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19 Avril 2005
 

L’Eucharistie fait partie du dimanche nous dit Benoît XVI

 

Cité du Vatican, le 14 juin 2008  - (E.S.M.) - Les chrétiens ont toujours été conscients du fait que, sans la Sainte Messe, sans l’Eucharistie au moins le dimanche, ils n’auraient pas pu continuer à vivre. Benoît XVI explique comment le pain et le vin, par la Parole de Dieu, sont transformés dans le Corps du Christ Ressuscité, « afin que l’homme lui aussi, par son union avec celui qui est immortel, devienne participant de l’immortalité ».

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L’Eucharistie fait partie du dimanche nous dit Benoît XVI

L’EUCHARISTIE : SACRIFICE, BANQUET ET PRÉSENCE DU SEIGNEUR

“Faites ceci en mémoire de moi”.

Considérons quelle réalité unique Jésus nous a confiée avec son mandat: “Faites ceci en mémoire de moi”.

Sur le sens des paroles de la Dernière Cène « Depuis désormais près de deux mille ans, j’ai prié, j’ai réfléchi, j’ai lutté… En recherchant ainsi leur signification, on doit se proposer clairement avant tout de quelle manière nous voulons les prendre. Il n’y a qu’une seule réponse : en toute simplicité, comme elles se présentent. Le texte veut signifier exactement ce qu’il dit… Jésus, tandis qu’il parlait et agissait, comme on s’y réfère ici-même, savait qu’il s’agissait d’une chose de valeur divine. En voulant ainsi être compris, il parlait de la manière selon laquelle il voulait être compris (extrait de la septième édition italienne de « Vita e pensiero », Mila, 1977, pages 456-457).
C’est cette suggestion, donné par Romano Guardini sans son ouvrage « Le Seigneur », que nous voulons prendre à cœur quand nous voyons que sont révélées, dans les paroles de l’institution de Jésus, et surtout les trois dimensions de la foi eucharistique
« Ceci est mon Corps… offert en sacrifice pour vous »… « Ceci est le calice de mon Sang. versé pour vous ». Les paroles « offert en sacrifice » et, « versé » rappellent que l’Eucharistie est le Sacrifice du Seigneur. Après que Jésus, sur la Croix a accompli son unique offrande, la Rédemption est accomplie une fois pour toutes. Ses dernières paroles « Tous est accompli » ! » (Jean 19, 30), doivent être comprises aussi sous cet aspect : pour notre salut, de sa part, tout a été fait. Mais de notre part, nous avons toujours sans cesse besoin de nous approprier ce Sacrifice salvifique. Le Sacrifice de la Messe sert à cette appropriation ! Il nous fait sortir, pour ainsi dire, de notre existence limitée dans le temps et dans l’espace, et nous met en présence de la Croix. Quand nous célébrons la Messe, nous nous trouvons – non pas localement, mais sacramentellement – au pied de la Croix. Nous pouvons recevoir du Seigneur les fruits produits par l’arbre de la Croix. Mais nous sommes aussi en face de l’autel céleste, où le Seigneur Ressuscité et Elevé, fait don de soi à son Père, et où tous les Anges et tous les Saints s’unissent à cette liturgie céleste : « L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance et la richesse, la sagesse et la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction » (Apocalypse, 5, 12).
Si nous voulions représenter cette réalité dans un film, comme a tenté de le faire Mel Gibson, nous devrions parvenir à produire non seulement un simple mélange de séquences, par un fondu croisé, d’images de la Dernière Cène, de la Croix et de la Messe. Tout comme ne devrait jamais manquer, dans chaque scène, le Ciel ouvert pour libérer le regard sur l’Agneau. La Célébration Eucharistique est le lieu théologique où ce fondu croisé de la salle située à l’étage supérieur (de la Dernière Cène), du Golgotha et de la Jérusalem Céleste ne se passe pas comme dans un film, mais dans la réalité du « mysterium fidei », du mystère de la foi.

