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19 Avril 2005
 

Bureau de presse du

Saint-Siège

 SYNODE DES EVEQUES

Extraits de certaines interventions - 10 et 11 octobre 2005

 

DOUZIEME CONGREGATION GENERALE DU SYNODE DES EVEQUES .

 

CITE DU VATICAN, 10 OCT 2005 (VIS) . La douzième Congrégation générale de la XI assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques s'est ouverte à 16 h 30' sous la présidence du Cardinal Francis Arinze (présents 242 Pères synodaux). Le Saint-Père a assisté à l'heure d'interventions libres.

 

Voici des extraits de certaines interventions:

 

LE CARDINAL IVAN DIAS, Archevêque de Bombay ( Inde ). "Au long des les sessions synodales, parmi les nombreuses ombres constatées dans l'Eglise d'aujourd'hui, on a mentionné le nombre toujours plus restreint de ceux qui vont à l'église, le désintérêt croissant vis-à-vis du sacrement de la Réconciliation et le manque de catéchèse. Ces problèmes ont toujours existé dans l'Eglise, quoique sous des formes différentes. D'autre part, l'Eglise a aussi compté dans ses rangs des personnes qui ont fait face à ces situations d'une façon qui peut encore nous inspirer. Nous connaissons tous la sainteté du Curé d'Ars, un grand apôtre du confessionnal, Jean-Marie Vianney, ainsi que celle de l'Archevêque Fulton Sheen, le brillant orateur qui a touché des milliers de personnes par ses émissions de radio et de télévision. Le secret de leur succès retentissant est dû aux nombreuses heures qu'ils passaient en prière devant le Saint-Sacrement. Ils peuvent donc représenter un modèle pour les prêtres et les évêques d'aujourd'hui. Il y a un proverbe chinois qui dit: Au lieu de maudire l'obscurité, allume donc une bougie . Alors que nous sommes plongés dans l'obscurité des maux moraux et spirituels qui nous entourent, ne serait-il pas merveilleux si les évêques et les prêtres du monde entier passaient chaque jour une heure en prière et en adoration devant le Saint-Sacrement, en intercédant pour eux-mêmes, pour les fidèles confiés à leur charge pastorale et pour les besoins de l'Eglise universelle? Leur troupeau serait certainement édifié et encouragé en voyant leur pasteur mettre en pratique ce qu'il prêche à propos de la dévotion à la Sainte Eucharistie".

 

LE CARDINAL JULIAN HERRANZ , Président du Conseil pontifical pour les textes législatifs . "Vis-à-vis de Dieu, les hommes n'ont aucun droit  dans la réception de l'Eucharistie, précisément parce que celle-ci est un acte d'infinie générosité et de miséricorde. Mais une fois que Dieu a donné à l'Eglise les sacrements pour le bien de son peuple, tous les fidèles jouissent du droit" précisé au canon 912  du CIC: "' Tout baptisé qui n'en est pas empêché par le droit peut et doit être admis à la sainte communion' ... Il s'agit d'un don fondamental, mais non absolu comme certains le pensent. Il existe, en effet, des exigences touchant à la personne qui limitent ce droit . La nécessité de l'état de grâce pour recevoir la communion , dont doit juger l'intéressé , a également certaines manifestations extérieures qui requièrent l'intervention des "ministres. "Ce sont les cas... d'un 'comportement extérieur gravement, manifestement et durablement contraire à la norme morale', qui empêche l'admission à la communion eucharistique. Cette norme concerne une grande diversité de situations irrégulières: toutefois, toutes sont à suivre avec une patience pleine d'amour et de sollicitude pastorale, pour tenter de les rendre régulières et pour éviter qu'aucun fidèle ne s'éloigne de l'Eglise, voire ne se considère comme excommunié, du seul fait de ne pas pouvoir recevoir la communion... Peut-être, très chers frères, devrions-nous être plus sensibles aux justes requêtes des fidèles qui expriment leur faim d'Eucharistie. Beaucoup d'entre eux, en effet, se plaignent de ne presque jamais réussir à trouver de confesseurs et ce, même lorsqu'on ne manque pas de prêtres dans les paroisses. Ils signalent aussi des abus liturgiques et des banalités désacralisantes dans les célébrations eucharistiques. Ils souffrent parce que, contrairement aux normes canoniques sur le culte public, les églises sont toujours fermées en dehors des célébrations communautaires et ils ne peuvent demeurer en adoration devant le Saint Sacrement, et ainsi de suite.

