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19 Avril 2005
 

Pierre Grelot cité par le pape Benoît XVI

 

Rome, le 18 Juin 2007 - (E.S.M.) - Dans ce chapitre il est à remarquer que le pape Benoît XVI fait ressortir un détail peu connu à savoir que la promesse faite à Pierre aurait été prononcée lors d'une apparition du Ressuscité à l'apôtre et elle serait strictement parallèle à la mission confiée à Paul par le Seigneur ressuscité.

Saint Pierre marchand sur les eaux  -  Pour agrandir l'image: C'est ici

Pierre Grelot cité par le pape Benoît XVI - (deuxième partie p. 322 à 325)

1. La confession de foi de Pierre (première partie p.315 à 321 Le pape relève ce qu'est devenir disciple du Christ et le suivre - 17.06.07)

À l'opinion des gens s'oppose la connaissance des disciples, qui s'exprime dans la confession de foi. Que dit-elle ? Chacun des synoptiques en donne une formulation différente, et Jean de son côté en donne encore une autre.

Selon Marc, Pierre dit simplement : « Tu es le Messie » (le Christ, Mc 8, 29). Selon Luc, Pierre l'appelle « le Messie (l'Oint) de Dieu » (Lc 9, 20), et selon Matthieu, il dit : « Tu es le Messie (le Christ), le Fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Et pour finir, chez Jean, la confession de foi de Pierre est la suivante : « Tu es le Saint, le Saint de Dieu » (Jn 6, 69).

On peut être tenté de reconstituer à partir de ces différentes versions une histoire de l'évolution de la confession de foi chrétienne. Sans aucun doute les différences entre les textes reflètent-elles une évolution au cours de laquelle, peu à peu, s'épanouit pleinement ce qui, au départ, n'était encore inscrit que de manière confuse dans les balbutiements des premières formulations. Du côté de l'exégèse catholique récente, nous confie Benoît XVI, l'interprétation la plus radicale issue de cette confrontation entre les textes est celle de Pierre Grelot (1) . Pour lui, il ne s'agit pas d'une évolution, mais d'une contradiction. En disant simplement « tu es le Messie » comme le rapporte Marc, la confession de foi de Pierre refléterait incontestablement l'instant historique, car il s'agirait d'une profession de foi « juive » au sens strict, où Jésus, conformément aux idées de l'époque, est considéré comme le Messie politique. Seul le récit de Marc serait logique et cohérent, car seul le messianisme politique expliquerait que Pierre proteste contre l'annonce de la Passion, ce qui suscite une vive réaction de la part de Jésus, comme lorsque Satan lui avait offert le pouvoir : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mc 8, 33). Selon Grelot, cette réprimande brutale n'est cohérente que si elle est également dirigée contre la confession de foi qui la précède et que Jésus écarterait elle aussi comme erronée. Par contre, venant après la confession de foi dans la version de Matthieu, qui est d'une grande maturité sur le plan théologique, la réaction de Jésus serait dépourvue de toute logique.

Les conclusions qu'en tire Grelot concordent avec celles des exégètes qui ne partagent pas son interprétation très négative du texte de Marc : la confession de foi transmise par Matthieu serait une parole postpascale, car — et c'est l'opinion d'un grand nombre d'exégètes — formuler sa foi en ces termes ne sera possible qu'après la Résurrection. En outre, Grelot relie tout cela à une théorie spéciale mentionnant une apparition pascale particulière du Christ ressuscité à Pierre, et il compare cette apparition à la rencontre de Paul avec le Ressuscité qui, selon Paul, fut à la base de son apostolat. Grelot établit un parallèle entre la parole de Jésus « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon père qui est aux cieux » (Mt 16, 17), et la Lettre aux Galates : « Lorsque Celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère et appelé par sa grâce se plut à révéler son Fils en moi pour que je l'annonce parmi les nations, d'emblée, je ne consultai pas chair et sang,... » (Ga 1, 15-16, cité d'après P. Grelot1 ; cf. aussi 1, 11-12 : « L'Évangile que je proclame n'est pas une invention humaine. Ce n'est pas non plus un homme qui me l'a transmis ou enseigné : mon Évangile vient d'une révélation de Jésus-Christ »). Le texte de Paul et la louange adressée à Pierre par Jésus auraient donc en commun l'allusion à la Révélation et l'affirmation que l'origine de cette reconnaissance n'est pas « de chair et sang ».