Celui qui écoute à la Messe les paroles de la Consécration, qui participe dans la foi au Sacrifice, expérimente sur lui l’action de l’amour de Dieu. Tous ceux qui viennent à la Célébration Eucharistique, peuvent s’exclamer, comme saint Paul : « Il m’a aimé et il s’est donné lui-même pour moi » (Galates 2 ? 20)

Prenez et mangez”, “Prenez et buvez ». Ces paroles « manger et boire » évoquent un banquet. C’est là le deuxième message que les paroles de la Consécration veulent nous donner : l’Eucharistie est le banquet du Seigneur. Saint Thomas, à ce sujet, composa la séquence bien connue « O sacrum convitum in quo Christus sumitur … mens impletur gratia et futurae gloriae nobis pignus datur » (O banquet sacré dans lequel le Christ est goputé… est remplie de grâce et où nous est accordé le gage de la vie éternelle ». La participation à ce banquet sacré est notre entrée dans le Sacrifice du Christ, et est le passage du Sacrifice du Christ dans notre vie.

La Sainte Messe n’est pas un banquet au sens de vouloir faire revivre la Cène historique de Jésus. La Cène était, à n’en point douter, un banquet pascal juif, une seule fois par an, en un jour précis. Pour cela déjà, la Célébration Eucharistique du dimanche, ou celle de tous les jours, ne peut jamais répéter la Dernière Cène. Quand Jésus dit « faites ceci en mémoire de moi », il veut parler de la Pâque nouvelle qui, même si elle a été instituée par Lui-même dans le cadre de l’ancien banquet pascal, se réfère à la Nouvelle Alliance en Son Sang. Quand, dans le contexte de l’Eucharistie on parle de banquet, on veut surtout parler de la célébration de la Sainte communion. En elle, le Corps du Christ, qui a été sacrifié une seule fois sur la Croix, est offert sous les espèces du pain et du vin comme nourriture et comme boisson. Depuis le début, l’Eglise était consciente du fait que cela représentait un défi inouï pour l’intelligence humaine.

Le Seigneur du banquet de l’Eucharistie, c’est-à-dire l’hôte, est le Christ, qui est le médiateur par le service de l’Eglise. Le don du banquet, c’est Lui-même : « Je suis la pain de vie » (Jean 6, 35), « je suis la vraie vigne » (Jean 15, 1). Nous ne le répéterons jamais assez : la Sainte Hostie n’est pas un « quelque chose », elle n’est pas une chose, elle n’est pas un pain béni, consacré. L’Hostie est le Christ lui-même.
« Sous les humbles espèces du pain et du vin, transsubstantiés en son corps et en son sang, le Christ marche avec nous, étant pour nous force et viatique, et il fait de nous, pour tous nos frères, des témoins d'espérance. Si, face à ce mystère, la raison éprouve ses limites, le cœur, illuminé par la grâce de l'Esprit Saint, comprend bien quelle doit être son attitude, s'abîmant dans l'adoration et dans un amour sans limites » (Ecclesia De Eucharistia, 62). Par ces paroles, le Pape Jean Paul II, dans sa dernière Encyclique, a résumé tout ce que l’Eglise croit et tout ce dont elle vit.

C’est par une expression de foi et d’amour pour Dieu que nous conservons la Sainte Eucharistie non dans des jattes et des écuelles communes, mais dans des calices précieux et dans des coupes dignes. Si nous faisons cela, c’est aussi pour renforcer notre foi dans la présence réelle du Seigneur sous les espèces du pain et du vin. L’œil humain ne parvient pas à voir le mystère. Mais ce mystère peut être indiqué d’autant plus fortement qu’il est traité avec le plus grand respect. Tout ce qui entre en contact avec le « Très Saint Sacrement » doit exprimer une véritable dignité, et non pas une pompe exagérée. La chose la plus importante, toutefois, c’est que la Sainte Communion, du calice sacré, soit déposée dans un cœur humain préparé dignement. Quand Mère Teresa, en 1988 visita le monastère autrichien de Heiligenkreuz, elle fit cette recommandation: « Prions la Sante Vierge afin qu’elle nous donne un cœur si beau, si pur, si immaculé, un coeur si plein d’amour et d’humilité, que nous devenions capables de recevoir Jésus dans le pain de la vie et l’aimer comme il nous a aimés… ».

« Ceci est mon Corps », « Ceci est mon Sang ». Par deux fois il y a l’indication « ceci est ». Même Martin Luther trouva ces paroles tellement immenses qu’il ne put faire de venir le « ceci est », en « ceci signifie ». Quand Jésus qui, en tant qu’homme était un juif, parla, dans sa langue maternelle, du corps et du sang, il entendait cela de manière totalement réelle : « Ceci, c’est moi dans toute ma réalité d’homme ». Mais nous devons l’imaginer comme le Seigneur ressuscité et élevé, dont le corps est transfiguré. La présence de Jésus dans la Sainte Hostie, est en même temps réelle et spirituelle.