Puisque la justice consiste à donner à chacun ce à quoi il a droit, nous demandons à la Sainte Vierge de nous aider à garantir à nos frères laïcs l'exercice de leurs droits: pour le bien de leurs âmes, mais également pour la vigueur apostolique de tout le Peuple de Dieu ". (1)

 

MGR.JOHANNES GERARDUS MARIA VAN BURGSTEDEN , SSS, Auxiliaire de l'Evêque de Haarlem ( Pays-Bas ). "Pour rendre la célébration eucharistique plus proche de l'homme moderne, trois points sont importants. Tout d'abord, la catéchèse continue sur le cœur et le sommet de notre foi. La catéchèse devra donc être une catéchèse eucharistique . Une catéchèse eucharistique est par nature une catéchèse christocentrique. Il est lui-même le cœur et le sommet de notre foi... En second lieu, notre attention doit se porter sur une digne célébration de l'Eucharistie . Ici, les célébrants tout comme les fidèles ont une grande responsabilité. Par célébration digne, j'entends le fait de suivre fidèlement les règles et les rubriques. En plus de cette attitude, il faut également affirmer que la vraie dignité réside, avant tout autre chose, dans la disposition intérieure à la fois des fidèles et des célébrants... Le troisième et dernier point est l'adoration du Saint Sacrement . Il m'apparaît que, dans nos régions assurément, le culte eucharistique se limite de manière croissante à la célébration de l'Eucharistie... Le jeûne eucharistique, l'exposition solennelle du Saint Sacrement, mais également l'adoration silencieuse devant le tabernacle, peuvent grandement nous aider à faire croître en nous le désir de nous unir au Christ".

 

P.JOHN CORRIVEAU , OFM Cap, Ministre général des Capucins . "Notre époque a besoin de redécouvrir la crainte de Dieu. Saint François nous rappelle à la crainte de Dieu, à la surprise et à l'émerveillement en voyant que Dieu prend constamment l'initiative à notre égard . Cela est vital pour ceux d'entre nous qui vivent dans une culture où rien n'étonne plus, parce que tout est le produit de la planification et de l'organisation humaines. L'humanité apparaît comme le produit de ses propres expérimentations en ne laissant plus aucune place à la surprise et à la nouveauté... Il est important que la communauté chrétienne redécouvre le lien profond entre le mystère eucharistique et les circonstances de la vie quotidienne, à commencer par les relations fraternelles et en s'élargissant au point de comprendre toute la création. Ainsi se forme le mouvement circulaire inhérent à toute vie chrétienne: l'Eucharistie nous pousse à nouer des relations fraternelles dans l'Eglise, dans la société et avec toute la création. Le travail pour la promotion d'une vraie fraternité de paix entre les peuples et pour la protection de la création nous encouragera à reconnaître dans l'Eucharistie le seul fondement adéquat pour notre vie et pour notre action"

 

MGR.ALFREDO VICTOR PETIT VERGEL , Evêque auxiliaire de San Cristóbal de La Havane (Cuba ). "Malgré la pénurie de prêtres, nous avons une grande considération pour l'Eucharistie, qui est célébrée avec un grand respect des normes liturgiques. Cependant, face aux difficultés et à la quasi impossibilité de construire de nouvelles églises, nous avons créé des 'maisons de prière' ou 'maisons de mission' dans les quartiers des banlieues et dans les petites villes et les villages où, chaque semaine, voire selon les possibilités, se réunissent de petits groupes de fidèles, pas plus de 40 personnes, sous la conduite d'un laïc engagé, d'une religieuse ou d'un diacre. Lorsqu'un prêtre vient dans ces maisons, la Messe est célébrée avec grande dévotion et un grand respect pour les normes liturgiques, et elle est précédée de la confession sacramentelle pour ceux qui, dans une juste disposition, désirent participer au Pain eucharistique".

