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19 Avril 2005
 

Benoît XVI rappelle que l'Écriture est la voix de Dieu

 

ROME, le 20 février 2007 - (E.S.M.) - Samedi dernier, le pape Benoît XVI s'est rendu au grand séminaire de Rome, où il s'est notamment entretenu avec les séminaristes. Le Saint Père a souligné "la nécessité d'être quotidiennement avec le Seigneur dans l'Eucharistie, non comme un devoir professionnel, mais comme un devoir ressenti au plus profond de soi.

Le pape Benoît XVI entouré de quelques séminaristes

La formation liturgique était également essentielle a souligné le pape Benoît XVI

Synthèse de l'intervention du Saint Père Benoît XVI -  texte intégral en deuxième partie

Samedi dernier, Benoît XVI s'est rendu au grand séminaire de Rome, où il s'est notamment entretenu avec les séminaristes. Les réponses données aux questions de certains d'entre eux ont été rendues publiques hier après-midi.

Gregorpaolo Stano (diocèse d'Oria) a demandé au Pape comment reconnaître la voix de Dieu parmi les mille voix perçues chaque jour: Dieu "parle par le biais des autres, amis, parents par les prêtres qui vous accompagnent et surtout dans l'Ecriture.Il est primordial de la lire non comme parole d'un homme ou comme document du passé mais comme la voix de Dieu, toujours actuelle et qui nous parle".

Puis Benoît XVI a rappelé "la nécessité d'être attentifs aux autres manières de parler du Seigneur, de se laisser guider par qui a, pourrait-on dire, l'expérience de Dieu et qui peuvent nous aider à cette écoute. Ainsi peut grandir notre discernement et notre relation avec Dieu, notre capacité de percevoir sa voix parmi les mille voix quotidiennes, toujours présente et toujours parlante".

Claudio Fabbri (diocèse de Rome) a demandé au Saint-Père de parler de sa propre vie de futur prêtre au séminaire de Freising.

"Elle était, je crois, articulée comme la vôtre et le cœur de nos études théologiques était vraiment l'Écriture. Nous vivions avec elle et apprenions à l'aimer, à dialoguer avec elle. La formation liturgique était également essentielle", confirmant la place de la littérature et de la musique dans son cursus personnel.

Gianpiero Savino (diocèse de Tarente) a posé la question de la grande exigence d'être pasteur d'âme malgré la fragilité humaine.

Le Saint-Père a réagi en disant qu'il était important de reconnaître ses faiblesses "et que nous avons besoin d'une conversion permanente, un chemin -a-t-il précisé- sur lequel ne manquent pas les joies et les lumières du Seigneur, ni les passages sombres qu'il faut traverser avec confiance en comptant sur la bonté de Dieu. C'est pourquoi le sacrement de la Réconciliation est si important", qui nous permet "de repartir et de grandir, de mûrir pour le Seigneur dans sa communion".

Puis Benoît XVI a rappelé combien il est important "de ne pas s'isoler, de ne pas croire qu'on peut avancer seuls. Nous avons besoin de la compagnie d'amis, prêtres comme laïcs, qui nous aident à avancer". Pour cela, la persévérance est toute aussi importante. "Elle nous donne de la joie, la certitude d'être aimés par le Seigneur et que cet amour nous soutient, nous évite de rester seuls face à nos faiblesses".

Le bulgare Dimov Koicio (diocèse de Nicopoli d'Istrum), lui a posé une question à propos de la "saleté dans l'Eglise" que le Cardinal Ratzinger avait dénoncée à l'occasion de la Vis Crucis de 2005, et à propos du risque de vouloir "obtenir un rôle dans l'Eglise".

"Le Seigneur sait, il savait dès le début - a dit le Pape - que le péché existe également au sein de l'Eglise et que pour notre humilité, il est important de le reconnaître et de le voir non seulement dans les autres, dans les structures, dans les charges hiérarchiques, mais aussi en nous afin d'être plus humbles et apprendre que face au Seigneur ce n'est pas la position ecclésiale qui compte mais être dans son amour".

Francesco Annesi (diocèse de Rome) s'est interrogé sur la façon dont le prêtre peut être témoin de la perception chrétienne de la souffrance, et comment il doit se comporter face à ceux qui souffrent sans courir le danger d'être rhétorique voire pathétique.

