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19 Avril 2005
 

Malveillance a priori à l’égard du pape Benoît XVI

 

ROME, le 23 Avril 2007 - (E.S.M.) - Nous avons été heureux de prendre connaissance d'une riposte de l'évêque de Nancy et de Toul aux réflexions "malhonnêtes" données par les médias suite à l’Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis du pape Benoît XVI.

La cathédrale de nancy  -  Pour agrandir l'image:   cathédrale saint Etienne

Malveillance a priori à l’égard du pape Benoît XVI

Réactions de Mgr Papin aux échos donnés par les médias de l’Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis

Anne Déloy : Nous allons découvrir avec vous, Monseigneur, le nouveau document pontifical, appelé “Exhortation apostolique” sur l’Eucharistie, rendu public par Benoît XVI le 13 mars. Aujourd’hui, vos réactions aux échos qui sont parus dans les médias et une explication sur ce qu’est une Exhortation apostolique (on reviendra dans un autre entretien sur le contenu de ce document).

Monseigneur Papin : C’est un document important en volume : 44 pages 21x29.7, en caractères serrés, auxquels s’ajoutent une quinzaine de pages de notes.

De fait, les médias se sont fait l’écho de ce document dès sa parution, mais de manière pour le moins étonnante ! Qu’est-ce que les journalistes sont allés chercher dans ce document important ? Deux ou trois lignes, ici ou là, à propos de ce qui était dit du célibat sacerdotal, de l’admission des divorcés-remariés à la communion, de l’usage du latin, de la position que devraient prendre les hommes politiques chrétiens, etc.

Or, ces questions n’étaient pas du tout l’objet de ce document car elles n’étaient pas l’objet du synode sur l’Eucharistie qui s’est tenu en octobre 2005. Il aurait été tout à fait étonnant que le pape Benoît XVI, dans un texte traitant de l’Eucharistie, au détour d’une phrase, change la discipline de l’Église concernant le célibat des prêtres ou l’accès à la communion des divorcés-remariés, comme en passant ! On peut avoir des opinions sur ces questions, on peut ne pas être d’accord avec la position actuelle tenue par l’Église, mais un changement sur ces questions - si changement il doit y avoir - ne pourra se faire que dans le cadre d’une réflexion menée au sein d’un synode ou d’un concile. Il est donc malhonnête, comme l’ont fait beaucoup de journaux - je suis au regret de le dire - de ne retenir de ce long texte de Benoît XVI que ce qui est dit rapidement sur quelques questions qui ne sont pas l’objet du texte, et de ne rien dire du sujet lui-même qui était “L’Eucharistie, sacrement de la charité”.

De plus, lorsqu’on lit dans les journaux que le pape conseille le latin pour la célébration de la messe, c’est une contre-vérité ! Il dit que l’usage du latin est utile pour les grands rassemblements internationaux, à part les lectures et la prière universelle qui doivent demeurer dans la langue du pays où l’on se trouve. Quand il dit cela, ce n’est pas une nouveauté ! Un exemple : l’an dernier, j’étais au pèlerinage diocésain à Lourdes. Les responsables des sanctuaires m’ont demandé de présider la messe internationale qui a lieu deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche, à la basilique souterraine. La prière eucharistique et le Notre Père étaient en latin. J’ai donc dit la messe en latin ce jour-là devant 20 à 25 000 personnes de nombreux pays ; ce qui permettait aux gens de s’unir davantage et de chanter ensemble le Sanctus, l’Agnus Dei, etc. Quoi d’étonnant à cela ? Quoi de scandaleux et surtout quoi de neuf ? Que le pape benoît XVI demande ensuite que les séminaristes soient formés un peu au latin pour pouvoir justement concélébrer dans ces grandes Eucharisties internationales, qu’y a-t-il là d’étonnant ? J’ai été pendant vingt ans professeur et supérieur de séminaire, on y a toujours fait cela ! On a toujours initié les séminaristes à un minimum de latin et on leur a appris un certain nombre de chants grégoriens importants, comme le Salve Regina et le Veni Creator, une messe grégorienne pour qu’ils puissent chanter le Kyrie, le Gloria ou le Credo. Je ne vois pas là ce qui est étonnant et ce qui est rétrograde.

Autre point : le pape demande aux hommes politiques chrétiens une certaine cohérence entre les positions qu’ils ont à prendre, les votes qu’ils ont à effectuer comme législateurs au sein de l’Assemblée nationale, et leurs convictions chrétiennes. Quoi d’étonnant à ce qu’il appelle à cette cohérence ? Après cela, chaque homme politique, en conscience, vote dans un sens ou dans un autre ! Le pape n’est pas un naïf, il sait bien que la législation d’un pays n’est pas l’établissement du Règne de Dieu sur Terre, n’est pas la perfection, et qu’il faut toujours établir des compromis. Ce qu’il demande au moins, c’est que les hommes politiques chrétiens n’oublient pas leurs références chrétiennes, mais que dans leur réflexion qui va les conduire au vote, ils intègrent cette dimension ; après quoi, ils agiront en conscience et au mieux. Qu’y a-t-il là d’étonnant ?