Grelot en déduit que Jésus ressuscité a gratifié Pierre comme Paul d'une apparition particulière (ce dont parlent effectivement plusieurs textes du Nouveau Testament), et que, comme dans le cas de Paul, c'est lors de cette apparition qu'a été révélée à Pierre sa mission spécifique. La mission de Pierre concernait l'Église des Juifs, celle de Paul l'Église des païens (cf. Ga 2, 7). La promesse faite à Pierre aurait été prononcée lors de cette apparition du Ressuscité à l'apôtre et elle serait strictement parallèle à la mission confiée à Paul par le Seigneur ressuscité. Il est inutile ici de débattre en détail de cette théorie, souligne Benoît XVI, d'autant que ce livre est un livre sur Jésus, consacré avant tout au Seigneur, et qu'il ne traite de l'Église que dans la mesure où cela est nécessaire à la juste compréhension de la figure de Jésus.

Si on lit attentivement les versets 11 à 17 du premier chapitre de la Lettre aux Galates, on constate aisément les parallèles, mais aussi les différences entre les deux textes. Il est clair que Paul veut faire ressortir l'autonomie de sa mission apostolique, qui ne dérive pas de l'autorité d'autres hommes, mais qui lui est conférée par le Seigneur lui-même. L'important pour lui est justement l'universalité de sa mission et la particularité de son chemin : construire une Église à partir des païens. Mais Paul sait aussi que pour que son ministère soit valable il a besoin de la communia (koinonia) avec ceux qui étaient apôtres avant lui (cf. Ga 2, 9), et que sans cette communion, il risquerait de « courir pour rien » (cf. Ga 2, 2). C'est pourquoi, trois ans après sa conversion - trois ans qu'il passe en Arabie et à Damas - il vient à Jérusalem pour rencontrer Pierre (Képhas) et là, il rencontre aussi Jacques, le frère du Seigneur (cf. Ga 1,18-19). C'est pourquoi aussi, quatorze ans plus tard, il revint à Jérusalem, cette fois en compagnie de Barnabé et de Tite, et il reçut des « colonnes » de l'Église, Jacques, Képhas et Jean, le signe de la communia par une poignée de main (cf. Ga. 2, 9). Ainsi, Pierre en premier lieu, puis les trois colonnes, apparaissent comme les garants de la communia, comme les points de référence indispensables qui garantissent l'authenticité et l'unité de l'Évangile, et donc de l'Église naissante.

Mais cela révèle aussi l'importance primordiale du Jésus historique, de sa prédication et de ses décisions. Le Ressuscité a appelé Paul et lui a conféré sa propre autorité et sa propre mission. Mais le Ressuscité est celui qui, auparavant, avait choisi les Douze, qui avait confié à Pierre une mission particulière, qui était allé avec eux à Jérusalem, qui y était mort sur la croix et ressuscité le troisième jour. Les premiers apôtres sont les témoins de tout cela (Ac 1, 21-22),.et c'est ce contexte qui fait la différence fondamentale entre la mission confiée à Pierre et celle confiée à Paul.

La spécificité de la mission de Pierre (à suivre)

(1) Pierre Grelot, né en 1917
Pierre Grelot, prêtre du diocèse d'Orléans, a enseigné l'Écriture sainte dans différents séminaires, puis a été professeur à l'Institut catholique de Paris où il fut chargé plus spécialement d'enseigner la Nouveau Testament et l'araméen. Il a été membre de la Commission biblique pontificale. Auteur de nombreuses participations à des Encyclopédies et volumes collectifs ainsi que de plus d'une vingtaine d'ouvrages d'exégèse et de théologie biblique


D'autres pages de : "Jésus de Nazareth"
 

Sources:  www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 18.06.2007 - BENOÎT XVI - Table Jésus de Nazareth

 

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