît XVI, est constitutive de l’homme

 

Le 23 novembre 2007 - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI met l’accent sur le surgissement de la loi morale et propose comme terrain de réflexion la loi naturelle pour tous les hommes de bonne volonté qui ne partagent pas la foi chrétienne.

"Deux choses remplissent le coeur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes: le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi".

La loi morale naturelle, dit Benoît XVI, est constitutive de l’homme, elle lui est co-naturelle

DE LA LOI MORALE NATURELLE !

commentaire de Pierre-Charles Aubrit Saint Pol, (site ami lescatholiques.free.fr)

(en bleu les commentaires, en noir les paroles du Saint-Père)

Le pape Benoît XVI recevait, le 18 octobre 2007, la Commission Internationale de Théologie, à cette occasion, Sa Sainteté prononça un discours dans lequel, elle aborda le problème de la loi morale naturelle, elle invita la dite Commission à travailler sur le sujet.

La loi morale naturelle, dit Benoît XVI, est constitutive de l’homme, elle lui est co-naturelle [1] : « Elle a pour pivot l'aspiration et la soumission à Dieu, source et juge de tout bien, ainsi que le sens d'autrui comme égal à soi-même. Elle est exposée en ses principaux préceptes dans le Décalogue. » La loi morale naturelle est le bien commun de tout le genre humain ; toutefois, il nous faut aborder le sujet avec prudence, car le concept de « morale » est victime malheureusement de variations selon les cultures, le poids quasi homicide de certaines traditions, car il convient d’avoir sans cesse à l’esprit l’événement historique qui ouvre l’histoire : le péché originel.

Le péché originel ouvre une brèche effrayante dans l’être de l’homme, il n’est plus à même de maîtriser ses appétits qui tendent à se multiplier au fur et à mesure qu’il s’y soumet. Voilà pourquoi, il nous semble important de distinguer deux lois naturelles : la loi morale naturelle et la loi naturelle qui est celle observable par les sens, elle établit la création matérielle. [2] Nous aurions toutefois grand tort de les dissocier parce qu’il convient de les distinguer, saint Paul nous met en garde : « Depuis la création du monde, en effet, ses [attributs] invisibles sont rendus visibles à l’intelligence par ses œuvres : et sa puissance éternelle et sa divinité. Ils sont donc sans excuse, puisque, connaissant Dieu, ils ne l’ont ni glorifié ni remercié comme Dieu ; au contraire, ils sont devenus vains dans leurs raisonnements, et leur cœur inintelligent s’est obscurci. Se prétendant sages, ils sont devenus fous, et ils ont échangé la gloire du Dieu incorruptible pour des images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » (Rom.1, 20-24) Ce passage est une condamnation sans appel pour toutes les lois qui, actuellement, s’opposent à la loi morale naturelle et la loi naturelle. Et actuellement, pour la justification de celles-ci, dans un égarement d’orgueil rarement égalé, sauf par l’idéologie nazie, les voilà qui arrivent maintenant, dans un contresens inouï, à considérer la création physique, les problèmes environnementaux comme une nouvelle exigence idéologique si tendue qu’on peut sans excès dire qu’il s’agit là d’une nouvelle idolâtrie. Nous aurons l’occasion d’aborder ultérieurement ce sujet ; mais aujourd’hui, on peut dire que les courants fixés autour de l’environnement reflètent tous les égarements produits par ces orgueils désespérés qui se figent comme hallebardes contre la loi morale naturelle.

Le pape Benoît XVI met l’accent sur le surgissement de la loi morale et propose comme terrain de réflexion la loi naturelle pour tous les hommes de bonne volonté qui ne partagent pas la foi chrétienne
: « Avec cette doctrine, l’on parvient à deux finalités essentielles: d'une part, on comprend que le contenu éthique de la foi chrétienne ne constitue pas une imposition dictée de l'extérieur à la conscience de l'homme, mais qu'il s'agit d'une norme qui a son fondement dans la nature humaine elle-même; d'autre part, en partant de la loi naturelle accessible en soi à toute créature rationnelle, on établit avec celle-ci la base pour entrer en dialogue avec tous les hommes de bonne volonté et, de manière plus générale, avec la société civile et séculière. [3] » Il nous semble entendre en écho de charité, le discours du Très Saint Patriarche Alexis II de Moscou qui fit la même proposition au Parlement européen. Il importe de toute urgence que tous les représentants des religions et des milieux laïcs se rencontrent et se parlent sur le terrain commun de l’humanité qui est la Loi Morale Naturelle et la loi Naturelle. De ces discussions, devraient jaillir une union des bonnes volontés contre tous les courants dérivant qui s’opposent radicalement à l’ordre naturel [4] : « La loi naturelle n’est rien d’autre que la lumière de l’intelligence mise en nous par Dieu ; par elle, nous connaissons ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Cette lumière ou cette loi, Dieu l’a donnée à la création. » (St. Thomas d’A., dec. praec. 1.)

