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19 Avril 2005
 

L'Archevêque d'Alger évoque les relations entre musulmans et chrétiens en Algérie

 

Rome, le 20 février 2008 - Dans un entretien accordé à "L'Osservatore Romano", l'Archevêque d'Alger, Mgr Henri Teissier, explique un épisode, assurément regrettable, qui ne peut toutefois pas faire oublier les bonnes relations de collaboration, existant depuis de nombreuses années, dans le domaine culturel et social. 

S.Exc. Mgr Henri Teissier, Archevêque d'Alger Pour agrandir l'image: C'est ici

L'Archevêque d'Alger évoque les relations entre musulmans et chrétiens en Algérie

Depuis le 28 février 2006, en Algérie, une loi fixe les règles d'exercice des cultes non musulmans et protège les lieux de prière et leurs fidèles. Mais en juin dernier est entrée en vigueur un décret d'application de la loi qui interdit la pratique religieuse non musulmane en dehors des édifices réservés à celle-ci. Il y a quelques semaines, il a suffi à un prêtre catholique, Pierre Wallez, de réciter une prière avec d'autres chrétiens en plein air, dans une localité à la frontière avec le Maroc, pour être condamné à un an de prison avec sursis et au paiement d'une contravention de deux cent mille dinars. Cet événement a créé une appréhension au sein de la communauté chrétienne qui vit dans ce pays d'Afrique.
Dans un entretien accordé à "L'Osservatore Romano", l'Archevêque d'Alger, S.Exc. Mgr Henri Teissier, explique que cet épisode, assurément regrettable, ne peut toutefois pas faire oublier les bonnes relations de collaboration, existant depuis de nombreuses années, dans le domaine culturel et social.

Monseigneur Teissier, comment se sont réellement déroulés les faits ? 

C'était le 29 décembre. Le Père Wallez, comme cela est déjà arrivé par le passé, a rendu visite à un groupe de chrétiens du Cameroun qui, depuis 1999, avec des milliers d'autres africains sub-sahariens, vivent dans le bidonville de Maghnia, à la frontière avec le Maroc, en attendant d'émigrer vers l'Europe. Il a été tout naturel, quatre jours après Noël, de réciter une prière en commun. Un simple moment de recueillement entre frères dans la même foi. Mais une patrouille de police a remarqué la scène. Aucune messe n'a été célébrée. C'est pour cette raison que la condamnation, infligée le 30 janvier par le tribunal semble exagérée: le prêtre n'a pas célébré de cérémonie religieuse mais il a simplement dirigé une prière communautaire.
La réglementation très stricte introduite par l'Algérie contre le prosélytisme est surtout née pour mettre un frein aux chrétiens évangéliques accusés par les musulmans de mener une campagne systématique de conversions clandestines, notamment en Kabylie, région où l'opposition politique à l'État est la plus forte. Mais à présent, les catholiques semblent eux aussi être pris pour cible par l'État.
La loi est la loi et elle vaut pour tous les chrétiens. Mais il ne fait aucun doute que l'objectif du gouvernement est de bloquer une manière agressive de faire du prosélytisme, au porte à porte, ou bien par la distribution de bibles dans la rue ou par la conversion facile de musulmans à travers des méthodes qui ne sont pas toujours irrépréhensibles du point de vue pastoral. Ce n'est pas un hasard si la mesure punit quiconque incite, oblige ou utilise des moyens de persuasion pour pousser un musulman à embrasser une autre religion. Les catholiques, du point de vue de leur comportement, ne peuvent pas être assimilés à ces nouveaux groupes évangéliques, et les autorités algériennes le savent bien.

Combien y a-t-il de catholiques en Algérie et où opèrent-ils ? 

Comme pour les chrétiens évangéliques, il est difficile de fournir des chiffres précis. Nous sommes une petite minorité, quelques milliers de personnes. La communauté catholique est composée en grande partie d'étrangers, dont beaucoup d'immigrants provenant d'autres pays africains, notamment des étudiants. Nous ne faisons pas de catéchisme, nous travaillons à l'intérieur de la société, dans le domaine social et culturel. Nous sommes une Église diaconale, de la charité, au service des pauvres, des malades, des laissés-pour-compte. Avec nos amis musulmans, grâce auxquels nous sommes insérés, il existe un respect et une estime réciproques, et beaucoup d'entre eux nous aident, y compris financièrement, dans l'accomplissement de nos activités pastorales.

Certains parlent d'une nouvelle vague de radicalisme islamique en Algérie, dont témoigneraient des affiliations de plus en plus nombreuses aux groupes les plus extrémistes. Existe-t-il un risque pour la communauté chrétienne de se retrouver victime des violences des fondamentalistes ?

Tout d'abord, il ne faut pas confondre le terrorisme et le fondamentalisme avec l'islam. La situation est tout à fait différente de celle des années 90, lorsque le pays fut bouleversé par une guerre civile. Ce furent des années de répression, de censure de l'information, d'arrestations de nature politique. Notamment entre 1994 et 1996, les extrémistes se rendirent responsables d'attentats terroristes, en grande partie dirigés contre les Algériens eux-mêmes, qui coûtèrent la vie à de nombreux prêtres et religieuses catholiques. Aujourd'hui, grâce à une plus grande stabilité politique, on peut parler d'un parcours difficile de paix qui se poursuit. Quoi qu'il en soit, c'est une erreur d'affirmer que les catholiques seraient une cible. L'introduction de mesures de contrôle concernant l'exercice des pratiques de culte non musulman, ne signifie pas que l'on ait interdit aux chrétiens de professer leur foi dans les lieux autorisés.

Existe-t-il en Algérie un véritable dialogue interreligieux ?

cIl existe des exemples consolidés de rencontres, de collaboration, d'amitié, tant dans la vie quotidienne qu'au niveau académique. Les catholiques sont présents de manière stable dans la réalité sociale et culturelle algérienne et il s'agit déjà d'une forme de dialogue entre personnes de religions différentes. Mais les musulmans et les chrétiens doivent travailler davantage ensemble: ce n'est qu'ainsi qu'ils gagneront réciproquement la confiance de l'autre, ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront être frères et affronter un parcours commun.

Giovanni ZAVATTA
 

Sources: www.vatican.va - E.S.M.

(©L'Osservatore Romano - 19 février 2008)

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 20.02.2008 - T/International/Alger

 

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