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19 Avril 2005
 

Le P. Uwe Michael LANG, proche de Benoît XVI: colloque à Paris

Lundi 20 novembre 2006 - (E.S.M.) - Son livre, préfacé par le P. Nicolas BUX, de l'Université de Bari, dont nous publions souvent les enseignements sur ce site, consulteur à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a été traduit en italien et présenté au public par Mgr RANJINTH, secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin.

Le Père Uwe Michael LANG, Mgr RANJINTH et le P. Nicolas BUX

Se Tourner Vers le Seigneur
L'orientation de la prière liturgique

Voici, pour information, l'annonce d'un  colloque universitaire sur la liturgie qui se tiendra à Paris, ouvert à tous. 
Le colloque aura lieu le 2 décembre 2006 de 9H30 à 18H à l'Espace Moncassin, 164 rue de Javel, 75015 Paris.
Il est organisé sous l'égide de l'Institut de l'Institut du Bon Pasteur, en pleine actualité dans l'attente du Motu proprio de Benoît XVI annoncé par le Vatican. Programme et présentation du colloque: (1)

Nous publions l'intégralité de la fascinante et combien admirable préface du cardinal Ratzinger, aujourd'hui pape Benoît XVI, du livre d'Uwe Michael Lang sur la liturgie.

Alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Benoît XVI affirmait, dans la préface d'un ouvrage du théologien Uwe Michael Lang intitulé "Tournés vers le Seigneur", que le Concile n'avait pas exigé de ne plus célébrer dos au peuple et en latin.

«La direction dernière de l’action liturgique, qui n’est jamais totalement exprimée dans les formes extérieures, est la même pour le prêtre et le peuple : vers le Seigneur». L’introduction du doyen du Sacré Collège au livre de Uwe Michael Lang (2).

Préface publiée en 2003 en allemand et 2004 en anglais
Trad. de l'anglais par Pierre LANE, éd. Ad Solem, novembre 2006

« Versus Deum per Iesum Christum »

Pour le catholique pratiquant normal, la réforme liturgique du Concile Vatican II a eu essentiellement deux résultats: la disparition de la langue latine et l’autel tourné vers le peuple. Mais si l’on lit les textes conciliaires, on pourra constater avec étonnement que ni l’un ni l’autre de ces changements ne s’y trouvent sous cette forme.

Certes, on devait, selon les intentions du Concile (cf. la constitution Sacrosanctum Concilium 36,2) faire place à la langue vulgaire – dans le cadre surtout de la liturgie de la Parole – mais dans le texte conciliaire, la règle générale qui précède immédiatement celle à laquelle nous venons de faire allusion dit: «Que l’usage de la langue latine, sauf un droit particulier, soit conservé dans les rites latins» (Sacrosanctun Concilium 36,1).

Dans le texte conciliaire, il n’est pas question de l’autel tourné vers le peuple. Il en est question dans les instructions post-conciliaires. La plus importante d’entre elles est la Institutio generalis Missalis Romani, l’Introduction générale au nouveau Missel romain de 1969 où, au numéro 262, on lit: «Le grand autel doit être construit détaché du mur, de sorte que l’on puisse facilement tourner autour de lui et célébrer, dessus, vers le peuple [versus populum]». L’introduction à la nouvelle édition du Missel romain de 2002 a repris ce texte à la lettre, mais il a ajouté à la fin cette remarque: «c’est souhaitable là où c’est possible». Cette remarque ajoutée a été comprise de nombreux côtés comme un raidissement du texte de 1969, dans le sens que ce serait maintenant une obligation générale de dresser – « là où c’est possible» – des autels tournés vers le peuple. Cette interprétation, cependant, avait déjà été repoussée par la compétente Congrégation pour le Culte divin qui, le 25 septembre 2000, expliquait que le mot « expedit » [il est souhaitable] n’exprime pas une obligation mais une recommandation. L’orientation physique devrait – dit la Congrégation – être distincte de l’orientation spirituelle. Quand le prêtre célèbre versus populum, son orientation spirituelle devrait toujours être, de toute façon, versus Deum per Iesum Christum [vers Dieu à travers Jésus-Christ]. Comme les rites, les signes, les symboles et les mots ne peuvent jamais épuiser la réalité ultime du mystère du salut, il faut éviter dans ce domaine les positions unilatérales et érigées en absolu.