 

MGR.KARL HEINZ WIESEMANN , Auxiliaire de Paderborn ( Allemagne ).

"Malgré la sécularisation, notre temps est caractérisé par une profonde nostalgie mystique. Mais sommes-nous capables de célébrer l'Eucharistie en répondant à l'attente des personnes attirées par le mystère eucharistique? La plus haute manifestation de la présence du Seigneur, mieux définie par les concepts de présence réelle et de transsubstantiation, se révèle pour saint Thomas dans le célèbre hymne Adoro Te Devote, Latens Deitas, dans l'acte lui-même, comme la forme la plus élevée du secret sacramentel. Cela n'a rien à voir avec le scepticisme du monde moderne, c'en est même l'exact contraire: l'ouverture de la dialectique sponsale du 'chercher pour trouver' et du 'trouver pour chercher'... Cette dimension mystique doit pouvoir s'exprimer aussi dans notre façon de parler de l'Eucharistie et de la célébrer. Ainsi seulement l'Eucharistie pourra montrer son efficacité comme unique vraie réponse à la nostalgie mystique de notre temps, car elle introduit l'homme à une profonde relation d'amour avec le Christ et au mystère du Dieu Un Et Trine, en le rendant participant de celui-ci. Ainsi nous devons donner plus d'importance aux gestes et aux formes liturgiques qui expriment aussi ce qui est caché, perceptible seulement dans le silence et qui se soustrait à notre compréhension ".

VIS 051011 (1430)

 

TREIZIEME CONGREGATION GENERALE DU SYNODE DES EVEQUES.

 

CITE DU VATICAN, 11 OCT 2005 (VIS). La treizième Congrégation générale de la XI assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques s'est ouverte à 9 h et en présence du Pape,  sous la présidence du Cardinal Juan Sandoval Iñiguez (présents 241 Pères synodaux).

 

Voici des extraits de certaines interventions:

 

LE CARDINAL ANGELO SODANO , Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté . "Toute la liturgie eucharistique nous amène à renforcer entre nous les liens d'unité. Pour cela, importante est la prière pour le Pape, qui est présente dans toute messe. Importante est la prière pour l'évêque, pasteur de l'Eglise particulière où se célèbre l'Eucharistie. Le geste de paix entre les présents est important pour effacer toutes les éventuelles blessures faites à l'unité qui peuvent exister dans les communautés locales. Et il existe aussi souvent tellement de divisions entre nous, les ministres du Seigneur, au sein même des institutions religieuses, dans les diocèses comportant différents groupes ethniques. L'Eucharistie est toujours une invitation à l'unité de tous les disciples du Christ, ou mieux encore, c'est toujours un agent d'unité de par la grâce unifiante qu'elle nous communique . L'attitude que nous devons adopter envers nos frères séparés qui désirent participer à l'Eucharistie célébrée dans notre Eglise, constitue, quant à elle, une question délicate... La dernière Encyclique de Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia (au n° 45) rappelle ceci: ' S'il n'est en aucun cas légitime de concélébrer lorsqu'il n'y a pas pleine communion, il n'en va pas de même en ce qui concerne l'administration de l'Eucharistie, dans des circonstances spéciales, à des personnes appartenant à des Eglises ou à des communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l'Eglise catholique. Dans ce cas en effet, l'objectif est de pourvoir à un sérieux besoin spirituel pour le salut éternel de ces personnes, et non de réaliser une intercommunion, impossible tant que ne sont pas pleinement établis les liens visibles de la communion ecclésiale' ".