Benoît XVI poursuit en mettant l’accent sur les causes de l’inversion à laquelle nous assistons
: « Mais c'est précisément en raison de l'influence de facteurs d'ordre culturel et idéologique, que la société civile et séculière d'aujourd'hui se trouve dans une situation d'égarement et de confusion: on a perdu l'évidence originelle des fondements de l'être humain et de son action éthique, et la doctrine de la loi morale naturelle s'oppose aux autres conceptions qui en sont la négation directe. » Malgré la gravité sévère et remplie de douleurs de ce passage, nous ne pouvons que nous réjouir de cette parole, car elle condamne implicitement Descartes et son : « je pense donc je suis », ainsi que le « libre examen des réformés [5]. » Il est évident que de telles lois nourries d’idéologies de la mort et de la non-vérité ne peuvent que contribuer à l’inintelligence de l’homme à son incompréhension. On n’est incapable actuellement de recevoir l’homme dans toute son unité et diversité ; on parle à son sujet de grandeur et de dignité, mais en définitive, on ignore à quoi les relier. Le pape continue sa dénonciation : « Le problème qui se pose n'est donc pas la recherche du bien, mais celle du pouvoir, ou plutôt de l'équilibre des pouvoirs. A la racine de cette tendance se trouve le relativisme éthique, dans lequel certains voient même l'une des conditions principales de la démocratie, car le relativisme garantirait la tolérance et le respect réciproque des personnes. Mais s'il en était ainsi, la majorité d'un moment deviendrait la source ultime du droit. L'histoire démontre avec une grande clarté que les majorités peuvent se tromper. La véritable rationalité n'est pas garantie par le consensus d'un grand nombre, mais seulement par la compréhension qu'a la raison humaine de la Raison créatrice et par l'écoute commune de cette Source de notre rationalité. » Nous sommes ici devant un commentaire d’urgence du passage cité plus haut de saint Paul ; il est évident que le rejet de Dieu appel logiquement au rejet des lois morales naturelles et au refus de l’observation des lois naturelles. Ce qui fait que ces esprits convaincus d’être rationnels sont en fait si égarés dans leur révolte qu’ils n’ont plus rien de rationnel et sont esclaves d’un subjectivisme tragique. Il s’agit d’une confusion de la raison mêlée d’affectivités et de sensibleries, un pathos de l’intelligence soumise à toutes les déraisons, une intelligence désarticulée qui a perdu son axe. Mais comment pourrait-elle l’avoir gardé puisqu’elle rejette de manière cruelle et pathologique toute idée de vérité révélée ?

Le successeur de Pierre dans la logique implacable de son analyse met implicitement en garde les pouvoirs publics contre le danger de ces dispositions législatives, car elles ont pour conséquences mortelles le sentiment progressif, mais bien réel du retrait de toute légitimité dans l’exercice du pouvoir quel que soit le régime : « Lorsque les exigences fondamentales de la dignité de la personne humaine, de sa vie, de l'institution familiale, de la justice, de l'organisation sociale, c'est-à-dire les droits fondamentaux de l'homme, sont en jeu, aucune loi faite par les hommes ne peut renverser la règle écrite par le Créateur dans le cœur de l'homme, sans que la société elle-même ne soit dramatiquement frappée dans ce qui constitue sa base incontournable. La loi naturelle devient ainsi la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité et à l'abri de toute manipulation idéologique et de toute décision arbitraire ou d'abus du plus fort. Personne ne peut se soustraite à cet appel. » Il se produira une tragédie majeure quand, dans l’ensemble des peuples et surtout ceux de l’Occident, il sera ressenti l’absence de toute légitimité du pouvoir, mais aussi des institutions comme la justice par exemple. L’effroi que cela produira initiera des violences désespérées de nature telle qu’aucun homme n’aura encore connues malgré les tragiques de la Seconde guerre mondiale qui seront surpassées. On croit aujourd’hui gagner la sympathie des peuples en les flattant dans ce qu’ils ont de plus bas parce que des forces occultes ont largement contribué à cette culture du blasphème instituée ; c’est là pourtant le sceau d’un complet aveuglement. Quand les peuples plongés dans la vérité de leur conscience réaliseront combien ils ont déchu de leur dignité, alors il surgira en eux un tel désespoir qu’ils dévoreront ceux-là même qui les auront tant et tant flattés dans leurs appétits infra- humains. Ils n’auront plus de mesure que leur propre abîme désolant creusé par leur faute, ils voudront que toute l’humanité s’y engouffre, car ils n’auront pas voulu se donner la volonté d’aimer : « Si, en raison d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme et le relativisme éthique parvenaient à effacer les principes fondamentaux de la loi morale naturelle, l'ordre démocratique lui-même serait radicalement blessé dans ses fondements. »