"Il est juste de faire tout le possible pour alléger les souffrances de l'humanité et aider ceux qui souffrent à trouver une vie meilleure en se libérant des maux que nous nous infligeons souvent nous mêmes, comme la faim ou les épidémies". Puis Benoît XVI a ajouté: "Mais en même temps, tout en reconnaissant ce devoir de lutter contre les souffrances dont nous sommes la cause, nous devons reconnaître et comprendre que la souffrance est une partie essentielle de la maturation humaine. C'est toujours difficile lorsqu'on est en bonne santé de consoler l'autre affecté par une grave maladie. Mais, si ces personnes peuvent ressentir que nous compatissons, que nous voulons porter la Croix avec eux alors nous les aidons en tout ce que nous pouvons, et ils nous croiront".

Marco Ceccarelli (diacre de Rome), proche à l'ordination sacerdotale, a demandé conseil au Saint-Père sur comment vivre le début de son ministère presbytéral.

Benoît XVI a souligné "la nécessité d'être quotidiennement avec le Seigneur dans l'Eucharistie, non comme un devoir professionnel, mais comme un devoir ressenti au plus profond de soi; dédier du temps à la liturgie des heures, qui est liberté intérieure" parce qu'elle "nous aide à être plus ouverts et à rester en contact avec le Seigneur". Il ne faut pas "perdre la communion avec les autres prêtres, avec les compagnons de la vie, ni le contact personnel avec la Parole de Dieu, la méditation".

"Ne perdez jamais - a recommandé Benoît XVI - l'amitié avec les prêtres, l'écoute de la voix de l'Eglise vivante et naturellement la disponibilité pour les personnes qui nous sont confiées, parce que c'est précisément de ces personnes, avec leurs souffrances, leurs expériences de foi, leurs doutes et leurs difficultés aussi que nous pouvons apprendre, chercher et rencontrer Dieu".

Texte intégral des paroles du pape Benoît XVI

5) Voici la question d’un séminariste du diocèse de Rome, Claudio Fabbri, en 2ème année (2ème année de philosophie) et la réponse du pape :

Très Saint-Père, comment votre vie était-elle organisée au cours de la période de formation au sacerdoce, et quels intérêts cultiviez-vous ? En considérant l'expérience accomplie, quels sont les points cardinaux de la formation au sacerdoce ? En particulier, quelle place Marie y occupe-t-elle ?

Benoît XVI : Je pense que notre vie, dans notre séminaire de Freising, était articulée de manière semblable à la vôtre, même si je ne connais pas précisément votre horaire quotidien. On commençait, me semble-t-il, vers 6h30, ou 7h00, par une méditation d'une demi heure, durant laquelle chacun parlait avec le Seigneur en silence, cherchait à prédisposer son âme à la sainte liturgie. Puis la messe suivait, le petit-déjeuner et, ensuite, dans la matinée, les cours.

Dans l'après-midi, il y avait des séminaires, des moments d'étude, et puis à nouveau la prière commune. Le soir, il y avait ce qu'on appelle les « puncta », c'est-à-dire que le directeur spirituel ou le recteur du séminaire, plusieurs soirs, nous parlaient pour nous aider à trouver le chemin de la méditation, non pas en nous donnant une méditation déjà prête, mais des éléments qui pouvaient aider chacun à personnaliser les paroles du Seigneur qui auraient été l'objet de notre méditation.

Tel était le parcours quotidien ; puis, naturellement, il y avait les grandes fêtes avec une belle liturgie, de la musique... Mais, il me semble, et peut-être reviendrai-je sur cela à la fin, qu'il est très important qu'il y ait une discipline préexistante et ne pas devoir chaque jour, à nouveau, inventer ce qu'il faut faire, comment vivre ; il existe une règle, une discipline qui m'attend déjà et qui m'aide à vivre cette journée de manière organisée.

Maintenant, quant à mes préférences, je suivais naturellement avec attention, dans la mesure du possible, les leçons. Au début, au cours des deux premières années de philosophie, j'ai surtout été fasciné par la figure de saint Augustin, et puis aussi par le courant augustinien médiéval : saint Bonaventure et les grands franciscains, la figure de saint François d’Assise.