La foi catholique, contrairement à Luther, analyse plus à fond encore les paroles de Jésus. Le Pain Eucharistique est le Corps du Christ non seulement au moment de l’Eucharistie. Il reste le Corps du Christ même après la cérémonie. L’Eucharistie est une présence permanente du Seigneur. Quand Jésus dit « Ceci est mon Corps », il ne revient pas en arrière. Une fois consacré, le pain reste Corps du Christ tant que l’espèce du pain reste intacte. Ce qui demeure, après la Messe, ce ne sont pas les restes du banquet, mais plutôt « le Très Saint Sacrement » dignement conservé et adoré dans le tabernacle. Le Seigneur Eucharistique nous attend toujours, il attend une de nos visites, une adoration de notre part. Combien elle est consolante la pensée que le Christ, dans le Saint Sacrement, ne nous abandonne jamais ! Il n’y a plus de solitude pour celui qui croit en cette présence. C’est vrai ce que, il y a quelques années, en enfant de chœur déclara après la Messe, quand on lui permit d’apporter les clefs du tabernacle à la sacristie : »Ces clefs conduisent au mystère le plus grand du monde »

Il faut faire encore une considération. Avec ces contenus de foi, l’Eglise manifeste une considération indiciblement élevée de l’Eucharistie. Et, en conséquence, on attend aussi beaucoup des fidèles qui veulent s’approcher de ce Sacrement. Quand l’Eglise, pour des motifs de foi et de son pastoral des âmes, considère qu’il est impossible que, dans des situations déterminées, quelqu’un puisse recevoir la Sainte Communion, on doit considérer que, dans la Sainte Eucharistie, personne n’est laissé les mains vides. Ceux qui ne peuvent participer à la Sainte Communion, au banquet du Seigneur, recevront une nourriture pour leur vie à la « table de la parole ». Ils peuvent en outre retirer une force le leur union avec le Sacrifice de la Messe, et ont aussi la possibilité de rencontrer Jésus dans l’Adoration Eucharistique.

La goutte d’eau dans le vin

Le fait que dans deux Conciles on ait abordé la question de l’eau mise dans le vin au moment de l’Offertoire, est surprenant même pour les catholiques pratiquants. Mis à part les enfants de chœur à l’autel, seuls quelques assistants à la Messe s’aperçoivent probablement que de l’eau est versée dans le vin.

Dans le sens de la mystagogie, dans une approche aux mystères de la foi, la goutte d’eau peut nous amener à pénétrer plus profondément dans la théologie du Sacrifice de la Messe. Au Concile de Florence (1439), convoqué pour parvenir à un accord avec les chrétiens arméniens, la goutte d’eau fut l’objet d’une étude dogmatique approfondie. Comme matière nécessaire pour le Sacrement de l’Eucharistie, le Concile mentionne « le pain de froment et le vin de raisin auquel, avec la Consécration on doit ajouter quelques gouttes d’eau ».

La déclaration selon laquelle ce fut le Seigneur lui-même qui a institué ce Sacrement de la sorte, est significative, en se servant de vin mêlé d’eau. Evidemment, c’était une ancienne pratique juive de boire le vin mêlé d’eau. L’écrivain Justin, qui mourut martyr vers l’an 165, nous a donné des indications précieuses sur la manière selon laquelle se passaient les Célébrations Eucharistiques proto-chrétiennes. Tout naturellement, il témoigne aussi de ce fait : « Et puis, au premier des frères, on apporte le pain et un calice avec de l’eau et du vin ».

A part cette indication que Jésus lui-même a agi ainsi, et que cette pratique est confirmée par les “témoignages des saints pères et docteurs de l’Eglise”, le Concile de Florence donne aussi une explication allégorique et mystique : « parce que cela convient au mémorial de la passion du Seigneur… On ne doit pas, en effet, offrir dans le calice du Seigneur ou seulement le vin ou seulement l’eau, mais l’un et l’autre ensemble, parce que on lit que l’un et l’autre, c’est-à-dire le sang et l’eau ont jailli du côté du Christ » (cf. Jean 19, 34). Et ainsi, se manifeste le caractère sacrificiel de la Sainte Messe, le Sacrifice de soi-même du Rédempteur par amour de notre salut.