 

MGR.CZESLAW KOZON, Evêque de Copenhague ( Danemark ). "La Conférence épiscopale des pays nordiques couvre un territoire de  diaspora très étendu, avec environ 200.000 catholiques répartis de façon inégale d'un pays à l'autre, avec une plus grande concentration en Suède, en Norvège et au Danemark. Ces pays sont toutefois principalement luthériens, même s'ils sont, à des niveaux différents, sécularisés. Les très grandes distances géographiques représentent l'une des principales difficultés. Malgré cela, dans la plupart des paroisses il est possible de célébrer l'Eucharistie tous les dimanches, avec une participation de 20 à 30 % de fidèles. Bien que le nombre des prêtres soit relativement élevé par rapport au nombre des croyants, il représente  le minimum nécessaire, compte tenu des distances... La plupart des personnes a une compréhension authentique de l'Eucharistie, mais il faut souligner et approfondir toujours plus, par la catéchèse, l'aspect du mystère et le caractère sacrificiel de la messe. Les catholiques des pays nordiques doivent, eux aussi, affronter le défi d'unir la foi et la vie, afin que la participation à l'Eucharistie les conduise à une vie d'engagement dans l'Eglise et dans la société. La pratique de la confession laisse, elle aussi, beaucoup à désirer, mais, malgré cela, il n'existe presque pas d'abus liturgiques graves... Du point de vue oecuménique, malgré un climat généralement positif, l'Eglise catholique perçoit une incompréhension renforcée quant à la question de l'inter-communion. Le point de vue catholique, à cet égard, est considéré comme dépassé par les autres chrétiens, et une telle opinion est, malheureusement, partagée également par certains catholiques. Nous voudrions enfin rappeler la situation douloureuse d'un grand nombre de catholiques divorcés et remariés qui ne peuvent pas participer à la communion".

 

MGR.DIARMUID MARTIN, Archevêque de Dublin ( Irlande ). "Dans une société marquée par la sécularisation croissante, il faut absolument donner plus de place à la formation à la foi dans nos catéchèses et nos paroisses. Aujourd'hui dans tant de nos communautés nous ne trouvons plus la foi. La recherche de la foi a besoin d'être nourrie et pas seulement les premières années de la vie du chrétien, par une catéchèse traditionnelle des jeunes, mais à tous les stades de la vie. La rapidité des changements sociaux signifie que la formation de la foi chez les adultes est de plus en plus urgente pour les aider à essayer, jour après jour, et année après année, à vivre leur engagement chrétien dans un monde qui change. Le laïc, rempli de l'esprit eucharistique, sera présent dans les réalités du monde séculier avec une capacité à discerner les valeurs qui durent et à indiquer les fondations de l'espoir qui découle de la reconnaissance de l'Eucharistie comme révélation et présence parmi nous de la gratuité de l'amour de Jésus-Christ qui s'est donné pour nous".

 

MGR.EDWARD GABRIEL RISI , OMI, Evêque de Keimoes-Upington ( Afrique-du- Sud ). "Lors de réunion de la Conférence épiscopale régionale de l'Afrique méridionale, nous avons découvert que le rôle des petites communautés de base est essentiel dans la préparation et dans la célébration de la liturgie, qui sont également les temps où est vécu le don de l'Esprit... Dans tous les cas,  à cause du manque de prêtres, de nombreuses communautés ne célèbrent la messe qu'une fois par mois ou une fois tous les deux mois... Il faut remarquer que le moment le plus sacré de la liturgie du dimanche, la prière eucharistique, est celle qui attire le moins l'attention. Bien qu'elle soit le point culminant de l'Eucharistie, elle résulte être le point le moins élevé. Le prêtre la récite seul et les laïcs participent passivement et non plus activement. Nous voudrions proposer une forme de participation responsoriale qui permette aux personnes de participer plus activement que par le maintien d'un silence respectueux. Nous ne proposons pas de diminuer le rôle du célébrant, mais plutôt de donner aux fidèles un rôle par lequel ils peuvent se rendre actifs, avec le célébrant pour accroître leur participation".