Il s’agit d’un éclaircissement important parce qu’il met en lumière le caractère relatif des formes symboliques extérieures et s’oppose ainsi aux fanatismes qui, malheureusement, n’ont pas été rares ces quarante dernières années dans le débat sur la liturgie. Mais, en même temps, il indique la direction dernière de l’action liturgique qui n’est jamais totalement exprimée dans les formes extérieures et qui est la même pour le prêtre et pour le peuple (vers le Seigneur: vers le Père à travers le Christ dans l’Esprit Saint). Aussi la réponse de la Congrégation devrait-elle créer un climat plus détendu pour la discussion; un climat dans lequel on puisse chercher la meilleure façon de célébrer concrètement le mystère du salut, sans condamnations réciproques, dans l’écoute attentive des autres, mais surtout dans l’écoute des indications dernières de la liturgie elle-même. Taxer hâtivement certaines positions de “pré-concilaires”, de “réactionnaires”, ou de “progressistes” ou d’“étrangères à la foi”, ne devrait plus être admis dans la confrontation, laquelle devrait plutôt laisser place à un nouvel engagement sincère et commun d’accomplir la volonté du Christ de la meilleure façon possible.

Ce petit livre d’Uwe Michael Lang, oratorien résidant en Angleterre, analyse la question de l’orientation de la prière liturgique du point de vue historique, théologique et pastoral. Ce faisant, il rallume en un moment opportun – me semble-t-il –, un débat qui, malgré les apparences, n’a jamais vraiment pris fin, même après le Concile.

Le liturgiste d’Innsbruck Josef Andreas Jungmann, qui fut l’un des artisans de la Constitution Sacrosanctum Concilium de Vatican II, s’était fermement opposé depuis le début au lieu commun polémique selon lequel le prêtre, jusqu’alors, aurait célébré “en tournant le dos au peuple”. Jungmann avait au contraire souligné que le sens de cette modalité n’était pas de tourner le dos au peuple mais d’adopter la même orientation que lui. La liturgie de la Parole est caractérisée par la proclamation et le dialogue: elle consiste à adresser la parole et à répondre, et doit consister, en conséquence, à s’adresser réciproquement les uns aux autres: ceux qui proclament vers ceux qui écoutent et vice versa. La prière eucharistique, au contraire, est la prière dans laquelle le prêtre sert de guide, mais est orienté, en même temps que le peuple et comme le peuple vers le Seigneur. C’est pourquoi – selon Jungmann – le fait que le prêtre et le peuple soient tournés dans la même direction fait partie de l’essence de l’action liturgique. Plus tard, Louis Bouyer – lui aussi l’un des principaux liturgistes du Concile – et Klaus Gamber reprirent, chacun à sa façon, la question. Malgré la grande autorité dont ils jouissaient, ils eurent, dès le départ, quelque difficulté à se faire entendre, tant était forte la tendance à mettre en relief l’élément communautaire de la célébration liturgique et à considérer donc que le prêtre et le peuple étaient réciproquement tournés l’un vers l’autre.

Ce n’est que récemment que le climat s’est détendu et ainsi, si l’on pose des questions du genre de celles de Jungmann, de Bouyer et de Gamber, on n’est plus immédiatement soupçonné de nourrir des sentiments “anti-conciliaires”. Les progrès de la recherche historique ont rendu le débat plus objectif et les fidèles sont de plus en plus conscients qu’une solution dans laquelle il est difficile de percevoir l’ouverture de la liturgie vers ce qui l’attend et vers ce qui la transcende, est une solution discutable. Dans cette situation, le livre d’Uwe Michael Lang, qui est si agréablement objectif et qui n’a absolument rien de polémique, précise celui qui est devenu Benoît XVI, peut se révéler une aide précieuse. Sans prétendre offrir de nouvelles découvertes, il présente avec beaucoup de soin les résultats des recherches des dernières décennies et donne les explications nécessaires pour que l’on arrive à se faire un jugement objectif. Il est très appréciable que soient mis en évidence, à ce sujet, non seulement la contribution, peu connue en Allemagne, de l’Église d’Angleterre, mais aussi le débat sur ce thème, un débat interne au Mouvement d’Oxford au XIXe siècle, au sein duquel mûrit la conversion de John Henry Newman. C’est sur cette base que sont ensuite développées les réponses théologiques.

J’espère que ce livre d’un jeune chercheur, conclu celui qui est aujourd'hui notre vénéré pape Benoît XVI,  pourra se révéler une aide dans l’effort – nécessaire à chaque génération – pour comprendre correctement et célébrer dignement la liturgie. Mon souhait est qu’il puisse trouver beaucoup de lecteurs attentifs.