Mais, ainsi s’exprime le Concile de Florence – il s’agit aussi de notre entrée dans son Sacrifice. L’effet que le Sacrement a sur nous doit se manifester dans la goutte d’eau : « Dans la goutte d’eau se préfigure le peuple, et dans le vin, se manifeste le Sang du Christ… Quand, dans le calice, l’eau se mêle donc au vin, le peuple s’unit au Christ, et le peuple fidèle s’unit et se réunit avec celui dans lequel il croit ».

Pourquoi est-ce que cela a été précisément ce concile, dont le contenu fut une conciliation avec les Arméniens, de tendance monophysite, à analyser si en détail le thème de la goutte d’eau ? L’hérésie monophysite tendait à accentuer de manière excessive et unilatérale la nature divine de Jésus-Christ. L’expression “monophysis” veut dire “une seule nature. La nature humaine prise par le Fils de Dieu pour notre salut aurait été, selon eux, absorbée par Sa Divinité. Avec cela, pour les monophysites, la réalité de l’incarnation passait au second plan, l’action rédemptrice sur la Croix perdait sa signification.

Entre la disparition de cette hérésie au V° siècle et les négociations unionistes avec les Arméniens au XV° siècle, un millénaire s’était écoulé. Ce qui, à cause de la distance, était devenu probablement moins problématique au plan de la doctrine, était toujours perceptible dans un détail liturgique. De manière cohérente, les monophysites avaient banni la goutte d’eau de leur liturgie : le divin n’a besoin d’aucun complément humain, d’aucune ajoute de la part de l’homme. Mais la doctrine catholique embrasse ces deux réalités, la nature divine et la nature humaine, dans l’unique personne de Jésus-Christ. De sorte que, aujourd’hui encore, la prière qui accompagne la goutte d’eau mise dans le vin, est la suivante : « Que l’eau unie au vin soit le signe de notre union avec la vie divine de Celui qui a voulu assumer notre nature humaine ».

On lit comme un voyage théologique d’exploration, quand, plus de 100 ans plus tard, en 1562, au Concile de Trente, on voit réapparaître la goutte d’eau dans le vin dans une déclaration dogmatique. Que s’était-il passé ? Martin Luther avait parlé de la toute-puissance de la grâce. La justification de l’homme devant Dieu aurait pu se faire seulement par la grâce. « La seule grâce ». Aucune ajoute n’aurait permis au pécheur de participer à sa rédemption, exception faite de sa foi confiante : « Sola fides ». En conséquence, pour les protestants, la goutte d’eau dans le calice devint tout à fait hors de propos. La pure œuvre divine n’a besoin d’aucune action ajoutée de la part de l’homme.

Mais cela n’est-il pas vrai quand l’apôtre Paul déclare : « Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, en faveur de son Corps qui est l’Eglise » (Colossiens 1, 24). Avec cette affirmation, Saint Paul n’entend pas diminuer l’œuvre rédemptrice de l’unique Rédempteur. Au contraire, Saint Paul le savait précisément par sa propre expérience : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (1 Corinthiens, 15, 10). Une fois, le Seigneur lui avait même fait comprendre : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12, 9). Malgré cela, l’Apôtre était conscient de sa tâche « d’instrument ». Ce n’est pas l’action rédemptrice qui a besoin de complément, mais sa médiation aux hommes « par le Corps du Christ » qui a besoin de la contribution humaine. Et comme le Christ ne voulait pas racheter seulement individuellement, et que l’action rédemptrice inclut l’édification de Son Corps, l’Eglise, chaque membre sert de « goutte d’eau ».C’est une manière très simple pour présenter ces raisonnements de haute théologie : Quand Jésus mourut sur la Croix, il le fit en qualité d’unique Médiateur entre Dieu et les hommes. Mais le fait que Marie, Jean, et plusieurs femmes fidèles, au pied de la Croix, s’unirent à son Sacrifice, ne fut pas aux yeux de Dieu une diminution du Sacrifice de Jésus ni une ajoute casuelle. C’est précisément la goutte d’eau dans le calice du salut.