Ce qui me fascinait surtout c’était la grande humanité de saint Augustin, qui n'eut pas simplement la possibilité de s'identifier avec l'Eglise, étant catéchumène dès le départ, mais qui dut en revanche lutter spirituellement pour trouver peu à peu l'accès à la Parole de Dieu, à la vie avec Dieu, jusqu'au grand « oui » prononcé à son Eglise.

Ce chemin si humain, où nous pouvons voir aujourd'hui aussi comment on commence à entrer en contact avec Dieu, comment toutes les résistances de notre nature doivent être analysées attentivement et doivent ensuite être canalisées pour arriver au grand « oui » au Seigneur. Ainsi, j'ai été conquis par sa théologie très personnelle, présentée en particulier sous forme de prédication. Cela est important, car au début Augustin voulait vivre une vie purement contemplative, écrire d'autres livres de philosophie... mais le Seigneur ne l'a pas voulu, il l'a fait prêtre et évêque et tout le reste de sa vie, de son œuvre, s'est ainsi développé substantiellement dans un dialogue avec un peuple très simple. D'une part, il dut toujours trouver personnellement la signification de l'Écriture et, de l'autre, tenir compte de la capacité de ces personnes, de leur contexte de vie, et parvenir à un christianisme réaliste et en même temps profond.

Ensuite, l'exégèse était naturellement très importante pour moi : nous avons eu deux exégètes un peu libéraux, mais qui étaient toutefois de grands exégètes, réellement croyants, qui nous ont fascinés. Je peux dire que l'Écriture Sainte était réellement l'âme de notre étude théologique : nous avons réellement vécu avec l'Écriture Sainte et appris à l'aimer, à parler avec elle. J'ai déjà parlé de la patrologie, de la rencontre avec les Pères. Notre professeur de dogmatique était aussi une personne alors très célèbre, sa dogmatique était nourrie par les Pères et la liturgie. Un point très central était pour nous la formation liturgique : à cette époque, il n'y avait pas encore de chaire de Liturgie, mais notre professeur de pastorale nous a donné de grands cours de liturgie. A l'époque, il était aussi Recteur du séminaire, ainsi la liturgie vécue et célébrée et la liturgie enseignée et pensée allaient de pair. Avec l'Écriture Sainte, il s'agissait là des points fondamentaux de notre formation théologique. Je suis toujours reconnaissant de cela au Seigneur, car ensemble ils sont réellement le centre d'une vie sacerdotale.

Un autre intérêt était constitué par la littérature : il était obligatoire de lire Dostoïevski – il était à la mode à l'époque –, puis il y avait les grands français : Claudel, Mauriac, Bernanos, mais aussi la littérature allemande ; il y avait également une édition allemande de Manzoni : à l'époque je ne parlais pas italien. Nous avons ainsi un peu formé, dans ce sens, notre horizon humain. Nous avions également un grand amour pour la musique, ainsi que pour la beauté de la nature de notre terre. Avec ces préférences, ces réalités, sur un chemin souvent difficile, je suis allé de l'avant. Le Seigneur m'a aidé à arriver jusqu'au « oui » du sacerdoce, un « oui » qui m'a accompagné tous les jours de ma vie.

6) Voici la question d’un diacre du diocèse de Rome, Marco Ceccarelli, qui sera ordonné prêtre le 29 avril, et la réponse du pape :

Votre Sainteté, dans les prochains mois, mes compagnons et moi serons ordonnés prêtres. Nous passerons de la vie bien structurée par les règles du séminaire, à la situation bien plus complexe de nos paroisses. Quels conseils pouvez-vous nous donner pour vivre au mieux le début de notre ministère sacerdotal ?

Benoît XVI : Bien sûr, ici au séminaire vous avez une vie bien structurée. Je dirais, pour commencer, qu'il est important également dans la vie de pasteurs de l'Eglise, dans la vie quotidienne du prêtre, de conserver, autant que possible, un certain ordre : que la messe ne manque jamais. Sans l'Eucharistie, une journée est incomplète et c'est pourquoi nous grandissons déjà au séminaire avec cette liturgie quotidienne ; il me semble très important que nous sentions le besoin d'être avec le Seigneur dans l'Eucharistie, qui ne doit pas être un devoir professionnel, mais réellement un devoir ressenti de l'intérieur. Que l’Eucharistie ne manque jamais.