À la lecture de tous ces journaux, je me suis dit que les journalistes n’avaient pas vraiment lu l’Exhortation, mais qu’ils s’étaient contentés de reproduire, en la mettant un peu à leur sauce, la dépêche rédigée par la correspondante de l’Agence France-Presse à Rome, dépêche qui a donné le ton à tout ce qui s’est écrit dans les journaux en France. J’ai eu en main cette dépêche. Les articles parus dans les journaux en France sont pratiquement, à quelques détails près, la reproduction de cette dépêche. Cela pose un certain nombre de questions d’honnêteté et montre, dans certains journaux, une malveillance a priori à l’égard du pape Benoît XVI. Parce que justement, on met le pape en cause dans cette affaire : on a écrit qu’il révélait son vrai visage de conservateur,… On n’a rien compris à ce qu’est une Exhortation apostolique !

Qu’est-ce qu’une Exhortation apostolique ? Ce n’est pas une encyclique ! Une encyclique est totalement de la main du pape même si elle a été préparée par des experts. C’est ainsi que Benoît XVI nous a donné une belle encyclique, il y a un an, intitulée "Dieu est amour" : un beau texte, parfois un peu difficile, mais on voit bien que c’est un texte de sa main. Ce n’est pas le cas d’une Exhortation apostolique après un synode. Le synode qui s’est tenu en octobre 2005 sur l’Eucharistie a réuni 260 évêques à Rome, lesquels étaient pour la majorité des élus de tous les évêques du monde. Ainsi, la Conférence des Evêques de France a élu quatre évêques pour être ses délégués à ce synode. Ce synode a duré trois bonnes semaines. Au terme du synode, les évêques ont élaboré et voté une soixantaine de propositions. Il s’agit bien de propositions, c’est-à-dire que les pères synodaux ont remis ces souhaits au pape. À lui de décider de les reprendre ou non à son compte. A ce synode sur l’Eucharistie, il s’est passé quelque chose qui ne s’était jamais produit. Pour les synodes précédents, les propositions étaient remises au pape, mais elles n’étaient pas rendues publiques. Or, Benoît XVI a voulu que, dès la fin du synode, elles soient rendues publiques. Je trouve cela intéressant ! Quand on lit l’Exhortation apostolique que vient de publier Benoît XVI et la soixantaine de propositions, on voit qu’il les a reprises pratiquement textuellement et en quasi-totalité. Simplement, une commission les a organisées, les a argumentées pour que ce soit construit, présentable, et entre les propositions, il y a un certain nombre de réflexions propres à Benoît XVI, des citations d’interventions qu’il a faites en d’autres occasions, ou du Catéchisme de l’Église catholique, ou des notes tirées du Missel romain. Quand on lit l’Exhortation, on voit bien qu’elle n’est pas tout à fait de la même main que l’encyclique ; bien sûr, le pape l’a signée, l’a approuvée, a certainement apporté ici ou là des corrections, peut-être rédigé tel paragraphe. Alors, quand on dit que, à travers cette Exhortation, Benoît XVI montre son vrai visage, on n’a rien compris à ce qu’est l’Exhortation parce que, en fait, il nous redonne de façon construite et approfondie les propositions que lui ont faites 260 évêques du synode, délégués des évêques du monde entier.

Une dernière chose : cette Exhortation s’inscrit en totale continuité avec l’encyclique de Jean Paul II : “L'Eglise vit de l'Eucharistie” écrite en 2003, et avec son dernier grand écrit officiel d’octobre 2004, la belle lettre apostolique qu’il nous avait adressée : “Reste avec nous Seigneur”. Et surtout, et qui est le plus important, cette Exhortation se situe pleinement dans l’esprit de la liturgie telle que l’a établie la réforme du concile Vatican II. Le pape l’écrit dès le début de l’Exhortation : « Les pères synodaux ont en particulier constaté et rappelé l’influence bénéfique que la réforme liturgique réalisée à partir du concile Vatican II a eu pour la vie de l’Église. Le synode des évêques a eu la possibilité d’évaluer la réception de cette réforme. Les appréciations ont été nombreuses. Les difficultés et aussi certains abus qui ont été relevés ne peuvent pas masquer que le renouveau liturgique, qui contient encore des richesses qui n’ont pas été pleinement explorées, est bon et valable. Concrètement, il s’agit de lire les changements voulus par le concile à l’intérieur de l’unité qui caractérise le développement historique du rite eucharistique lui-même, sans introduire de ruptures artificielles. » Et lorsque Benoît XVI développe la structure de la messe, ce n’est pas le rituel ancien qu’il présente mais le déroulement de la messe tel que la réforme instaurée par Paul VI l’a voulu. C’est évidemment dans cette même perspective que nous nous situons résolument.

Diocèse de Nancy et de Toul

Pour en savoir plus, beaucoup de commentaires sur l'Exhortation Sacramentum Caritatis

Sources:  extrait de l’émission Parole d’évêque, RCF Jérico- E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.04.2007 - BENOÎT XVI

 

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