Mais retournons, après cette excursion dans l’histoire de l’Eglise et de la théologie, à l’Offertoire de la Messe. Nous tous, la communauté rassemblée autour de l’autel, nous devons devenir un don agréable à Dieu, en même temps que le Sacrifice du Christ, selon ce que les fidèles expriment dans le « suscipiat » face au prêtre : « Que le Seigneur reçoive de tes mains ce sacrifice à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute la sainte Eglise »

Les observations relatives à un détail apparemment marginal de l’Offertoire, révèlent ainsi la grande richesse spirituelle cachée dans ces moments de la célébration de la Messe. Il est bien compréhensible que les paroles qui accompagnent les actions de l’Offertoire soient normalement récitées à mi-voix, comme le prévoit le Missel. Les fidèles peuvent pendant ce temps, chanter un chant d’offertoire qui aide à l’attitude d’offrande, ou ils peuvent écouter le chœur, ou encore toute chose adaptée à ce qui se passe à ce moment ; ils peuvent aussi élever silencieusement leur cœur et leurs sens vers le Seigneur, alors que qu’un orgue, ce qui est souhaitable, ou un autre instrument, joue doucement comme accompagnement de cette action.

Le Missel dit clairement que les processions d’Offertoire pour les fidèles, sont en correspondance avec le contenu intérieur de cette partie de la Messe. C’e n’est pas par hasard que, à ce moment, on passe pour faire la quête pour recueillir les offrandes pour les exigences et les besoins de l’Eglise, et surtout des plus nécessiteux. Ces petits dons, eux aussi font ainsi que la « goutte d’eau » prend une forme concrète.

Julia Verhaeghe, la Mère fondatrice de la famille spirituelle “L’opera”, dont la vie fut marquée par un amour profond envers l’Eglise et sa liturgie, se voyait elle-même dans la goutte d’eau, ainsi que sa propre mission. « ‘Seigneur, fais que, dans le calice du prêtre qui T’offre le saint Sacrifice, je sois la petite goutte d’eau qui se mélange dans le vin en se perdant en lui ». Pour un fidèle qui veut participer à la célébration de la Sainte Messe de manière plus spirituelle encore, cette intention de prière peut être une aide sérieuse.

Le médicament d’immortalité

Du point de vue de la foi, le péché est la cause ultime et la plus profonde de la mort. La mort, comme nous la connaissons, c’est-à-dire comme force destructrice, n’était pas prévue par Dieu pour l’homme. Si l’homme n’avait pas péché, cela ne serait pas arrivé. « Avec le péché…, la mort a atteint tous les hommes » (Romains 5, 12). La mort est devenue une condition générale et absolument certaine de l’existence humaine : tous ceux qui naissent dans ce monde, le quitteront en mourant.

Avoir l’espérance de la vie éternelle, malgré la mort et au-delà de la mort, n’est pas en notre pouvoir. Personne ne peut acquérir la résurrection par soi-même ; seule la grâce de Dieu peut le faire. « Mais grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 15, 57). Celui qui est venu pour nous libérer du péché est aussi Celui qui veut nous sauver du pouvoir de la mort.

Dans le Baptême, Dieu donne le départ, le commencement, en nous donnant la grâce de la « renaissance » pour la vie éternelle. C’est comme une vaccination avant un long et dangereux voyage. Le Baptême nous donne les premiers « vaccins » contre la mort éternelle. A ces « vaccins », dans le cours de la vie, doivent être faits des rappels, en particulier avec les autres Sacrements. Les saints Sacrements, et surtout la Pénitence et l’Eucharistie, sont des médicaments contre mort.

Les chrétiens ont toujours été conscients du fait que, sans la Sainte Messe, sans l’Eucharistie au moins le dimanche, ils n’auraient pas pu continuer à vivre : « Sans la célébration dominicale du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre » déclaraient les martyrs d’Abitène (morts en 344) devant le tribunal païen. « Ce n’est pas du positivisme ou la soif de pouvoir, si l’Eglise nous dit que l’Eucharistie fait partie du dimanche (Benoît XVI). Il ne s’agit pas ici d’un commandement imposé de l’extérieur, mais de survie. Si nous ne recevons pas régulièrement le Christ et Sa grâce en nous, si nous ne nous faisons pas « vacciner » continuellement contre la mort et ses conséquences, nous n’avons aucune chance de parvenir à la vie éternelle. Le dimanche est le jour de la semaine où « se fait le vaccin », parce que c’est l’à que la force du Ressuscité devient efficace de la manière la plus authentique.