L'autre point important est de prendre le temps pour la Liturgie des Heures et ainsi pour cette liberté intérieure : avec tous les poids qui existent, elle nous libère et elle nous aide également à être plus ouverts et à demeurer en contact profond avec le Seigneur. Naturellement nous devons faire tout ce qu'impose la vie pastorale, la vie d'un vicaire, d'un curé ou des autres tâches sacerdotales. Mais je dirais, ne jamais oublier ces repères que sont l'Eucharistie et la Liturgie des Heures, afin d'avoir dans la journée un certain ordre que, comme je l'avais dit en commençant, je ne dois pas toujours réinventer. Serva ordinem et ordo servabit te, avons-nous appris. Cela est vrai.

Il est également important de ne pas perdre la communion avec les autres prêtres, les compagnons de route et de ne pas perdre le contact personnel avec la Parole de Dieu, la méditation. Comment faire ? J'ai pour ma part une recette relativement simple : combiner la préparation de l'homélie dominicale avec la méditation personnelle, pour faire en sorte que ces paroles ne soient pas dites seulement aux autres, mais qu'elles soient réellement des paroles dites par le Seigneur à moi-même, et mûries dans un entretien personnel avec le Seigneur. Pour que cela soit possible, mon conseil est de commencer dès le lundi, parce que si l'on commence le samedi il est trop tard, la préparation est faite trop rapidement, et peut-être l'inspiration manque, parce que l'on a d'autres choses en tête. C'est pourquoi, je dirais, dès le lundi, lire simplement les lectures du dimanche suivant qui peuvent peut-être sembler assez inaccessibles. Un peu comme ces pierres de Massa et Meriba, où Moïse dit : « Ferons-nous jaillir de l'eau de ce rocher ? ».

Laissons-les là, laissons que le cœur les digère, ces lectures ; dans le subconscient, les paroles travaillent et chaque jour reviennent un peu. Bien sûr il faudra aussi consulter des livres, dans la mesure du possible. Et à travers cette intense activité intérieure, jour après jour, l'on s'aperçoit qu’une réponse mûrit peu à peu ; cette parole s'ouvre peu à peu, elle devient parole pour moi. Et puisque je suis un contemporain, cette parole devient également une parole pour les autres. Je peux ensuite commencer à traduire ce que peut-être je vois dans mon langage théologique dans le langage des autres ; la pensée fondamentale demeure toutefois la même pour les autres et pour moi.

Ainsi l'on peut avoir une rencontre permanente, silencieuse avec la Parole, qui ne demande par beaucoup de temps, ce dont peut-être nous ne disposons pas. Mais réservez un peu de temps : ainsi mûrit non seulement une homélie pour le dimanche, pour les autres, mais mon propre cœur est touché par la Parole du Seigneur. Je demeure également en contact avec une situation où le temps à disposition est peut-être réduit.

Je n'oserais pas à présent donner trop de conseils, parce que la vie dans la grande ville de Rome est un peu différente de celle que j'ai vécue il y a cinquante-cinq ans dans notre Bavière. Mais je pense que l'essentiel est précisément là : Eucharistie, Office des Lectures, prière et entretien, même bref, chaque jour, avec le Seigneur, sur ses Paroles que je dois annoncer. Et ne jamais perdre, d'une part, l'amitié avec les prêtres, l'écoute de la voix de l'Eglise vivante et, naturellement, la disponibilité pour les personnes qui me sont confiées, parce que c'est précisément à travers ces personnes, avec leurs souffrances, leurs expériences de foi, leurs doutes et difficultés, que nous pouvons nous aussi apprendre, chercher et trouver Dieu. Trouver notre Seigneur Jésus Christ.

Visite de Benoît XVI au Séminaire Majeur de Rome - 18.02.07 (Questions 1 et 2)
Benoît XVI partage les "secrets" pour être un bon séminariste et futur prêtre - 19.02.07 (Questions 3 et 4)
Benoît XVI rappelle que l'Écriture est la voix de Dieu - 20.02.07 (Questions 5 et 6)

Sources: VIS - www.vatican.va - E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 20.02.2007 - BENOÎT XVI - Vie sacerdotale

 

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