 

MGR.GABRIEL MBILINGI , CSSP, Evêque de Lwena ( Angola ). Cela fait plus de cinq siècles que l'Evangile est arrivé en Angola, pays à majorité chrétienne... Avec un pourcentage aussi élevé de chrétiens et de catholiques en particulier, on peut se demander comment se fait-il que nous ayons vécu autant d'années de guerre civile? Quel fruit ont porté les messes célébrée et aux quelles ont participé tant de chrétiens? Pourquoi n'entendons-nous pas le poids de la présence des catholiques, qui occupent d'importants postes dans la politique et dans les différents activités sociales? Ce sont des questions légitimes même si provocatrices... Il faut insister sur le sens personnel et ecclésial de l'Eucharistie dans le rapport avec la vie morale, la sainteté et la mission dans le monde. Un engagement moral, issu de la communion eucharistique devrait être source de vie pour vaincre le péché, en recherchant la vérité, la rectitude de la conscience et le témoignage des valeurs évangéliques mis dans l'ombre par l'état de guerre. Nous devrions insister dans la catéchèse sur le lien entre Eucharistie et construction d'une société juste, à travers la responsabilité personnelle de chacun dans la participation active à la mission de l'Eglise dans le monde".

 

MGR.LEON MALY , Auxiliaire latin de Lviv ( Ukraine ). "Il faut rechercher une participation toujours plus profonde à la messe. A ce propos, il faut rappeler ce que le Concile Vatican II dans la constitution Sacrosanctum Concilium (nº 55): ' on recommande une meilleure participation à la messe, par laquelle les fidèles, après la communion du prêtre, reçoivent le corps du Seigneur dans le même sacrifice '. La recommandation n'est pas nouvelle, elle avait déjà été faite lors du Concile de Trente .... Quarante ans après Vatican II, il semble que cette indication... ne soit pas encore bien comprise . Parfois, les hosties pour les fidèles ne sont pas consacrées lors de la célébration mais prises dans le tabernacle, toujours fourni en hosties déjà consacrées. La recommandation des Pères conciliaires  sous-entendait un profond signe de l'Eglise, sa dimension de Peuple de Dieu  mais aussi du Corps mystique du Christ. Le Peuple de Dieu s'est réuni autour de l'autel duquel il reçoit le Corps du Christ".

VIS 051011 (1320)

 

(1)  Lecture faite par Zenit : La « joie » chrétienne, un « impératif », par le card. Herranz
Avec la « perfection » et la « correction fraternelle »

La « joie » chrétienne constitue un « impératif », a fait observer le cardinal Julián Herranz, président du conseil pontifical pour les Textes Législatifs, qui revenait sur l’intervention de Benoît XVI au synode. Le deuxième impératif, tiré lui aussi de l’épître de Paul au Corinthiens, était : « soyez parfaits », le troisième touchant la « correction fraternelle ».

« Le Saint-Père, disait-il, dans sa touchante méditation du premier jour du synode commentait les 5 impératifs de saint Paul aux Corinthiens. Je souhaiterais en rappeler deux en relation au droit fondamental des fidèles à la Très Sainte Eucharistie, et un en relation à notre devoir correspondant de Pasteurs ».