(1) Programme et présentation du colloque : Première Rencontre universitaire foi et raison
Le Père Lang, de l'Oratoire saint Philippe Néri de Londres,  y présentera pour la première fois son ouvrage  traduit en français et préfacé par le pape, Se Tourner vers le Seigneur (Ad Solem, nov. 2006).

Célébrations liturgiques :Tradition ou mutations ?

Matinée (9H30-12H30)
I - La Messe des Pères et des Docteurs

Philippe Bernard, Professeur d'histoire du Moyen-Âge à l'Université de Provence Aix-Marseille I,
Peut-on parler d'un développement organique de la liturgie ?

Alain Rauwel, Professeur d'histoire du Moyen-Âge agrégé à l'Université de Bourgogne,
Le mystère pascal, une idée neuve dans l'Église ?

Abbé Guillaume de Tanoüarn, de l'Institut du Bon Pasteur, doctorant en philosophie,
Cajetan, une pensée catholique face à Luther

Après-midi (14H-18H)
II - La Messe des Experts et des Auteurs

Dominique Millet-Gérard, professeur de Lettres à l'Université de Paris IV Sorbonne :
Liturgie et littérature au XXe siècle

Abbé Éric Pépino, du Diocèse de Lyon, doctorant en histoire contemporaine,
Le Mouvement liturgique français et le CPL (1943-1963)

Abbé Christophe Héry, De l'Institut du Bon Pasteur,
Une théologie de la célébration ?

Père Uwe Michael Lang, de l'Oratoire Saint Philippe Néri de Londres,
L'orientation de la prière liturgique : le sens de l'histoire

(2) Le père Uwe Michael LANG est prêtre de l'Oratoire St Philippe Néri de Londres. Proche de Benoît XVI, il est le principal animateur du Centre International d'Études Liturgiques d'Oxford. Son livre, préfacé en outre par le P. Nicolas BUX, de l'Université de Bari, consulteur à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, a été traduit en italien et présenté au public par Mgr RANJINTH, secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin.

Présentation :

L'annonce d'un prochain Motu proprio du pape Benoît XVI, qui rendrait sa liberté au rite de la Messe selon les éditions typiques de Jean XXIII, place sous les projecteurs  une liturgie qu'on croyait disparue. Un nouveau débat s'engage sur ses origines, sur son développement au cours du temps et sur les motifs de son abolition en 1970.

Loin de l'agitation suscitée par ce document pontifical encore à venir, cette première Rencontre universitaire foi et raison - réunie à l'initiative de l'Institut du Bon Pasteur - propose de prendre le recul nécessaire afin de recourir paisiblement aux travaux scientifiques, et contribuer à mieux éclairer l'histoire ancienne et récente des rites et des doctrines liturgiques.

En réunissant des professeurs et des prêtres investis à la fois dans les études et dans le ministère pastoral, cette première Rencontre universitaire foi et raison s'attache à estimer la valeur de l'argument historique et archéologique qui servit à justifier la substitution du rite de Paul VI au rite traditionnel, tout en s'interrogeant sur les déplacements théologiques qui ont accompagné ce bouleversement préparé dès avant Vatican II.

Quarante après Eucharistie

Cette rencontre interdisciplinaire intervient quarante ans après la publication d'un ouvrage charnière : Eucharistie, du père Louis BOUYER. Pasteur converti devenu prêtre de l'Oratoire, membre du Consilium et membre fondateur du Centre National de Liturgie en 1943 (il en rédigea la charte), le père Bouyer est emblématique des espérances et des déceptions de la réforme liturgique :

« Faut-il être surpris davantage si [.] certains veulent profiter de la réforme liturgique en cours pour obtenir, ou imposer ce qui serait une déformation suprême? Mêlant, ainsi qu'il se doit, l'oecuménisme en vogue à la "conversion au monde", on nous propose des refontes de messe qui, comme toujours, prétendraient la ramener à ses origines évangéliques en y gardant (et s'il le faut en y introduisant) cela seul qui peut convenir, nous dit-on, à " l'homme d'aujourd'hui" » (LOUIS BOUYER, Eucharistie, 1966).

Sources: Abbé Christophe Héry, de l'IBP - E.S.M.

Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 20.11.2006 - BENOÎT XVI

 

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