Le lien intime entre le fait de recevoir l’Eucharistie et la promesse de la résurrection n’est pas une construction faite a posteriori par des théologiens. Ce lien est fondé sur la roche originale de l’Ecriture. L’Evangéliste Jean consacre le sixième chapitre de son Evangile à l’Eucharistie. Il contient le grand discours sur l’Eucharistie fait par Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. Une lecture attentive fait noter la double indication : l’Eucharistie est le gage de la Résurrection (cf. Jean 6, 44.54). Jésus dit clairement : « En vérité, en vérité je vous le dis : si vous ne mangez pas la Chair du Fils de l’Homme et si vous ne buvez pas son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma Chair et boit mon Sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6, 53-54).

Chez les auteurs anciens, nous trouvons ces affirmations encore plus approfondies et plus développées. Dans l’une de ses Catéchèses, Grégoire de Nysse (mort après 394) compare la condition de l’homme mortel à un empoisonnement fatal. Seul un antidote peut briser cette force porteuse de la mort : « Qu’est-donc alors cette nourriture ? » demande Saint Grégoire, et la réponse éclate : « Rien d’autre que ce corps qui a surmonté la mort et qui nous apporte la vie. Parce que, tout comme, selon les paroles de l’apôtre, un peu de levain rend toute la masse de la pâte semblable à lui, de même aussi ce corps doté d’immortalité formé par Dieu transforme le nôtre à sa ressemblance ». Le Saint Père de l’Eglise explique ensuite comment le pain et le vin, par la Parole de Dieu, sont transformés dans le Corps du Christ Ressuscité, « afin que l’homme lui aussi, par son union avec celui qui est immortel, devienne participant de l’immortalité ».

Une petite aide pour comprendre l’Eucharistie comme "médicament d’immortalité", peut venir d’un bref excursus dans l’histoire des dogmes. Il s’agit, plus précisément, des raisons théologiques pour le dogme de l’Assomption de Marie au Ciel. Pourquoi la Mère de Dieu, à l’heure de sa mort, a-t-elle eu le privilège d’être élevée par Dieu au ciel avec son âme et avec son corps, sans que son corps connaisse la corruption ?

Une raison courante des prédications des Pères de l’Eglise est l’enseignement biblique, selon lequel Marie fut choisie par Dieu comme Mère du Seigneur. Aucune créature n’était liée au Christ comme le fut Marie, Sa Mère. Son Corps provient du corps de Marie, Son Sang vient de Son sang à elle. De la même manière où le corps de la Mère de Dieu L’a porté dans son sein jusqu’à Sa naissance, et L’a nourri, en devenant ainsi un sanctuaire de Dieu, après la mort, également, son corps aurait dû rester sacré et n’aurait pas dû connaître la corruption.

Ce que Marie était en vertu de sa vocation, à savoir, Celle qui porte Dieu en elle, nous pouvons le devenir progressivement. Dans la Sainte Eucharistie, nous recevons le Christ au-dedans de nous. Au fond, il suffirait d’une seule et unique sainte Communion pour nous faire devenir une seule chose avec le Christ. De Son côté, cela serait possible. Mais, à cause de notre fragilité humaine, nous avons besoin de répétition. Nous devons toujours, de nouveau « accueillir le Corps immortel du Christ pour être transformés à la ressemblance de Sa nature divine » (cf. Grégoire de Nysse).

Personne ne peut réaliser l’assomption, de soi-même au ciel. Mais, en portant toujours plus le Christ en nous, comme le fit Marie, à l’avenir, Il devra faire en nous ce qu’il a déjà anticipé en Marie. A l’heure de notre mort, ou du moins, non loin de cette hure de la mort, le Seigneur, un jour, devra devenir notre « viatique » : ce sera la dernière « vaccination », afin que l’aiguillon mortel ne puisse nous nuire. Mais, comme personne ne sait quand viendra cette heure, l’Eucharistie doit être, au moins chaque dimanche, mais dans toute la mesure du possible également les jours de semaine, notre médicament. Et, de la sorte, nous serons prêts pour le passage.

(Agence Fides, Don Christoph Haider, 14/06/2008)

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Sources :  www.vatican.va - E.S.M.

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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 14.06.2008 - T/Liturgie

 

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