Il expliquait : « Le premier impératif était: Gaudete , parce que - comme le rappelait le Pape - le Seigneur est proche de chacun de nous. Pour chacun de nous sont vraies les paroles de l’Apocalypse: je frappe à ta porte, entends-moi, ouvre-moi . Quelle joie pour l’âme de recevoir, comme suprême manifestation de cet amour divin, l’inestimable don de l’Eucharistie! Bien sûr, on ne peut pas confondre un don avec un droit. Les hommes n’ont aucun droit vis-à-vis de Dieu à recevoir l’Eucharistie, précisément parce que celle-ci est un acte d’infinie générosité et de miséricorde. Mais une fois que Dieu a donné à l’Église les sacrements pour le bien de son peuple, tous les fidèles jouissent ( gaudere ) du droit suivant formulé au can. 213 du Code de Droit canonique reprenant les mots de la Constitution Lumen Gentium , n°37: Les laïcs ont droit de recevoir en abondance des pasteurs sacrés les ressources qui viennent des trésors spirituels de l’Église, en particulier les secours de la Parole de Dieu et des sacrements . Et en ce qui concerne concrètement la Sainte Eucharistie, le can. 912 affirme: Tout baptisé qui n’en est pas empêché par le droit peut et doit être admis à la sainte communion . »

Le cardinal Herranz insistait également sur les « exigences » et le droit: « Comme l’on voit, il s’agit d’un don fondamental, mais non absolu comme certains le pensent. Il existe, en effet, des exigences touchant à la personne qui limitent ce droit. La nécessité de l’état de grâce pour recevoir la Sainte Communion (cf. 1Co 11, 27; CEC, can. 916), dont doit juger l’intéressé, a également certaines manifestations extérieures qui requièrent l’intervention des saints Pasteurs. Ce sont les cas - rappelés dans le can. 915 et dans l’Enc. Ecclesia de Eucharistia - d’un comportement extérieur gravement, manifestement et durablement contraire à la norme morale (n°37), qui empêche l’admission à la Communion eucharistique. Cette norme concerne une grande diversité de situations irrégulières: toutefois, toutes sont à suivre avec une patience pleine d’amour et de sollicitude pastorale, pour tenter de les rendre régulières et pour éviter qu’aucun fidèle ne s’éloigne de l’Église, voire ne se considère comme excommunié, du seul fait de ne pas pouvoir recevoir la Communion. Cette réflexion évoque le deuxième impératif perfecti estote commenté par le Saint-Père: [parfois] notre âme apparaît [...] comme un instrument de musique dont malheureusement quelque corde est cassée, et donc la musique de Dieu qu’il devrait interpréter au plus profond de notre âme ne peut pas bien résonner. [...] Ainsi, cet impératif peut également être une invitation à un examen de conscience régulier, [...] une invitation au Sacrement de la Réconciliation, à travers lequel Dieu lui-même répare cet instrument . »

Enfin, il disait : « Le troisième impératif était exhortamini invicem . Le Saint-Père nous a dit, en référence à notre responsabilité de gouvernement pastoral: Corriger son frère est une œuvre de miséricorde . Peut-être, très chers frères, devrions-nous être plus sensibles aux justes requêtes des fidèles qui expriment leur faim d’Eucharistie . Beaucoup d’entre eux, en effet, se plaignent de ne presque jamais réussir à trouver de confesseurs - et ce, même si l’on ne manque pas de prêtres dans les paroisses - ; ils signalent des abus liturgiques et des banalités désacralisantes dans les célébrations eucharistiques; ils souffrent parce que, contrairement aux normes canoniques sur le culte public, les églises sont toujours fermées en dehors des célébrations communautaires et ils ne peuvent demeurer en adoration devant le Saint Sacrement, et ainsi de suite. »

Le cardinal Herranz concluait : « Puisque la justice consiste à donner à chacun ce à quoi il a droit ( unicuique suum tribuere ), nous demandons à la Sainte Vierge - Speculum Iustitiae - de nous aider à garantir à nos frères laïcs l’exercice de leurs droits: pour le bien de leurs âmes, mais également pour la vigueur apostolique de tout le Peuple de Dieu ».

ZF05101106
 

 

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