Il appartient à tous les hommes de foi et de raison de s’attacher à s’unir pour combattre un mal aux effets si dévastateurs. Nul ne peut aujourd’hui, si tenté qu’il se respecte et s’aime, rester inerte devant les enjeux qui vont déterminer le sort de l’humanité d’ici ces vingt prochaines années. L’homme mesure de lui-même n’est rien de moins que la bombe la plus puissante qu’ait jamais été conçue, plus puissante que la totalité des bombes atomiques réunies en une seule.

Nous laisserons à Sa Sainteté le pape Benoît XVI la conclusion de ce commentaire
: « Contre cet obscurcissement, qui est à la base de la crise de la civilisation humaine, avant même que chrétienne, il faut mobiliser toutes les consciences des hommes de bonne volonté, laïcs ou appartenant à des religions différentes du christianisme, pour qu'ensemble et de manière concrète, ils s'engagent à créer, dans la culture et dans la société civile et politique, les conditions nécessaires pour une pleine conscience de la valeur inaliénable de la loi morale naturelle. »

Puisse tout homme entendre cet appel et puisse tout chrétien accepter une fois pour toutes d’obéir à la vérité source de sa liberté.


[1] - L’homme participe à la sagesse et à la bonté du Créateur qui lui confère la maîtrise de ses actes et la capacité de se gouverner en vue de la vérité et du bien. La loi naturelle exprime le sens moral originel qui permet à l’homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal, la vérité et le mensonge. (Le Catéchisme de l'Église catholique N°1954) “La loi naturelle est écrite et gravée dans l’âme de tous et de chacun des hommes parce qu’elle est la raison humaine ordonnant de bien faire et interdisant de pécher. […] Mais cette prescription de la raison humaine ne saurait avoir force de loi, si elle n’était la voix et l’interprète d’une raison plus haute à laquelle notre esprit et notre liberté doivent être soumis.(Libertas praestantissimum)

[2] - C’est ainsi que l’on peut observer dans la nature que la procréation est le résultat de l’union des corps organiques d’un mâle et d’une femelle et qu’au-delà de cette union organique, on peut observer que s’établit une stabilité dirons-nous familiale, le temps pour leur progéniture d’atteindre leur maturité. On peut également observer que la création matérielle repose sur les lois dites d’équilibre et d’harmonie que les intempéries peuvent rompre et provoquer toutes sortes de catastrophes naturelles. Il en est de même pour l’homme qui a besoin d’harmonie et d’équilibre c’est-à-dire de justice.

[3] - « La loi « divine et naturelle » montre à l’homme la voie à suivre pour pratiquer le bien et atteindre sa fin. La loi naturelle énonce les préceptes premiers et essentiels qui régissent la vie morale. (Le Catéchisme de l'Église catholique N°1955)

[4] - Tout ce qui s’oppose au jaillissement de la vie, tout ce qui porte atteinte à la dignité et à la grandeur de l‘homme, tout ce qui tend au mépris de dieu et de la transcendance est radicalement contraire à la loi morale naturelle et la loi naturelle.

[5] - C’est en effet de ces deux facteurs que sortent les cultures révolutionnaires et idéologiques. Actuellement, nous assistons à leur paroxysme, elles essayent d’atteindre au sein de la mémoire de l’humanité l’effacement du souvenir même de Dieu. Il s’agit du troisième nœud ou cercle du Dragon.


Benoît XVI assure qu'aucune loi faite par les hommes ne peut renverser la norme du Créateur : Benoît XVI
Discours de Benoît XVI aux membres de la commission théologique
 

Sources: lescatholiques.free.fr

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.11.2007 - BENOÎT XVI - T/Théologie

 

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